Mardi Reboot de septembre



Septembre, ce grand reboot, The Operative de Yuval Adler, film dispensable, très, avec Vif argent, au contraire, Stéphane Batut passe juste à côté du chef d’oeuvre absolu, mais juste à côté (si vous allez voir ce film sortez quand le txi s’en va et le restez pas pour les cinq dernières minutes, Léo Dupleix invite quatre guitaristes (et des parasites) à la rue de l’Acqueduc, Une Grande Fille de Kantemir Balagov, admirble narration, Isabelle duthoit, Jacques Didonato, Simon Hennocq et Nicolas Nageotte racontent, mais pas aussi bien, le Radeau de la Méduse, à leur façon, à Autun, Team Apolcalypse du Club Sieste, Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma, un film magistral de femmes entre elles, des oeufs durs façon Alien, Fred Griot, Enfin ru regardes l’herbe, l’Impasse d’ l’avenir à Fontenay, déjeuner de pasta chez Michele et Rafaella, je repars avec les deux dernières galettes de Michele (que je recommande, surtout celle en duo avec Ingar Zach), Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beuvais, vrai frère de dépression amoureuse, Seb Brun à la Gare où je n’étais encore jamais allé, pas sûr que j’y retourne, début d’un Café allongé à domrir debout au bout du tunnel, Bacurau de Kleber Mendonça Filho, film réjouissant. Oui, reboot de septembre.
 

Mardi Notre Sinistre de l’intérieur délire

Notre sinistre de l’intérieur délire (je souhaite qu’il n’y ait pas un mètre carré en France qui échappe à la République EST une parole délirante), pour lui faciliter le travail en somme, bon citoyen que je suis, je lui ai fabriqué un générateur aléatoire de déclarations martiales.

 

Mardi Les Sillons (Installation)



L’Université Catholique de Louvain-la-Neuve, où se tient le noyau dur des hautes études du Désordre (je n’exagère rien), m’a invité à concevoir et construire une installation pour son hall d’entrée dans le cadre d’une année d’études et de recherches relative aux murs d’images des écrivains. « C’est vrai », pensai-je, en lisant leur invitation, « c’est vrai », donc, « que je suis un écrivain, maintenant ».

J’ai donc pensé à une installation qui reprend ma page des Sillons en l’agrandissant, si je puis dire, c’est-à-dire en lui donnant quatre fuseaux horaires qui sont ceux de Louvain-la-Neuve, c’est entendu, mais aussi, ceux de Hanoï, d’Ottawa et de Los Angeles, villes où se trouvent les universités partenaires d’UCL. La petite journée d’installation ne m’a pas nécessairement procuré beaucoup de dépaysement d’une journée à mon travail alimentaire, puisque j’ai donc installé quatre serveurs qui diffusent en continu les Sillons.

Je tente de rendre compte de cette installation dans le Désordre sur cette page. Popur celles et ceux qui ont l’occasion de se rendre de temps en temps à Louvain, l’installation est donc dans le hall d’accueil de l’université et cela pendant un an, c’est-à-dire jusqu’à septembre 2020.

 

Mardi Farewell to the old maestro



Je n’allais tout de même pas laisser partir comme ça The old Maestro, sans dire au revoir.

Je suis sûrement en train de faire une grosse connerie mais j’ai décidé de libérer en mon nom propre dans le Désordre le film de Robert Frank intitulé Le Blues du suceur de bites, comme si je n’avais pas assez de soucis comme ça merci. (À propos du titre du film, je sais qu’il y a ici des virtuoses du mot-dièse, merci de n’en rien faire ici et de ne pas tenter de rendre plus précis les termes du descriptif ci-dessous). C’est malgré tout le moyen le plus honnête par lequel j’ai décidé de rendre hommage au très grand Robert Frank, disparu la semaine dernière (ce qui m’a profondément attristé) et dont le travail aura été pour moi une source intarissable d’inspiration et d’admiration, j’ai même écrit un livre à son sujet, ce n’est sans doute pas ce que j’ai fait de mieux moi-même, je vous en donne malgré tout l’URL puisque le livre est épuisé pour ne pas dire pilonné.

Et je choisis cet hommage de pirate plutôt qu’un autre plus consensuel parce que Robert Frank lui-même il y a une vingtaine d’années avait pris des dispositions anticipant sa mort pour faire en sorte que son oeuvre puisse vivre en dehors de tout effort de récupération mercantile, notamment en faisant don de tout son fonds à la National Gallery de Washington avec un contrat très contraignant pour limiter tous les abus. Je salue au passage cette intelligence brillante de la situation par mon ancienne idole.

L’histoire de ce film (le Blues du suceur de bite) est assez surprenante. Un groupe d’adolescents pas très malins, mais très célèbres en dépit de leurs talents musicaux fort limités, contacte Robert Frank, alors photographe reconnu et cinéaste encore un peu tâtonnant pour filmer et documenter leur tournée triomphale aux Etats-Unis d’Amérique auprès d’un public conquis d’avance pour avoir subi de longues années de martèlement radiophonique. On dira gentiment que Robert Frank avait quelques longueurs d’avance en terme de maturité artistique et maturité tout court et que par ailleurs il avait quelques crédos de documentariste qui ne l’auraient pas fait regarder ailleurs ou même filmer ailleurs quand les adolescents précités se comportaient en adolescents boutonneux. Pour parfaire cette recette, les moyens matériels dévolus aux pauvres types musicalement pas très doués étaient pléthoriques, jugez plutôt avions, camions, hôtels luxueux etc…

Pour faire d’une longue histoire un récit bref le résultat cinématographique de cette affaire n’a pas du tout plu aux parents et responsables légaux des adolescents priapiques qui s’en sont offusqués et comme eux aussi jouissaient de moyens financiers importants, ils ont pris soin de juguler juridiquement le film avec de fortes menaces envers le petit cinéaste sans grands moyens (et je ne dis pas cela en riant, le financement des films de Robert Frank était un vrai poème en soi), du coup le petit cinéaste de rien du tout fut congédié avec interdiction de programmer son film dans la moindre salle de cinéma de tout le globe (jugez de la disproportion des moyens entre les responsables légaux des petits cons et ceux fort limités du petit cinéaste qui a malgré tout obtenu qu’il avait le droit de projeter son film s’il était physiquement présent à la projection).

Bref il a longtemps été presque impossible de voir ce film qui n’est pas un chef d’oeuvre, tant s’en faut, mais qui a cependant le mérite de montrer une vérité cachée (bien que pas difficile à connaître, il suffit de tendre l’oreille) : les musiciens de rock sont des branleurs à la petite semaine aux responsabilités limitées et étroitement surveillées par des personnes plus matures mais surtout aux assises financières considérables.

Ladies and Gentlemen I give you Le Blues du suceur de bites. De Robert Frank.

Et dire que maintenant, et c’est encore plus difficile (parce que nettement plus douloureux) à faire, je dois me pencher sur l’idée d’un dernier salut à mon amie, et ancienne professseure, Barbara Crane, elle aussi disparu cet été.

 

Dimanche Quel joli mois de mai



Dans les Cévennes, où il fait froid en ce début de mai, il n’empêche on déguste les pleurotes élevées en cave par une chouette voisine, sont-ce les champignons mais cela donne de nouvelles idées de reconstruction pour Notre Dame (pour le concours d’architecture du Terrier), je continue de travailler sur Le Rapport sexuel existe en ayant quelques idées pour la couverture du livre, Valérie peint le portrait de Zoé, un soir je regarde Film de Buster Keaton et Samuel Beckett, dans une pièce isolée de la maison je tombe sur une ancienne photographie de Berlin, pensée pour @peweck, et au retour de nos Cévennes glacées, on traverse la Margeride et Haute-Loire enneigées, concert du Surnat’ (Tallman, la version concert) à l’Echangeur avec en première partie deux formations issues du Collectif 2035, Where is Mr R.? Et Morgane Carnet, le lendemain Emile et moi tombons sur un vieux cadre de piano, je ne verrai donc pas Simone Barbès ou la vertu de Marie-Claude Treilhou, Au Tracé provisoire, concerts de Burkhard Stangle en duo avec dieb13, puis eRikm et Anthony Pateras, le 22 à Asnières c’est pas forcément ma tasse d’oolong, je revois avec plaisir Inherent Vice de Paul Thomas Anderson, sortie du numéro 9 de La Moitié du fourbi intitulé Vite, Bruno Angelini, Michele Rabbia et Tore Brunborg accueillent les images vidéos d’Al’l (je n’en pense pas forcément grand chose, je parle des images et je pourrais en dite aussi assez long sur la salle de concert en question, la plus inhospitalière de toute l’Ile de France), je maintiens une certaine idolâtrie pour Jim Jarmusch dont je vois chaque film à sa sortie depuis Stranger Than Paradise, j’ai remis la main sur le numéro de Palettes qu’Alain Jaubert a consacré à la Grande Jatte de Pierre Georges Seurat (et auquel j’avais contribué au millénaire dernier), Monrovia, Indiana de Frédéric Wiseman nous montre la première puissance mondiale en son centre et son coeur (par ailleurs cardiaque le coeur), je pars à la recherche du troisième point de fuite avec Marilou et cela devient toute une aventure en html, je remets la main sur des archives personnelles pas toutes avouables, comme ma contribution à Bonne idée de Jean-Jacques Goldman, c’est l’anniversaire de Julia, je suis époustouflé par Passion de Ryusuke Hamaguchi, je revois Carnaval de Thomas Vincent, Printemps de Sylvaine Hélary à l’Echangeur est une joie sans mélange, Elena, Christian Wallumrod et Kim Myhr nous laissent un peu sur notre faim et Chris Corsano est un batteur extraordinaire, tout ce au travers de quoi je passe d’archives personnelles à la recherche du troisième point de fuite, très belles toiles de Bernard Frize à Beaubourg, quelques oeuvres du musée découvertes par Zoé, un peu scotchée dit-elle par Giuseppe Penone, Louis Sclavis invite trois violoncellistes, quel dommage que cela ne se passe pas dans une bonne salle de concert !

Quel joli mois de mai !

 

Mercredi A la Recherche du troisième point de fuite



Dans Churchill, Manitoba, Anthony Poiraudeau a écrit un très beau premier chapitre à propos de la rêverie à partir des cartes.

Il y a deux ans, sur Seenthis, @odilon envoyait le lien vers cet effort singulier de cartographie consistant à signaler, sur une carte de New York et de ses environs, toutes les immeubles dont le toit avait vue sur la statue de la liberté.

Je suis resté longtemps à rêvasser sur cette carte, beaucoup plus à propos de la façon dont elle avait du être conçue qu’à propos des rues du Sud de Manhattan.

Puis m’est venue la pensée que, nécessairement, l’un de ces points rouges de la carte devait matérialiser l’immeuble dans lequel avait vécu Jan Karski, dont on voit la vue de ses fenêtres dans Shoah de Claude Lanzmann

Puis j’ai repensé au cours de perspective en première année aux Arts Déco.

Et à partir de là inutile de vous dire que j’étais lancé.

Soit A la recherche du troisième point de fuite, un récit hypertextuel ou lectrices et lecteurs sont invités à rechercher ce fameux troisième point de fuite en suivant les petites catapultes que sont les liens hypertextuels.

Et pour achever de vous encourager, ou de vous décourager, ou encore de vous donner une indication, ou bien encore de vous piéger je précise qu’en perspective tous les points de fuite ne figurent pas sur le dessin.

Bon voyage (bonne rêverie à partir d’une carte).

 

Dimanche Vite, Numéro 9 de La Moitié du fourbi



Au sommaire du numéro 9 de la Moitié de Fourbi : Tristan Tzara (texte), Thaddée (collage) / Un passant Paul Fournel / L’œil de l’Oulipo : La littérature a-t-elle horreur du vite ? Lucie Taïeb / Comète Hugues Robert / Esthétique politique du défouraillement Philippe de Jonckheere / La cordelette (un épisode cévenol) Guillaume Duprat (dessins & texte) / Inflation éternelle Anthony Poiraudeau / Courses et poursuites dans Los Angeles Zoé Balthus / Sumô, l’art du temps métaphysique Frédéric Fiolof / Raccourcis Marjorie Ricord / À l’immédiat, la déraison Marc-Antoine Mathieu (dessins), Antoine Gautier (présentation) / Trois secondes (extraits) La m/f / 7,7 millions de millisecondes, conversation avec Alexandre Laumonier Valérie Cibot / Yoga du temps Véronique Bergen / Martha Argerich. L’Art des passages Matthieu Raffard & Mathilde Roussel (photographies et texte) / Accélération Marie Willaime / Baies rouges — Breuverie Hugues Leroy / Trottoir Hélène Gaudy / En cours Antoine Mouton / À très vite

Tellement fier d’en être !
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Le bloc-notes du désordre