Dimanche Quel joli mois de mai



Dans les Cévennes, où il fait froid en ce début de mai, il n’empêche on déguste les pleurotes élevées en cave par une chouette voisine, sont-ce les champignons mais cela donne de nouvelles idées de reconstruction pour Notre Dame (pour le concours d’architecture du Terrier), je continue de travailler sur Le Rapport sexuel existe en ayant quelques idées pour la couverture du livre, Valérie peint le portrait de Zoé, un soir je regarde Film de Buster Keaton et Samuel Beckett, dans une pièce isolée de la maison je tombe sur une ancienne photographie de Berlin, pensée pour @peweck, et au retour de nos Cévennes glacées, on traverse la Margeride et Haute-Loire enneigées, concert du Surnat’ (Tallman, la version concert) à l’Echangeur avec en première partie deux formations issues du Collectif 2035, Where is Mr R. ? Et Morgane Carnet, le lendemain Emile et moi tombons sur un vieux cadre de piano, je ne verrai donc pas Simone Barbès ou la vertu de Marie-Claude Treilhou, Au Tracé provisoire, concerts de Burkhard Stangle en duo avec dieb13, puis eRikm et Anthony Pateras, le 22 à Asnières c’est pas forcément ma tasse d’oolong, je revois avec plaisir Inherent Vice de Paul Thomas Anderson, sortie du numéro 9 de La Moitié du fourbi intitulé Vite, Bruno Angelini, Michele Rabbia et Tore Brunborg accueillent les images vidéos d’Al’l (je n’en pense pas forcément grand chose, je parle des images et je pourrais en dite aussi assez long sur la salle de concert en question, la plus inhospitalière de toute l’Ile de France), je maintiens une certaine idolâtrie pour Jim Jarmusch dont je vois chaque film à sa sortie depuis Stranger Than Paradise, j’ai remis la main sur le numéro de Palettes qu’Alain Jaubert a consacré à la Grande Jatte de Pierre Georges Seurat (et auquel j’avais contribué au millénaire dernier), Monrovia, Indiana de Frédéric Wiseman nous montre la première puissance mondiale en son centre et son coeur (par ailleurs cardiaque le coeur), je pars à la recherche du troisième point de fuite avec Marilou et cela devient toute une aventure en html, je remets la main sur des archives personnelles pas toutes avouables, comme ma contribution à Bonne idée de Jean-Jacques Goldman, c’est l’anniversaire de Julia, je suis époustouflé par Passion de Ryusuke Hamaguchi, je revois Carnaval de Thomas Vincent, Printemps de Sylvaine Hélary à l’Echangeur est une joie sans mélange, Elena, Christian Wallumrod et Kim Myhr nous laissent un peu sur notre faim et Chris Corsano est un batteur extraordinaire, tout ce au travers de quoi je passe d’archives personnelles à la recherche du troisième point de fuite, très belles toiles de Bernard Frize à Beaubourg, quelques oeuvres du musée découvertes par Zoé, un peu scotchée dit-elle par Giuseppe Penone, Louis Sclavis invite trois violoncellistes, quel dommage que cela ne se passe pas dans une bonne salle de concert !

Quel joli mois de mai !

 

Mercredi A la Recherche du troisième point de fuite



Dans Churchill, Manitoba, Anthony Poiraudeau a écrit un très beau premier chapitre à propos de la rêverie à partir des cartes.

Il y a deux ans, sur Seenthis, @odilon envoyait le lien vers cet effort singulier de cartographie consistant à signaler, sur une carte de New York et de ses environs, toutes les immeubles dont le toit avait vue sur la statue de la liberté.

Je suis resté longtemps à rêvasser sur cette carte, beaucoup plus à propos de la façon dont elle avait du être conçue qu’à propos des rues du Sud de Manhattan.

Puis m’est venue la pensée que, nécessairement, l’un de ces points rouges de la carte devait matérialiser l’immeuble dans lequel avait vécu Jan Karski, dont on voit la vue de ses fenêtres dans Shoah de Claude Lanzmann

Puis j’ai repensé au cours de perspective en première année aux Arts Déco.

Et à partir de là inutile de vous dire que j’étais lancé.

Soit A la recherche du troisième point de fuite, un récit hypertextuel ou lectrices et lecteurs sont invités à rechercher ce fameux troisième point de fuite en suivant les petites catapultes que sont les liens hypertextuels.

Et pour achever de vous encourager, ou de vous décourager, ou encore de vous donner une indication, ou bien encore de vous piéger je précise qu’en perspective tous les points de fuite ne figurent pas sur le dessin.

Bon voyage (bonne rêverie à partir d’une carte).

 

Dimanche Vite, Numéro 9 de La Moitié du fourbi



Au sommaire du numéro 9 de la Moitié de Fourbi : Tristan Tzara (texte), Thaddée (collage) / Un passant Paul Fournel / L’œil de l’Oulipo : La littérature a-t-elle horreur du vite ? Lucie Taïeb / Comète Hugues Robert / Esthétique politique du défouraillement Philippe de Jonckheere / La cordelette (un épisode cévenol) Guillaume Duprat (dessins & texte) / Inflation éternelle Anthony Poiraudeau / Courses et poursuites dans Los Angeles Zoé Balthus / Sumô, l’art du temps métaphysique Frédéric Fiolof / Raccourcis Marjorie Ricord / À l’immédiat, la déraison Marc-Antoine Mathieu (dessins), Antoine Gautier (présentation) / Trois secondes (extraits) La m/f / 7,7 millions de millisecondes, conversation avec Alexandre Laumonier Valérie Cibot / Yoga du temps Véronique Bergen / Martha Argerich. L’Art des passages Matthieu Raffard & Mathilde Roussel (photographies et texte) / Accélération Marie Willaime / Baies rouges — Breuverie Hugues Leroy / Trottoir Hélène Gaudy / En cours Antoine Mouton / À très vite

Tellement fier d’en être !  

Dimanche En avril, fais comme Phil



Ma toubib a la classe intégrale avec un immense dessin de François Matton dans sa salle d’attente et quel ! Jeune bergère, documentaire de Delphine Détrie, dont je ne pense pas gand chose, c’est le moindre que l’on puisse dire, Le Rapport sexuel existe, dixième relecture, on s’approche de la fin ? une journée à Strasbourg avec Zoé, laquelle a désormais quinze ans ! Au fil du temps de Wim Wenders, décortiqué pour vous au Kosmos, de l ’ail des ours en veux-tu en voilà, merci Marie, Bertrand Gauguet en duo avec Franz Hautzinger à la rue de l’Acqueduc, Orchestra of Constant Disorder, Arnaud Rivière et Olivier Brisson aux Instants, les lycéens de Pablo Picasso à Fontenay assurent en bandes dessinées, La Strada de Fellini avec Sophie, Michele m’a fait une très belle bande son pour un des douze petits films de Clignements, quelques idées pour reconstruire Notre-Dame de Paris, toutes et tous aux abris : j’ai appris à faire des copies d’écran sur mon téléphone de poche, Dadada au Comptoir à Fontenay, séjour autunois, jusqu’au bout du monde, tentative de restauration d’un très ancien cours de perspective avec Marilou Lantieri, L’Etreinte avec Adrien Genoudet au théâtre Blocry à Louvain-la-Neuve, l’exposition de Wim Delvoye au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, As A Mother Of Fact d’Oriane Varak par la Notch Company, visite du Kanal, une petite semaine dans les Cévennes, retrouver un vieux journal et jouer au jeu de la Dyslexie créative. Quel mois d’avril !  

Mercredi L’Etreinte d’Adrien Genoudet au théâtre Blocry à Louvain-la-Neuve



Jeudi 15 avril à 20 heures, Adrien Genoudet et moi lisons l’Etreinte d’Adrien au théâtre Blocry de Louvain-la-Neuve. Monsieur et Madame Fichette ont une fille qui s’appelle Lilas.  

Vendredi Au fil du temps de Wim Wenders

 

J’ai emménagé à Fontenay-sous-Bois en juillet 2003. Il y a presque seize ans donc. En passant devant au volant de la camionnette de location qui contenait une partie du déménagement, j’ai remarqué que le cinéma le plus proche était fort proche, une centaine de mètres de ma future maison, et qu’il avait un drôle de nom, Le Kosmos.

Une fois que les cartons ont été déballés et que nous avons commencé à prendre nos marques, je suis allé une première fois au cinéma avec les enfants, à l’époque il n’y avait encore que Sarah et Emile, et nous sommes allés voir Les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet et Nicolas de Crécy. C’était la première fois que les enfants, encore tout petits, trois et quatre ans, allaient au cinéma. Dans Les Triplettes de Belleville, il y a une scène dans laquelle le personnage principal regarde un vieux film à la télévision avec sa vieille maman et on voit distinctement que le film n’est autre que : « Papa c’est Jour de fête ! » s’est écriée Sarah, dans le cinéma, Sarah, pas encore habituée au cadre du cinéma différent de celui du salon familial, la salle, sans doute cinéphile, a ri, je ne peux pas cacher que j’étais un peu fier de ma fille. Et attendri.

En sortant j’ai pris avec moi le programme dépliant de la salle, le genre de gestes que l’on produit sans même y penser et sans savoir que celui-là de geste serait fondateur d’une véritable habitude de vie : aller au Kosmos. Et j’y suis allé un certain nombre de fois. D’ailleurs en 2013 il y a eu la mise en place des cartes de fidélité magnétiques qui permettent justement à Audrey, l’ancienne ouvreuse, de me dire un jour : « Ah tiens c’est la cinq centième fois que vous venez, bref j’ai du aller au Kosmos ». Donc en tout, ‘j’ai du aller au Kosmos un bon millier de fois.

Pourtant, comme nous allons le voir je n’aime pas beaucoup le cinéma.

Parmi les nombreuses animations du Kosmos, souvent orchestrées par mon désormais ami Nicolas Reyboubet, il y en a une que je ne manquerais pour aucun prétexte, ce sont les lundis soirs du ciné-club mensuel.

Il y a quelques années Nicolas, pas très inspiré sur ce coup-là, avait confié la programmation de tout un cycle sur une année à Pacôme Thiellement. Alors autant le dire tout de suite, le thème choisi par Thiellement était fort intéressant, L’Enquête infinie et le choix des films remarquable, Otto y mezzo de Fellini, Mr Arkadyn de Welles, etc…, en revanche les longs monologues de Thiellement s’écoutant pisser sur les feuilles, pas du tout ma tasse d’Earl Grey, et même que je trouvais que c’était assez insultant de notre intelligence de devoir subir sans broncher les délires adolescents de Thiellement vous expliquant qu’Apostrophes de Frank Zappa est un projet Otto y Mezzo, j’en passe des bien pourries et des moins mûres que cela encore. La semaine suivante il y avait une autre projection avec rencontre dune partie de l’équipe de réalisation (je ne me souviens plus du film en question), le directeur du cinéma que je n’appelais pas encore Nicolas était là, j’ai décidé d’aller lui dire ma manière de penser à propos de ce Thiellement, Nicolas ne s’en est pas laisser conter et il m’a renvoyé dans mes 22, c’était propre rien à redire.

En revanche une certaine intelligence sociale de Nicolas avait remarqué que je venais souvent au cinéma et que peut-être il y avait manière d’établir le contact avec le spectateur apparemment fort retors que nul doute je dois être, il faut dire aussi, à la différence de Nicolas, je n’aime pas beaucoup le cinéma. Par ailleurs Nicolas ne boude pas qu’il y ait un peu e contradiction dans la salle après une projection et c’est souvent qu’il me tendait le microphone, et quelques invités sans doute s’en souviennent encore, parmi lesquels Yves Angelo, Guillaume Brac ou encore Pierre Filmont, Nicolas lui, avait fini par me cornaquer efficacement, j’étais le dernier des situationnistes, bref des fois cela chauffait un peu pour les équipes de réalisation venues assurer une manière de promotion de leurs petits derniers.

Sans doute Nicolas entend-il par là que quand je vais au cinéma, je ne débranche pas mon esprit critique, je ne me laisse pas avoir (impressionner) et que par ailleurs une certaine détestation de l’entre-soi (pratique terriblement courante dans le monde autocongratulatoire du cinéma), tout ceci faisant qu’en fait le cinéma, non je n’aime ça tant que ça.

A l’automne dernier Nicolas qui venait déjeuner à la maison comme il fait parfois le mercredi midi m’a parlé du cycle qu’il était en train d’organiser pour la saison à venir, il avait la bonne idée de fêter les 40 ans du Kosmos en initiant un cycle de ciné-club sur le thème du cinéma de fiction parlant de lui-même depuis la cabine de projection. C’est ce qui nous a valu le plaisir insigne de voir Matinée de Joe Dante, L’esprit de la ruche de Victor Eric, ou encore Good-Bye Dragon Inn de Tsai Ming-liang. Nicolas en revanche m’a expliqué qu’il lui manquait un titre et j’ai répondu, un peu du tac au tac (c’est rare), tu devrais projeter Au Fil du temps de Wim Wenders.

Nicolas ne connait pas encore Au Fil du temps, mais voilà bien Nicolas et son esprit d’ouverture, il s’est renseigné, a vu que la chose était possible, va pour Au Fil du temps et il me fait l’immense joie de me confier l’animation du débat d’après projection. A moi qui n’aime pas tant que cela le cinéma.

C’est donc le lundi 8 avril à 20H, au Kosmos à Fontenay-sous-Bois (243 Avenue de la République, 94120 Fontenay-sous-Bois - Ligne 118 (château de Vincennes - Rosny-sous-Bois), arrêt André Tessier ).

Et un bonheur cumulant avec un autre on se retrouve à partir de 18H30 à la brasserie Outland (54 Rue André Tessier, 94120 Fontenay-sous-Bois) qui brasse les meilleures ales qui soient. Et d’ici à ce qu’on souffle les quinze bougies d’ une certaine petite fille devenue très très grande, mais je ne vous ai rien dit. Bref c’est à ne pas manquer.  

Dimanche Mars



Le Rapport sexuel existe existera-t-il ? Félicie casse une corde de sa contrebasse, ce qui fait un peu de bruit tout de même, Fred Marty lui prête la sienne de contrebasse du coup elle peut jouer en trio avec Leo Dupleix et Taku Sugimoto, je rentre dans les dernières centaines de pages du Dossier M. de Grégoire Bouillier, Au musée Picasso Rutault fait la crapaud qui voudrait être un boeuf, un vrai nain de jardin, Alexander Calder, en revanche, avait apparemment des choses à échanger avec Picasso, je n’aurais pas cru, Sorry to Bother You de Boots Riley, Deux Fils de Félix Moati, quelques-unes de mes algues sont exposées en Arles avec des oeuvres dOlivia Rosa-Blondel et de L.L. de Mars, une pensée pour Dominique, Les Eternels de Jia Zhangke, la défiguration de Rueuil-Malmaison, Jérôme Noetinger et Lionel Fernandez aux Instants, suivis de Hippie Diktat, Les Etendues imaginaires de Yeo Siew-hua, Drancy, et ses perruches, les oeuvres photographiques de mon ami dentiste, de l’obscénité dans les beaux quartiers, le retour, saine et sauve, d’une jeune manifestante pour le climat, Tallman du Surnat’, la fin du Dossier M., Inculte a quinze ans, Magnolia de J.J. Cale, Robert Frank et Daphné Bitchatch ont des choses à se dire presque tous les jours sur ma table de travail, une merveilleuse jeune femme m’envoie une carte postale de Sainte-Madeleine de Vezelay, j’en suis presque ému jusqu’aux larmes, le trajet en train entre La Défense et Sèvres, tel qu’il est décrit par Peter Handke au début d’Essai sur la journée réussie, un dernier éclat de rire, merci Grégoire Bouillier, Tout ça pour ça ?, Dernier amour de Benoît Jacquot, l’Urgence d’agir, Maguy Marin de David Mambouch, Kandinsky dans la salle d’attente de l’orthophoniste, Vice d’Adam McKay, une petite partie de Mah Jong ? tentative de prolongement du magnifique Museo Infinito de L.L. de Mars, il n’y a rien de plus dégoûtant au monde que de voir Xavier Dolan être à ce point amoureux de lui-même, rien, venez-voir Au Fil du temps de Wim Wenders au Kosmos le lundi 8 avril à 20H.

Un mois de Mars bien rempli, comme j’aime.
Le bloc-notes du désordre