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Cela ne joue évidemment pas en sa faveur mais il est étonnant de constater que l'un des derniers films récents ayant pareillement joué avec l'homothétie du cadre soit le consternant Mommy de Xavier Nolan, dans lequel cet élément a surtout une vertu très décorative, façon bourrade dans les côtes du spectateur, avez-vous vu comme je suis fort de jouer avec le format du cadre, notamment dans la scène où on a momentanément le sentiment que les choses vont mieux pour le personnage principal et que donc le cadre s'élargit pour se rétrécir à nouveau quand il va de nouveau mal. Et bien que l'on ne puisse pas reprocher à László Nemes que Xavier Nolan ait commis avant lui cet effet purement décoratif, on remarque que les deux cinéastes ont pareillement des coquetteries à propos de la façon de filmer des sujets qui ne prêtent a priori pas à rire, l'un la schizophrénie et l'hystérie maternelle, l'autre la destruction des Juifs d'Europe.