 t-1 Ne comptons plus les jours. Il sera bien assez tôt. Ou assez tard pour dater, préciser, donner des détails. Consigner. Oui consigner, tout dire. Dire, écrire d'abord que j'ai pris la fuite. J'ai essayé de prendre la fuite. Je suis parti à un R. Et puis dans les rues de R je ne me sentais pas moins suivi qu'à P, aussi je suis revenu à P, où je me sens tout aussi suivi qu'à R, c'est dire la futilité de ma fuite à R, et celle toute aussi navrante de mon retour à P. J'aurai tout aussi bien pu périr à R plutôt qu'à P. La fuite n'était assurément pas la solution. Notons, la très belle église romane de R. Sur la porte de l'église de R, un écriteau: ceci est la porte du Ciel, entrez tous par cette porte, et puis en dessous, ( cette porte est fermée à cause des courants d'air, merci d'utiliser la porte de côté ).
Les projets.
Je m'astreins à l'élaboration et même à la réalisation de menus projets. Bien sûr je suis lucide. Je regarde les choses en face, comme on dit, je maintiens les projets à une échelle appropriée.
Toute ma tête.
Un exemple.
Demain je pars pour Lille.
Pour la journée.
L'aller-retour dans la journée.
C'est assez dérisoire.
Je voudrais, une dernière fois, le mot est lâché, contempler la vitrine du magasin de modèles réduits à l'angle de la rue de Béthune et la rue Jeanne Mayotte. Ses six vitrines réparties de la manière suivante. Les avions
Les bateaux
Les engins de guerre
Les voitures
Les châteaux
Les trains La vitrine des avions
Les vieux coucous de la Première Guerre
Le Spirit of Saint Louis
Les forteresses volantes
Les Messerschmitts
Les avions à réaction
Le North American T6
Les forteresses volantes Le B17
Le B29 Les mirages Le mirage III
Le mirage IV
Le mirage F1
Le mirage 2000
Le super-étandard Le Mustang P51
Le Tornado
Le Corsair
Le Spitfire
Le Stuka
L'avion des frères Wright
L'arc-en-ciel de Jean Mermoz
Le monoplace de Blériot
Le Concorde
Le Canadair
Le Boeing 747
Le Spad 13
Le triplan du Baron Rouge
Le Harrier, à décollage vertical
les Migs et surtout le Mig 21
Le F14 Tomcat
Le DC-4.
Les bateaux
Les vieux voiliers avec leurs rangées de canons et les voiles gonflées — par les courrants d'air du magasin?
Les cuirassés
Les voiliers multicoques
Les petits navires de pêche
Les paquebots
Les minéraliers
Les pétroliers
Les cargos
Les démineurs
Les porte-avions
Les porte-hélicoptères
Les vedettes
Les destroyers
Les jonques — deux jonques qui errent
Les bateaux ne m'ont jamais passionné.
Les engins de guerre
Les tanks Panzers et Shermans Les canons
et leurs serveurs, même à l'échelle d'un trente deuxième, les hommes sont méprisables, anodins.
Les half-tracks
Le half-track de Rommel
Les jeeps
Les camions bâchés de kaki
Les engins démineurs
Les véhicules amphibiens
Les porte-canons
Les véhicules du génie
Les porte-missiles et leur rampes de lancement
Les camions-citernes
Les motos
Les side-cars
Les transports de personnel
Les batteries de roquettes
Un arsenal.
Tiens, je pleure.
Je suis maintenant devant la vitrine des voitures.
Les voitures
Les voitures n'ont aucun intérêt.
Les châteaux
Les châteaux en carton
Les châteaux en bois
Les châteaux en matière plastique
Les châteaux en papier mâché
Les châteaux démontables
Les châteaux faits de cubes en bois à motifs, avec des pyramides et des cônes pour le sommet des donjons.
Les châteaux médiévaux
Les châteaux de la Renaissance
Chenonceaux
Chambord
Les châteaux imaginaires qui ressemblent un peu à ceux du Liechtenstein
Les trains
Les trains de voyageurs
Les fourgons de la poste
Les wagons-lits
Les wagons-restaurant
L'Orient express
Les trains à vapeur
Les trains électriques
Les michelines
Les trains corail
Les TGV
Les express régionaux
Les transports de marchandises
Les trains militaires
Les voitures à bétail
Six millions de Juifs y furent entassés, acheminés, exécutés, sacagés, brûlés. Même l'échelle d'un soixante douzième ne réduit rien. Je ne me résigne pas à l'écrire. Six millions de Juifs divisés par soixante douze égalent quatre vingt trois mille trois cent trente trois Juifs et sensiblement — le mot est insupportable — un tiers de Juif. 
Un autre exemple, celui là d'un projet, dont la réalisation est à éviter, à tout prix. Retourner passer une nuit à l'hôtel des Vikings à Etretat. Ça je n'aurai pas le courage. Le miroir de l'armoire à glace juste à côté du lit, il manquerait un reflet trop béant. J'en suis sûr, je finirais par avoir envie de me tuer. C'est un peu dommage. Se masturber en face de l'armoire à glace ne donnerait rien, c'est évident. Quelque sécrétions gluantes à tout casser et encore je n'émets aucune certitude. Le perlement, le roulement des galets redescendus par chaque ressac, ce serait insupportable. Se jeter de la falaise, j'y renonce de toute manière je ne parviendrai pas à atteindre le pic rocheux pour m'y empaler. Ce serait un suicide pour géant, et je ne suis qu'un petit joueur.
Finalement je ne vais pas si bien que ça.
Je le prétends.
Je le prétendais.
Encore à F, l'unijambiste, l'autre soir.
Ma caresse, de toute façon, elle s'y refuse, s'y dérobe. Je lui dis les choses en face, à elle je peux. Je lui dis, une femme avec une seule jambe, à n'en point douter, je pourrais m'épancher différemment. Elle argue dans un sourire qu'il reste un moignon. Au diable le moignon, je le lécherai, s'il le faut ; elle se trouble et écourte la conversation.
J'ai beau employer la mathématique.
Je lui dis.
Je suis seul.
Tu es seule.
Nous sommes faits l'un pour l'autre.
Elle répond.
Cela ne changera rien, cela ne ferait toujours qu'un nombre impair de jambes.
Elle dit, la vie est boîteuse avec un nombre impair de jambes. Nous allumons, de concert, une cigarette. La discussion est close. 
Oui, retourner à Etretat serait la dernière des conneries à faire. Ces derniers temps, j'ai de plus en plus souvent envie de me tuer. Lorsque je suis dégoûté de moi-même, je n'énonce aucune raison particulière, je dis, tout haut, qui plus est, je suis à tuer. Les gens, entre guillemets, aussi sont à tuer, mais j'avais décidé d'éviter les généralités. Il y a cette vieille blague juive que j'aime toujours autant. A un quidam, dites : pour avoir la paix dans le monde, que chacun est à manger à sa faim, et que tout sur la Terre finisse par avoir le goût du paradis, il faudrait tuer tous les Juifs et tous les coiffeurs. Immanquablement, le quidam de demander pourquoi les coiffeurs?, rarement pourquoi les juifs? Et j'écrivais plus haut, les gens sont à tuer. Je n'ai plus de fierté, je suis à tuer. Cela viendra bien assez rapidement. J'ai bien commencé à écrire quelques lignes à propos des regrets. Tout consigner avais-je écrit. Toute ma tête aussi. J'avais intitulé la chose : les Remords du Mort. Et puis non je gaspille mes forces, le mot sonne faux, quel mot, remords?, gaspiller?, forces? La paresse est également devenue une compagne sûre. Je suis affable, ou plutôt atone, mais certainement pas amène. La fin est arrêtée, il est redondant d'y revenir, mais cette proximité finit par conditionner un comportement mou de ma part. — à réécrire, ce qui ne sera jamais fait — paresse oblige, paresse qui règne sans partage, paresse qui régit tout. La fin étant arrêtée, curieusement — ce n'est sans doute pas si curieux — une force, un vecteur au sens contraire, en quelque sorte, au-dessus de mes forces, me pousse à m'arrêter avant l'âge. Et pourtant faut-il que je sois sur la mauvaise pente! J'imagine que je pourrais, tout à loisir, avancer par moi-même l'échéance. 
Je parlai de regrets, il n'y a que quelques lignes de cela, mais à vrai dire l'essentiel de mes regrets sont des pensées érotiques. Aucune d'entre elles, pour ainsi les décrire, pour ainsi les nommer, n'aura été assez disponible, offerte, ouverte, en un mot accessible. Une, peut-être, défie cette généralité, à qui je ne donnerais même pas une initiale, ni A comme Aline, ni B comme Berthe ni C comme ... et ainsi de suite, mais alors n'était-ce pas moi à qui elle, ni A, ni B, ni C ni ainsi de suite, reprochait de ne pas être accessible, je n'entre pas dans les détails, et certainement pas dans les initiales, qui m'ont pourtant réussi jusque-là. À A comme Aline, mais chacun aura saisi l'arbitraire de cette initiale, je reprochais son manque d'élégance — jamais elle n'aurait, par exemple, porté un soutien gorge de couleur noire jais — et je regrette de n'avoir su insister, de ne pas avoir su lui imposer, à B comme Berthe, je reprochais sa voix de crécelle, mais tout ceci est creux, ne creuse rien et puis pour bien faire, il faudrait, oui il faudrait, mais la paresse, le vecteur de sens contraire m'empêche de me livrer à ce déballage impudique et embarassant pour tous. À défaut, je pourrais sans doute écrire à propos de choses navrantes d'ennui. Je pourrais écrire. Oui écrivons, je finirai bien par manquer de choses à écrire, je finirai bien par me taire tout à fait. 
Six millions divisés par soixante douze. Huit. Huit que multiplient soixante douze, cinq cent soixante seize, ôtés de six cents, vingt quatre. Deux cent quarante divisés par soixante douze. Trois. Trois que multiplient soixante douze, deux cent seize, ôtés de deux cent quarante, vingt quatre. Deux cent quarante divisés par soixante douze. Trois. Trois que multiplient soixante douze, deux cent seize, ôtés de deux cent quarante, vingt quatre. Deux cent quarante divisés par soixante douze. Trois. Trois que multiplient soixante douze, deux cent seize, ôtés de deux cent quarante, vingt quatre. Et ainsi de suite. Six millions divisés par soixante douze égalent quatre vingt trois mille trois cent trente trois et un tiers. 
Peu de gens, qu'écris-je?, personne ne pourrait attester que j'avais au tout début de la fin, commencé par écrire dans un classeur pour lequel je perforais des feuilles en trois positions, au jour le jour, et que maintenant, à la fin de la fin, je n'écris plus que sur un bloc de papier à lettre dont je noircis inégalement les feuilles, que j'entrecoupe de calculs, de listes qui n'ont ni queue ni tête et que ma dernière vraie résolution consiste à aller jusqu'au bout du bloc de papier à lettre — il s'agirait d'un rouleau, il n'en irait pas différemment — dont je m'efforce de noircir qu'un seul côté, autant que faire se peut, je n'y réussis pas. Pas toujours. Je n'en ai pas toujours le courage. Je ne voudrais pas accélérer non plus ma fin, précipiter ma fin, en un mot creuser ma tombe. Prématurément. Hâtons nous lentement, jusqu'à en perdre haleine, ce sera ans doute la fin, oui c'est ça quand je serai à bout de souffle, il y aura, dans l'ordre, l'antépénultième souffle, le pénultième souffle, le dernier souffle, ce sera fini, ce sera la fin, non plus le début de la fin comme maintenant, mais la fin de la fin. J'évite autant que possible de faire des petits dessins, de toute façon je dessine mal ; si je devais dessiner une pomme, c'est un exemple, il serait sans doute préférable d'inscrire la mention pomme sous le dessin pour m'assurer que mon dessin soit correctement interprété par une tierce personne. Alors imaginez un peu les symagrées qu'il faudrait faire pour que cette tierce personne fasse la différence entre un de mes dessins de boscop et celui d'une canada. Assez pour le bloc-notes. Si, je dois dire que je les ai acheté à Lille au tabac de la rue de Béthune. Rien n'est plus facile que de donner de nombreux détails — rien n'est plus difficile de ne pas trop en donner. Ça n'avance guère. Je pourrais faire une liste. Ce serait la liste des choses qui vont me manquer, bien que ce soit assez aberrant. Il me semble que j'en avais nourri le projet, il y a quelques temps, il semble me souvenir que j'avais donné à cette liste le titre de liste des regrets non éternels.
Je me lance.
On verra bien.
Il va manquer des choses.
Elle, la liste, sera incomplète. 
Liste des regrets non éternels. Je regrette que bientôt je ne pourrai plus écouter Lonely Woman d'Horace Silver, interprété par Ornette Coleman, à l'alto, avec Don Cherry à la trompette, Charlie Haden à la contrebasse et Billy Higgins à la batterie. Je regrette que bientôt je ne pourrai plus contempler La Ronde de nuit, peinte par Rembrandt. Je regrette de ne bientôt plus pouvoir relire le tout premier paragraphe de L'Homme sans Qualité de Robert Musil, et seulement ce premier paragraphe. Passé le premier paragraphe, je n'ai pas retenu grand-chose. On s'en doutait un peu. Je regrette de ne bientôt plus pouvoir manger de côte de veau sauce Grand-mère de Chez Marius, rue des Fossés Saint-Bernard à Paris. Je regrette de ne bientôt plus pouvoir avoir l'occasion de marcher jusqu'au Pic Cassini en partant du Mas de la Barque, sur le Mont-Lozère. Je regretterai bientôt le Balzac de Rodin, boulevard Raspail à Paris. C'est idiot.
Tout à fait idiot.
Je continue. Je regretterai bientôt, je le regrette déjà, qu'il ne me sera plus, qu'il ne me soit déjà plus donné de caresser les seins de U. (?) — à changer. L'initiale?,
les seins?,
U? Je regretterai toujours la photographie de Robert Frank légendée Bar in Gallup, New Mexico. Je regretterai toujours la blague du type qui a une douleur qui part de là... Pour bien faire je la raconte une dernière fois. Monsieur M va chez son médecin et se plaint d'une douleur qui part de là dit-il, en pointant de l'index sa narine droite et qui remonte vers l'oeil, qui passe derrière l'oreille, qui descend dans le cou puis autour de la clavicule, dans le bras droit jusqu'à la main et qui repart et descend dans la jambe gauche et puis qui revient vers le sexe, au niveau du scrotum. Le docteur examine Monsieur M. Le diagnostic est sans appel: il faut pratiquer l'ablation des testicules. Bien sûr vous pouvez demander un deuxième avis et les formules habituelles. Monsieur M décide de demander un deuxième avis auprès d'un autre médecin. Le diagnostic est le même. Sans appel. Ablation des testicules pour enrayer cette douleur qui part de sa narine droite et qui remonte vers l'oeil, qui passe derrière l'oreille, qui descend dans le cou puis autour de la clavicule, dans le bras droit jusqu'à la main et qui repart et descend dans la jambe gauche et puis qui revient vers le sexe, au niveau du scrotum. Résigné Monsieur M reprend rendez-vous avec le premier médecin et se fait faire l'ablation des testicules. Après une opération chirurgicale réussie sous une anesthésie générale sans encombre et une convalescence sans histoire, de fait, la douleur qui partait de sa narine droite et qui remonte vers l'oeil, qui passe derrière l'oreille, qui descend dans le cou puis autour de la clavicule, dans le bras droit jusqu'à la main et qui repart et descend dans la jambe gauche et puis qui revient vers le sexe, au niveau du scrotum a disparu, tout à fait disparu. Monsieur M a retrouvé le moral, ce moral que minait cette douleur qui part de sa narine droite et qui remonte vers l'oeil, qui passe derrière l'oreille, qui descend dans le cou puis autour de la clavicule, dans le bras droit jusqu'à la main et qui repart et descend dans la jambe gauche et puis qui revient vers le sexe, au niveau du scrotum. D'humeur excellente et légère Monsieur M décide de se faire faire un costume sur mesure. Il va donc chez un tailleur. Le tailleur prend les mesures de Monsieur M et puis discrètement demande à Monsieur M vous portez plutôt à gauche ou plutôt à droite ? Monsieur M est très surpris et embarrassé par la question, il rougit. Le tailleur le met à l'aise. Vous savez, moi je vous dis ça, c'est pour vous, parce que si jamais je vous fais un pantalon de costume pour quelqu'un qui porte à droite et que vous portez en fait à gauche vous allez avoir une douleur qui part de là ... Je la raconte mieux en faisant les accents. 
Je regretterai sans doute une partie d'échecs à couteaux tirés, dans les odeurs caractéristiques de sueurs et de tabac froids et le vacarme assourdissant de joueurs de blitz excités à grand tort par leurs trouvailles, si facilement réfutables, en un peu plus de temps qu'il ne faut à ces dérangés pour faire une partie complète. Je regretterai longtemps le parfum des faluches au four le matin et le goût doux, écoeurant presque du beurre fondu et de la vergeoise mêlés. J'aurais tant aimé savoir jouer de la contrebasse. Même si ce ne devait pas être aussi bien que Charlie Haden ou que Gary Peacock. Je regretterai cette fin d'après midi atemporelle, lorsque je descendis, dans le sens du courant, tout de même, en nageant le papillon, le bief qui sépare les écluses numéro 89 et 90, entre Saint Vinnemer et Tanlay sur le canal de Bourgogne. Je regrette de ne pas parler le Chinois, ou plus exactement le Wu. Je regretterai toujours la musique pour cordes percussions et célesta de Bartok par le RIAS symphonie orchester de Berlin sous la direction de Ferenc Fricsay. Être le champion du monde de ping-pong. Bon je m'arrête.
Je poursuis. Ça n'a guère avancé. Je veux dire, ou écrire, cela n'a aucune importance, que les heures s'écoulant avec lenteur, je me fais l'effet d'un employé qui s'ennuie et qui regarde l'horloge murale de son bureau toutes les cinq minutes pour constater amèrement que la grande aiguille n'a avancé que de trois minutes — et a fortiori de constater, du même coup d'oeil, le faible progrès de la petite aiguille — depuis la dernière fois qu'il l'a regardée. Je ne compte plus le nombre de feuillets arrachés à ce bloc. Je ressens toutes sortes de douleur. Des douleurs qui sont bien peu de choses, mais qui me gênent sans cesse. J'en donne la liste pas acquis de conscience. Avant cela, je m'empresse, les soucis de chronologie sont bien lointains, de remarquer que quand bien même j'évite de noircir les deux côtés des feuillets, il m'arrive cependant de le faire, c'est à dire de noircir les deux côtés des feuillets — j'ajoute, par pur souci d'honnêteté, que quand bien même j'évite de me noircir en déglutissant des bocks, j'y parviens cependant. De me noircir . Ca y est, je crois que je suis tout à fait gris. Des courbatures qui s'acharnent à sanctionner des mouvements et des efforts que je n'ai pas commis.
Des maux de tête — courbatures acharnées qui sanctionnent des raisonnements que je n'ai pas tenus?
Un mal de dos chronique dans la région lombaire, à la hauteur de L5-S1, avec les inévitables répercussions, à la hauteur de L4-L5 et de L3-L4.
Des engourdissements dans les membres inférieurs, les jambes lourdes, comme on dit.
Des vertiges.
Impression de tête lourde, s'amplifiant avec les mouvements de tête, quand bien même ces mouvements sont assez lents: légère impression d'écho de ces mouvements.
Encombrement des narines par des caillots de sang incessants.
Hydrocèle au testicule gauche.
Fièvres — avec très grande impression de froid, tandis que tout le monde semble être à l'aise avec la température ambiante. Sueurs froides sur le front notamment. Teint pâle subitement.
Tension basse.
Sommeil angoissé, sommeil abrutissant.
Somnolence au volant.
Une circulation déficiente dans les bras.
Des acuphènes opiniâtres dans l'oreille gauche.
Une digestion habituellement difficile et un transit capricieux.
Gaz. Je suis à tuer. |