13 décembre 2003
Mardi 13 décembre. Pour Halley.
Il va être temps de régler quelques détails. Des détails non sans importance. Je dois d'abord régler le problème de mon poisson rouge. Dans une douzaine de jours je ne serai plus. Je doute fort que la personne que j'ai chargée d'entériner cette décision, et bien que je ne doute en rien de sa compétence, pousse le professionnalisme jusqu'à s'occuper, d'une manière ou d'une autre de mon poisson rouge, de ma comète. S'il est une agonie que je désire à tout prix épargner à ma comète, c'est celle de la faim. Pire encore celle de l'asphyxie dans ses propres excréments, pour ainsi parler. Il me faut donc envisager une manière de mettre fin à ses jours. Il doit exister de nombreuses façons d'occire un poisson rouge, comme il en existe, n'en doutons pas, de nombreuses pour exterminer un homme. Mon problème est davantage de lui trouver une fin qui lui soit digne, précisément pas la faim. Je remarquai, pour l'avoir déjà expérimenté, qu'un poisson rouge se livre avec des grés inégaux à l'ébouillantement. Première recette s'il m'est permis : porter une marmite d'eau à ébullition. Y jeter ensuite le poisson rouge. Ce dernier se tortillera tant et si bien qu'il s'arrangera pour bondir hors de la marmite, préférant, apparemment l'apnée fatale. Deuxième recette : porter lentement une marmite d'eau contenant un poisson rouge à ébullition.
Ce dernier se laissera mourir à petit feu, pour ainsi dire. D'aucuns se rendent maintenant compte que je ne réfléchis pas à la légère. D'aucuns seront également prompts à suggérer de prendre le poisson et de le décapiter à l'aide d'un couteau de cuisine. D'aucuns, de ceux qui connaissent un peu les poissons rouges, et les comètes en particulier, savent qu'un poisson rouge, en général, dans le cas qui nous occupe, une comète, se débat terriblement hors de l'eau. Ce tranchage de tête serait donc rendu périlleux avec un couteau bien affûté, par ailleurs nécessaire et indispensable à une telle opération pour peu qu'on la souhaite soigneusement exécutée, c'est le mot. Pour des raisons personnelles que je désire garder personnelles, je ne me résous pas non plus à une asphyxie à l'air qui n'aurait rien de
libre pour le poisson rouge. L'asphyxie présente cependant l'immense avantage d'éviter toute effusion de sang, une telle solution n'est donc pas à écarter hâtivement. L'exaltation à propos de cette solution pragmatique n'est pas de mise non plus du reste. Toute brutalité excessive est inutile et sera attentivement écartée. Une anesthésie serait même tout à fait souhaitable.
Plus tard dans l'après-midi, je me tassai un whisky bien versé les contrepets de la semaine dernière ont rendu mon élocution pénible, tout comme les pets le sont à la digestion. Tandis que par amusement visuel, je me divertissais à faire coïncider mon verre tenu à bout de bras donc dans une perception rapprochée avec le bocal de mon poisson rouge perché, le bocal, pas le poisson rouge, sur le manteau de la cheminée, j'entrevis la solution. L'anesthésie serait le whisky ne me sers-je pas de ce fallacieux prétexte pour m'en verser un bien tassé plus souvent qu'à mon tour ? L'agonie sera l'asphyxie, mais une asphyxie lente et progressive, toujours pour moins de douleur. À chaque changement d'eau de ma comète, je diminuerai la quantité d'eau fraîche et propre remise dans le bocal, eau que je troublerai également progressivement de whisky. Que d'aucuns, de ceux qui connaissent un peu le sujet des poissons rouges en général et celui des comètes en particulier, et aussi ceux qui n'y connaissent rien ou si peu de choses, ne comptent pas sur moi pour fournir le moindre détail de cette agonie. Je n'entends pas contenter leur voyeurisme. Digne.
posted by Philippe De Jonckheere at 11:16 AM
12 décembre 2003
Lundi 12 décembre.Il était une fois un enfant très diminué. Cet enfant était tellement diminué qu'en fait il n'avait en tout et pour tout qu'une tête. Ses parents qui ne pouvaient être sur du sexe de l'ange l'avaient appelé O, qui est un prénom à la fois masculin et féminin. Par ailleurs ses parents faisaient tout ce qu'il était en leur pouvoir de faire pour que l'enfance de O soit la plus normale possible en dépit de son terrible handicap. Ainsi à l'un des anniversaires de O, ils avaient invité tous les petits camarades de O, ses cousins, toute la famille et les voisins pour une très grande fête d'anniversaire. La fête battait son plein, on venait de manger le gâteau d'anniversaire, et O dont on vantait toujours le très grand souffle, éteignit toutes les bougies d'un seul coup. On déboucha le champagne et on apporta son cadeau à O. Un camarade de O l'aida gentiment à défaire le noeud du paquet et ouvrit la boîte devant les yeux de O.
O, déçu : Oh un chapeau...
posted by Philippe De Jonckheere at 9:32 AM
11 décembre 2003
Dimanche 11 décembre.Un scorpion approche un crocodile.
LE SCORPION: Crocodile, je voudrais traverser la rivière, je ne sais pas nager, pourrais tu me prendre sur ton dos?
LE CROCODILE, méfiant: Scorpion, je ne suis pas fou, et je me méfie du poison de ta queue. ( Il n'y a, sauf erreur, pas de contrepêtrie dans cete phrase pourtant suspecte. )
LE SCORPION, se voulant rassurant: Crocodile, réfléchis un peu, si telle est ma conduite, je périrais emporté par les eaux.
LE CROCODILE, pensif: Scorpion, j'imagine que tu as raison, je peux donc te faire confiance?
LE SCORPION, solennel: Crocodile, je te donne ma parole.
Le scorpion monte sur le dos du crocodile qui s'adresse une dernière fois au scorpion:
LE CROCODILE: Scorpion, pas de blague hein?
LE SCORPION: Crocodile, sois sans crainte
Au milieu de la rivière, le crocodile ressent une vive douleur brûlante dans son dos et réalise que le scorpion l'a piqué
LE CROCODILE: Scorpion, mais pourquoi m'as tu piqué?, tu vas maintenant te noyer.
Le crocodile eut juste le temps d'entendre les dernières paroles du scorpion.
LE SCORPION: Crocodile, je suis désolé mais je suis scorpion.
posted by Philippe De Jonckheere at 9:40 AM
10 décembre 2003
Samedi 10 décembre.Le jour de la rentrée scolaire, un instituteur interroge ses élèves sur les professions de leurs pères.
L'INSTITUTEUR: Et toi Maurice, que fait ton papa?
MAURICE: Mon papa, il est chef de gare. A Perpignan
L'INSTITUTEUR: Très bien, Maurice. Et toi Alain, que fait ton papa?
ALAIN: Mon papa, il est pilote.
L'INSTITUTEUR: Très bien, et toi Philippe, quel est le métier de ton papa?
PHILIPPE: Mon papa, il est pianiste.
L'INSTITUTEUR: Très bien, et toi Christophe, quel métier fait ton papa?
CHRISTOPHE: Mon papa, il est mort.
L'INSTITUTEUR, confus:Je suis désolé Christophe, je ne savais pas.
( Puis se reprenant ). Christophe, que faisait ton papa, avant de mourir?
CHRISTOPHE, grimaçant curieusement:AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAhhh!
posted by Philippe De Jonckheere at 10:38 AM
09 décembre 2003
Vendredi 9 décembre.Un homme se rend chez son médecin qui vient de recevoir les derniers résultats des analyses de son patient.
LE MEDECIN: Voilà Monsieur M, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
MONSIEUR M calmement: commençons par la mauvaise nouvelle Docteur.
LE MEDECIN: C'est assez fâcheux, vos dernières analyses ont levé tous mes doutes: vous n'avez plus que trois ou quatre mois à vivre. Pis encore vous allez probablement terriblement souffrir. Il n'y a aucun espoir.
MONSIEUR M, contenant difficilement son émotion: Et la bonne nouvelle?
LE MEDECIN: Ma secrétaire est depuis hier soir ma nouvelle maîtresse et c'est un très bon coup.
posted by Philippe De Jonckheere at 9:30 AM
08 décembre 2003
Jeudi 8 décembre. A un enterrement, la veuve s'approche du croque-mort et lui glisse un mot à l'oreille. Le croque-mort incrédule lui fait répéter.
LE CROQUE-MORT: Madame, cela fait trente et un ans que je fais ce métier, et c'est bien la première fois que l'on me fait pareille requête. Vous voudriez que je vous mette de côté le phallus de votre défunt mari?
LA VEUVE: Oui.
LE CROQUE-MORT: Mais enfin Madame, permettez-moi de vous demander ce que vous en ferez.
LA VEUVE: C'est pour mettre dans ma daube.
LE CROQUE-MORT: Dans votre daube?
LA VEUVE: Vous comprenez, il me l'a fait bouffer froide tous les matins pendant quarante ans et je me suis toujours demandé quel goût ça avait chaud.
posted by Philippe De Jonckheere at 7:38 AM
07 décembre 2003
Mercredi 7 décembre
Monsieur et Madame Hergebelle sont heureux de vous annoncer la naissance de leur fils Octave |
posted by Philippe De Jonckheere at 7:46 AM