18 octobre 2003
Mardi 18 octobre. Aulnay sous Bois. Le corps d'un homme (presque) nu découvert dans son appartement. Un homme âgé de 43 ans a été retrouvé mercredi soir dans son appartement, tué par une balle lui ayant traversé le cou. L'arme a été découverte dans une autre partie de l'appartement. Il portait, comme seul élément vestimentaire, un préservatif.
Voilà un quidam qui, Dame!, a réussi sa sortie, qui a réussi une sortie un tant soit peu originale, quelque chose d'un peu moins commun qu'une rébarbative thrombose coronaire.
posted by Philippe De Jonckheere at 10:28 AM
17 octobre 2003
Lundi 17 octobre.Je me suis réveillé ce matin sortant d'un rêve, où, on me tuait et je mourrais, dans cet ordre là. Et quand je parle de tels pressentiments à ma psychanalyste, le Docteur L, elle ne semble pas du tout les prendre avec le sérieux voulu, arguant, c'est un peu facile, comme argumentation est ce que je vais bi-hebdomadairement dans un quartier assez éloigné du mien pour m'entendre dire des fadaises pareilles, des pensums si peu inspirés, des poncifs aussi éculés? que les rêves expriment le plus souvent le contraire de la réalité.
posted by Philippe De Jonckheere at 9:44 AM
16 octobre 2003
Dimanche 16 octobre.Je viens de croiser la veuve du quatrième, Madame G, de loin la plus fraîche de l'immeuble. La veuve du quatrième, Madame G, donne aucun signe d'une décrépitude avancée comme le faisait si bien feue la veuve à la tringle à rideaux du deuxième étage, feue Madame J. Certes, la veuve du quatrième, Madame G, est tout de même assez âgée comme on dit, elle est bien conservée. J'imagine que si elle était morte on dirait tout aussi bien qu'elle est bien embaumée. Pour la décrire plus synthétiquement, il faudrait sans doute écrire, que sa ménopause est avérée, qu'elle est encore bousculable, qu'elle ne crache pas encore. Au demeurant elle est plutôt courtoise et discrète. Pourtant ce matin, tandis que nous nous croisions dans le hall de l'immeuble, devant les boîtes aux lettres, la veuve du quartième, Madame G, eut cette remarque déconcertante, qu'elle avait enfin croisé Madame D, mon épouse. Je n'entre pas dans les détails, mais je dois cependant écrire qu'elle faisait référence à des notions suffisamment périmées pour que mon jugement s'arrêtât sans ambages : la veuve du quatrième, Madame G, tout aussi courtoise, pas encore crachante, toujours bousculable et ménopausée qu'elle était, était à côté de la plaque, comme on dit, à côté de sa pierre tombale comme je préférais écrire. Au milieu de toutes ses veuves, et vieilles demoiselles de l'immeuble, j'étais désormais un anachronisme criant. Par bonheur, j'allais, par mon départ et son absence inhérente, mettre de l'ordre dans tout ça.
posted by Philippe De Jonckheere at 10:13 AM
15 octobre 2003
Samedi 15 octobre.I took a step his friend had out of my clo from me in c down in front close from m little farther an his right testic teeth, creatin ball to slip so tongue across around over the nuts. Gary moan and weak. I then r sac and licked the the head bounce li tongued the bottom o lick him, tracing the li underside of his pen there that I stopped, o to receive him entirely.
I felt the smooth head down the roof of my mou throat. I fought back a sm tip of his cock into swallowing motions t forced my tongue to the underside of h massaged his stiff and out and back my long hair u my head back an eyes met first his, her that I restedtowards Gary. Neither he nor dared to move while I skipped thes; they simply stood across omplete bewilderement. I kneeled of Gary, surveying his cock up y new position. I bent down a d opened my mouth to receive le. I sucked in air through my g enough of a vaccum for his ftly into my mouth. I rolled my the bottom of it, swirling it light fuzz that encases his ed, a noise that was small an my tongue up his ball base of his cock, feeling gtly across my eyes as I f his prick. I continued to ttle vein that goes up the is to the very top. It was pening my mouth wide
of his penis slipping th back towards my mall gag as I took the my throat, making o help it down. I the front slipping it over is cock as I sucked and prick. I edged his penis in and forth, his hands grabbed sing it as a way of guiding d forth. I looked up and my then the blonde's. It was on my gaze; she looked
posted by Philippe De Jonckheere at 10:40 AM
14 octobre 2003
Vendredi 14 octobre.Mon mètre a disparu. Je n'ai pas écrit que j'avais perdu mon mètre, mais bien plutôt que mon mètre avait disparu. J'étais fort occupé à des tâches d'archivage et j'étais arrivé à l'amère constatation, en soi un doux euphémisme, que mes optimisations successives de rangements n'y suffisaient plus, or donc, j'allais être obligé de construire de nouvelles étagères. Dans le processus de construction de ces nouvelles étagères, mon mètre a disparu. À un instant t, il était encore parmi mes outils épars sur le plancher, à l'instant t plus un, je ne le trouvai plus. Ce fut assez contrariant. J'ai bien regardé partout, même dans les endroits les plus incohérents, si tant est que des endroits puissent être incohérents, mais je me comprends, et il n'y avait rien à faire, mon mètre avait disparu. J'étais donc interrompu. Il ne m'était nullement loisible de l'être. Je me faisais fort de, soit retrouver mon mètre disparu, soit de figurer une solution de remplacement ad hoc. En fait il y avait deux solutions; ranger tous les outils épars sur le plancher, mon mètre finirait bien par réapparaître. J'ai bien écrit mon mètre finirait par réapparaître et non je finirai pas retrouver mon mètre. Il y a là la même différence qu'il y a entre penser que mon mètre était quelque part, et que mon mètre avait disparu. Je me doute un peu que toutes ces nuances vous échappent un peu, si ce n'est tout à fait, mais je suis bien obligé de me les faire à moi-même. Je m'excuse par avance, une mauvaise fois pour toutes, de ces précisions laborieuses, mais si d'aucuns les trouvent rhédibitoires, d'aucuns n'ont qu'à écrire leurs propres histoires, je les lirais bien volontiers, et puis d'aucuns s'apercevront que ce n'est pas si facile de faire le tri de la sorte entre ce qui est primordial ou non de préciser, équilibre périlleux entre deux torts, celui de laisser au lecteur une désagréable impression d'imprécision ou au contraire de faire crouler sur lui une avalanche de vétilles inertes. Je fais de mon mieux. J'évite autant que faire se peut les plaisanteries douteuses, les mots un peu faciles, en un mot l'humour laborieux qui est un peu ma patte, il faut bien en convenir. On en se refait pas. Ou alors très mal. Précision renouvellée, je fais au mieux de mes petits moyens. Et puis je peux aussi bien le dire tout de suite, je ne suis pas le narrateur de cette histoire qui commence mal, qui commence par la fin, qui finit donc mal, enfin pas le narrateur qu'ils avaient prévu au début, celui qu'ils avaient préempté pour le rôle, le narrateur, est lui, comment dire, indisponible, je le remplace au pied levé. Je n'avais jusqu'à maintenant pas tenu ce poste comme vous l'avez peut-être remarqué à la lecture de mon curriculum vitae. Avant j'étais dans un autre service, le service a été réorganisé, l'activité a été redéployée, on a fait les choses en douceur, il ne faut pas croire, mais bon le service a été démantelé, il ne faut pas croire non plus, il faut appeller un chat un chat, les réorganisations ce n'est pas sans douleur non plus, il ne faut pas croire, d'ailleurs les anciens de mon service, je ne les vois plus, ou si parfois l'un ou l'autre au restaurant d'entreprise, mais on voit bien que ce n'est plus ça, les gens plaisantent encore un peu, ils parlent du temps ou le service existait encore, mais le coeur n'y est plus, forcément, la faute à qui?, la faute à personne en fait, à la fin ils nous ont dit qu'on était plus rentables, qu'il fallait qu'on se remette en question, c'est la réalité, la réalité du marché, la versatilité de la demande, la flexibilité est passée par là, alors à la fin bien sûr, la culture d'entreprise, elle a du mal à exister, surtout avec tous les gens qu'on récupère des anciennes filiales, et tout est comme ça, il faut bien se faire une raison, regarder la réalité en face, on est des pions, pas plus pas moins, nous on nous met là, on est pas forcément la meilleure personne pour le poste, regardez moi par exemple, mais c'est comme ça, il faut faire avec, de toute manière avec leur fameuse globalisation, on n'a pas trop le choix, de toute façon ces choses là, on les a vues venir de loin, ces grandes lames de fond qui partent de tout en haut, de la maison-mère, il vaut mieux ne pas se mettre en travers, bien sûr il y a eu des précédents, on est bien placé pour le savoir, vous vous rappellez d'Untel, il ne voulait pas partir, il disait qu'il était scotché à la moquette, et bien quand ils ont fermé, il a bien fallu qu'il parte, et puis il était ciblé de toute manière, on ne sait d'ailleurs plus trop ce qu'il est devenu depuis, oui je sais, il y en a qui disent ça, il y en a qui disent qu'il a fait de la dépression, non il ne s'est pas pendu, ça c'est des rumeurs, comment il s'appelait déjà?, D?, oui c'est ça, D, ah c'est vrai que depuis le temps on a eu le temps d'en voir passer des réorganisations, à croire qu'ils sont payés pour les pondre leurs réorganisations, peut-être qu'ils sont comme nous qu'ils sont payés à la pièce, à la réorganisation, non je sais bien on est pas payés à la pièce, mais il y a des fois tu te demandes, enfin des réorganisations, c'est vrai qu'on a en a vues passer quelques unes, et puis les chefs aussi, ça on en a vus défiler des chefs, il y en a qui n'ont pas fait long feu, non il y en a eu des biens, il faut reconnaître, il ne faut pas penser, pour eux non plus ça ne devait pas être facile, enfin on n'est pas payés pareil non plus, oui mais le salaire ce n'est pas tout, il faut voir les à-côtés aussi, bon c'est pas tout ça mais va falloir y retourner, les bécanes elles vont pas nous attendre, sans ça, oui n'empêche ce n'est plus pareil, ça non alors. Je reprends. Où en étais-je déjà? C'est vrai ça, on discute et puis, on ne voit pas le temps passer. Bon on en était où déjà? Ah oui, le rangement des étagères. Je ne doutai donc pas que le rangement des outils me permettrait, à coup sûr, de faire, en l'isolant, réapparaître mon mètre : en rangeant, les choses reviendraient dans l'ordre, le mètre avec elles. Deux, mais de quoi je parle?, je ne sais plus, j'ai perdu le fil, poursuivons, on verra bien, donc deux, me servir de ce vieux mètre, qu'il était d'ailleurs abusif d'appeler un mètre, puisque sa réglette est graduée en pouces et en pieds. J'optais courageusement pour la deuxième solution. Je décidai d'utiliser mon vieux pied. J'en bavais aussi. Pour la bonne mesure, comment on dit, je décidais d'énoncer mes mesures en anglais. Twenty two inches and a quarter. Sixteen inches and three eighths, three quarters of an inch. J'aurais très bien pu écrire: one foot eight inches and a quarter, one foot four inches and three eighths, three quarters of an inch. Ca y est, il est reparti, il parle boulot maintenant. Comme j'aurais pu dire, si je n'avais pas décidé d'écrire en Anglais: vingt deux pouces un quarts, seize pouces trois huitièmes, trois quarts de pouce. Ou bien encore, évidemment, un pied huit pouces un quart, un pied quatre pouces trois huitièmes, trois quarts de pouce. Je remarquai cependant que la meilleure façon était de dire, comme d'écrire: Twenty two inches and a quarter. Sixteen inches and three eighths, three quarters of an inch. Mon Anglais, à la différence du dévidoir de la réglette de mon mètre-pied, n'était pas trop rouillé en anglais rusted ça allait. A la fin j'étais assez satisfait de mes étagères ; j'ai rangé mes outils. Il n'y avait cependant pas trace du mètre. Ce qui confirmait mes présomptions premières : le mètre n'avait pas été égaré mais le mètre avait bel et bien disparu. C'était vexant, les objets, pour autant que je sache, ne sont tout de même pas animés d'une vie qui leur est propre. Pour autant que je sache, lorsque les cafetiers empilent les chaises sur les tables à la clôture de leur estaminet, et lorsqu'ils rouvrent le matin suivant, il ne sont pas à la tête d'un parc de chaises d'un nombre cinquante pour cents plus important, si tant est que des chaises, si elles se reproduisaient, produiraient des portées d'une chaise, par une chaise. Dire que je recommence à boire ! Ou plutôt écrire que je recommence à boire ! Un mètre qui disparaît. Des chaises qui se reproduisent lorsqu'on les empile. Comme on empile son vieux fer. J'entendais ce matin à la radio une voix qui disait : le cadavre est décédé. C'était décidèment du même tonneau. Ce qui est clair comme du jus de chaussettes et donc amer comme du jus de pois. Mes étagères ne sont pas de niveau. Même saoul, maintenant, je m'en aperçois, et pourtant, c'est saoul que je les ai construites. Rendez-vous de psychanalyse annulé sans raison.
posted by Philippe De Jonckheere at 10:39 AM
13 octobre 2003
Jeudi 13 octobre.De fait il s'agit bien d'une thrombose coronaire. Tout rentre dans l'ordre. La veuve à la tringle à rideaux, Madame J, a vécu. La veuve à la tringle à rideaux, Madame J, est décédée d'une thrombose coronaire. C'est ce que l'on dit dans l'immeuble, en tout cas c'est la vieille demoiselle parkinsonienne du sixième étage, Mademoiselle P, qui me l'a dit.
posted by Philippe De Jonckheere at 7:19 AM
12 octobre 2003
Mercredi 12 octobre.Je me suis dis comme cela, que pour parfaire la véracité du caractère, il fallait absolument lui inventer une contre-indication alimentaire. C'est chose faite. Je ne mange plus de chicons d'endives en somme.
posted by Philippe De Jonckheere at 10:53 AM
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