définitivement du reste du Monde. En Europe occidentale un revirement nationaliste global prendra ses racines dans une Grande Bretagne et une Allemagne devenues ultra-libérales et une France ouvertement fasciste. L'extrême droite française au pouvoir assoira sa popularité indisputée grâce à une répression violente de l'immigration irrégulière ou légale, au sein d'une population donnée définitivement pour inutile, l'intégration prônée dans les années 90 n'aura jamais eu lieu, le problème de l'immigration aura été réglé dans la violence pour le soulagement des personnes socialement avantagées, confort dont l'impression sera artificiellement raffermie par de nouvelles exonérations fiscales. Deux entités de populations cohabiteront en Europe aux deux extrémités du spectre social, la classe du pouvoir et une classe indistincte essentiellement aux abois minée par le chômage majoritairement engendré par les délocalisations massives de tous les moyens de production vers l'est puis vers l'Asie. L'âpreté au gain, l'avidité et la célébrité tout particulièrement sportive — le dopage sera légal et même encouragé pour ses fruits en matière de recherche — dans l'espoir d'accéder à une manière de fortune non programmée deviendront les seuls ascenseurs sociaux en état de marche. Cette répartition de la population occidentale en deux couches sociales étanches sera accentuée par le mouvement imprévisible des retours de délocalisation des activités du secteur tertiaire, notamment l'informatique, pour lesquelles les populations du Tiers monde seront insuffisamment nombreuses et aptes à remplir certaines des missions qui leur auront été hâtivement dévolues, par exemple, l'Inde creuset d'informaticiens, sera pourtant rapidement prise au dépourvu dans sa fourniture de programmeurs et de développeurs, poussant les entreprises indiennes à externaliser nombre de leurs activités vers l'Europe, pour des salaires sans commune mesure avec ceux connus par cette même industrie avant qu'elle ne soit majoritairement indienne. La soumission définitive de la partie économiquement basse de la population sera obtenue pharmaceutiquement par l'adjonction de neuroleptiques dans les vaccins anti-grippaux, rendus obligatoires après les grandes épidémies de grippes d'origine animales au début du XXIème siècle. Paradoxalement en dépit de progrès médicaux probants, rendus possibles par l'assouplissement des lois éthiques régulant les manipulations génétiques — et la recherche en dopage sportif — la mortalité dans les couches basses de la population sera de plus en plus forte et sera de fait programmée par le biais de la vaccination, suivant un programme aléatoire visant à répartir optimalement, sans éveiller les soupçons, les fonds des retraités, ce sera d'ailleurs un entérinement de fait de l'injustice des retraites, les retraités les plus riches vivant les plus vieux, des retraites accumulées par les plus pauvres, dans des conditions de travail qui auront grandement diminué leur espérance de vie. L'ignorance et ...(...)...

ce qu'ils se disent, pourtant je ne manque rien de leur conversation. Ils semblent ne pas être d'accord sur l'endroit de la vile qu'ils cherchent de loin. Elle rit. Qu'est-ce qui fait que ces deux-là se sont rencontrés ? Le hasard, sans doute, qui a voulu que leurs deux noms figurent sur la même liste de noms à l'université, ou à leur travail, ou dans l'immeuble dans lequel ils vivent.
Je n'arrive pas du tout à écrire le texte pour écritures. Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Oui, c'est le thème. Qu'est-ce que j'en sais moi ce qu'il va se passer maintenant, moi, je suis plutôt un spécialiste des phrases qui commencent par je me souviens.
Au loin un jeune modéliste fait montre d'une très grande virtuosité en cabrioles qu'il fait exécuter à son avion téléguidé. Je suis captivé par ce spectacle beaucoup plus que je ne le serais devant les acrobaties d'un véritable avion dont le pilote enchaînerait de même tonneaux barriqués et autres immelmanns, parce que je sais qu'en cas d'accident, l'avion qui décroche ou le piqué mal redressé, il n'y a pas mort d'homme, comme on dit, débarrassé de cette angoisse putative je suis émerveillé vraiment par ce petit avion ivre qui vire sur l'aile avec beaucoup de souplesse.
C'était donc cela le rêve de l'homme, voler ? Ce n'est plus le rêve de l'homme aujourd'hui, ce n'est plus un rêve pour beaucoup, après-demain entre Vienne et Paris je serai entouré de personnes qui monteront dans l'avion comme on prend le bus, à l'aller mon voisin n'avait-il pas abaissé le rideau devant le hublot juste avant le décollage. En vol, tandis que nous survolions les Alpes qui pointaient à peine leurs plus hauts sommets hors de la ouate nuageuse, il l'avait entre ouvert brièvement pour le refermer aussitôt, ébloui par le reflet du soleil sur l'aile de l'avion, et était retourné à la lecture du Financial Times. L'homme ne rêve plus de voler. Pas cet homme-là en tout cas.
Le rêve de l'homme est devenu plus intangible.
Le rêve de l'homme d'aujourd'hui c'est l'ubiquité, cette aspiration faisant naturellement la fortune des marchands de vent, les plus grosses entreprises et les plus puissantes de ce monde ne fabriquent plus rien, elles vendent du code - de l'informatique - ou des vecteurs pour faire naviguer ces lignes et ces lignes de chiffres à une vitesse qui avoisinent celle de la lumière - les télécommunications. Nos villes sont devenues des constructions invisibles saturées d'ondes dont on découvrira un jour qu'elles sont tout le contraire d'inoffensives pour leurs navigateurs éphémères, nous.
Tandis que j'écrivais mon ombre, maintenant que je suis relevé, s'est considérablement allongée.
Ce que je photographie aujourd'hui ?, mon ombre. Aujourd'hui, plus qu'un autre jour, j'ai besoin de me voir, de m'atteindre.
D'où vient cette agitation soudaine ? Celle sortie du manque d'habitude, de l'étranger. D'être à l'étranger. Quel tumulte!
Que de chemin, en pensées aussi, parcouru en deux heures! En deux heures de temps habituellement, dans l'atelier, je parviens à accomplir si peu de choses.
Il faudrait que je sorte plus souvent. Marcher davantage. Marcher davantage et travailler moins. C'est sans doute la solution à ce tarissement que je ressens si profondément, comme si d'écrire tous les jours m'asséchait. Pourtant j'ai littéralement soif de cet asséchement.
De la sueur dans le cou, froide. J'opine de la tête pour la sentir dégouliner dans les plis du cou.
Cette partie de la ville, quel hasard que je l'ai trouvée, cachée derrière un virage en épingle à cheveu, à la sortie de mon travail.
C'est très prétentieux non ?, d'’imaginer ce qu'il va se passer dans l'avenir même proche. C'est ...(...)...