Extrait des Plaisirs du Roi de Pierre Bettencourt.
 

Le roi adore les fesses. Il lui arrive de travailler dans une pièce où cent quatre-vingt femmes tournées vers la muraille tapissent le bas des murs. Il s'assied à son bureau et signe les papiers d'Etat. Et quand il lève les yeux, il voit ces fesses.

Pour finir il les passe en revue, s'arrêtant longuement sur certaines qu'il masse avec déliction comme s'il les créait. Bassins larges bassins plus étroits, supports de fesse essentiellement variables, joie des yeux et du coeur.

Et pour marquer son sentiment, l'idéalisme de sa pensée en la matière, j'allais dire le Platonisme, le roi sort de la pièce en n'emmenant qu'une seule femme, mais qu'il maîtrise vivement sur le sofa d'un petit salon voisin, sourd à des hurlements capables d'éveiller dans les oreilles de ses compagnes le sentiment de la grandeur et de la servitude de la fesse, source inépuisable de connaissance intime de la compréhension du monde.