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Tentative d'épuisement de Tentative d'épuisement d'un lieu parisien de Georges Perec. Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie , un hôtel des finances , un commissariat de police , trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau , Gittard , Oppenord , Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire Il qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l'on fête le 17 janvier, un éditeur , une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d' autobus , un tailleur, un hôtel , une fontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens ( Bossuet , Fénelon , Fléchier et Massillon ) , un kiosque à journaux, un marchand d'objets de piété , un parking, un institut de beauté, et bien d'autres choses encore. Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l'on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n'a pas d'importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages . 1 Le temps : Froid sec. Ciel gris. Quelques éclaircies. Esquisse d'un inventaire de quelques-unes des choses strictement visibles : Trajectoires: Le 96 va à la gare Montparnasse Exigez le Roquefort Société le vrai dans son ovale vert Aucune eau ne jaillit de la fontaine. Des pigeons se sont posés sur le rebord d'une de ses vasques.
Le 86 va à Saint-Germain-des-Prés Nettoyer c'est bien ne pas salir c'est mieux Un car allemand Une fourgonnette Brinks Le 87 va au Champ-de-Mars Le 84 va à la porte de Champerret Couleurs : rouge ( Fiat, robe, St-Raphaël, sens uniques ) Le 70 va à la Place du Dr Hayem , Maison de l'O.R.T.F. méhari verte
Exigez le Roquefort Société le vrai dans son ovale vert La plupart des gens ont au moins une main occupée : ils tiennent un sac, une petite valise, un cabas, une canne, une laisse au bout de laquelle il y a un chien , la main d'un enfant.
Le 86 va à Saint-Germain-desPrés Le 63 va à la Porte de la Muette Un car « Cityrama » à deux étages Un camion bleu de marque mercédès Un camion brun Printemps Brummell Le 84 va à la porte de Champerret Le 87 va au Champ-de-Mars Le 70 va Place du Dr Hayem , Maison de l'O.R.T.F. Le 96 va à la G are Montparnasse Darty Réal Le 63 va à la Porte de la Muette Casimir maître traiteur. Transports Charpentier. Berth France S.A.R.L. Le Goff tirage à bière Le 96 va à la G are Montparnasse Auto-école venant de la rue du Vieux-Colombier , un 84 tourne dans la rue Bonaparte (en direction du Luxembourg )
Fernand Carrascossa déménagements Pommes de terre en gros D'un car de touristes une Japonaise semble me photographier. Un vieil homme avec sa demi-baguette, une dame avec un paquet de gâteaux en forme de petite pyramide
Le 63 va à la Porte de la Muette Le 87 va au Champ-de-Mars Le 70 va Place du Dr Hayem , Maison de l'O.R.T.F. Venant de la rue du Vieux-Colombier , un 84 tourne dans la rue Bonaparte (en direction du Luxembourg )
D'autres Japonais dans un autre car Le 86 va à Saint-Germain-desPrés Braun reproductions d'art Accalmie (lassitude ?) Pause. 2 Plusieurs dizaines, plusieurs centaines d'actions simultanées, de micro-événements dont chacun implique des postures , des actes moteurs , des dépenses d'énergie spécifiques : discussions à deux , discussions à trois, discussions à plusieurs : le mouvement des lèvres, les gestes , les mimiques expressives être debout (près des arrêts d' autobus , devant une vitrine (Laffont, pompes funèbres), à côté d'un taxi (le payant)
Tous les pigeons se sont réfugiés sur la gouttière de la mairie. Un 96 passe. Un 87 passe. Un 86 passe. Un 70 passe. Un camion « Grenelle Interlinge » passe. Accalmie. Il n'y a personne à l'arrêt des autobus . Un 63 passe. Un 96 passe Une jeune femme est assise sur un banc , en face de la galerie de tapisseries « La demeure » elle fume une cigarette. Il y a trois vélomoteurs garés sur le trottoir devant le café. Un 86 passe. Un 70 passe. Des voitures s'engouffrent dans le parking Un 63 passe. Un 87 passe. Il est une heure cinq. Une femme traverse en courant le parvis de l'église . Un livreur en blouse blanche sort de sa camionnette garée devant le café des glaces (alimentaires) qu'il va livrer rue des Canettes. Une femme tient une baguette à la main Un 70 passe (c'est seulement par hasard, de la place que j'occupe, que je peux voir passer, à l'autre bout, des 84 ) Les automobiles suivent des axes de circulation évidemment privilégiés ( sens unique , pour moi, de gauche à droite) ; c'est beaucoup moins sensible pour les piétons : il semblerait que la plupart vont rue des Canettes ou en viennent. Un 96 passe. Un 86 passe. Un 87 passe. Un 63 passe Des gens trébuchent. Micro-accidents. Un 96 passe. Un 70 passe. Il est une heure vingt. Retour (aléatoire) d'individus déjà vus : un jeune garçon en caban bleu marine tenant à la main une pochette plastique repasse devant le café Un 86 passe. Un 86 passe. Un 63 passe. Le café est plein Sur le terre-plein un enfant fait courir son chien (genre Milou ) Juste en bordure du café, au pied de la vitrine et en trois emplacements différents, un homme, plutôt jeune, dessine à la craie sur le trottoir une sorte de « V » à l'intérieur duquel s'ébauche une manière de point d'interrogation ( land-art ?) Un 63 passe 6 égouttiers (casques et cuissardes) prennent la rue des Canettes . Deux taxis libres à l'arrêt des taxis, un 87 passe Un aveugle venant de la rue des Canettes passe devant le café ; c'est un homme jeune, à la démarche assez assurée. Un 86 passe Deux hommes à pipes et sacoches noires Un 96 ( talons hauts : chevilles tordues ) Une deux-chevaux vertpomme.
Pommes de terre en gros. Une dame menant trois enfants à l'école (deux d'entre eux ont de longs bonnets rouge s à pompons) Il y a une camionnette de croque-morts devant l'église. Passe un 96. Des gens se rassemblent devant l'église (rassemblement du convoi ?) Un 87. Un 70. Un 63. Un chien basset . Un homme à noeud papillon . Un 86. Le vent fait bouger les feuilles des arbres. Les gens de l'enterrement sont entrés dans l'église Passage d'une voiture auto-école, d'un 96, d 'un 63, d'une camionnette de fleuriste, bleu e , qui va se ranger à côté de la camionnette des pompes funèbres et de laquelle on sort une couronne mortuaire. Avec un magnifique ensemble, les pigeons font le tour de la place et reviennent se poser sur la gouttière Il y a cinq taxis à l'arrêt des taxis. Passe un 87, passe un 63. La cloche de Saint-Sulpice se met à sonner (le tocsin, sans doute) Trois enfants menés à l'école. Une autre deux-chevaux vertpomme . De nouveau les pigeons font un tour de place Un 96 passe, s'arrête devant l'arrêt des autobus (section Saint-Sulpice) ; en descend Geneviève Serreau Une jeune fille mange la moitié d'un palmier . Un homme à pipe et sacoche noire. Un 63 passe Il est deux heures cinq . Un 87 passe. Un curé qui revient de voyage (il y a une étiquette de compagnie aérienne qui pend à sa sacoche). Un enfant fait glisser un modèle réduit de voiture sur la vitre du café (petit bruit) Un homme s'arrête une seconde pour dire bonjour au gros chien du café, paisiblement étendu devant la Un 86 passe Une femme passe. Sur son sac il y a écrit Presque devant le café, un homme s'accroupit pour fouiller dans sa serviette Un 86 passe Un jeune homme passe; il porte un grand carton à dessins Il n'y a plus que deux vélomoteurs garés sur le trottoir devant le café : je n'ai pas vu le troisième partir (c'était un vélosolex ) (Limites évidentes d'une telle entreprise : même en me fixant comme seul but de regarder, je ne vois pas ce qui se passe à quelques mètres de moi je ne remarque pas, par exemple, que des voitures se garent) Un homme passe : il tire une charrette à bras, rouge . Un homme regarde la vitrine de Laffont En face de « La Demeure » une femme attend, debout près d'un banc. Au milieu de la rue, un homme guette les taxis (il n'y a plus de taxi à l'arrêt des taxis) Un 86 passe. Un 96 passe. Un livreur de « Tonygencyl » passe. Malissard Dubernay transports rapides passe. De nouveau les pigeons font un tour de place. Qu'est-ce qui déclenche ce mouvement d'ensemble; il ne semble lié ni à un stimulus extérieur (explosion, détonation, changement de lumière, pluie, etc.) ni à une Un 96. Des femmes élégantes . Un Japonais absent, puis un autre, hilare, demandent à un passant leur chemin. Il leur montre du doigt la rue des Canettes , qu'ils empruntent aussitôt. Passage d'un 63, d'un 87 et d'une camionnette « Dunod éditeur ». Près de l'arrêt des bus, une femme timbre trois lettres et les dépose dans la boîte aux lettres. Petit chien genre caniche . Une sorte de sosie de Peters Sellers , l'air très content de lui, passe devant le café. Puis une femme avec deux tout jeunes enfants . Puis un groupe de 14 femmes venant de la rue des Canettes . J'ai l'impression que la place est presque vide (mais il y a au moins vingt êtres humains dans mon champ visuel). Un 63. Une camionnette des postes . Un enfant avec un chien Un homme avec un journal Un homme qui a un grand « A » sur son chandail Un camion « Que sais-je ? » : « La collection « Que sais-je » a réponse à tout » Un épagneul ? Un 70 Un 96 On sort de l'église les couronnes mortuaires . Il est 2 heures et demie. Passent un 63, un 87, un 86, un autre 86 et un 96. Une vieille femme met sa main en visière pour voir quel est le numéro de l'autobus qui arrive (je peux déduire de son air décu qu'elle voudrait prendre le 70) On sort la bière. Le tocsin se remet à sonner. Le fourgon mortuaire s'en va, suivi d'une 204 et d'une méhari vert e. Un 87 3 Le lieu : Fontaine Saint-Sulpice (café) Plus tard, je suis allé au tabac Saint-Sulpice. Je suis monté, au premier, une salle triste, plutôt froide, occupée seulement par un quintette de bridgeurs dont quatre étaient en train de jouer trois trèfles . Je suis J'ai revu des autobus , des taxis, des voitures particulières, des cars de touristes , des camions et des camionnettes , des vélos, des vélomoteurs , des vespas, des motos , un triporteur des postes , une moto-école, une auto-école, des élégantes , des vieux beaux, des vieux couples, des bandes d'enfants, des gens à sacs, à sacoches, à valises, à chiens , à pipes , à parapluies , à bedaines , des vieilles peaux , des vieux cons , des jeunes cons , des flaneurs, des livreurs, des renfrognés, des discoureurs . J'ai aussi vu Jean-Paul Aron , et le patron du restaurant « Les trois canettes » que j'avais déjà aperçu le matin. Je suis maintenant à la Fontaine St-Sulpice, assis de telle façon que je tourne le dos à la place : les voitures et les gens que mon regard découvre viennent de la place ou s'apprêtent à la traverser (à l'exception de quelques piétons qui peuvent venir de la rue Bonaparte ) . Plusieurs grands-mères gantées ont poussé des landaus On prépare la journée nationale des personnes âgées . Une dame de 83 ans est entrée, elle a présenté son tronc au patron du café, mais est ressortie sans nous le tendre. Sur le trottoir, il v a un homme secoué, mais pas encore ravagé, de tics (mouvements de l'épaule comme s'il éprouvait une démangeaison continuelle dans le cou) ; il tient sa cigarette de la même facon que moi (entre le medius et l'annulaire) : c'est la première fois que je retrouve chez un autre cette habitude. Paris-Vision : c'est un car à deux étages, guère plein. Il est quatre heures cinq . Lassitude des yeux. Lassitude des mots. Une deux-chevaux vertpomme . (j'ai froid ; je commande un vieux marc, très doux )
Un flic à vélo gare son vélo et entre dans le tabac ; il en ressort presque aussitôt, on ne sait pas ce qu'il a acheté (des cigarettes ? un stylo à bille , un timbre , des cachous , un paquet de mouchoirs en papier ?) Car Cityrama Un motard. Une camionnette citroën vertpomme . On entend des appels impératifs de klaxons . Une grand-mère poussant un landau ; elle porte une cape Un facteur avec sa sacoche Un vélo de course fixé sur l'arrière d'une voiture surbaissée Un triporteur des postes , une camionnette des postes (est-ce l'heure de la relève des boîtes aux lettres ?) Il y a des gens qui lisent en marchant, il y en a peu, mais il y en a. Une méhari verte Un bébé dans un landau émet un bref piaillement. Il ressemble à un oiseau : yeux bleu s, fixes, prodigieusement intéressés par ce qu'ils découvrent. Un contractuel coquelucheux met une contravention à une Morris verte Un homme porte une chapka d'astrakan. Puis un autre . Un petit garçon porte une casquette d'écolier anglais ; il traverse en veillant à ne marcher que sur les clous. Un facteur à sacoche Deux aubergines toniques Deux frères chiens genre Milou Un homme à béret genre curé. Une femme en châle Capes, turbans, bottes, casquette genre marin, écharpes, courtes ou longues, agent à képi , fourrures, valises, parapluie
Un couple d'Anglais (ils entrent dans le café en causant leur idiome ) : son manteau est aussi long que lui) Une fille à courtes nattes dévorant un baba (est-ce un baba ? ça ressemble à un baba ) Une femme avec une baguette. Une autre. Il est cinq heures moins le quart . J'ai envie de me changer les idées. Lire « le Monde». Changer de crémerie. Pause. 4 Le kiosque à journaux était fermé ; je n'ai pas trouvé « le Monde». ; j'ai accompli un minuscule circuit ( rue des Canettes , rue du Four, rue Bonaparte ) : belles oisives envahissant des magasins de mode. R ue Bonaparte , j'ai regardé quelques titres de livres soldés, quelques devantures (mobilier ancien ou moderne, livres anciens, dessins et gravures) Il fait froid, de plus en plus me semble-t-il Je suis assis au Café de la Mairie , un tout petit peu en retrait par rapport à la terrasse Passe un 86 il est vide Un groupe d'enfants joue au ballon devant l'église . Passe un 70 plutôt vide Passe un 63 presque plein (pourquoi compter les autobus ? sans doute parce qu'ils sont reconnaissables et réguliers : ils découpent le Le reste semble aléatoire, improbable, anarchique ; les autobus passent parce qu'ils doivent passer, mais Passe un 96 il est presque vide Le « P » du parking et sa flèche s'allument. Dans Passe un 70 il est plein Les motocyclettes et les vélomoteurs allument leurs phares Les clignotants deviennent visibles et plus visibles aussi les voyants des taxis, plus brillants Passe un 86 presque plein Passe un 63 presque vide Passe un 96 plutôt plein Passe un 87 plutôt plein Il est 17 h. 50 Une bétonneuse rouge et bleu e, un Pyrénées taxis transports. Passe un 96 il est plein Passe un 86 il est absolument vide (seulement le chauffeur) Modifications de la lumière du jour Un 87 quasi vide, un 86 à moitié plein Les enfants jouent sous les piliers de l'église . Un beau chien blanc taché de noir Une lumière à un immeuble (est-ce l' hôtel Récamier ?) Un 96 quasi vide Du vent Un 63 plein, un 70 presque plein, un 63 presque plein Un homme entre dans le café, se plante devant un consommateur qui se lève aussitôt et va pour régler sa consommation ; mais il n'a pas de petite monnaie et c'est l'autre qui paie. Ils sortent ensemble. Un homme veut entrer dans le café ; mais il commence par tirer la porte au lieu de la pousser Fantomatismes Passe un 70 plein (fatigue)
De nouvelles lumières s'allument dans le café. Passe un 63 il est plein Passe un homme poussant son solex Il est six heures moins cinq D'une camionnette bleu e un homme a sorti un diable qu'il a chargé de divers produits d'entretien et qu'il a poussé rue des Canettes . Dehors on ne distingue pratiquement plus les visages Les couleurs fondent : grisaille rarement éclairée. Taches jaunes . Rougeoiments . Les cloches de Saint-Sulpice se mettent à sonner Un 70 plein, un 96 vide, un autre 96 encore plus vide Des parapluies ouverts Les véhicules automobiles allument leurs phares Un 96 peu rempli, un 63 plein Le vent semble souffler en rafales, mais peu de voitures font fonctionner leurs essuie-glaces Les cloches de Saint-Sulpice s'arrêtent de sonner (était-ce les vêpres ?) La nuit, l'hiver : aspect irréel des passants Un homme qui porte des tapis Beaucoup de monde, beaucoup (l'ombres, un 63 vide ; le sol est luisant, un 70 plein, la pluie semble plus forte. Il est six heures dix. ( coups de klaxons ; début d' embouteillage c'est à peine si je peux voir l'église , par contre, je vois presque tout le café ( et moi-même écrivant ) en reflet dans ses propres vitres. L' embouteillage s'est dissous Les phares seuls signalent le passage des voitures Les lampadaires s'allument progressivement Tout au fond ( hôtel Récamier ?) il y a maintenant plusieurs fenêtres allumées Passe un 87 presque plein Passe un homme qui porte une planche Passe un car de police sa lampe bleu e tournoyante Passent un 87 vide, un 70 plein, un 87 vide Des gens courent Passe un homme qui porte une maquette d'architecte (est-ce vraiment une maquette d'architecte ? ça ressemble à l'idée que je me fais d'une maquette d'architecte ; je ne vois pas ce que ça pourrait être d'autre). Ombres indistinctes (Peut-être ai-je seulement aujourd'hui découvert ma vocation : contrôleur de lignes à la R.A.T.P.)
passent des ouatures Une camionnette jaune , des postes s'arrête devant la boîte aux lettres qu'un postier déleste de son double Il pleut toujours II 5 Le lieu : Tabac Saint-Sulpice Le temps : Pluie fine, genre bruine Passage d'un balayeur de caniveaux Par rapport à la veille, qu'y a-t-il de changé ? Au premier abord, c'est vraiment pareil. Peut-être le ciel est-il plus nuageux ? Ce serait vraiment du parti pris de dire qu'il y a, par exemple, moins de gens ou moins de voitures. On ne voit pas d ' oiseau. Il y a un chien sur le terre-plein. Au-dessus de l' Hôtel Récamier (loin derrière ?) se détache dans le ciel une grue (elle y était hier, mais je ne me souviens plus l'avoir noté). Je ne saurais dire si les gens que l'on voit sont les mêmes qu'hier, si les voitures sont les mêmes qu'hier ? Par contre, si les oiseaux ( pigeons ) venaient (et pourquoi ne viendraient-ils pas) je serais sûr que ce seraient les mêmes. Beaucoup de choses n'ont pas changé, n'ont apparemment pas bougé (les lettres, les symboles, la fontaine , le terre-plein, les banc s, l'église , etc.) ; moi-même je me suis assis à la même table. Des autobus passent. Je m'en désintéresse complètement. Le Café de la Mairie est fermé. Le kiosque à journaux aussi (il n'ouvrira que lundi) (il me semble avoir vu passer Duvignaud , se dirigeant vers le parking) Passe une ambulance pimponnante, puis une dépanneuse remorquant une D.S. bleue. Plusieurs femmes traînent des cabas à roulettes Arrivent les pigeons ; ils me semblent moins nombreux qu'hier Il est 11 heures et quart A la recherche d'une différence Le Café de la Mairie est fermé (je ne le vois pas ; je le sais parce que je l'ai vu en descendant de l' autobus ) Je bois un Vittel alors que hier je buvais un café (en quoi cela transforme-t-il la Place ?) Le plat du jour de la Fontaine St-Sulpice a-t-il changé (hier c'était du cabillaud ) ? Sans doute, mais je suis trop loin pour déchiffrer ce qu'il y a écrit sur l'ardoise où on l'annonce. Deux cars de touristes , le second s'appelle« Walz Reisen ») : les touristes d'aujourd'hui jeuvent-ils être les mêmes que les touristes d'hier (un homme qui fait le tour de Paris en car un vendredi a-t-il envie de le refaire le samedi ?) Hier il y avait sur le trottoir, juste devant ma table, un ticket de métro ; aujourd'hui il y a, pas tout à fait au même endroit, une enveloppe de bonbon ( cellophane ) et un bout de papier diflicilement identifiable (à peu près grand comme un emballage de « Parisiennes » mais d'un bleu beaucoup plus clair).
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