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Je me souviens
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Je me souviens des photos de Brigitte Bardot nue dans l'Express. Je me souviens de Ringo Starr et de Babara Bach dans un épouvantable film de Science-Fiction. Je me souviens du Solarium au Val-André. Je me souviens de la finale de la coupe du Monde de football à Munich en 1974, j'ai pleuré parce que les Pays -Bas de Johan Cryuiff avaient perdu. Je me souviens des disques du Modern Jazz Quartet que mon père écoutait le soir quand nous étions couchés. Je me souviens que pendant longtemps je peinais sur la différence de prononciation entre le mot pratique et le nom Patrick. Je me souviens du jeu des 2CV vertes et rouges "sans retour". Je me souviens de la chute de Saigon. Je me souviens de Roger Gicquel qui présentait le journal télévisé mais je ne sais plus sur quelle chaîne, d'ailleurs à bien y penser je ne sais pas s'il y avait d'aussi nombreuses chaînes de télévision à l'époque. Je me souviens du memory. Je me souviens qu'en sixième A à Saint Joseph, un de mes camarades de classe s'appelait Jean-Hubert Losserand. Je me souviens du coup du berger aux échecs et du mat du couloir, qui était pour moi le but à atteindre. Je me souviens d'une petite gravure reproduite dans l'Express, représentant une ligne de condamnés à mort en Chine qui se faisaient décapiter au sabre chacun son tour. Il y a avait au premier plan de cette image un condamné déjà exécute dont la tête avait roulé hors du corps, et l'on voyait la cavité du cou, au deuxième plan un condamné était sur le point de se faire décapiter, son bourreau avait brandi le sabre très haut, un instant qui était figé dans l'éternité, et dans l'arrière plan d'autres condamnés étaient à genoux attendant leur tour. Cette image m'a longtemps hanté et fait faire des cauchemars. Je me souviens des dinosaures du jardin des Plantes. Je me souviens des petites filles de ma classe qui avaient des cheveux assez longs pour pouvoir mordiller une mêche de leurs cheveux, ce dont j'étais très jaloux puisqu'on emmenait toujours chez le coiffeur alors que j'étais sur le point de parvenir à en faire autant, je n'aimais donc jamais aller chez le coiffeur, ce qui était une véritable punition. Je me souviens de Carole Nicolas. Je me souviens que mon nom n'était pas facile à écrire, ni à prononcer. Je me souviens de la catastrophe du Tupolev 144 au salon du Bourget. Je me souviens des poinçonneurs de tickets dans le métro, de même que je me souviens des premiers tourniquets à la station Opéra. Je me souviens du club des cinq en bibliothèque rose et du clan de sept en bibliothèque verte. Je me souviens de cent cinquante deux mille trois cent quatre. Je me souviens des manivelles pour démarrer les deux chevaux. Je me souviens de la cinquième symphonie de Beethoven. Je me souviens de Vol de Nuit de Saint-Exupéry. Je me souviens de Bjorn Borg à Roland Garros, des Verts à Saint-Etienne, Kurkovic, Piazza, les frères Revelli, Larquais, Rocheteau, Janvion, et de Bernard Thévenet qui avait gagné le tour de France avec une échappée décisive contre Eddie Merkx et aussi de Nadia Comenecci et de ses 10 aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976. Je me souviens des chaussettes rouges de Pompidou. Je me souviens du premier homme sur la Lune. Je me souviens de Mademoiselle Olaillon, de Monsieur Houillon, de Monsieur Guénier et de Monsieur Brichard, de Mademoiselle Henry, de Madame Caura, de Mademoiselle Mulard et de Monsieur Goussard, de Monsieur Lajarge, de Monsieur Demuyter, après je ne me souviens plus. Je me souviens de "Et ta soeur Elle pisse bleu, pourquoi t'as quèque chose à teindre.» Je me souviens des sous marins belges qui remontaient toutes le huit minues pour faire respirer les rameurs. Je me souviens de Satisfaction des Rolling stones, de même que je me souviens de la séparation des Beatles et de la rumeur que Paul Mc Cartney était mort et que c'était un sosie qui le remplaçait au pied levé, c'est d'ailleurs à cette occasion que j'ai appris la signification du mot sosie. Je me souviens du Jour le plus long avec John Wayne et Robert Mitchum. Je me souviens de la mort de Pompidou, de Pierre Mesmer et du jour de congé pour les écoliers pour l'investiture de Giscard d'Estaing. Je me souviens de le série télévisée les Mystères de l'Ouest. Je me souviens n'avoir rien compris à l'expression être pendu jusqu'à ce que mort s'en suive. Je me souviens des crues du Gange au Bangla Desh et du coup d'état au Chili. Je me souviens des timbres de ma collection qui mettaient en garde contre l'usage de la drogue, je ne comprenais d'ailleurs pas ce qu'était la drogue et les explications embarassées de ma mère ne faisaient rien pour éclaircir ce mystère, cette histoire de produit qui rendait heureux sur le coup et ensuite très malheureux était décidemment pas simple. Je me souviens des jeux de société "A la conquète du pétrole», «Embuscades» «Long cours» et le «Risk». Je me souviens de la mode des mini jupes, puis de celles des jupes longues. Je me souviens du café des voyageurs au Vigan. Je me souviens de Jacques Abouchard otage au Liban, et de cette femme dont j'ai oublié le nom prisonnière dans le Tibesti. Je me souviens de livre Rouget le braconnier. Je me souviens des instamatics de Kodak mais aussi de la fome des bouteilles d'Evian et de Contrexeville. Je me souviens de la cassonade de Loos et des speculoos. Je me souviens de «Ah les filles, ah les filles elles me rendent marteau» d'Au bonheur des dames. Je me souviens que le carré de l'hypothénuse est égal à la somme des carrés des côtés adjacents, et je me souviens aussi que anticonstitutionnellement est le mot le plus long de la langue française. Je me souviens des bonbons verts qui faisaient du bruit en fondant dans la bouche, je me souviens de fond dans la bouche pas dans la main et c'est plus tard que je compris la signification potentiellement obsène de ce slogan. Je me souviens de l'invasion de l'Afghnanistan par l'URSS, de l'élection de Jimmy Carter ( je trouvais que c'était sympa un président qui s'appelait Jimmy, beaucoup plus sympa que Valéry ), et de la Révolution iranienne et de la mort de Mao Tse Toung. Je me souviens qu'il neigeait plus souvent à Paris que de nos jours. Je me souviens des photos de Mesrine dans les commissariats de police. Je me souviens d'Orange Mécanique qui était interdit aux moins de dix huit ans à mon grand dam, parce que je trouvais le titre "génial" qui était un mot très à la mode à cette époque. Je me souviens du Verlan. Je me souviens du réveillon 1972 / 1973. Je me souviens des Choses de Georges Perec que j'avais trouvé chiant. Je me souviens de la Canicule de 1976. Je me souviens des visites au Louvre le dimanche matin. Je me souviens que l'illustration de la lettre Z du petit Larousse était celle d'un zèbre et que celle du A était celle d'une caravelle pour Avion. Je me souviens que mon premier vélo était blanc et qu'il avait un guidon de course selon ma propre expression. Je me souviens que la circonférence de la Terre fait 40075 kilomètres, et aussi que s'il on pouvait plier une feuille de papier en deux cinquante fois de suite sur elle-même, l'épaisseur du pliage serait égale à deux fois la distance de la Terre à la Lune. Je me souviens des protège-cahiers. Je me souviens de six russe c'est six slaves et s'il s'lave c'est qui s'nettoie, et s'il s'nettoie c'est donc ton frère donc Cyrhus est ton frère. Je me souviens de la guerre des colorants et des fameux camemberts sans colorants de mon Oncle Michel. Je me souviens de "Fruité c'est plus musclé". Je me souviens que con est en fait un compliment parce que cela veut dire champion olympique de natation, comme Mark Spitz. Je me souviens de die diplomatische Beziehungen zwischen Frankreich une Deutschland sind im Gang et de l'épouvantable prof d'Allemand que j'avais à l'époque: Madame Boutrouille que l'on appelait Sac d'Os. Je me souviens que la probablilité de tirer deux double six de suite au dés est de un sur mille deux cent quatre vingt seize. Je me souviens de Homo Homini Lupus. Je me souviens du cirque Jean Richard et du trapéziste qui m'avait fait tellement peur. Je me souviens de Jean Gabin dans Quai des Brumes et dans le Jour se lève. Je me souviens qu'en comptant le nombre de secondes qui séparent l'éclair du coup de tonnerre, et en multipliant ce nombre par trois cents mètres, on sait à quelle distance la foudre est tombée. Je me souviens d'une éclipse partielle de soleil qui n'avait rien à voir avec celle du Temple du Soleil. Je me souviens de la réplique "Et pas d'hélice hélàs c'est là qu'est l'os" dans la Grande Vadrouille. Je me souviens des diamants et de Bokassa ( et qui se souvient du titre en première page du Canard enchainé: « Giscard est revenu d'Afrique avec des diapos plein les manches »? , ce qui en fait annonçait l'arrivée de Joel Martin à l'Album de la Comtesse. ) Je me souviens du prof de math chauve que l'on appelait "Caillou" Je me souviens de "la maison était vide comme un chou-fleur" Je me souviens de l'odeur de l'okoumé Je me souviens d'Andrew Wiles Je me souviens de Sandie Shaw Je me souviens du jeu de Sprout Je me souviens des surplus américains Je me souviens du Big Bang Je me souviens de Casimir. Je me souviens des premiers pas sur la lune, chez nous c'était en pleine nuit et j'avais juste 7 ans. Je me souviens qu'un soir, en trichant au googlewacking j'ai découvert desordre.free.fr Le couple de mots qui m'y a conduite était anticonstitutionnellement ET chou-fleur. Je me souviens de l'arnica que l'on nous badigeonnait sur les genoux, lorsqu'on s'était fait mal dans la cour de récréation. Je me souviens des Carambar et des Malabar. Je me souviens des arcades du jardin du Palais-Royal. Je me souviens du manège des Tuileries, et des petits chevaux. Je me souviens des bonbons rouges, des coquelicots. Je me souviens des Bons Points. Je me souviens de ma première bicyclette, elle était bleue, j'avais 5 ans. Je me souviens de la naissance de ma petite soeur. Je me souviens de Luc, il avait 5 ans et moi aussi, et on s'est tenus la main le premier jour de la maternelle. Je me souviens de la publicité 'le thon, c'est bon'. Je me souviens de Danielle Gilbert qui animait une émission. Elle avait une grande bouche. Je me souviens de la devise de Paris, 'fluctuat nec mergitur'. Je me souviens du grand trou des Halles. Je me souviens des visites au musée du Louvre le Dimanche matin. Je me souviens de la première voiture de mes parents, une 4L bleu ciel. Je me souviens des haricots 'manches courtes'. Je me souviens du goût des gâteaux secs un peu rances, du placard dans l'appartement rue Charles Baudelaire. Je me souviens de la robe 'bleue canard' de ma grand-mère, je trouvais que ça ne ressemblait pas du tout à un canard. Je me souviens des autobus à impériale. Je me souviens du guignol.
Je me souviens des Malheurs de Sophie. Je me souviens du lac noir en Alsace. Je me souviens des tartes aux myrtilles à Strasbourg. Je me souviens du vieux seau rouillé au cimetière, et comment je veillais à toujours arroser le pied de rose du monsieur enterré à côté de mes grands-parents, un immigré polonais qui n'avait jamais de visites. Je me souviens de la piscine Lutetia et de l'odeur du chlore. Je me souviens de la Foire du Trône. Je me souviens des gaufres du zoo de Vincennes. Je me souviens des tabliers ou blouses achetés au Printemps avant la rentrée des classes. Je me souviens du mot pithécanthrope. Je me souviens de la Corse et des tournants. Je me souviens des Nympheas de Monet. Je me souviens du tripier, rue Chabanais. Je me souviens des cigarettes de mon grand-père, des Lucky Strike. Je me souviens poser une pièce de 5 F sur le comptoir du buraliste et demander d'une voix timide 'un paquet de Pall Mall'. Je me souviens des Tac Tac qui faisaient mal aux poignets. Je me souviens des 'frites'. Je me souviens des canons de Pachelbel, j'avais 8 ans, et je m'exclamais dans l'escalier qui nous emmenait chez nous 'écoute, maman, papa est rentré". Je me souviens que le Lotus bleu était mon Tintin préféré. Je me souviens des pantalons pattes d'éléphant. Je me souviens de Guy Drut et de sa médaille d'or. Je me souviens de Bjorn Borg. Je me souviens, à Florence, de la découverte de Botticcelli. Je me souviens de Peter Pan, ma première fois au cinéma. Je me souviens des eskimos. Je me souviens du masque mortuaire de Beethoven dans ma chambre d'enfant. Je me souviens du slogan 'Faites l'amour, pas la guerre". Je me souviens des Dossiers de l'écran et de la musique surtout. Je me souviens de la théorie mathématique de la transitivité.
D'autres avant moi ont visiblement aussi eu cette idée des « je me souviens » ( tout comme Perec l'avait empruntée à Joe Brainard dans son I Remember, livre que lui avait prêté Harry Mathews ) :
Je me souviens de Random Access Memory Je me souviens des souvenirs de quelqu'un d'autre. |