Janvier 2019
An Elephant Sitting Still de Hu Bo. C'est qu'il faut rester bien concentré sur chaque plan pour ne pas en manquer une miette de ces quatre heures à la profondeur de champ tellement réduite et pouvoir, tel la lecture de Extinction de Thomas Bernahrd, après une très longue désespérance, recevoir, par contraste, toute la faiblesse d'un rai de lumière, un jour qui passe malgré tout, et quel rai!
Morne-la-Vallée
Et on comprend bien que la simple arête du nez fort droite de cette Jessica, même pas Marchant, experte des systèmes de guidage des drones aériens, parce qu’elle était suffisante pour déclencher un tel flux de fiction était l’indication de la puissance à la fois du désir contrarié mais aussi de ce que cette puissance au service de la fiction pouvait créer de fantômes et de spectres jusque dans un vaste open space comme il en existe désormais dans tous les grandes entreprises, dont celle qui m’emploie. Du coup cette efficacité de la fiction s’exprimait également à plein quand elle prenait pied cette fois non plus sur l’arête du nez de Jessica, mais par exemple sur le répertoire contemporain de musique classique et que cette fois je trouvais (Non, décidément non, il fallait vraiment beaucoup de fiction pour espérer transposer Jessica en open space, de cette même façon que l’on transpose une partition écrite pour un instrument dans le but de la jouer sur un autre (tel Glenn Gould interprétant au piano une partition, et quelle! les variations Goldberg, en fait écrites pour le clavecin, ou encore comme Ornette Coleman, saxophoniste alto passant librement tantôt au saxophone ténor, tantôt au violon, ou encore comme on transpose au sousbassophone ce qui est initialement écrit pour le triangle). Et c’est en transposant, en somme, que je finissais par tomber par le truchement d’internet toujours, sur ) une femme, nommée Marchant, mais pas Jessica, Emmanuelle, ce qui était un peu moins tarte comme prénom que Jessica, franchement, et d’ailleurs je n’appelais jamais Jessica Jessica, mais Jesse, parfois même seulement Jay, je me demande si ce n’est pas un peu tard pour le révéler, s’il n’est pas, par exemple, plus facile, pour vous, d’imaginer une femme qui s’appellerait Jesse, ou Jay, plutôt que Jessica, nue et poisseuse se retourner au-dessus de son amant pour se saisir sur la table de nuit d’un recueil de Paul Celan, mais peut-être n’avez-vous pas du tout envie d’imaginer de telles choses justement, et qui, cette femme, Emmanuelle Marchant, jouait du violoncelle, et inutile de préciser alors que le franchissement, par la fiction, de l’écart qui subsiste entre un instrument accordé à la quarte, la contrebasse, et un autre, lui accordé à la quinte, le violoncelle, n’était pas trop périlleux pour le même esprit qui avait déjà envoyé Jessica Marchant, la contrebassiste, dans l’enfer de la prison et au purgatoire de l’open space.
Et on comprend bien que la simple arête du nez fort droite de cette Jessica, même pas Marchant, experte des systèmes de guidage des drones aériens, parce qu’elle était suffisante pour déclencher un tel flux de fiction était l’indication de la puissance à la fois du désir contrarié mais aussi de ce que cette puissance au service de la fiction pouvait créer de fantômes et de spectres jusque dans un vaste open space comme il en existe désormais dans tous les grandes entreprises, dont celle qui m’emploie. Du coup cette efficacité de la fiction s’exprimait également à plein quand elle prenait pied cette fois non plus sur l’arête du nez de Jessica, mais par exemple sur le répertoire contemporain de musique classique et que cette fois je trouvais (Non, décidément non, il fallait vraiment beaucoup de fiction pour espérer transposer Jessica en open space, de cette même façon que l’on transpose une partition écrite pour un instrument dans le but de la jouer sur un autre (tel Glenn Gould interprétant au piano une partition, et quelle! les variations Goldberg, en fait écrites pour le clavecin, ou encore comme Ornette Coleman, saxophoniste alto passant librement tantôt au saxophone ténor, tantôt au violon, ou encore comme on transpose au sousbassophone ce qui est initialement écrit pour le triangle). Et c’est en transposant, en somme, que je finissais par tomber par le truchement d’internet toujours, sur ) une femme, nommée Marchant, mais pas Jessica, Emmanuelle, ce qui était un peu moins tarte comme prénom que Jessica, franchement, et d’ailleurs je n’appelais jamais Jessica Jessica, mais Jesse, parfois même seulement Jay, je me demande si ce n’est pas un peu tard pour le révéler, s’il n’est pas, par exemple, plus facile, pour vous, d’imaginer une femme qui s’appellerait Jesse, ou Jay, plutôt que Jessica, nue et poisseuse se retourner au-dessus de son amant pour se saisir sur la table de nuit d’un recueil de Paul Celan, mais peut-être n’avez-vous pas du tout envie d’imaginer de telles choses justement, et qui, cette femme, Emmanuelle Marchant, jouait du violoncelle, et inutile de préciser alors que le franchissement, par la fiction, de l’écart qui subsiste entre un instrument accordé à la quarte, la contrebasse, et un autre, lui accordé à la quinte, le violoncelle, n’était pas trop périlleux pour le même esprit qui avait déjà envoyé Jessica Marchant, la contrebassiste, dans l’enfer de la prison et au purgatoire de l’open space.
Et on comprend bien que la simple arête du nez fort droite de cette Jessica, même pas Marchant, experte des systèmes de guidage des drones aériens, parce qu’elle était suffisante pour déclencher un tel flux de fiction était l’indication de la puissance à la fois du désir contrarié mais aussi de ce que cette puissance au service de la fiction pouvait créer de fantômes et de spectres jusque dans un vaste open space comme il en existe désormais dans tous les grandes entreprises, dont celle qui m’emploie. Du coup cette efficacité de la fiction s’exprimait également à plein quand elle prenait pied cette fois non plus sur l’arête du nez de Jessica, mais par exemple sur le répertoire contemporain de musique classique et que cette fois je trouvais (Non, décidément non, il fallait vraiment beaucoup de fiction pour espérer transposer Jessica en open space, de cette même façon que l’on transpose une partition écrite pour un instrument dans le but de la jouer sur un autre (tel Glenn Gould interprétant au piano une partition, et quelle! les variations Goldberg, en fait écrites pour le clavecin, ou encore comme Ornette Coleman, saxophoniste alto passant librement tantôt au saxophone ténor, tantôt au violon, ou encore comme on transpose au sousbassophone ce qui est initialement écrit pour le triangle). Et c’est en transposant, en somme, que je finissais par tomber par le truchement d’internet toujours, sur ) une femme, nommée Marchant, mais pas Jessica, Emmanuelle, ce qui était un peu moins tarte comme prénom que Jessica, franchement, et d’ailleurs je n’appelais jamais Jessica Jessica, mais Jesse, parfois même seulement Jay, je me demande si ce n’est pas un peu tard pour le révéler, s’il n’est pas, par exemple, plus facile, pour vous, d’imaginer une femme qui s’appellerait Jesse, ou Jay, plutôt que Jessica, nue et poisseuse se retourner au-dessus de son amant pour se saisir sur la table de nuit d’un recueil de Paul Celan, mais peut-être n’avez-vous pas du tout envie d’imaginer de telles choses justement, et qui, cette femme, Emmanuelle Marchant, jouait du violoncelle, et inutile de préciser alors que le franchissement, par la fiction, de l’écart qui subsiste entre un instrument accordé à la quarte, la contrebasse, et un autre, lui accordé à la quinte, le violoncelle, n’était pas trop périlleux pour le même esprit qui avait déjà envoyé Jessica Marchant, la contrebassiste, dans l’enfer de la prison et au purgatoire de l’open space.
1.e4 e5
2.f4 exf4
3.Fc4 Dh4+
4.Rf1 b5
5.Fxb5 Cf6
6.Cf3 Dh6
7.d3 Ch5
8.Ch4 Dg5
9.Cf5 c6
10.Tg1 cxb5
11.g4 Cf6
12.h4 Dg6
13.h5 Dg5
14.Df3 Cg8
15.Fxf4 Df6
16.Cc3 Fc5
17.Cd5 Dxb2
18.Fd6 Dxa1+
19.Re2 Fxg1
20.e5 Ca6
21.Cxg7+ Rd8
22.Df6+ Cxf6
23.Fe7+#


...après avoir fait l’amour,(.) d(D)onc certes la pratique du ballon rond m’aurait peut-être conduit dans le lit de Jessica (— c'était sans garantie mais je n'écartais pas cette conjonction —), mais(,) sans le rugby pas de Malcom Lowry et donc(,) pas de Paul Celan, or ce n’était pas de faire l’amour avec Jessica, (—)encore que je ne serais pas allé dormir dans la baignoire (—), dont je rêvais, mais bien de lire, poisseux et nus, Paul Celan. Mais pourquoi, Diable, Jessica ne l’avait pas compris (entrevu) et était resté sourde à mes appels du pied ? Sans doute trop discrets, et incompréhensibles, les appels du pied. Le jeu au pied, cela n’a jamais été mon fort. Un authentique gros.

Ce croisement manqué, depuis des années, me taraude. Ce n’est pas d’ailleurs que ma vie s’est (se soit) arrêtée le jour où j’ai compris que ce ne serait jamais nu et poisseux que je lirais du Paul Celan avec Jessica et que ses seins viendraient s’écraser légèrement dans mon cou, tandis qu’elle roulerait par-dessus moi pour atteindre l’autre côté de son lit, celui de la table de nuit, sur laquelle serait resté (,) en cavalier (,) un recueil de qui (vous-savez-qui), non (, au contraire, pour ainsi dire,) cette vie, la mienne, ces vingt dernières années, s’est remplie, de toutes sortes de choses (périodes, d'événements, d'accidents, d'amertumes, d'aventures, de déceptions, de petits et de grands bonheurs, de coups durs, de dépressions nerveuses, au moins deux,) que je n’aurais sans doute pas toutes connues, si (dans la mesure où) Jessica s’était finalement décidée à lire de la poésie(,) nue et poisseuse(,) avec moi,(.) j(J)’avais poursuivi mon bonhomme de chemin comme on dit, ses joies, ses réalisations, ses déménagements, ses rencontres, ses changements,
Et à plusieurs reprises dans Grass de Hong Song-Soo je me suis surpris à ne plus lire les sous-titres, non que l'ivresse du soju soit telle que j'en obtienne une manière de don des langues, non c'est plutôt que je suis arrivé à un tel niveau de vénération de ce cinéma que je me fous désormais entièrement de ce qu'il raconte, je suis là pour voir des personnes discuter en train de boire des coups et que la caméra ait plus ou moins l'air de suivre leur discussion par quelque mouvement de zoom très rudimentaire, je me sens tellement bien dans un tel cinéma, dans de tels films, qu'il pourrait raconter n'importe quoi d'autre et que je peux imaginer n'importe quel dialogue. Et pareillement je n'ai jamais bu de soju de ma vie, j'en ignore le goût entièrement et pourtant, et pourtant...
Le vrai Vincent, le vrai Vangog
Il y avait, semble-t-il, aucune limite physique à l’ennui que ressentait tout le monde, à la fois le public, mais aussi acteurs et actrices, sans doute aussi la monteuse, en dormir en salle de montage, quelle autre explication possible à un tel naufrage? et toutes les techniciennes et techniciens ayant travaillé sur ce film de Mia Hansen-Love qui, elle, au contraire, semblait se prodiguer mille plaisirs invisibles à se regarder elle-même filmer son propre ennui. La reine était nue, toutes et tous pouvaient le voir mais nul se s’en apercevait. Quelle déception après L’Avenir, film tellement plus riche et fécond et qui laissait entrevoir que sans doute le prochain film de sa réalisatrice, Mia Hansen-Love, serait, justement, porteur d’avenir. Et on s’excuse de penser en ces termes, mais on ne peut que se demander jusqu’à quel point Olivier Assayas, grand cinéaste spécialiste des problèmes de riches, atermoiements pendant un héritage (quelle pièce secondaire des collections céder aux musées nationaux pour sauver le reste de l’héritage - L’Heure d’été), la difficile articulation entre vie professionnelle et vie privée d’une star de cinéma (c’est vrai qu’avec une seule assistante personnelle pour gérer ce que tout un chacun gère par soi-même cela ne doit pas être facile - Sils Maria), sans compter la grande crise existentielle du réalisateur de cinéma en plein tournage (Irma Vep), quant au prochain (Doubles Vies), la grande angoisse de l’éditeur devant l’arrivée du numérique, j’ai décidé, une mauvaise fois pour toutes, de me l’épargner, oui, à quel point Olivier Assayas donc, n’a pas corrompu entièrement, et sans soute irrémédiablement, le cinéma de Mia Hansen-Love qui sera désormais cantonnée à la branche touristique d’Assayas Films.
Wildlife de Paul Dano, j’aime les airs pénétrés et réfléchis de ce jeune cinéma américain pédant qui fait semblant de réfléchir, ici au fait que l’American Way Of Life de la fin des années cinquante, début des années soixante était un mensonge délétère qui a potentiellement corrompu les destinée de millions de jeunes Américains et Américaines à la fois abimées par les relations coincées de leurs parents et une incapacité générale de s’élever à un niveau trop haut du bonheur à l’américaine, le tout en brassant mille coquetteries d’images, de belles voitures trop grandes aux carrosseries rutilantes et des paysages aux Rocheuses de carte postale : oui, dans ce film les Rocheuses accouchent d’une souris qui enfonce des souricières ouvertes.
Aujourd'hui j'ai vu des ordinateurs de la fin du monde, ils ne prennent presque plus de place et les salles qui les contiennent sont désormais presque vides
Hier soir mon amie cévenole, Valérie, est passée à la maison avec un ami à elle, tondeur de moutons, j'ai eu toutes les peines du monde à lui expliquer à quel point j'enviais sa compétence indisputée et l'utilité reconnue de cette dernière, puis, à lui dire comment au contraire, je n'avais jamais connu de tels sentiments professionnels, à la fois celui de la compétence et celui de l'utilité, dans toute une carrière d'ingénieur informatique (je n'ai pas toujours été ingénieur).
Ce matin un bref regard à ce dessin de Hanno, le hameau, il y a très longtemps, et je dois partir travailler au pays des ordinateurs
Je suis, devant les films de Ryusuke Hamaguchi, à la fois comme un papillon de nuit léthalement attiré par la lumière d’une ampoule électrique la nuit, et comme une poule qui a trouvé un couteau, et Asako I&II ne fait pas exception à cette règle curieuse : je me laisse entièrement prendre par la main par un certain art (magistral) de filmer, puis, quand je sors de la salle de cinéma, je me demande ce que je suis venu voir, quelle histoire je suis venu écouter et dont je me moque éperdument, incapable que je sois de la moindre identification, ou simple compassion, avec les personnages du film, quand bien même ces derniers pourraient traverser des épreuves qui par ailleurs me sont familières, ici la rupture et la trahison amoureuse. Alors vous dire ce que je pense d’un tel cinéma, celui de Ryusuke Hamaguchi, d’un tel film, Asako I&II, j’en serais bien incapable, quand bien même ma vie en dépendrait, par bonheur ma vie est irrémédiablement déconnectée de ce cinéma et n'en dépend donc pas.
Andreï Roublev d'Andreï Tarkovski
J'ai imprimé, par erreur de raccourci de clavier, le long poème des balises d'inclusion de tous les éléments de la page de Décembre et j'ai trouvé une certaine beauté à ce poème involontaire et que j'avais malgré tout écrit.

"J’ai toujours bien aimé disposer des choses autour de mon lit, certaines de mes photographies que j’aime bien, et d’autres images et je change tout ça chaque mois. Il se passe alors quelque chose de curieux et de subliminal. Ce n’est pas tant en le regardant, c’est plus en ne le regardant pas que ça agit sur moi d’une façon singulière". Diane Arbus
Diane Arbus