DesordreWiki

DiversRetrouvesSousUneMontagneDePapiersEnSouffranc

PagePrincipale :: DerniersChangements :: ParametresUtilisateur :: Vous êtes ec2-52-23-234-7.compute-1.amazonaws.com
Il ne serait pas faux de dire que cette page est à l'origine du cahier des esquisses pour son idée de collage aléatoire d'objets et de dessins hétéroclites.








Dans notre projet commun avec Barbara, nous nous étions donné à chacun trois objets très divers, et nous proposions, sous la forme d'une correspondance abstraite, de décliner autant d'images photographiques possible de ces trois objets. De son propre aveu Barbara était allée trop loin et avait abouti à une impasse dont elle ne sut jamais de désengager. Elle réunit les images les plus adventices qu'elle avait réalisées et me les envoya en m'expliquant qu'elle ne pouvait pas continuer ce projet.
















Chicago vu de chez Barbara








L'Ile de Wight en compagnie de Rémy




































Mardi 22 février

En fin d'après-midi, j'ai décidé de m'attaquer à une montagne de papiers en souffrance que j'ai découverte récemment en ouvrant un tiroir dans le garage, le tiroir était comble, de fait, de toutes sortes de papier administratifs, factures de téléphones d'eau ou d'électricité datant des premières années à Puiseux, on s'étranglerait presque, rétrospectivement, sur les montants de ces factures, exprimés alors en francs, relevés de banque, et comment le montant est systématiquement négatif, toutes les fins de mois, je repense alors douloureusement à l'endettement sournois et croissant qui fut le notre, pendant ces cinq années à Puiseux, parce que vivant à la campagne nous faisions pas loin de 60.000 kilomètres de voiture par an, et de fait je retrouve toutes ces factures du garage de Saint-Germer-de-Fly, mais je retrouve aussi pêle-mêle, une photographie de Monica Lewinsky découpée dans un journal — cette fascination érotique idiote que je peux avoir pour ce visage bouffi de bêtise — des reprographies de tableaux de Saint-Sébastien, toutes époques de l'histoire de la peinture confondues, reproductions toutes percées aléatoirement — serais-je tenté de dire mais mon ami Frédéric, qui m'avait initié au tir à l'arc ne serait sûrement pas d'accord, lui qui tout de même ne détestait pas que son tir fût précis, ce qui m'était davantage, peut-être pas indifférent, disons, moins important, moi dont le plaisir réside surtout dans cette sensation de libération quand on laisse partir la flèche et qu'elle sort de l'arc, Frédéric donc ne serait pas d'accord sur ce côté aléatoire des trous qui parsèment ces reproductions de tableaux de Saint-Sébastien, puisqu'après tout c'était tout de même la poitrine nue et offerte de ces Saint-Sébastien que nous visions, et atteignions parfois — par des flèches, des planches-contact égarées, des radios et des échographies, et comment l'une d'elles de Nathan embryonnaire paraît nettement plus prometteuse que celle de mon testicule gauche alors enflé d'une très belle hydrocèle — ce serait sans doute de très mauvais goût de superposer les deux images sous Photoshop comme je l'ai fait avec des photographies du ventre enceint d'Anne et de toutes sortes de rayogrammes — et pourtant, graphiquement, je crois que l'abstraction de l'échographie de mon testicule est plus intéressante que l'image ressassée d'une échographie d'embryon, et puis des photographies, des photographies de famille, la plupart prises par des amis, dont je m'amuse toujours qu'ils m'approchent ensuite avec mille prudences en m'offrant ces retirages, s'excusant de ces images balbutiantes, offertes à moi le photographe, qui trouve pourtant dans ces retirages des images qui m'émeuvent beaucoup — j'ai une prédilection toute particulière pour les photographies de famille — et de nouveau des factures, des tracasseries administratives, et puis aussi des bouts de papier sur lesquels sont pris en note des numéros de téléphone dont je ne sais plus à qui ils correspondent ou encore des listes de mots sans suite, dont je ne sais plus ce qu'ils devraient m'évoquer, et pourtant je les regarde aujourd'hui sous un tout autre angle, celui de l'amusement visuel à cette abstraction involontaire en petit format, je suis abasourdi de tant de richesses égarées dans cette montagne de factures impayées et de correspondances pas toujours très amènes avec ma banque.






















TasDeSableEtAutresBrouillons
Il n'y a pas de commentaire sur cette page. [Afficher commentaires/formulaire]