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ColloqueDeCerisy

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Le livre de sable électronique.

Le site desordre.net depuis qu'il existe s'attache à perdre ses visiteurs (ce qui paradoxalement lui vaut un succès croissant). Usant du lien hypertexte mais aussi de quelques commandes de programmations simples (javascript) une visite du désordre finit souvent par remplir l'écran de son visiteur, créant des dédales, des fausses pistes et généralement du désordre dans les plis duquel il est attendu que le visiteur s'engouffre, sans grande chance de s'y orienter fiablement, le chemin du retour se refermant bien souvent derrière lui comme une route de nuit retourne à l'obscurité après avoir été défrichée par les phares d'une automobile, ou encore tel l'infortuné lecteur du Livre de sable dans la nouvelle de Borges

Les textes du désordre reprennent différentes formes de narration connues en les augmentant de spécificités inhérentes à l'outil Internet, ainsi Chinois (ma vie), un roman hypertexte, est construit sur le mode déambulatoire de Marelle de Cortázar, se complique d'une navigation tantôt aléatoire tantôt labyrinthique et infinie dans son nombre de combinaisons, de même qu'il donne à ses visiteurs la possibilité de reproduire les figures du livre à l'aide d'un jeu de Tangram. De même la Cible, roman feuilletonné fut envoyé, un épisode chaque jour, par mail à ses lecteurs et repris ensuite sous le forme d'un blog. L'évocation d'un souvenir d'enfance, le jeu de memory, ou jeu des paires, donne lieu à une tentative graphique doublée d'un défi de programmation. Les pages à propos du photographe Robert Frank sont issues d'un mémoire de fin d'études qui s'agrémente, dans sa version électronique, d'illustrations en images du texte. Hommage est aussi rendu en divers endroits à Georges Perec, et en particulier sous la forme d'une collecte participative de je me souviens ou d'une ballade hypertexte à partir de Tentative d'épuisement d'un lieu parisien.

Le site affiche depuis peu une volonté éditoriale modeste en publiant des textes et des images qui lui sont confiés, ainsi la version électronique de Libre comme le Plomb de Jacky Chriqui, Machine, ta Chine, un juke-box botanique aléatoire d'Emmanuelle Anquetil, la lecture d'un extrait de Berlin île sans mur de François Bon croisée avec un parcours photographique dans le Berlin de 1988.

Le désordre s'interroge aussi à explorer les possibilités de l'outil Internet en matière de construction de labyrinthe et de méandres et son auteur n'aime rien tant que de donner à voir comment les pages du site sont construites ce qui devient alors une nouvelle dimension de lecture du site, de même que les coulisses, les archives et parfois aussi de laisser entrevoir les développements futurs du site, comme autant de possibilités dont il est régulièrement fait usage pour agrandir sans cesse les proportions du labyrinthe.




Dans le grand auditorium, les fauteuils sont profonds et rouges, à l'arrière de la scène, dans les cintres, l'écran de projection est immense et le petit écran des sites que nous y démultiplions remplit cet écran entièrement, curieuse impression tout de même de retrouver dans d'aussi vastes dimensions, ce qui d'habitude n'occupe qu'une transversale d'une vingtaine de pouces. Et cela fonctionne. Toute cette technique dont je sais pourtant la fragilité de par mon travail, cette technique sensible ne faillit pas, les pages répondent présent et s'affichent donc dans les dimensions gigantesques de l'écran derrière nous sur la scène.

Vient mon tour. Je m'installe derrière le petit écran et je pianote l'adresse du site. S'affiche l'image de perfection de la petite Satoko et les menus déroulants. Comme me l'avait demandé Alain, je commence par les origines, par le début.

Ma toute première confrontation avec internet date de 1987. Oui, cela paraît curieux, mais en ces temps "reculés", j'étais étudiant aux Arts Décos et nous suivions les cours enthousiastes d'un professeur de vidéo qui s'appelait Don Foresta. Son optimisme était contagieux, lui qui développait cette idée que la technologie naissante allait révolutionner le monde de demain et qu'il était important que les artisites s'embarquent dans cette aventure sans quoi, prévoyait-il, les formes du futur seraient disgrâcieuses. Don avait une fois organisé un échange triangulaire avec une université du Japon, les Arts Décos à Paris donc, et une école de New York, Cooper Union peut-être, je n'en suis plus très sûr. A l'aide, donc, d'un modem qui prenait l'apparence d'une très grosse boîte rudimentaire, reliée par un dédale de câbles eux aussi très gorssiers, nous avions reçu, après un chargement interminable, et donc patient, une image envoyée par les étudiants japonais. Il s'agissait d'une vignette de trois cents ou quatre cents pixels de large représentant un paysage japonisant au lever du soleil. Nous devions altérer cette image pour l'envoyer aux étudiants américains et nous fûmes quelqu'uns prompts à suggérer la solution graphique évidente de modifier la position du soleil dans l'image pour l'envoyer aux Américains qui firent de même, et couchèrent, eux, le soleil, pour renvoyer l'image à l'envoyeur, au Japon, pays du soleil levant, la course du soleil sur ce paysage de l'Epinal japonais, ayant épousé, à rebours, celle du soleil, au travers des trois fuseaux horaires. Je me souviens de l'ambiance électrique qui régnait lors de cet échange sommaire, j'avais littéralement le sentiment de vivre dans un monde futur, à ce point futur d'ailleurs que j'imaginais sans mal que ce qui nous en séparait vraiment était une bonne trentaine d'années, que ce serait là en somme le monde tel qu'il existerait quand j'approcherais de l'âge de la retraite, et d'ailleurs je mis très longtemps à m'intéresser aux ordinateurs et à leurs possibilités de traitement de l'image, notamment photographique.

Dans les années 90 je me souviens avoir lu de nombreux articles dans le Monde diplomatique à propos des "autoroutes de l'information", terme dont je comprenais difficilement ce qu'il recouvrait mais dont je devinais que tout ceci appartenait à un monde encore très éloigné de nous dans le temps. En 1996, à la mort de François Mitterrand, est sorti le livre du professeur Gubler, le Le Grand Secret dont je n'aurais jamais très bien compris l'intérêt si ce livre n'avait pas été frappé par la censure, et comme je lus que cette tentative de censure était désormais inefficace parce qu'elle fût tout de suite contrecarrée par la publication en ligne du livre in extenso. Avec un collègue, au travail, nous parvîmnes à "télécharger" — terme qui demeurait très abstrait pour moi — ce texte, et j'eus le plaisir de le lire, quasi-religieusement, tant javais le sentiment de vivre une expérience très à la marge.

Plus tard ce que je retins de mes premiers pas sur internet, c'était la grande difficulté de trouver du contenu. Combien de sites alors qui clamaient que telle ou telle partie du site était en travaux, et qui disparaissaient en fait avant d'avoir eu la chance de faire partager ce qui promettait d'être un contenu digne d'intérêt. Et comme aussi ma démarche peu assurée de débutant dans mes recherches me faisait souvent trouver ce que je ne cherchais pas mais me faisait continuer de rechercher, de façon toujours aussi infructueuse, l'objet initial de ma recherche. Cette frustration émerveillée m'a conduit, lorsqu'il fut temps de construire mon propre site, de concevoir un site qui fut à l'image de ces recherches infructueuses.

Pour atteindre cet objectif de perdition de son visiteur il a beaucoup fallu se reposer sur de vastes dimensions du site. Aujourd'hui le site pèse presque un gigaoctet, ce sont ces dimensions imposantes qui permettent encore d'égarer les visiteurs du site, même ceux qui sont habitués à ses pitreries depuis ses début.

Plutôt que de faire semblant, devant vous, de visiter le site, en feignant de tomber dans mes propres chausse-trappes, je préferais vous montrer comment le site va évoluer et où en est sa refointe actuelle.

Un des paradoxes du travail qui est le mien sur le site, c'est que je sois confronté à une interface graphique que je trouve très laide. Travaillant au site, ce que je vois à l'écran est en général moche et laid. Et pourtant c'est au travers de ce filtre insatisfaisant au regard que je tente de créer de nouvelles formes, elles plaisantes visuellement. Pour lutter contre cet ennui visuel, j'ai fini par choisir de montrer au visiteur du site ce que justement je vois quand je travaille aux pages du site.

Un autre paradoxe du site veut que pour perdre efficacement mon visiteur il soit important pour moi au contraire de m'y retrouver notamment à cause du très grand nombre de fichiers qui composent le site, aussi pour faire désordre, il est primodial que le rangement de ces fichiers soit dan sl'éarborescence du site d'une rigueur maniaque. J'ai également décidé de donner à voir cet ordre contradictoire qui ne l'est pas tant que cela, puisque ce qui est rangé à mes yeux peut relever de la cacophonie à un tiers.

Parmi les nombreux ressorts qui sont utilisés dans le site pour fourvoyer ou tromper le visiteur des scripts aléatoires (la plupart écrits et conçus par mon ami Julien Kirch depuis plus d'une an et demi maintnenant m'aide de sa très grande science de la programmation) permette de rendre à la fois l'apparence et le contenu du site très mobile.

Pour compléter cette intranquillité d'aspect, le site utilise de nombreux scripts d'ouvertures superposées de nouvelles fenêtres, les chemins de navigation qui appelent cet entassement de fenêtres n'étant pas tous prévisibles, une impression tridimensionnelle est ici recherchée.

Enfin, pas le biais croisé d'une page d'érchives qui rend compte des différentes étapes de la construction du site et d'un site dans le site dans lequel sont exposées les prochaines étapes de la constructionn, une dimension temporelle contribue à agrandir les limites du labyrinthe.

Et ils étaient tout juste une demi-douzaine les personnes disséminées dans les fauteuils cossus de l'esapce Franquin d'Angoulême pour entendre cet exposé. Mon ami Alain s'agissant d'internet parle volontiers de l'éléphant dans le couloir que nul ne semble voir, je crois qu'il n'a pas tort, tous les jours me sont données les preuves de cette méconnaissance à la fois d'internet et de ses possibilités pourtant invraissembable. C'est un peu comme si, toujours pour paraphraser Alain, Guthenberg ayant fini sa journée de travail, ayant tiré son premier texte, soit allé boire une choppe dans l'auberge voisine, se soit vanté d'avoir tout juste révolutionné le monde nul ne l'aurait cru et pourtant, avec les textes imprimés fut fondé notre civilisation de l'écrit. Il n'est pas impossible que l'invention d'internet soit pour notre monde un phénomène de plus grande ampleur encore, mais nous feignons tous de l'ignorer, parce que c'est beaucoup plus grand que nous.




Commencer l'exposé en ouvrant un fichier de bloc-notes dans lequel j'écris ces lignes
<font size=7>Et tout s'enchevêtra dans un <a href="http://www.desordre.net">désordre</a> impeccable </font>
Puis enregistrer ce fichier de bloc-notes au format html sur le bureau et l'ouvrir ensuite avec le navigateur, cliquer que le lien et démarrer la visite, en insitant que le désordre ce n'est rien de plus que cette ligne de code html simple, je ne fais que m'appuyer sur la possibilité des liens hypertextes.




Dévoiler une nouvelle page index le jour du colloque en transmettant le fichier contenu sur une clé USB par ftp.




Envoyer une carte postale à Anne devant le public.




S'arranger pour terminer la présentation en retombant sur cette page (et donc commencer en faisant un copié collé de cette page — <font size=7>Grand est le <a href="http://www.desordre.net">désordre</a> sous le ciel, la situation est donc excellente (K Marx) </font>




Faire un article du bloc-notes sous SPIP devant le public de même qu'une page du wiki




Me reste à faire le texte pour les actes du colloque









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