Mercredi The Place To Be



The Place To Be d’Isa Bordat, avec les sons de Rose Bruneau et la canalisation du hasard par mes soins.

 

Jeudi Cahier de brouillon



La page d’octobre de La vie est en ligne. La rubrique de La vie est donc devenu ce cahier de brouillon dans lequel, pêle-mêle, je range, sans les ranger, les différentes petites choses que je bricole dans le mois. Par ailleurs dans ce pêle-mêle, je vous recommande fort le petit extrait du spectacle circassien dans lequel on voit Elsa Caillat fait un très beau numéro de corde, accompagnée par la musique de Gilles Coronado, guitare , Matthieu Donarier, saxophone , Christophe Lavergne, batterie. Faut chercher un peu.
 

Mardi La liste des soixante-dix peigne-culs

Je ne pensais pas qu’un jour, je me rangerai derrière la bannière de François Ruffin, mais, sur ce point, il a raison, 70 fois raison, deux points ouvrez les guillemets :

« Damien Adam, Aude Amadou, Didier Baichère, Aurore Bergé, Pascal Bois, Céline Calvez, Émilie Cariou, Lionel Causse, Jean-René Cazeneuve, Sylvie Charrière, Fannette Charvier, Fabienne Colboc, François Cormier-Bouligeon, Dominique David, Marc Delatte, Nicolas Démoulin, Jacqueline Dubois, Laurence Gayte, Perrine Goulet, Véronique Hammerer, Pierre Henriet, Sacha Houlié, Yannick Kerlogot, Rodrigue Kokouendo, Aina Kuric, Frédérique Lardet, Célia de Lavergne, Fiona Lazaar, Gaël Le Bohec, Fabrice Le Vigoureux, Jean-Claude Leclabart, Roland Lescure, Monique Limon, Richard Lioger, Didier Martin, Thomas Mesnier, Amélie de Montchalin, Sandrine Mörch, Zivka Park, Patrice Perrot, Béatrice Piron, Pierre-Alain Raphan, Cécile Rilhac, Véronique Riotton, Stéphanie Rist, Mireille Robert, Laurianne Rossi, Laurent Saint-Martin, Jean-Bernard Sempastous, Bertrand Sorre, Bruno Studer, Marie Tamarelle-Verhaeghe, Adrien Taquet, Stéphane Testé, Huguette Tiegna, Laurence Vanceunebrock-Mialon, Annie Vidal, Patrick Vignal, Brigitte Kuster, Philippe Berta, Marguerite Deprez-Audebert, Marc Fesneau, Isabelle Florennes, Jean-Luc Lagleize, Fabien Lainé, Philippe Latombe, Jean-Paul Mattéi, Philippe Michel-Kleisbauer, Bruno Millienne et Michèle de Vaucouleurs sont des peigne-culs ».

Liste non exhaustive (en ce qui me concerne)

 

Dimanche Les Flux détendus



Pour Clémence


C’est sûrement pas comme ça qu’on fait. Tant pis. Les Flux détendus sont une grande page de 361 images carrés, soit un carré de 19 par 19 images. Toutes ont été prises par un appareil-photo qui fait aussi téléphone. Elles sont assemblées dans un immense carré qui pèse une tonne (260 et quelques mégaoctets que je vous conseille de charger dans un premier temps et d’aller consulter ensuite). Ce carré est par ailleurs agrémenté de quelques fichiers sonores en relation (plus ou moins lâche) avec les images, vous pouvez les écouter un par un ou presque tous ensemble. Ce collage est mouvant au fur et à mesure que vous vous déplacez dedans, ce qui vous permet de jouer avec ses formes et, finalement, sa narration sous-jacente. Je n’ose pas imaginer à quoi ressemble la consultation d’une telle page avec un téléphone de poche, qui est devenu pourtant le moyen absolument majoritaire avec lequel les sites internet sont désormais consultés, ce qui laisse songeur sur le futur du Désordre (et d’autres sites tels que Le Terrier). De là à penser que Les Flux Détendus sont le requiem pour le Désordre. Tant pis.
 

Mercredi A Song For Diane Arbus



A Song For Diane Arbus

La Vie est l’une des plus anciennes rubriques du Désordre. Et aussi celle qui a le plus souvent changé de forme et d’aspect. Dans un premier temps, il s’agissait d’un collage de 600 pixels de large et à l’époque, 2003, ça paraissait large. Deux ans plus tard je me permettais une de ces audaces, on passait à 800 pixels de large, de la folie furieuse ! avant de passer au stade avancé de la démence : 1000 pixels de large. C’était autrefois.

Il y a ensuite eu la période dite de l’avalanche (sans doute l’une des réalisations du Désordre, avec la collaboration indispensable d’Archiloque, que je préfère), mois après mois, les photos prises tous les jours s’affichaient suivant un principe de sélection, de taille, de placement dans la page et d’opacité aléatoires, tout un chacun avait le sentiment de voir plus ou moins la même chose alors que personne ne voyait la même chose, ce qui est devenu un des principes directeurs du Désordre, c’en est même à se demander si cela n’a pas atomisé sa communauté de visiteurs et visiteuses.

En 2016, j’ai ralenti le rythme de mes prises de vue, bien obligé le matériel a lâché, au bout de 300000 prises de vue, il paraît que c’est inespéré, foutue obsolescence programmée, quand je pense que de temps en temps juste pour en entendre le son il m’arrive de déclencher mon vieux 6X6 et ça continue très bien de fonctionner.



Et du coup il manquait de nombreuses images pour faire une avalanche.

J’ai tenté une formule dont je ne peux pas dire qu’elle m’a donné beaucoup de satisfaction, avec la raréfaction des images j’ai imaginé un défilement et une lecture plus lentes, soutenues par une bande-son-collage à la bonne franquette.

En 2017 là j’ai carrément arrêté de prendre des photographies. J’ai tenté de le refaire un peu avec une série d’images que j’ai intitulée les Moindres Gestes. Une centaine d’images en six mois.

C’est devenu les Flux détendus, je ne me servais même plus de mon appareil-photo mais, on aura tout vu, de mon téléphone de poche.

Bref j’étais dans une certaine forme d’arrêt à la fois libérateur et inquiétant dans mon travail de plasticien. C’était même à se demander si ce truc de jeune primo-romancier à 52 ans ne m’avait pas un peu monté à la tête.

Et puis j’ai rangé mon garage-atelier. Ce faisant je suis tombé sur une ancienne image que j’avais affichée sur une sorte de tableau magnétique et qui avait été recouverte par quantité d’autres images et autres documents, principalement des listes et des listes de listes. Cette image n’est pas anodine. Tant s’en faut. Il s’agit d’une image du mur du fond de l’atelier de Diane Arbus avant déménagement complet de son atelier à sa mort. Et potentiellement avant destruction. C’était au-dessus de son lit. Elle y collait toutes sortes d’images, des tirages, des épreuves refusés, des bouts d’essai, des articles de journaux, des images de presse, tout un monde curieux qu’elle faisait et défaisait tous les mois. A la recherche inconsciente de nouvelles voies. En 1971 elle souffrait particulièrement de ne pas parvenir après les images d’Halloween dans une institution d’accueil de personnes handicapées mentales, à renouveler son travail, de lui trouver des formes nouvelles, alors elle tentait de ces grands collages imaginant que dans l’entrechocs entre deux ou trois images, elle trouverait de nouveaux chemins.

Les raisons de son suicide à la fin de 1971 lui appartiennent entièrement et il ne me viendrait pas à l’esprit de penser que cette désespérance artistique ait joué un rôle dans son terrible suicide. En revanche quand j’ai pris connaissance de ce mur dont il ne restait qu’une seule image, la dernière du dernier état de ce mur, je me suis dit fort tristement qu’elle avait eu sous les yeux, tous les jours, une solution tout à fait valable à ce blocage de créativité qui la faisant tant souffrir, à savoir un immense collage de la taille d’un mur, elle en produisait de la sorte un par mois, quel dommage qu’elle n’ait pas pensé en faire une oeuvre à part entière, quel dommage qu’elle n’y ait pas pensé pour son propre bien-être et quel dommage qu’elle n’y ait pas pensé, nous privant de la sorte de ce qui aurait vraisemblablement été des oeuvres majeures.

Toutes proportions mal gardées, j’ai affiché cette image du dernier mur de Diane Arbus dans un coin du garage il y a des années sur le tableau magnétique des projets en cours, comme une exhortation personnelle à garder les yeux ouverts sur la totalité de mon environnement et de ne rien négliger comme nouvelle piste. Et puis cette image s’est retrouvée enfouie sous d’autres, elle a disparu de mon regard en même temps que son exhortation à justement garder les yeux ouverts. Et, naturellement, en rangeant le garage cet été, je suis presque immédiatement tombé dessus et cela m’a donné l’idée d’une sorte de collage mensuel de tout ce qui pouvait retenir mon regard. Pêle-mêle. Sans ordre. Advienne que pourra.

A Song For Diane Arbus.
 

Jeudi De le musique avant tout et par dessus tout



Adolescent, quand j’avais lu L’Ecume des jours de Boris Vian, j’avais été frappé par le personnage de Chick qui vouait un tel culte à Jean-Sol Partre qu’il tentait de jouer sur deux pick-ups différents deux discours différents de son penseur vénéré et voir si, d’aventure, une idée tierce ne pourrait naître de cet entrechocs d’entendre deux discours à la fois. Et naturellement, adolescent, je me demandais ce que cela ferait, nous étions à la fin des années septante, début des années 80, si je pouvais écouter deux disques de Zappa à la fois. Dans ces folles années, la musique était une affaire bougrement analogique et nous ne disposions pas comme cela de tant et tant d’équipements qui permettraient ce genre de _délires_, comme je devais dire alors (c’était déjà beau de pouvoir passer un disque de temps en temps sur la platine paternelle en son absence, alors pensez deux, et avec quelle autre platine ?).

Depuis l’idée m’avait un peu quitté, on vieillit, et on n’écoute plus Zappa tous les jours.

Mais cette idée m’est revenue il y a quelques temps, et, naturellement, en ces temps numériques en diable, la chose n’est plus qu’une question de programmation. Et je trouvais que c’était le bon accompagnement, une bonne bouillie de code pour créer une bouillie sonore non sans pareille, d’une part, mais d’autre part aussi, à une série de photographies que j’avais entreprise il y a quelques années sobrement intitulée Les Musiciens (on ne se félicite pas, après-coup, du caractère genré du titre), série qui visait à rapprocher quelques-unes de mes photographies de concert avec d’autres images prises le lendemain des concerts en question, comme une manière d’élucider, empiriquement, le rapport d’inspiration que pouvait me causer la musique. Le raisonnement vaut ce qu’il vaut.

Et à vrai dire cela fait partie des trucs que j’avais laissés en chantier et sur le ventre dans le Désordre parce qu’ils ne fonctionnaient pas très bien, en tout cas pas de façon très universelle. Qui disait son (ou vidéo) dans le Désordre, disait surtout plantage du navigateur ou apparition de messages pas tous désopilants à propos de compatibilité et autres billevesées.

Je viens de remettre d’aplomb musiciens et musiciennes qui ne vont peut-être pas me remercier, des années de conservatoire pour s’entendre jetées en pâture les unes les autres dans un silo aléatoire, non mais des fois ! Je vais encore me faire disputer.

De la Musique avant tout et par dessus tout !

 

Dimanche L’algorithme de la faim



Et pendant qu’on y est à remettre d’anciennes pages d’aplomb, je signale ici L’Algorithme de la faim, un court récit de science-fiction dont le cheminement est aléatoire (on se serait parvenu à rien tout seul ans l’aide déterminante d’Archiloque) et basé sur tout un groupe de photographies prises lors d’une promenade dans un parc à Méry-sur-Oise dans laquelle je me demande si je ne me suis pas raconté tout un tas d’histoires et d’avoir emmené avec moi dans ce genre d’histoire mon ami Dominique Pifarély qui n’en demandait peut-être pas tant.

Une chose que je ne suis jamais parvenu à faire avec cette série est qu’elle se termine par une petite vidéo que je pose ici, d’abord vous allez lire l’histoire, et ensuite vous revenez regarder la vidéo. Après tout vous faites bien ce que vous voulez.

C’est marrant de refaire de l’html un premier dimanche pluvieux d’automne, enfin marrant c’est vite dit.



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Le bloc-notes du désordre