Vendredi Ursula



Allez, je peux bien le dire maintenant. J’ai échoué. J’ai échoué à créer un autre Désordre.

Ben oui, j’ai essayé, depuis deux ou trois ans maintenant, depuis décembre 2013, de créer un autre site internet, un autre Désordre. Je l’avais appelé Ursula. Pendant un an, de fin 2013 au début 2015, je me suis évertué à accumuler, dans un autre ordre que celui auquel j’avais habitué tout le monde, depuis plus de quinze ans, le Désordre — une forme d’ordre en soi, une forme paradoxale —, tout ce que je pouvais enregistrer d’une manière ou d’une autre, des photographies bien sûr, mais aussi des dessins, des enregistrements sonores, des séquences filmées et des notes et encore des notes.

J’ai cherché une nouvelle façon de faire, j’ai tâché d’utiliser une forme que j’avais créée pour d’autres, les stagiaires de l’école du doc à Lussas, la fameuse forme Ursula qui sépare les contenus par modes (écrits, sons, images fixes, images animées) et qui les présente aléatoirement à hauteur égale — j’avais repris, en l’adaptant beaucoup, cette forme pour les coulisses de Formes d’une Guerre, à Poitiers, en juin 2011. Et j’ai chargé dans cette table de montage hasardeuse, tout ce que j’ai pu produire de sons, d’images et de textes pendant un peu plus d’un an, et j’ai joué avec Ursula. Cela m’a donné de très beaux bouquets, d’autres moins bons, voire nettement moins bons. Par exemple cela m’a permis de donner une forme qui me plaisait au récit du Jour des innocents. Evidemment cela ne s’est pas fait sans l’aide toujours aussi précieuse de Julien.

Début 2015, je n’étais vraiment pas sûr de ce que j’avais produit, hors quelques bouquets épars, dont le Jour des innocents — et d’autres trucs que je garde par devers moi pour le moment, dont Raffut, un roman —, je me suis alors astreint à la même forme, mais une forme journalière, le fameux Février, ce qui était à peine humain à réaliser — pensez, un son, une vidéo, souvent réalisée en animation, un texte en triptyque, un triptyque de photographies et tous les bonus auxquels je pouvais penser pour une même journée —, d’ailleurs, je ne suis pas parvenu à aller jusqu’au bout, le matériel, comme moi, avons craqué avant.

Pendant toute l’année 2016, j’avais des choses à digérer parmi lesquels un récit auquel je vais tâcher de donner une forme Ursula aussi, mais indépendante, celui d’Arthrose, ou comment j’ai bien manqué d’aller dîné au mauvais endroit le mauvais soir, un 13 novembre 2015, par bonheur, je suis fait un mal de chien en trébuchant dans les escaliers de chez mon amie Laurence, alors que nous partions au Petit Cambodge. Mais je voudrais me donner encore du temps pour ce récit. Rien ne presse.

De même je suis en train d’entamer un tout nouveau projet, un documentaire à propos d’une petite fille, qui enfant, sautait sur les genoux de Céline, cela m’est tombé dessus de façon vraiment imprévisible. Et pour ce projet, je me suis rendu compte que je devrais probablement suivre les bons conseils de Pierre Hanau, à Lussas, à savoir se servir d’Ursula comme l’outil idéal pour concentrer ses matériaux.

Et du coup, rouvrant les répertoires qui contiennent la moulinette Ursula, je me demande ce que je vais faire d’Ursula. Sa première forme. Pas très aboutie, brouillonne. Celle sans titre, finalement.

A part vous la donner à lire, écouter, voir, je ne vois pas ce que je pourrais en faire d’autre. Donc je vous présente Ursula, créature/création à la fois inaboutie et à la fois mystérieuse à mes yeux. Comme si c’était un livre qui comptait autant de récits que de lecteurs — et dont, par endroits, je peux être moi-même un lecteur.

Vous me direz. Si vous voulez.
 

Lundi A la Folie



C’est à Autun. A la Folie. Chez Martin Et Isa. le 17 septembre 2016 à 19H45, un spectacle de Dominique Pifarély, Michele Rabbia et Philippe De Jonckheere, évenement culinaire d’Isa Bordat.

La Folie c’est 10 route de Chateau-Chinon, sur les bords de l’Arroux dans les faubourgs d’Autun. Dans l’ombre, presque, du temps de Janus.

L’annonce plus complète sur le site de Dominique
 

Dimanche Se prémunir des manchots ce soir



J’ai décidé de prendre sérieusement le problème des manchots ce soir. Cela fait plus d’un mois qu’il n’y a pas moyen d’avoir une conversation sérieuse, que c’est difficile de trouver des concerts ou des spectacles parce que ces derniers, pas fous, préfèrent ne pas se mesurer aux manchots les soirs de match. Bref j’en ai assez de m’arracher les cheveux avec ça.

Alors j’ai travaillé toute la journée dans le garage pour celles et ceux qui comme moi n’ont aucun goût pour les pousseurs de citrouille. Je vous ai préparé de la distraction. Tous les jours. La chronique photographique de l’année 2015 à raison d’une image par jour, oui, mais souvent il y a des liens, vers toutes sortes de trucs, des vidéos notamment, bref je me suis donné du mal pour que vous puissiez faire durer un peu le plaisir.

Et sinon je vous prête un de mes disques qui nul doute devrait vous permettre de surmonter le vacarme des klaxons et autres cris de bêtes que l’on entend parfois même dans les quartiers tranquilles, des cris de bêtes poussés sans doute par des personnes qui auraient peur la nuit dans les Cévennes d’entendre les sangliers dîner.
John Zorn donc, Painkiller







Et puis un petit dessin de L.L. de Mars pour la route. Ça ne change rien mais cela défoule.



 

Mardi La Vie a changé



La Vie a changé.

Nouvelle façon de tenir cette chronique à jour, qui demande nettement moins de travail. Histoire de pouvoir un peu autre chose de mes dix doigts que de tenir ma vie à jour.
 

Lundi Brahma à la Folie





C’est à Autun. A la Folie. Chez Martin Et Isa. le 25 juin 2016 à 20H, concert de Brahma, évenement culinaire d’Isa Bordat, et deuxième partie du concert avec vidéo-projection de Philippe De Jonckheere. Brahma c’est Jacques Di Donato (batterie), Florent Pujuila, guitare, Nicolas Nageotte, saxophone baryton. La cuisine d’Isa, il n’y a pas de mot pour la décrire. Quant à ma vidéo projection, ceci est l’histoire d’un homme marqué par une image d’enfance (Chris Marker).

La Folie c’est 10 route de Chateau-Chinon, sur les bords de l’Arroux dans les faubourgs d’Autun. Dans l’ombre, presque, du temps de Janus.
 

Samedi Pierre Boulez et le bricolage

Ma fille Adèle rentre de l’école de mauvais poil. Elle s’est ennuyée ferme pendant les deux heures de son cours de musique qui, à peu de chose près, a démarré de la façon suivante, les enfants la semaine dernière un grand chanteur est mort, Michel Delpech, nous allons donc lui rendre hommage en lisant sa biographie et en écoutant certaines de ces chansons. Comme j’avais appris la veille dans la salle d’attente de son orthophoniste sur Radio classique la mort de Pierre Boulez et qu’Adèle m’avait trouvé fort ému et que du coup je lui avais expliqué un peu qui était Pierre Boulez, bonne fille, elle fait remarquer à sa prof de musique que Pierre Boulez aussi est mort. Réponse de la prof, et bien si cela t’intéresse tant que cela Pierre Boulez tu n’as qu’à rechercher des vidéos de lui sur Youtube.

Je n’avais encore jamais pris rendez-vous avec une professeure de musique et je sens qu’elle va m’entendre.

Je tente de me consoler en me disant que dans dix ans tous mes enfants seront sortis de l’école et qu’ils ne seront donc pas exposés au cours de français suivant : les enfants Maître Gims est mort d’une overdose la semaine dernière nous allons étudier sa poésie, mais Monsieur on ne doit pas étudier Flaubert plutôt, ben si Flaubert t’intéresse tu n’as qu’à t’abonner à son compte twitter.

Cela faisait quelques temps que j’avais un peu laissé de côté cette idée de travailler au Désordre. Et puis, voilà qu’un accès de colère déclenche chez moi un renouveau de désir d’html. Détruire Delpech. Pour plagier Eric Chevillard

Pierre Boulez et le bricolage. A vrai dire je ne sais pas si c’est plus respectueux comme hommage, mais au moins c’est un hommage. Avec un mois de retard. Le temps que mes contemporains aient oublié, du tout au tout, en un mois, qui était Michel Delpech.

 

Vendredi Un vieux con égaré au multiplexe



C’était la semaine dernière, je dois avoir un peu de mal à m’en remettre. Mon grand garçon voulait aller voir les Huit salopards de Quentin Tarantino, opération pieds de plomb pour moi, mais les désirs exprimés de Nathan sont suffisamment rares (bien que de plus en plus fréquents) pour que je ne l’exauce pas. A ma grande surprise sur la trentaine de salles en région parisienne qui donnaient le film, seules une demi-douzaine le donnaient en version française, condition sine qua none pour aller au cinéma avec Nathan, les sous titres étant bien trop rapides pour lui : mon choix s’est donc arrêté sur le multiplexe de Rosny-sous-bois.

Je suis un enfant gâté du cinéma, les deux salles les plus proches de chez moi, le Kosmos à Fontenay et le Méliès à Montreuil sont toutes les deux des salles parfaites, qualité de la projection, du son, de la programmation et aussi des animations et des débats avec des invités de qualité. Autant vous dire que je n’ai aucune raison de fréquenter des multiplexes. C’était donc la première fois que je me rendais dans un tel établissement depuis des lustres.

Samedi soir séance de 22 Heures. Multiplexe. Rosny-sous-Bois.

Nous entrons dans une salle à la saleté sidérante, maculée de pop-corn et jonchée de gobelets renversés, par chance il reste deux places mitoyennes au premier rang, avec Nathan c’est le premier rang ou rien, toutes les deux indemnes de pop corn et de soda. Derrière nous un groupe de jeunes gens s’installe très bruyamment, ils sont une vingtaine, ils n’ont pas toute la même opinion à propos de l’endroit où ils veulent s’asseoir, ils s’invectivent abondamment, apparemment l’humanité se divise en deux parties, les fils de pute, les plus nombreux, et eux. Ça commence à agiter un peu Nathan qui de sa grosse voix pas très contrôlée fait remarquer que cela ne se fait pas de traiter les gens de fils de pute. Dans l’agitation un des mômes me touche l’épaule, à force de faire le con il perd l’équilibre et se rattrape donc sur mon épaule. Il ne semble pas impératif pour lui de s’excuser, en bon rugbyman je sens que c’est le moment de faire respecter ma partie du terrain, je me lève et je lui dis que tout ceci ne va pas le faire et qu’il doit se calmer direct — je m’étonne moi-même de ma capacité à adapter ma langue à mon interlocuteur — il me tourne le dos, façon il ne me calcule pas, je suis sur le point de l’attraper par l’épaule pour le retourner, un vigile intervient (j’apprends en un seul regard qu’au multiplexe il y a des vigiles en uniformes siglés SECURITE qui enjoint mon interlocuteur à s’excuser auprès de moi, les excuses ne sont évidemment ni très sincères, ni polies et pas très audibles. On n’avait même pas envoyé la réclame. Ça commence fort me suis-je dit.

La réclame, on y arrive, trente-cinq minutes de spots publicitaires, le volume sonore est assez élevé, n’ayant pas la télévision et ne fréquentant pas les grands multiplexes, le volume des réclames étant volontairement réduit au Méliès où j’ai mes habitudes et les publicités étant l’exception au Kosmos, où j’ai mon siège réservé à mon nom, j’exagère à peine, je suis mal préparé pour ce déluge. J’imagine que je dois également au fait de ne pas avoir la télévision que je sois scotché à ces écrans publicitaires, dans la salle nul ne semble y prêter la moindre attention, le son fort des réclames commande aux uns et aux autres de parler plus fort pour se faire entendre, bref, il y a un brouhaha impressionnant dans lequel les seules conversations que je distingue avec un peu de netteté ne me donnent pas du tout envie d’en entendre davantage, juste derrière moi un couple médit à propos d’un autre coupe de leur connaissance qui se sépare, et à ma droite un autre couple au contraire semble ne pas profiter entièrement de son samedi soir pour se détendre un peu et sont apparemment tous les deux employés par la même entreprise, et donc échangent à propos de ce qu’ils appellent des sujets.

Le noir finit par se faire au bout de trente-cinq minutes que Nathan et moi sommes déjà assis, je rappelle à Nathan ma recommandation de ne pas parler trop fort s’il a quelque chose à me dire pendant le film et de venir me le chuchoter à l’oreille, il vient me dire à l’oreille d’accord, mais avec sa grosse voix puissante et mal contrôlée. A vrai dire c’est étonnant que Nathan comprenne cette nécessité de faire désormais le silence parce que nul autour de nous semble avoir même remarqué que le film avait commencé, au delà même de la succession de plus en plus longue désormais des logos en animation des différents producteurs du film, j’imagine qu’en 2152 cette succession sera plus longue que le film en lui-même, les quelques paysages silencieux qui s’enchaînent pour ce début de film ne constituent nullement pour nos contemporains dans cette salle le signal qu’il faille désormais se taire, ce qui finit plus ou moins par se produire quand même quand arrivent les premiers dialogues du film et que donc cessent, par endroits, ceux de la salle.

Pendant la première demie-heure du film, une bonne douzaine de spectateurs en retard vont passer devant l’écran, en général assez décontractés des pattes arrières pour se planter devant l’écran et profitant de sa luminosité, identifier les dernières places libres dans cette salle de bien 2100 places quasi combles.

Huit salopards est un film interminable et très chiant, je me garderai bien d’en faire la chronique, je ne saurais même pas par où commencer pour en faire la nécessaire critique tant ce film, comme les précédents du même auteur, est à l’image de son réalisateur, un adolescent boutonneux qui se croit très fort et pousse du col à tout va. En fait Tarantino ne se suffit plus de plagier le cinéma d’autres réalisateurs de films de genre, notamment du côté du western spaghetti ou encore du film d’arts martiaux, désormais il se plagie lui-même, c’est aussi grossier que de rire à ses propres blagues, et c’est un peu ce que fait Tarantino adoptant une trame qui serait la transposition de Reservoir dogs dans un décor de western et cumule d’être assez con pour nous gratifier sempiternellement de ces fameux effets deflashbacks pour nous expliquer les tenants et les aboutissants de son intrigue avec force bourrage de nos côtes, vous avez vu comme je suis fort, le pauvre ne comprendra donc jamais qu’un vrai cinéaste n’a pas besoin de faire cela pour justifier son intrigue, parce que cette dernière tient la route très bien sans cela merci, et que des clefs de compréhension sont habilement placées à quelques endroits du récit, sans ostentation. Bref on devrait se cotiser pour que Tatantino assiste à une master class de Farhadi, peu de chance pour qu’il saisisse de quoi il est question.

Par ailleurs Tarantino s’aime et telle une Sofia Coppola, il aime par dessus tout ses rushs indigents — comme d’autres éprouvent de la difficulté à se séparer de leur matière — dans lesquels il peine à couper, et nous avons droit à force dialogues lénifiants avec des acteurs qui partagent avec leur réalisateur de se croire très forts, ça cabotine tant et plus, c’est d’un chiant à peine moins pire qu’un débat politique entre deux types de droite. Et cet ennui finit par atteindre la troupe d’une vingtaine de jeunes gens qui se font de plus en plus bruyants, les pauvres ils s’ennuient, c’en est même à se demander s’ils comprennent de quoi il est question, Nathan finit par me glisser dans l’oreille, pourquoi il n’essaient pas de s’accrocher un peu, et au moment où je lui explique que sans doute ils s’attendaient à ce qu’il y ait plus d’action, non sans s’en prendre à tous leurs voisins dans la salle, les vingt collégiens décident de mettre les voiles, se lèvent de concert, en ayant apparemment réglé ce départ synchronisé, par échanges de messages textuels de messageries de téléphone portable, et donc se rassemblent devant l’écran avant effectivement de quitter les lieux après une demi-heure seulement, croisant les deux dernières personnes arrivant dans la salle, avec finalement seulement une heure de retard sur l’horaire de la séance. Deux ou trois personnes vont s’enhardir à leur demander de se presser de sortir, elles seront fraîchement gratifiées d’allusions au fait que leurs mères ont été péripatéticiennes et qu’elles sont le fruit de ces accouplements tarrifés.

Nathan s’exclame dans mon oreille mais c’est du gâchis, le film il a à peine commencé !, oui Nathan mais pour nous c’est une bonne nouvelle on est débarrassé d’eux.

Cette fois-ci c’est la bonne on pourrait presque regarder le film, n’étaient-ce ça et là, et notamment juste derrière moi un concert de mastication de popcorn impressionnant et une fouille ininterrompue dans des sachets aux emballages de cellophane qui ne se laissent apparemment pas ouvrir si facilement, j’en viens presque à regretter de n’avoir pas pris mon enregistreur certains bruits sont stupéfiants. Les choses auxquelles on pense au cinéma à la séance de 22 heures un samedi soir.

Le téléphone de poche de ma voisine sonne, une sonnerie qui ressemble étrangement à celui de mes grands-parents au début des années septante, elle prend l’appel, certes avec discrétion, mais finit par conclure que ben non désolée mais là je ne peux pas trop te parler, je suis au cinéma. Elle en profite pour consulter ses mèls, ses messages textuels de messagerie de téléphone de poche et semble-t-il aussi, ses fils de réseaux sociaux.

Après deux heures de dialogues à la con, c’est quand même drôle un adolescent boutonneux américain qui se croit écrivain, l’action s’anime un peu et on comprend que cela ne va pas cesser de croître en intensité, la mastication ne faiblit pas, des doigts de plus en plus fébriles et tremblants peinent aux ouvertures des emballages de cellophane. Ma voisine désormais met à jour son profil et son fil de réseau social, je me demande même si elle ne serait pas en train de tenter de trouver sur le réseau la bande annonce du film que nous sommes en train de regarder. Elle n’a mis qu’une seule oreille de ses écouteurs, je comprends bien l’intérêt pour elle, suivre à la fois le film et son téléphone de poche intelligent, je dois dire que je commence à être un peu distrait par le grésillement électronique qui s’échappe malgré tout de l’oreillette vacante.

C’est un samedi soir. La séance de 22 heures. Multiplexe. A quelques encablures seulement de grandes cités de Rosny-sous-bois. Dont mes parents me rappellent souvent que ce fut là qu’ils eurent leur premier logement vraiment à eux et où j’ai vécu les deux premières années de ma vie.

Enfant je me souviens que le cinéma était une fête, un truc à ne pas rater, quelque chose de rare aussi, on n’allait pas au cinéma tous les mois non plus, les sièges étaient confortables, la plupart du temps il y avait un documentaire, j’ai des souvenirs visuels très précis de certains d’eux, notamment l’un à propos de courses de dragsters aux Etats-Unis, j’ai le souvenir de cette lumière de fin de journée en été aux Etats-Unis dans les années septante. Et puis il y avait le film et la joie qui était la notre, la tristesse aussi quand on sentait que le film commençait à toucher à la fin. En sortant nous étions surexcités de ce que nous avions vu, mon frère et moi, et c’était souvent que ma mère nous achetait une glace ou un palmier que nous partagions en deux.

En plus de cinquante ans, il m’est arrivé une fois de sortir avant la fin du film. La Mouche de Cronenberg et sa scène de l’accouchement du monstre.

En sortant, ça t’a plu Nathan ? Ouais. C’était un peu long non ? Ouais mais c’est important pour bien comprendre la fin. Loué soit Tarantino ce sale connard pour avoir réussi cela avec Nathan
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Le bloc-notes du désordre