Vendredi Fais des confitures de girolles



En août, filme les nuages,
Fais des confitures de girolles
Et invente l’ubiquité. Pas moins.

L’été 14 restera un été pourri, et j’en aurais beaucoup photographié les nuages, le gros temps et le brouillard sur les pentes du Mont-Lozère. On peut donc décider de ne retenir que cela, les nuages, passer malgré tout de bonnes vacances, voire ne retenir que la chaleur de ces vancances cévenoles tellement réussies cette année, et donc un été sans nuages.

D’ailleurs pour l’année 2014, j’ai décidé de ne retenir que les images d’août sans nuages.

On n’a pas toute la vie non plus.
 

Vendredi L’impensé de Télérama



J’ai passé quelques très belle journée fin octobre chez mes amis Daniel et Lola, journée pendant lesquelles nous avons beaucoup échangé, et même travaillé, puisque avec Daniel nous avons mis la dernière main à Grille de lecture. Au cours de la discussion quasi ininterrompue et très caféinié de ces quelques jours, nous avons reparlé de certaines de plus anciennes marottes, par exemple du travail d’assistant de Robert Heinecken qui avait le mien en 1989 et 1990, des tirages en cibachrome que je faisais pour lui d’après des dizaines de pages de magazines qu’il avait regardées par transparence, ce qui a naturellement amené Daniel à me montrer cette petite pièce de collection arrachée à l’hebdomadaire Télérama. Comme dirait Daniel, Minute se rendrait coupable d’une telle juxtaposition, ils auraient un procès aux fesses.

Le procès de Minute serait amplement mérité.

De même je ne suis pas procureur — Dieu nous protège tous contre une telle éventualité ! — en revanche je m’interroge toujours sur de tels accidents graphiques. J’en avais déjà relevé un dans le Nouvel Observateur il y a quelques années.

Je note, assez amusé, la même absence de soin dans la découpe de la page de Télérama par Daniel que dans les centaines de pages de magazine que Robert Heinecken arrachait dans tout ce qui lui passait par les mains de magazine, je me souviens à ce propos que j’étais tombé sur une note manuscrite de Robert qui était une liste de questions qu’il s’adressait à lui-même à propos de ce travail et, en tête de cette liste, il y avait la question de savoir pourquoi est-ce que j’arrache les pages plutôt que de les découper correctement avec une lame de rasoir ?

Bonne question.
 

Jeudi La salle d’attente du Désordre



En attendant la livraison de l’avalanche — c’est comme cela que s’appelle le script de Julien — du mois d’août qui me demande encore un peu de travail, j’ai préparé une avalanche de nuages, que j’aurais beaucoup photographiés durant cet été pourri, dans le but de faire quelques séquences de time lapse, qui, elles aussi, ne sont pas encore au point, on y travaille.

Donc bienvenue dans la salle d’attente du Désordre, pour laquelle on a soigné le papier peint (et le plafond).
 

Mardi Grille de lecture de Daniel Van De Velde



C’est l’un de mes plus grands plaisirs du Désordre, lorsque je peux accueillir le travail d’un autre artiste, et quel, ce soir, en la personne de mon ami Daniel Van De Velde, à la fois sculpteur et poète. Daniel et moi présentons donc Grille de lecture qui est un recueil de poésie visuelle sur lequel Daniel travaille depuis 2007 et pour lequel j’ai imaginé les quelques effets de navigation que je lui ai soumis et dont il a tiré le meilleur des profits.

Daniel Van De Velde
Grille de lecture
Buenos Aires
Décalquer
Divine comédie
Dix jours de pluie Grille de lecture
Inutile
Une existence malléable.

En attendant de pouvoir aussi, mais cela va prendre plus de temps, accueillir, dans un espace dédié, le travail de Daniel dans le domaine de la sculpture.
 

Mercredi Recherche joueur de thémérine



Le désordre recherche pour son film d’animation Pure peur un joueur ou une joueuse de thérémine assez compétent pour interpréter, au thérémine donc, la musique des Dents de l’amer. Envoyez CV et photographies en maillots de bain à la plage démos au Désordre qui transmettra.

Les choses que l’on ne ferait pas pour faire plaisir à Julien



 

Lundi L’invention de l’ubiquité, pas moins



Pour mon amie Lola, dont c’est l’anniversaire aujourd’hui, et avec laquelle nous avons échoué à nous retrouver à Arles cette année


Je suis parti une après-midi marcher sur les pentes du Bousquillou avec Nathan.

Depuis quelques jours, depuis notre arrivée dans les Cévennes, manière de conjurer le mauvais temps, j’avais pris l’habitude de poser mon appareil-photo sur un trépied, de règler l’intervalomètre de l’appareil sur une minute, un peu plus, un peu moins, au doigt mouillé en fonction de la vitesse du vent, de la vitesse des nuages, avec l’intention d’animer par la suite ces images en les faisant défiler à douze images par seconde et créer ainsi des séquences de films où l’on verrait le mouvement très accéléré des nuages, et avec celui-ci le défilement du temps qu’il fait sur la vallée de la Cèze, et par voie de conséquence, le défilement du temps tout court, pour ainsi parler, dès lors qu’à un certain âge on ne puisse regarder une image s’accélérer sans un serrement de coeur légitime. En cela j’avais aussi le sentiment de mettre en pratique de mon vivant ma dernière volonté, manière de vérifier que l’idée tenait la route sans doute.

L’après-midi quand je suis parti marcher avec Nathan j’ai fait justement cela et sans même y penser vraiment j’ai cadré le Mont-Lozère depuis la fenêtre de ma chambre plutôt un peu sur le Nord de cette montagne très étendue.

Lorsque nous sommes arrivés au sommet du Bousquillou, j’ai fait deviner à Nathan dans quelle partie du paysage se trouvait notre hameau en tentant de lui donner quelques repères, la rivière qui coule dans le fond de la vallée c’est la Cèze, le pont que tu vois là-bas c’est le pont de Brésis et le dome pelé et sa garrigue en face c’est la Garde de Dieu. Et cherchant des yeux moi-même le hameau j’ai compris qu’au même moment, dans le lointain de la fenêtre de ma chambre, mon autre appareil-photo était en train de photographier justement le contrefort du Mont-Lozère sur lequel nous nous trouvions. J’ai d’ailleurs tenté d’expliquer cela à Nathan qui m’a avoué ne pas bien comprendre ce que j’étais en train de dire-là, était-ce étonnant ?, mes explications étaient rendues confuses par mon émotion à cette idée que j’avais pour ainsi dire inventé une manière d’ubiquité.

L’ubiquité quand même.

Naturellement en redescendant la pente très raide du Bousquillou j’ai eu cette idée d’associer de façon synchronisée les photographies prises depuis la fenêtre de ma chambre et celles prises en même temps avec mon autre appareil-photo et avec lequel j’avais pris des photos de notre modeste ascension et du paysage alentour, rendu d’autant plus majestueux à mes yeux que nous nous dirigions en direction du nuage qui encapuchonnait le Mont-Lozère.

Ce que je fis plus ou moins le soir-même avec les moyens du bord c’est-à-dire sur le petit ordinateur portable de mon travail et donc sans éditeur de pages html, en code html directement, à-la-va-comme-je-te-pousse, mais cela fonctionnait. Mais à vrai dire le sentiment d’ubiquité s’émoussait un peu, il me semblait un peu limité au seul périmètre des deux versants de la vallée de la Cèze.

Le lendemain j’avais prévu de descendre à Arles, passer la journée à visiter les expositions des Rencontres en compagnie de Madeleine. Le matin même, je me suis levé une demie-heure plus tôt que ma fille pour installer l’appareil-photo sur le trépied, et nous sommes partis à Arles.

Pour la journée.

 

Samedi En mon absence (épisodes cévenols)



Premiers "rushs" de mon film de cet été. En mon absence (épisodes cévenols). C’est le titre de mon film de cet été.
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Le bloc-notes du désordre