Lundi Greg, dans ses oeuvres.



Dimanche pluvieux, rangement dans le garage et du coup je tombe sur cette photographie magnifique de mon ami Greg Ligman, qu’il m’avait offerte, si j’en crois l’inscription au dos du tirage, en 1989, c’était un peu avant la déferlante de Photoshop. J’ai passé une bien belle heure à scanner méticuleusement en huit morceaux ce grand tirage et en raboutant les morceaux au mieux que je sache faire, du coup cela me fait plaisir de vous en proposer deux grand et très grand agrandissements qui permettent de naviguer à l’intérieur de cette image et dans toute sa folie de préméditation

Et suivre la discussion qui prend son point de départ dans cette image pour arriver, pour le moment au pied du Monjuic à Barcelone, et notamment le récit d’un essai raté, sur seenthis
 

Jeudi Pas de Vie en deçà



En juin prends donc exemple sur tes amis musiciens qui risquent tout à chaque geste, à chaque souffle, et rien en deçà qui vaille.
Mieux, sans cela la Vie ne vaut pas grand chose
Toute la vie. Il n’empêche ton mois de juin cette année n’est pas fameux.




Nouvelle mise à jour de la chronique photographique de
la Vie

 

Vendredi Le révolutionnaire de droite



Comme il fait bon, mais comme c’est triste à la fois — la fin du livre comme celle du film me font toujours pleurer —, de relire la Société du spectacle de Guy Debord — et de revoir son film —, comme j’en ai eu expressément envie après avoir visité l’épouvantable exposition de Thomas Hirschhorn au Palais de Tokyo. Envie de relire ce texte extraordinaire pour laver l’insulte de le voir, même pas volé à une bibliothèque, sur les rayonnages fort pauvres — tout est dans la taille démesurée de ces rayonnages presque vides — de la fausse bibliothèque de cette révolution de papier crépon.

Flamme éternelle mon cul.

Comme il est facile de faire son malin parfaitement abrité par les conditions somptueuses d’exposition d’un centre d’art contemporain de renommée internationale.

Comme il est facile de s’approprier une culture et un combat qui ne sont pas les siens toujours parfaitement garanti par une institution qui non seulement protège le soit-disant fauteur de trouble mais surtout maintient à l’extérieur ceux qui de tout temps seront maintenus à l’extérieur. Ceux justement dont on singe la véritable culture.

Comme il est facile de feindre la révolution. Et d’assurer dans le même coup des conditions de confort sans heurt aux visiteurs. Ah les selfies des visiteurs qui se vautrent dans les canapés neufs, achetés au prix du neuf sans doute, et entièrement recouverts de scotch d’emballage. On voudrait faire avaler toutes ces tablettes et téléphones de poches à ces visiteurs petit bourgeois en mal de sensations sociales.

Comme il est facile de disposer d’un budget sans doute exprimé en centaines de milliers d’euros (pour mémoire l’exposition, certes plus étendue, de Philippe Parenno dans le même cadre avait un budget de deux millions d’euros), pour recréer un faux décor de manif ou de communauté autonome (dont on comprend sans mal que Thomas Hirschhorn n’en connaît aucune).

Mais quand même continuer de faire payer les bières, pour subventionner quelle grand cause ? Je préfère ne pas m’attarder sur le chemin visqueux du principe de gratuité de cette exposition.

Comme il est facile d’encourager au désordre, de feindre d’en donner les outils, du gros scotch, du polystyrène, des feutres et une photocopieuse, quand il faudrait fournir l’essence, les fusils et les explosifs.

Comme il est facile de récupérer les slogans de ceux qui sont véritablement dans la lutte et aux abois et d’en faire des fétiches incantatoires ou pire encore des questions de quiz, la propriété c’est ...

Comme il est facile de donner l’apparence d’une participation au spectateur quand les vrais contours de l’installation sont déjà parfaitement cernés — et on ne peut plus décoratifs. Et je n’ai aucun mal à imaginer que chaque soir, chaque nuit, après minuit, après la fermeture du musée — un musée qui ferme à minuit c’est-y pas cool ? —, les femmes et les hommes de ménage passent l’aspirateur pendant que les manutentionnaires déchargent la livraison quotidienne de nouveaux blocs de polystyrène et de rouleaux de gros scotch marrons, de nouvelles ramettes de papier pour la photocopieuse, pour que la jeunesse bourgeoise puisse s’encanailler (et obtenir de beaux selfies bien subversifs), mais le lendemain pas trop tôt non plus hein ?, faudrait pas qu’on ait à se lever aux mêmes heures que les hommes et les femmes de ménage — dont on espère que les horaires nécessairement décalés sont dûment compensés sur leurs feuilles de salaire.

La vraie jeunesse ce sera celle qui viendra vraiment mettre le feu à ce monument de connerie qu’est devenu le Palais de Tokyo, et remplacer la livraison quotidienne de nouveaux blocs de polystyrène par des pains d’explosifs.

Que tout ce désordre est factice et comme c’est vain, stupide.

Comme il est stupéfiant que les habituels clochards du patio continuent de coucher devant les fenêtres même de cette exposition, fenêtres occultées par les parodies de banderoles. Pendant qu’on loue les services de quelques figurants qui jouent les SDF bien habillés, quand à l’extérieur de vrais clochards qui ne sentent pas bon affrontent les rudesses de la rue.

Flamme éternelle c’est un squat avec un service d’ordre et des vigiles. En uniformes.

Thomas Hirschhorn est un authentique branleur qui rêve d’une révolution qui ne changera rien, d’une révolution dans laquelle sa petite personne ne risquera pas de dangers excessifs. Un révolutionnaire de droite. Un décorateur de révolution, ce dont justement la révolution saura très bien se passer.

Delenga Tokyo Palazio est.
 

Mercredi En avril fais comme Phil



Voilà bien ce qu’est devenu le Désordre, une manière de parution mensuelle (avec du retard) de ce qui m’amuse encore, l’avalanche des images de la Vie.

En avril, fais comme Phil, tourne autour des sculptures.




Nouvelle mise à jour de la chronique photographique de
la Vie

 

Vendredi Tire ma marguerite



Le film que vous allez voir ce soir.

Au Terrier, de temps en temps il y a des concours idiots. L’Ekphrasis d’après La Calomnie d’Apelle en est un, le Pisqueton marathon en est un autre encore, d’une certaine manière le laboratoire collectif d’animation d’Elemarsons en était un également, avec les fabuleux résultats que l’on sait. Pour ma part je trouve cela vraiment formidable, et c’est pour cela que je me porte régulièrement volontaire pour ce genre d’aventures, parce qu’invariablement cela m’entraîne à faire des choses auxquelles je ne penserais pas de prime abord, comme, par exemple, de me lancer dans la construction d’un film d’animation.

Le dernier concours en date, est celui intitulé Faites brailler Eustache et qui propose donc de produire la bande-son de huit minutes restées muettes d’un petit film de Jean Eustache apparemment inspiré d’une nouvelle de Maupassant, et qui sans doute se serait bien passé des outrages qu’il va subir prochainement de la part des membres de la communauté du Terrier.

De mon côté, j’ai résolu de faire se rejoindre ce film muet avec la bande-son d’un autre film meut, Pull my daisy de Robert Frank, film initialement muet donc et donc la bande-son est en fait une fabuleux numéro d’improvisation de Jack Kerouac lui-même, accompagné de quelques musiciens. Il ne me restait plus qu’à fournir les sous-titres ce que je me suis employé à fair avec une fidélité fluctuante.

Bon film ! Bonsoir !

Pour voir le film deux possibilités, en streaming dans une définition de 640 pixels de large, ou en téléchargement dans une meilleur définition, le fichier est téléchargeable en cliquant droit sur ce lien, vous en prenez pour 350 méga-octets.




Tire ma marguerite, un film pas fini de Jean Eustache fini par Philippe De Jonckheere sur une idée originale de L.L. de Mars dans le Désordre.

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Le bloc-notes du désordre