Samedi Samedi 7 juin 2008



Eric Loillieux m’invite à participer à une exposition collective — ce sont surtout mes rayogrammes qui l’intéressent — pour laquelle il me demande un descriptif bref de mon travail de photographe. Un peu d’autodérision ne faisant de mal à personne.

Philippe De Jonckheere est né en 1964, à Paris, il vit encore, ce dont il garde des traces à la fois écrites et photographiées. Coupé du monde, tandis qu’une entreprise de conception de logiciels américains réinventait la photographie en rendant atteignable virtuellement tout ce qu’il était possible d’imaginer d’images photographiques, lui besognait dans une salle de bain exigue et dans l’obscurité, découpant morceaux de cartons, de films, jouant avec une petite lampe de poche, puis tirant ses images sur des papiers mats, les griboullait à la minde de plomb. Ce faisant, lui n’a rien inventé, et a manqué les quatre premières versions du logiciel qui défigura à jamais la photographie. Il a comblé son retard, intarrissable à propos des six dernières versions, mais de mauvaise foi, il expliquera à qui veut bien l’entendre que rien ne remplace le miracle d’un rayogramme. Surtout si après on scanne ledit rayogramme et qu’on continue de jouer.

Et la liste des adresses du site pour corroborer les dires.

http://www.desordre.net/photographie/madeleine/index.htm
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/champignons/index.htm
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/algues/index.htm
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/algues/crayonnees/index.htm
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/domino/domino_theory.html
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/tryptique_roses.html
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/sushi.html
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/offspring.html
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/off-shoot.html
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/film_noir.html
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/equilibre.html
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/collage_divers.html
http://www.desordre.net/photographie/rayogrammes/ampoules.html
http://www.desordre.net/labyrinthe/monolithe/cartes/infini.htm


Le soir regretter, l’obscurité gagnante et le temps maussade, de devoir poser le livre en sachant que je ne pourrais le reprendre que dimanche soir dans le train. Et ce matin, la ponctualité du merle pour me chanter mon réveil, poncutalité de la pluie aussi, qui toute la nuit m’aura bercé de son tintement sur la toile, et, ce matin, s’estompe nettement, le temps pour moi de remballer en hâte mes petites affaires. Pas étonnant après cela que je sois alors inhabituellement reposé et tout aussi inhabituellement de bonne humeur au réveil.
 

Vendredi Vendredi 24 juin 2005

Adèle avait dormi toute la matinée, il était donc inutile d’espérer d’elle qu’elle dorme un peu dans l’après-midi, je décidai donc de la prendre sur mon dos — dans ce que les enfants et moi appelons le sac à Puce — et d’aller au bois de Vincennes regarder le ciel sombre passer au dessus de nos têtes.

En chemin, je me suis arrêté près de la fenêtre ouverte d’un rez-de-chaussée d’un immeuble moderne de six ou sept étages, en bordure de la ligne de chemin de fer. Ce qui m’arrêta était la musique d’un morceau de Satie, je reconnus que c’était du Satie mais j’étais incapable de reconnaître le morceau dont il s’agissait, et quelle ne fut pas ma surprise quand je remarquais que cette musique de Satie était jouée par deux hommes assez âgés, assis côte à côte devant un piano à queue qui mangeait toute la largeur d’un salon rendu exigü, et qu’ils jouaient à quatre mains sur le même clavier. Qu’ils jouaient fort bien, peut-être pas aussi bien qu’ils jouaient quelques années auparavant avec des mains moins chenues, qu’ils étaient visiblement contents d’être assis, comme cela, l’un à côté de l’autre, goûtant la chaleur de leur amitié, et se régalant sans doute des anotations si courantes dans les partitions de Satie, telles que don’t be so proud — ne soyez pas si fier — à la fin de chaque morceau, ils dialoguaient paisiblement et chaleureusement, telle mesure leur avait paru améliorable et les voilà qui reprenaient depuis le début, concentrés, et côte à côté. Amis depuis fort longtemps, cela s’entendait au delà de leurs mains devenues moins habiles et moins souples.

Dans une clairière j’ai descendu Adèle de sur mes épaules et je l’ai laissée courir à quatre pattes un peu où elle voulait. Assis contre un arbre je contemplais le ciel s’assombrir et j’écoutais le tonnerre comme du Malher.

Nous sommes rentrés juste à temps du bois pour aller chercher les enfants à l’école et courrir à la maison, sans être (trop) mouillé par le déluge qui finalement est tombé sur l’asphalte chauffé ces derniers jours par la canicule. Instants rares de plénitude avec les enfants, observant la pluie cingler les fenêtres.

 

Jeudi Mercredi 15 décembre 2005

Pied au plancher toute la journée. Réveiller les enfants, les habiller, leur donner leur petit-déjeuner, déposer Madeleine à l’école, filer ensuite chez la psychologue de Nathan, pendant le temps de la séance, en profiter pour faire des courses de produits pas chers chez Lidl, plus haut dans le rue. Récupérer Nathan, repartir à Vincennes pour aller chez l’orthophoniste, là pendant le temps de la séance, acheter des galettes de courgettes que Nathan et Adèle affectionnent tout particulièrement, rentrer à la maison, donner à manger aux enfants, puis c’est l’heure de repartir à l’école déposer Nathan, passer par la poste, et au supermarché pour acheter du lait de soja pour Adèle, coucher Adèle, faire du rangement et du ménage, Edith passe me déposer Boris, réveiller Adèle et partir chercher Nathan avec Adèle et Boris, chemin du retour entre Nathan et Boris très compliqué, leur donner un goûter, Edith passe reprendre Boris et me dépose Eléanore, lui donne un goûter aussi, rhabiller Eléanore, Nathan et Adèle et partir chercher Madeleine, revenir avec toute cette marmaille, donner son bain à Adèle, et faire à manger, Edith revient avec Boris, donner à manger à tout ce petit monde, les coucher et refaire du ménage et enfin aller chercher Anne au train à Montparnasse. Mais à quoi ai-je bien pu révasser toute cette journée ?, je ne m’en souviens plus.

 

Mercredi Vivement cet été que ce soit le printemps dans ma Vie



Ce n’est pas nécessairement mon plus ardent désir de vous replonger vers les teintes sombres de l’hiver qui vient de s’achever, ou encore de vous faire profiter des tonalités également foncées de ma Vie en ce moment, mais voilà la mise à jour de la Vie suit son cours décalé. On s’en excuserait presque. Vivement cet été que ce soit le printemps dans ma Vie.




Nouvelle mise à jour de la chronique photographique de
la Vie

 

Mardi Mardi 31 août 2010



Belle journée avec les enfants, comme si eux comme moi, nous faisions le plein d’insouciance avant que ne commence véritablement cette année, dont les contours sont mal dessinés et justement m’inquiètent. Je remarque bien que Madeleine a le ventre noué à certaines perspectives, qu’elle suppose bien davantage qu’elle ne peut les comprendre, je sens ma grande fille drôlement complice ces derniers temps, elle me vient souvent en aide, elle est patiente avec Nathan, quelle personne merveilleuse elle va devenir. Si un jour j’ai besoin d’une raison de m’accrocher à la vie, ce sera de pouvoir la voir devenue la promesse qu’elle est aujourd’hui, et comment elle enchantera son entourage.

Nathan dans les grands filets du Parcabout de Montreuil déambule le sourire ineffaçable au visage, il fait un beau voyage au milieu des arbres. Je ne cesse de me demander quelle sera un jour la destination de cet étonnant voyage qui est le sien ?

Adèle s’amuse avec mes lunettes. Fera-t-elle la comédie plus tard ?
 

Lundi Lundi 15 décembre 2008



Assomé par la fièvre, dans le garage, incapable de beaucoup plus que de faire un peu de tri dans mes images. A force de volonté, je vais même jusqu’à construire les images de la Vie des dix derniers jours, mais incapable de les mettre en page sous Dreamweaver et de les mettre en ligne. Dans la salle d’attente chez le psychomotricien, n’avoir pas quitté des yeux le mur en face de moi, la cuisse gauche tout contre le petit radiateur poussif de la salle d’attente. De l’autre côté du mur, au travers de la cloison, j’entendais un Nathan particulièrement studieux. Tout n’était pas perdu, lui semblait beaucoup bénéficier de sa séance de ce soir.
 

Dimanche Dimanche 16 novembre 2008



Inattendue récréation en ce dimanche gris et pluvieux à Clermont-Ferrand, après une nuit au travail, une fête foraine de l’autre côté de l’autoroute, non que j’ai trouvé mon content dans les manèges de cette fête foraine — encore que j’aime bien les montagnes russes, cependant dans cette fête foraine, pas de montagnes russes dignes de ce nom — mais au contraire de me promener dans les deux grandes allées de ce rassemblement forain et y faire quelques photos, aidé en cela par un ciel bas qui isolait les manèges et les badauds sur fond de brouillard, une impression triste, mais dont je tirais mes petites joies quand je réussissais une image ou l’autre. Ne jamais cracher sur les plus modestes des récréations.






Le bloc-notes du désordre