Samedi Samedi 21 août 2010



Le coucher de soleil ce soir pile juste derrière le puy de Dôme, et l’illusion passagère, dans cette masse de lumière éblouissante, que le volcan s’est réveillé et qu’il est en pleine éruption.

Pas grand chose de plus à sauver d’une telle journée, beaucoup accaparée par le travail.
 

Vendredi Vendredi 17 décembre 2010



Tension.

Tentative de reprise des notes de Formes d’une guerre au format d’Ursula.
 

Jeudi jeudi 14 décembre 2006



Bonne et intense après-midi de travail avec Julien dans le garage. Discussion à propos des évolutions futures du site. Je suis ravi de voir que la fièvre qui m’a empêché de dormir une bonne partie de la nuit, ne m’handicape apparemment pas du tout dans cette discussion, mais dès que Julien sera parti, toute la fatigue me sera retombée dessus, d’un seul coup, au point d’être couché presque avant les enfants.

Dans la liste des choses à faire pour le site :
— Reprendre le script de répartition aléatoire des iframes pour qu’il n’y ait plus d’espace libre entre les différents frames, sachant qu’est acquis que les frames restent alignés selon le nombre paramétré pour la largeur quelle que soit la largeur de la fenêtre ouverte.
— Reprendre le script de tirage aléatoire d’un fichier html qui a le défaut de n’être pas très fiable quand le nombre d’occurences diminue et donc de produire une page blanche.
— Se lancer, ou non, dans un espace dans lequel le visiteur aurait la possibilité de produire sa propre page du désordre, à partir des fichiers du site, et de l’envoyer par mail ou même de la publier sur un espace ftp de son choix.
— Dans le passage du jeu de memory en javascript donner la possibilité de donner une récompense au joueur lorsqu’il a terminé le puzzle, un peu selon le principe des jeux de taquin. — Le poids des jours, une version du bloc-notes qui donnerait au visiteur la possbilité de lire toutes les entrées selon le même jour de l’année, par exemple, tous les 28 décembre, tous les 22 mai, etc...

Il ne faut pas non plus s’attendre à voir toutes ces choses réalisées très prochainement, au désordre, on a pour devise que rien ne presse.
 

Mercredi Mercredi 8 décembre 2010



Rencontre avec Michele Rabbia.

Tentative de reprise des notes de Formes d’une guerre au format d’Ursula.
 

Mardi Mardi 19 décembre 2006



D’après les notes d’Anne dans ses petits calepins, cela faisait plus d’un an que nous attendions notre tour. Un an que nous attendions notre rendez-vous à l’hôpital Robert Debré pour ces deux semaines de tests et d’examens tous azimuths et qui devraient, si tout va bien, déboucher sur un diagnostic faisant foi en ce qui concerne Nathan. Alors ce n’était pas rien de dire que nous étions très anxieux.

Je pense que l’architecte de Robert Debré est un tordu, je me sens évidemment très à l’aise dans un immeuble où il est parfois question de devoir monter d’un niveau pour redescendre juste après, un immeuble dans lequel on monte dans les niveaux négatifs, un immeuble dans lequel il faut facilement faire un demi-kilomètre pour relier deux point quasi-mitoyens. Anne avait l’air de trouver cela moins intéressant que moi.

Rendez-vous intense pendant lequel nous retraçons l’histoire de Nathan, ses apprentissages et les nôtres mêlés, les avancées et les déceptions et nous sommes assez contents une première fois quand la pédo-psychiatre marque son étonnement d’apprendre que Nathan est à la fois suivi par une psychanalyste et des comportementalistes, expliquant que c’est là le résultat d’une opposition de vues entre la mère et le père et que donc nous pratiquons les deux. Et quel plaisir et quel soulagement à la fin de ce long entretien de s’entendre dire qu’étant donné les symptômes dont a souffert et dont souffre encore Nathan, il aille remarquablement bien aujourd’hui ! On serait presque fier. Et Nathan avec nous.

Anne repart avec Nathan à Fontenay pendant que je file faire quelques courses et avalant un petit quelque chose dans le métro je vais rendre visite à ma mère clinique Arago. Chambre 215. Curieuse impression tout de même puisque c’était là ma chambre en 1992 quand je me suis fait opéré de ma première hernie discale. En regardant l’angle du mur, et ses traces de butée, et de rayures des lits qu’on amène et qu’on remporte, je me suis souvenu de cette incroyable sensation lorsqu’on m’avait ramené du bloc, sensation d’avoir le corps en deux parties distinctes, le haut et le bas, partiellement jointes seulement, dans le bas du dos, où la douleur était telle que paradoxalement : le sentiment qu’il y ait un trou, une béance à cet endroit.

Mon père est arrivé un peu plus tard et je lui ai laissé la place — mon père était avec des amis à eux, dont la femme n’est autre que la soeur d’une chanteuse ayant chanté avec l’Art ensemble of Chicago, ce genre de croisement évidemment ne lasse pas de me surprendre, dans le cas présent, double intersection entre une chambre d’hôpital déjà occupée et un lien si soudain avec l’Art Ensemble, que je vénère.

Je suis passé faire une petite visite à Hanno, discussion à propos de la Débrousailleuse. Sur son tabouret Hanno avait rassemblé tous les petits instruments dont il allait se servir ce soir pendant le ciné-concert de la Nouvelle Babylone avec le Surnatural Orchestra, tout ce petit fourbis, dont une petite boîte à musique cylindrique jouant l’air de Singing in the rain était posé sur la partition de la Nouvelle Babylone.

Le soir, Anne, Anne-Pauline et Madeleine sont allées rejoindre Joëlle pour aller écouter le Surnatural Orchestra dont elles sont toutes les trois grandes fans — je me souviens des premiers concerts du Surnat’ où j’emmenais Madeleine, alors toute petite, et qui vers onze heures-minuit finissait par s’endormir sur le bord de la scène. Adèle et Nathan se sont couchés de bonne heure et de bonne grâce, aussi je travaille au rééchantillonage et au réassemblage des extraits de la table ronde de la BNF (et puis paradoxalement à leur découpage pour les extraits en mp3, on peut donc tout écouter ici :



 

Lundi Lundi 25 février 2008



Le train venait tout juste de partir, le contrôleur est passé dans mon wagon, et m’a tout de suite poinçonné le billet — ils ne sont pas si nombreux les contrôleurs de ce train matinal à donner aux dormeurs une chance au sommeil, en général c’est davantage des commentaires pas très aimables, quand ce n’est pas des remarques merdiques, que si on voulait des couchettes, on avait qu’à prendre des trains de nuit, sans rire !, la propension inouie de ceux qui ne travaillent qu’en journée, de ne jamais envisager qu’il existe tout un petit peuple qui travaille de nuit — me rendant billet et carte de famille nombreuse, il m’a souhaité bon voyage, sur un ton qui était ambigu, un peu comme s’il m’avait souhaité de faire de beaux rêves, ou plus ambigu encore, de façon poétique, l’invitation au voyage.

Quand je me suis réveillé, en sursaut un peu avant l’arrivée à Paris, une femme était, elle aussi, allongée parallélement à moi, qui a souri à mon réveil et m’a simplement souhaité le bonjour, et elle aussi, sur un ton qui voulait dire que puisque nous avions visiblement dormi ensemble, on pouvait tout aussi bien se donner le bonjour. Elle démarrait bien cette journée.

Et comme elle consultait un plan de métro de Paris, je lui ai demandé si je pouvais l’aider, elle m’a dit qu’elle allait à la porte de Versailles, j’ai demandé au salon de l’agriculture ?, oui, alors il vous faut prendre la direction de la Défense, changer à Concorde et prendre la direction Mairie d’Issy. Elle m’a indiqué quelle était agricultrice, vous êtes exposante ?, c’est curieux mais en lui posant la question, j’avais un peu le même ton de voix comme j’aurais demandé à un artiste s’il exposait en ce moment — la fatigue de cette dernière nuit au travail jouait sûrement un rôle dans ce que j’entendais ce qu’on me disait ou ce que je disais moi-même avec des accents aux significations multiples, c’était en fait très agréable — non, en fait non, elle avait des rendez-vous et notamment des discussions importantes à propos de quelques nouvelles directives européennes, auxquelles les béotiens comme moi ne comprennent pas grand chose, mais à sa façon d’en parler, j’ai vu qu’elle avait l’air de maîtriser tout cela très bien, un peu comme moi je me serais orienté dans du JCL — Job Control Language — au travail. Avec une moue dubitative, je lui ai dit, chacun son métier et les vaches seront bien gardées, ça l’a fait beaucoup rire, l’agricultrice éleveur.

Et à neuf heures du matin, quand nous sommes descendus du train en se souhaitant la matinée belle, j’avais le sentiment que la journée m’avait déjà donné l’essentiel de ses surprises en réserve pour le jour.

Arrivé à la maison, c’est Clémence et Nathan qui sont venus me chercher à la gare, rencontre de Mong. Café. Réponse au mail de François, et au lit.

Et l’après-midi, j’emmène mon petit monde au parc des Guilands. On joue au rugby sur la grande pelouse. Adèle trouve cela un peu rugueux, mais elle se réjouit beaucoup quand je l’aide à mettre son frère parterre.
 

Dimanche Dimanche 25 décembre 2005

Le matin, le réveil, comme dans un rêve, des enfants, Nathan parti en éclaireur revient chercher Anne en lui annonçant qu’il s’était passé quelque chose, leur joie à déballer les cadeaux tant attendus, devant nos regards embués et endormis, Anne, Clémence et Ludo couchés trop tard, et moi qui n’ai toujours pas dormi. Ils ont tant attendu, je tentais désespérément de tempérer Madeleine mais on sentait bien qu’à l’école il n’y avait qu’une seule chose dans les têtes.

Je fais ici un aparté, il y a deux ou trois semaines nous étudions avec la psychologue de Nathan la possibilité de décaler une séance dans le temps, ce que, finalement, nous ne sommes pas parvenus à faire, parce que, justement, l’emploi du temps de la psychologue ne le permettait pas, chargé qu’il était ; elle m’expliqua que c’était souvent le cas en décembre, que ses patients avaient davantage besoin d’elle en cette période de l’année, résistant mal, finalement à cette pression purement mercantile de "bien" réussir Noël, et comment j’avais ressenti de cette douteuse impression à la sortie de l’école. Madeleine n’était pas indemne, et si un médecin m’expliquait que sa pneumonie du moment était une façon de manifester un trop plein d’attente et d’énergies mauvaises, je ne serais pas très surpris, c’est peu dire que je n’aime pas beaucoup Noël.

Dans l’après-midi, j’avais dormi quelques heures dans la petite chambre du garage, avec cette impression de dormir sous le volcan et quand je refis surface, il était temps de passer à table. Et de se régaler. Nathan et Madeleine découvrent leur trempoline et Nathan son vélo. Après les exploits d’il y a deux semaines.

La nuit tombe, curieux comment les jours de Noël, la nuit tombe sur le jour, comme à regret, manière de dire que décidément nous n’avons pas fait grand chose de ce jour et que la nuit peut aussi bien tomber, mais est-ce seulement une impression ?, après tout le jour de Noël, c’est, normalement, le jour le plus court de l’année.

Il est temps de retourner au travail, les pieds de plomb. Il me semble, mais je ne suis vraiment pas très sûr, que c’est Dans America, America d’Elia Kazan qu’un personnage dit en partant à son travail de nuit (graveyard shift) : "I am tired and I have to go to work, this is America" (je suis fatigué et pourtant je dois aller travailler, c’est cela l’Amérique). C’est Noël.

Le bloc-notes du désordre