Samedi Samedi 10 janvier 2009



 

Vendredi Vendredi 4 août 2006

C’est sûrement un achat que nous pourrions être amenés à regretter cet hiver, quand la bise..., mais voilà Anne n’a pas eu à insister beaucoup pour que j’accepte de remplacer mon petit coolpix 5000 en rideau par un appareil réflexe numérique. Et celui qui me tentait le plus n’était pas le moins onéreux, mais il avait cet avantage insigne de permettre de monter sur le boîtier mes vieilles optiques du temps de la photographie argentique, lesquelles, six d’entre elles tout de même, dont le 55m/m macro, une merveille, sommeillaient depuis presque un lustre sans connaître grand usage.

J’ai passé la soirée à éplucher le mode d’emploi, long d’une petite centaine de pages, et miracle — ou, je crois bien que je parle cette langue — ce bolide noir me tombe naturellement dans les mains, c’est une drôle de sensation que de devoir river à nouveau son oeil dans le viseur, de soutenir l’ojectif de la main gauche, faire la mise au point à la main — tout un monde qui s’ouvre à nouveau — et déclencher la main autour de ce qui était autrefois la poignée du moteur et qui n’est plus qu’un renflement factice, désormais grosse poignée sans doute gavée d’électronique.

Et quand je décharge vers une heure du matin toutes les photographies prises avec cette belle mécanique, je souris que ce sont là typiquement toutes les photographies que l’on fait avec un nouvel appareil, ne manque plus, dans les miennes, que la photographie de l’emballage de l’appareil.

La surprise aussi de retrouver une homothétie calquée sur celle du 24X36. Et qui devrait poser quelques problèmes d’adaptation des images à venir dans les scripts du site qui eux étaient prévus pour des images dans un rapport de 4-3 — que j’aimais bien d’ailleurs.

 

Jeudi Jeudi 8 mai 2008



Dans le bois de Vincennes, où je l’emmène faire du vélo, Nathan ne décolle pas des petits cours d’eau dans lesquels il trempe sa petite épuisette, avec laquelle il ne pêche, selon ses propres paroles, que des "cochonneries", il pourrait y passer des heures, habité par je ne sais quelle rêverie, plus sûrement réfugié dans une de ses attitudes autistiques, l’eau qui coule, et pourquoi faudrait-il le harponner systématiquement de ces enfermements-là, n’a-t-il pas droit de temps en temps à un peu de paix ? Aujourd’hui, je crois que j’ai choisi, comme au retour des Cévennes, de lui laisser un peu la bribe sur le cou, à moi aussi un peu de calme cela ne peut pas faire de mal, je suis allongé dans l’herbe et je relis les Quelques prières à réciter d’urgence en cas de fin des temps de L.L. de Mars, pendant que Nathan filtre le cours d’eau voisin avec son épuisette d’une trentaine de centimètres-carrés.

Je me souviens de cette discussion avec le neuro-pédiatre il y a quelques temps, qui nous expliquait que lors d’une réunion avec des autistes Asperger — la partie haute du handicap de l’autisme — adultes et ayant traversé toutes sortes de thérapies et de méthodes éducatives en tant que victimes, ce que ces adultes avaient à dire, c’était, sans détour, "laissez-nous tranquilles", ce que l’on ne peut pas faire tout le temps ou alors c’est l’enfermement à vie, mais une fois de temps en temps est-ce si grave ?

Ou encore les heures creuses qu’il m’arrive de passer en pleine journée, écoutant de la musique et buvant du thé, la pensée arrimée à pas grand-chose, est-ce que j’aimerais tant que ça qu’on vienne les interrompre bruyamment ?, sans doute pas.

D’ailleurs quand je finis par donner le signe du départ à Nathan en lui proposant comme alternative à quitter brutalement sa pêche pas très miraculeuse, de rentrer en faisant un détour à vélo, en longeant un autre cours d’eau, c’est calmement qu’il finit par accepter et de rentrer à la maison, presque appaisé. C’est sûrement très mal.




Planche extraite de Quelques prières à réciter d’urgence en cas de fin des temps de L.L. de Mars
 

Mercredi Mercredi 28 octobre 2009



Dès le premier soir, le matin nous avions regardé la projection de mon site avant la même bande-son que j’avais utilisée pour la lecture performance de Bagnolet en juin dernier, la question d’un des stagiaires : "et est-ce qu’il ne serait pas possible pour toi, à la manière d’un réalisateur qui passerait de l’univers et de l’ambiance d’un film à un autre, de décider que ce site-là est terminé et d’en entamer un nouveau ?

Jamais pensé à une telle remarque. Et elle me tarraude désormais.
 

Mardi Mardi 8 mai 2007

De : "LA VOIX DE L’ENFANT AUTISTE"
> Date : 7 mai 2007 15:56:58 HAEC
> À : <"Undisclosed-Recipient : ;"@orange.fr>
> Objet : Léa pour Samy - Appel au soutien
>
> Chers parents, chers amis,
>
> Un coup dur vient d’être porté à Léa pour Samy. Notre siège a été
> pillé suite aux manifestations suivant les résultats de l’élection
> présidentielle de ce dimanche. Toute l’équipe est sous le choc à la
> découverte des vitres brisées, meubles fracassés, matériel
> informatique et vidéo volés, dossiers saccagés. Un travail de
> milliers d’heures, d’acharnement, de longue haleine, réduit à
> néant. Au-delà du coût financier catastrophique pour notre action,
> je rappelle au passage qu’ayant porté plainte contre l’Etat, notre
> association est discriminée dans l’accès aux subventions de
> fonctionnement par les pouvoirs publics, ces dégâts entravent
> nombre de nos projets.
>
> Les présidentielles n’ont donné aucune place aux associations
> actives. Quant aux familles d’enfants handicapées que nous
> défendons, elles n’ont été utilisées que pour récupérer des voix.
> Nos enfants subissent des maltraitances sanitaires quotidiennes.
> Nous comptons, plus que jamais, sur la Justice, pour rétablir le
> droit de ces enfants. Avec l’appui des medias et la prise de
> conscience du Grand Public.
>
> La cause que nous défendons ne nous permet pas de baisser les bras.
> Nous avons besoin de votre appui, de votre soutien de votre aide
> pour traverser cette épreuve et continuer notre combat.
> Nul ne nous fera abandonner nos actions pour nos enfants.
> Ayant perdu de nombreux mails, n’hésitez pas à renouveler vos
> demandes si vous n’avez pas de réponse de votre part.
>
> Merci d’avance pour votre soutien.
>
> Avec toute ma sympathie
>
> M’Hammed SAJIDI
> Président
> Association Léa pour Samy
> La Voix de l’Enfant Autiste >
> 51 rue Léon Frot 75011 Paris
> Tel : 01.47.00.47.83
> Fax : 01.43.73.64.49
> Portable : 06.09.85.70.22
> leapoursamy[@]wanadoo.fr
> www.leapoursamy.com

 

Lundi Lundi 11 juillet 2005

Nous sommes finalement arrivés à Autun où nous faisons escale pour couper la longue route vers les Cévennes, ce n’est pas le chemin le plus court de passer par Autun mais c’est le plaisir de dîner chez Martin et Isa. Nous arrivons avec la tombée du soir. Et je vois avec bonheur Madeleine et Nathan se donner mutuellement du courage en se tenant la main pour aller faire de la balançoire dans le coin obscur entre les deux hangars. Comme souvent chez Martin et Isa et leurs amis bourguignons, les vins sont capiteux. Ce soir un Mercurey aux très beaux arômes.

 

Dimanche Dimanche 6 août 2006



Quelle ne fut pas ma surprise cet après-midi au réveil, je suis parti dans le centre de Clermont-Ferrand dans l’idée de mettre à profit le nouvel appareil pour faire des photographies de la cathédrale et de la petite basilique romane Notre-Dame-du-port, plus bas dans le vieille ville, et ainsi continuer d’apporter ma modeste contribution à un certain projet de dictonnaire d’architecture. Je ne m’attendais certainement pas à tomber sur des rues, les grandes artères de la ville, absolument désertes, décor idéal d’un film post-nucléaire, façon le Paris du dernier combat. Je n’ai donc pas pris une seule photographie de la cathédrale dont je suis certain qu’elle sera encore là un autre après-midi passé à Clermont-Ferrand, mais au contraire, j’ai photographié fiévreusement ces grandes avenues désertes aussi loin que l’oeil et même le téléobjectif peuvent voir. J’ai repensé aux banlieues de Chicago que j’avais également photographiées désertes, mais alors la raison en était simple, je faisais mes photos par grand vent en plein hiver, un dimanche matin, il n’y avait alors personne dans les rues.

L’explication de cette absence collective est venue d’un collègue le soir au travail en lui montrant les photos de la ville sans êtres, lui est de Clermont, et est amusé de ma surprise. Longtemps, et c’est encore beaucoup le cas, Clermont-Ferrand n’a été la ville que d’une seule activité, d’une seule usine, Michelin, qui tous les mois d’août cessait toute activité, contraignant tous les sous-traitants et les comerçants de la région à une comparable fermeture, aussi tous les habitants prenaient également, soit parce qu’ils travaillaient à Michelin ou dans une société soustraitante ou soit encore parce qu’ils ne voyaient plus l’intérêt de vivre dans une ville morte, leurs vacances au mois d’août. Les usines Michelin ne ferment plus au mois d’août et l’activité de la ville et de sa région se sont un peu diversifées, mais nombreux sont les Clermontois qui ont gardé le pli de déserter leur ville au mois d’août. Alors le premier dimanche du mois d’août, pensez.

Mes photographies de la ville fantôme, parce que je ne maîtrise pas encore bien le fonctionnement du nouvel appareil, sont grandement sous-exposées. L’appareil ne fait pas le photographe. Voilà qui redevient vrai.

Je n’aimerais pas vivre dans une ville dans laquelle les habitants vivent comme un seul homme.
Le bloc-notes du désordre