Samedi Samedi 23 octobre 2010



C’est sans doute parce que mentionnant, dans le plus grand des hasards, un goût commun, à l’époque, pour des disques épouvantables que B. et moi nous nous sommes retrouvés une bonne partie de la soirée d’anniversaire de Martin, assis, l’un près de l’autre à échanger quantités d’autres souvenirs de l’enfance, ou encore une façon commune de découper des tonnes de légumes, ou bien encore des vues convergentes à propos des dernières expositions en Arles. Oui, sans doute pour cela. Des sourires gourmands aussi au dessus d’un Tiramisu — le caprice de Garance et Rose quand je suis à Autun — à la longévité très courte, sitôt présenté aux convives, sitôt le plat vide ou presque. Une fête de tous les diables, oui. Au beau milieu des ateliers de Martin et Isa. De la soupe pour cent personnes — d’ailleurs c’est amusant parce que quand on prépare une telle soupe, cela devient une lettre à la poste que de préparer un déjeuner pour la douzaine de personnes affairées à la soupe, et pourtant un déjeuner pour une douzaine de convives ordinairement c’est toute une affaire.  

Vendredi Vendredi 22 octobre 2010



L’exposition de la maturité ? Un bref regard dans la biographie de Martin Bruneau nous enseigne que cette année 2010 est l’année de ses cinquante ans. Soit. Et que cela coïncide avec cette exposition de grande envergure à l’ARC au Creusot. L’exposition par ailleurs s’attache à rassembler un grand nombre de toiles concernées, depuis 2006, par le thème de la vue d’atelier, effet récursif s’il en est pour un travail de peinture. Mais aussi une manière de passage obligé dans la carrière d’un peintre et ce n’est sans doute pas un hasard si Martin Bruneau a choisi de s’y consacrer à ce moment particulier de son corpus non encore clos.

Même si l’exposition, intitulée, Tout ce que je n’ai toujours pas compris, ne se donne pas ce mal, fuyant assez justement l’idée même d’une rétrospective, il n’est sans doute pas inutile de se remémorer les toiles plus anciennes de Martin Bruneau pour pénétrer plus sûrement dans cette exposition. Les thèmes de l’artiste jusqu’ici ont été nombreux, portraits, pendus, totems, grands maîtres, grandes toiles abstraites, mordant justement sur l’héritage, proches, scènes de genre même — notamment une série en construction, pas encore visible, mais c’est semble-t-il le prochain rendez-vous du peintre avec son public, lors d’une exposition parisienne, série de toiles qui toutes représentent un repas entre amis photographié avec un téléphone de poche — autant de thèmes qui reprennent à leur compte certains pans et genres de l’histoire de la peinture, pas seulement d’ailleurs dans le seul éclairage des maîtres anciens, mais aussi, surtout, dans un questionnement continu de la représentation en peinture.

Il n’est donc pas étonnant que s’attaquant, en pleine connaissance de cause, au thème de la vue d’atelier le questionnement de toute l’exposition revienne souvent à cette question, par jeu autotélique, que peindre aujourd’hui ?, et, son corrolaire, comment le peindre ?

Là où Henri Matisse et Pablo Picasso, mais aussi des années plus tard Jasper Johns et Robert Rauschenberg, s’attacheront à la représentation de leur propre travail, tous repassant par les sillons creusés par eux précédemment, Martin Bruneau passe un peu à côté, sans l’ignorer, de ce questionnement, en apparences seulement. Peu nombreuses sont les occurences de cette sur-représentation, elles existent malgré tout. Non, ce que Martin Bruneau s’attache à représenter de l’atelier tient davantage de la vie qui anime le peintre au travail dans l’atelier-même. Vie compliquée et laborieuse.

Compliquée notamment parce que cette vie, cette sur-vie, n’est pas indemne ni étanche de la vie quotidienne, de la vie psychique et de la vie sentimentale, ni même du passé, des oeuvres passées encore moins.

C’est ici le postulat, l’affirmation de départ, de cette expostion. Dans une première dans laquelle figure notamment un enchaînement de trois toiles très dissemblables qui paraissent parler d’une même voix, une très grande toile au fond blanc sur laquelle est isolée la figure renversée d’un cerf dont les bois sont d’ailleurs tout juste ébauchés, une hallucination ?, peut-être pas, une vision, cela certainement. Voisine de cette grande toile qui d’emblée pose la question de l’achévement même du tableau, une toile aux dimensions plus modestes, mais ce ne sont pas ces seules dimensions qui invitent à ce sentiment de modestie, mais ce qu’elle représente, l’artiste de dos, telle une invitation à n’être justement pas considéré en dehors de son travail d’artiste, puisqu’aussi bien, l’artiste vu de dos, c’est l’artiste au travail, devant sa toile. Perpendiculairement à cette association très tranchante, une toile, parmi les plus grandes, au bas de laquelle est esquissée et reprise la toile de Velasquez représentant l’artiste au travail à la cour d’Espagne et au premier plan justement les Ménines. Sur le fond de cette grande toile, comme un aveu, sans doute davantage même que la lettre d’amour qu’elle paraît être, l’aveu, l’aveu qu’une crise a été traversée et nous serions bien mal avisés de penser que ce fut une tempête passagère, bien plutôt la mer agitée tous les jours dès lors que l’artiste est au travail.

C’est averti de la sorte, par la peinture-même, que le visiteur peut enfin pénétrer dans l’univers tourmenté et toujours fécond de l’atelier de Martin Bruneau. Et ce qui saute sans doute aux yeux du visiteur c’est l’aboutissement d’un chemin qui ne fut jamais droit, jamais direct et, au contraire, très tortueux et peu balisé.

Car quelles sont les pistes qui sont à la disposition du peintre lorsque ce dernier est face à la toile ? Les thèmes de la peinture ? Soit. Prenons les vanités par exemple, il y en a quatre dans l’exposition. Après tout pourquoi pas ?, le thème est un exercice en soi, une façon pour le peintre de charger son bras et sa main des représentations qu’il aura à produire. Et naturellement dans la peinture de Martin Bruneau, il ne s’agira pas seulement de la représentation du crâne d’un de ses semblables avec toutes les forces prospectives de se faire l’application qu’un jour soi même on sera mort, nous serons tous morts. Martin Bruneau est un peintre abstrait qui trompe son monde en utilisant des thèmes figuratifs qui servent de prétextes au travail même de la matière peinture. Et pour prouver à quel point il tient en piètre estime la représentation pour elle-même, pire les effets décoratifs de l’abstraction, il inscrit en lettres brutes des mots qui sont à la fois le questionnement même par rapport à l’oeuvre et la mise en abyme des risques auxquels le peintre doit nécessairement s’astreindre s’il est un peu courageux, s’il est un peu au clair avec lui-même. Dans le cas présent le peintre montre — se montre au travail — à quel point le geste empressé, colérique, presque, est l’antidote parfait aux effets décoratifs, tenus en respect comme la tentation même.

Voilà pour le travail préliminaire, les exercices de style, mais revenons à ce qui nous occupe, à la vue de l’atelier.

Comme souvent dans son travail, Martin Bruneau ira chercher les premiers éléments de réponse chez ses aînés. Ici, Courbet, Velasquez, mais aussi De Chirico, montrant ici au passage que Martin Bruneau n’a pas de la peinture une compréhension élective mais bien plutôt une connaissance érudite, sachant puiser chez les peintres, De Chirico par exemple, qui ne figurent pas nécessairement dans son panthéon. Brossant à grands traits une copie de l’atelier de Courbet, Martin Bruneau va torpiller cette convocation avec des éléments de son propre travail, dans un premier temps un lièvre mort — dernier élément d’un vocabulaire déjà pléthorique, dans le cas présent une inquisition du côté de l’art des années 70, de la performance, et du Beuys de Comment expliquer les tableaux à un lièvre mort, façons de rappeler que l’histoire de son medium n’est pas un livre clos, bien au contraire, une matière toujours vivante. Puis ce sera un cerf, même acquisition récente dans le lexique pictural du peintre et avec lui l’atelier du peintre, l’atelier en tant que lieu.

Nous y sommes.

Complaisamment Martin Bruneau pourrait trouver un certain contentement à dessiner les coins heureux de son vaste atelier, faire son élégant pour nous donner à voir la grâce de certains accidents et des juxtapositions heureuses, ce peintre-là n’y voit aucun intérêt, son atelier n’est, à ses yeux, qu’un volume qui n’a pas besoin d’être beaucoup plus déterminé que par le dessin sommaire de ses baies vitrées ou encore de sa charpente, qui sont là des indications extrêmement génériques de la pièce close, tout au plus cet agencement des baies vitrées est-il l’occasion de donner une indication de la provenance de la lumière. Non, d’emblée ce que Martin Bruneau nous montre de son atelier c’est ce que nous ne saurions voir sans lui, ses habitants, les lièvres, les cerfs, son chien, mais aussi ses deux filles, le souvenir d’un paysage enneigé, la prégnance des séries précédentes avec la figure même de la Menine qui ne veut pas disparaître tout à fait, couchée là sur les toiles comme un réflexe, un geste encore contenu dans le bras qui l’excute. Des images aussi, celle d’un naufrage en pleine banquise qui sert de trait d’union entre un couple saphique de Courbet et les religieuses de Philippe de Champaigne, ce que le peintre voit dans son atelier, ce ne sont pas les murs, les baies vitrées et les objets, mais un monde aux représentations foisonnantes, un monde d’hallucinations, un univers d’images instables et temporaires, comme le sont des toiles que l’on range de côté pour travailler sur une nouvelle toile, on ne prend pas nécessairement soin de remiser la toile dans le bon sens et voilà que cette dernière en profite, la tête ne bas, pour tisser une conversation invraisemblable avec la nouvelle toile.

L’atelier ce n’est pas là où vit le peintre, l’atelier c’est l’image interne du peintre.

Et dans la peinture de Martin Bruneau si riche en strates, en superpositions, en repentirs, c’est une méta-représentation que produire la peinture même de toutes ces couches, de tout ce qui fait écran, entre le peintre et sa toile. Comme toujours la peinture de Martin Bruneau est une affaire de peinture, une peinture qui parle de peinture avec de la peinture. Une manière d’histoire de l’art par la peinture. Un équivalent pictural aux Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard, un oeuvre récursive et qui développe son propre langage. Pour mieux se scruter et par là-même donner à voir à ses spectateurs le mouvement même d’ou vient la peinture.  

Jeudi Jeudi 21 octobre 2010



On ne sait plus s’amuser, on ne sait plus faire la fête. Et ça tombe mal parce qu’en ce moment, j’ai drôlement envie de faire la fête, de m’amuser, limite je prendrais des cours de tango ou même de flamenco, pour la danse du ventre j’ai peur quand même que dans mon cas ce soit un peu caricatural. Je réalise que je cumule quelques handicaps pour ce qui est de faire la fête. En général, je travaille quand tout le monde fait la fête. Et puis, comme un imbécile, je suis né le 28 décembre, jour du massacre des Innocents, non que cela passe aux gens le goût de la fête, mais en regardant un calendrier, ce qui saute aux yeux, c’est que c’est un anniversaire coincé entre deux fêtes très courues. Et puis donc, je ne sais pas danser. Ni chanter d’ailleurs, et certainement pas jouer ne serait-ce que du tambourin, d’ailleurs en disant cela je me rends bien compte que je ne suis pas sur la bonne voie, jouer du tambourin cela s’apprend, cela ne paraît pas grand-chose, c’est ce que je croyais jusqu’à ce soir, où de mes yeux vu et de mes portugaises entendu, trois tambourins ont joué devant moi des airs de tarentelle qui m’ont littéralement fasciné.

C’est que mon ami Julien est apparemment à cheval sur la date de son anniversaire au point de tenir à ce qu’il soit célébré le jour même, et si cela doit tomber un jour de semaine, eh bien on fait la fête un jeudi soir, s’en remettant entièrement à la fée aspirine pour le lendemain. Un tel ami est une bénédiction sans laquelle j’imagine que je ne ferais pas la fête souvent. Non que j’aie beaucoup dansé la tarentelle, serais bien incapable d’en esquisser le premier pas. Mais j’ai tout de même été un peu surpris de la façon remarquable avec laquelle cette colonie italienne avancée — le groupe Telamure — a enflammé cette soirée et le petit pavillon de banlieue dont les murs ont dû trembler sous les coups de tambourins. N’empêche, les tambourins marquant une pause, deux de nos convives algériennes sortirent elles aussi deux très beaux tambourins, plus graves il m’a semblé, et nous régalèrent, elles aussi, de très belles chansons. Et elles étaient naturellement toutes disposées ensuite à nous passer le relais, à nous de chanter.

Et voilà où je voulais en venir, en France on ne sait pas chanter — là tout de suite, même sous la torture, après de tels chants chaleureux, italiens du sud et algériens, tout ce que j’aurais pu produire ce sont de ces chants idiots et alcoolisés de troisième mi-temps, et cela aurait bien été tout — bref on ne sait pas faire la fête et heureusement que nous avons dans notre pays des Italiens et des Algériens en exil pour nous apprendre à nous amuser.

Ce soir, plutôt que tout autre, je me suis fait l’effet du Loup des steppes de Hermann Hesse, et auquel il faut tout dire et tout apprendre de ces petites choses essentielles de la vie, comme la danse, pour que sa vie, jusque-là morne et triste, toute entière absorbée dans l’étude de vieux livres poussiéreux, devienne effectivement une vraie vie.

C’est décidé, je ne vivrai plus jamais ce genre de vies recluses. Je sors de ma tanière.  

Mercredi Mercredi 20 octobre 2010



Le mercredi matin quand je me réveille — depuis quelque temps en débranchant mon respirateur —, je suis souvent assommé par la perspective de la journée qui s’annonce. Et c’est un réel effort de volonté qu’il faut faire pour se lever. Réveiller Nathan en douceur, descendre faire le petit déjeuner, chercher des vêtements pour Nathan, réveiller les filles, accompagner Nathan chez l’orthophoniste, puis emmener Madeleine chez l’orthodontiste, puis rentrer dare-dare à la maison, préparer un déjeuner qui tienne au corps, aider Nathan à se changer, et notamment à lacer ses crampons, me changer moi-même, puis partir au rugby, et là occuper intelligemment une trentaine de gamins en les faisant se disputer les rebonds capricieux de la belle ogive — je m’interroge souvent à propos de ce trait du rugby que quand on écrit à son propos on soit à ce point contaminé par les commentateurs de ce sport, et écrire des trucs du genre, "le cuir chante", pour dire que l’on envoie le ballon aux ailes — puis retour à la maison, douche, début de préparation du repas du soir, emmener Madeleine à son cours de violoncelle, revenir à la maison, finir de préparer le dîner, s’assurer une dernière fois que Madeleine est à jour de ses devoirs. Et finalement coucher les enfants, non sans avoir raconté une histoire à Adèle, fait un-deux-trois à Nathan avec sa couette, et n’avoir laissé aucune question de Madeleine sans réponse, même provisoire.

Et descendre dans le garage, sans force vraie, bouquiner un truc ou l’autre et ne pas tarder non plus à aller se coucher — rebrancher le respirateur, non sans avoir vérifié le niveau d’eau — en pensant que, demain matin, c’est aussi la course du jeudi matin avec rendez-vous chez la psychologue et chez l’orthophoniste.

Et pourtant, pourtant, oui pourtant, je ne voudrais, pour rien au monde, que l’on me soulage de l’une de ces tâches. Je ne voudrais pas que l’on me distraie de cette course folle.

Quelle triple buse je fais, j’ai oublié de dire au monde entier :

Nathan a marqué deux essais au rugby

Il semble qu’il ait enfin compris quelque chose au but du jeu de ce beau sport.  

Mardi Mardi 19 octobre 2010



Pour Joëlle, marraine de Madeleine


Photographiant Madeleine à son cours de violoncelle ou d’autres fois à son cours d’équitation, chaque fois je suis ravi de voir Madeleine acquérir des compétences et des savoirs dont j’ignore tout, n’est-ce pas le signe sûr qu’elle grandit et s’épanouit parfaitement en n’étant plus assujettie aux seules transmissions de ses parents ? Il n’y a pas si longtemps, alors que je lui envoyais le lien vers la Vie, pages récemment mises à jour ce jour-là, à mon amie Mona, elle remarquait que Madeleine avait drôlement grandi pour ne plus être tout à fait contenue dans un corps d’enfant. Et j’avais été extrêmement fier, ma petite Madeleine devenait ma grande Madeleine. Encore deux ans et elle aura l’âge de sa grande soeur quand j’ai rencontré leur maman. C’est idiot bien sûr de se réjouir de quelque chose d’aussi inéluctable et d’en tirer même une manière de contentement dans un registre voisin de celui des fiertés de ce que l’on a accompli soi-même. Mais je crois que je me fais une telle idée de la vie, de la lutte qu’est la vie, que je ne peux m’empêcher de considérer que les manifestations naturelles de la vie ne sont jamais tout à fait acquises et au contraire le résultat de luttes. Sans doute qu’en la matière le combat qui est celui de l’éducation de Nathan déteint sur tout le reste, et même, même !, sur l’éducation de sa grande soeur, Madeleine, pour qui le cours des choses et de la vie devrait être plus naturel. Mais je me demande justement si Madeleine ne bénéficie pas de cette curieuse vision des choses, de cette appréhension sauvage et qu’elle se construit des forces qui lui serviront plus tard : ma grande fille Madeleine est cette jeune fille douée, mais pas surdouée, qui fait sous mes yeux l’apprentissage de la vie, et qui commence à décoder certaines de ses complexités, comme on déchiffre une partition ardue, peinant sur de nombreux passages jusqu’à ce que l’on finisse par maîtriser cette pièce, un temps. Jusqu’à l’apprentissage de la pièce suivante. A la lumière de ce qui a été appris, un temps, dans la pièce précédente. Laquelle s’évanouit lentement, avec le temps.  

Lundi Lundi 18 octobre 2010

Rentré un peu trop tard, plus tard que je n’aurais voulu, de Moulins, quitté ce matin par temps gris, il me reste si peu de temps pour faire en hâte les courses et donner un air chaleureux à la maison pour le retour des enfants, jeudi soir, avant de partir à Clermont, je n’ai pas pris le temps de faire cet effort, parce que j’avais à coeur de travailler sur de nouvelles images, et notamment sur celle de l’affiche pour le pechakucha de Bagnolet le 9 novembre 2010. Du coup je fais une partie des courses, celles des légumes et des fruits, avec les deux filles pendant que Nathan est chez le psychomotricien. C’est un plaisir de voir Madeleine choisir avec attention les pommes de terre et Adèle les poires et toutes les deux de me supplier, presque, de prendre un potimaron, j’aime voir chez elles deux, ces compétences, et cette attention à des détails qui les concernent bien au delà de ce qu’elles peuvent imaginer. Et rentrés de chez le psychomotricien, ils constatent, tous les trois, que j’ai rangé et font de leur mieux pour ne pas être immédiatement dans le désordre de leur enfance. Partie de billes entre les deux grands pendant qu’Adèle m’aide, comme elle dit, à faire à manger. Et tout ce petit monde ravi de découvrir des draps propres et frais dans leurs trois lits. Merci, même, me dit Nathan, you’re welcome (home) son.





Le programme de Ce qui change dans lire, médiathèque de Bagnolet, le 9 novembre 2010 à 19H. Pour de plus amples renseignements.


- Philippe Diaz / Pierre Ménard, site liminaire.fr, et dans la vie professionnelle bibliothécaire à Melun, l’Astrolabe ;

- Alain Pierrot, pionnier des questions du livre numérique, haute référence de réflexion pour beaucoup d’entre nous, il termine la numérisation des manuscrits des Illusions perdues, fonds Lovenjoul de l’Académie française ;

- Kathie Durand, blog Katferraille, professionnellement bibliothèque du Cher et expérience de site collaboratif Chermedia.com ;

- Sereine Berlottier, site remue.net, professionnellement conservateur à la BNF, après St-Quentin en Yvelines ;

- Philippe De Jonckheere, site desordre.net, lequel inclut plusieurs bibliothèques secrètes.

Deuxième set :

- Daniel Bourrion, site Terres et professionnellement Face écran, conservateur en charge du numérique à la Bibliothèque universitaire d’Angers.

- Cécile Portier, blog Petite racine, actuellement auteur en résidence au lycée Henri-Wallon d’Aubervilliers, professionnellement chargée diffusion culturelle à la BNF.

- Pierre Coutelle, blog Commettre, libraire, un des fondateurs du site de distribution numérique ePagine.

- Dominique Macé, médiathèque de Bagnolet.

- Michel Fauchié, son blog, chargé de mission numérique des bibliothèques de la ville de Toulouse, président de l’Association pour le développement du numérique en bibliothèques.  

Dimanche Dimanche 17 octobre 2010

Le retour de Clermont-Ferrand en voiture s’annonce pénible et même périlleux, il pleut, il fait nuit et la route n’est pas entièrement balisée pour avoir été récemment regoudronnée et mes baillements m’indiquent, sans pouvoir s’y méprendre, qu’il serait plus prudent de s’arrêter, de ne pas aller jusqu’au bout de cette route dangeureuse, jusqu’à Paris, en pareilles fatigue et conditions, je décide donc de m’arrêter et cet hôtel en bord de route à la sortie de Nevers propose le Wifi gratuit. Pour un prix apparemment abordable.

Je me gare.

Et j’aborde la borne automatique qui doit me donner l’accès à ma chambre moyennant paiement sécurisé. Déjà, je me dis que je préfère mon petit hôtel à Clermont-Ferrand quand je décide de m’offrrir le grand luxe d’une chambre d’hôtel. Ses hôtesses toujours polies et courtoises qui me donnent du Monsieur De Jonckheere long comme le bras.

Passons.

La chambre est exigüe, surtout pour ma grande carcasse mais passons. Sur la très petite table de la très petite chambre, j’installe mon ordinateur portable et lance un scan des points d’accès aux réseau sans fil. Je trouve sans difficulté le réseau de mon hôtel sans hôtesse, mais le host est récalcitrant, il y a un formulaire à remplir dont je comprends in fine que le mot de passe pour y accèder me sera communiqué par message textuel envoyé sur mon téléphone de poche, or les lecteurs de ces lignes savent que je ne dispose pas d’un tel téléphone.

C’est extrêmement ronchon, et un peu contrarié, que je finis par brancher mon appareil respiratoire, qui doit m’aider dans ma ronchopathie, sur le réseau électrique et m’endors, contrarié donc.

Parfois je me dis que je n’adhère que très imparfaitement, et en quelques endroits seulement, au monde dans lequel je vis. Mais je n’en connais pas d’autres.

Le bloc-notes du désordre