Samedi Samedi 5 juin 2010



Aux Rigaudières où je n’avais plus été avec les enfants depuis plus d’un an, la dernière fois c’était l’hiver et sous la neige. Je dois être heureux de retrouver les lieux, pas loin de cinq cents photographies prises dans la journée, je me promets là un fameux tri.  

Vendredi Vendredi 4 juin 2010



Sur l’immensité blanche et lumineuse d’un fichier de bloc-notes ouvert sur l’écran, jeter en note : "ne plus hésiter, foncer !"

Le lendemain, en ouvrant à nouveau le fichier, ne plus bien savoir de quoi il est question. Et bien si c’est cela toute l’attention dont je suis capable ? Et on se dit que c’est une sacrée révolution que je nous prépare là !  

Jeudi Jeudi 3 juin 2010



Deuxième semaine de nuit de suite. Et le sentiment qu’un très épais manteau de fatigue recouvre tout. Il y avait longtemps que je n’avais pas fait une semaine de nuit entière, cela datait de Portsmouth en 1998. Et aucun souvenir d’une telle fatigue. D’un tel état de délabrement, d’être à ce point à bout de force dans les moindres gestes.

Douze ans ont passé et je vois bien que la résistance au mal n’est plus du tout la même. La volonté de tenir, si. Mes les forces sur lesquelles je peux compter, je vois bien qu’elles n’ont plus le même volume.

La première fois que j’ai travaillé de nuit, je n’avais pas tout à fait vingt ans. Ce dont je me souviens, c’est que je ne trouvais pas cela particulièrement pénible, qu’à la fin de la nuit, je prenais le RER aux Halles et que je rentrais jusqu’à la gare de Saint-Cloud, dont je remontais à pied jusqu’à Garches. Je me couchais, trouvais le sommeil instantanément et dormais d’une seule traite jusqu’au milieu de l’après-midi, frais comme un gardon, prêt à en découdre pour une nouvelle nuit. C’est beau d’être jeune.

Je me souviens que de temps en temps cela tirait un peu, mais rien d’insupportable, rien qui provoque de la douleur. Et demande des efforts de volonté pour garder les yeux ouverts.

De retour des États-Unis, en 1991, je recommençais à travailler de nuit début 1992. Et je me souviens que j’avais découvert avec un peu d’incrédulité que le sommeil après la première nuit de travail m’emmenait rarement au delà de midi, que j’étais fatigué la seconde nuit et que passé ce pas de la deuxième nuit j’étais dans le rythme, cela allait. Mais je m’étais quand même posé la question de savoir comment cela se faisait qu’après la première nuit, incapable de dormir jusqu’à l’après-midi.

De 1995 à 1998 en Angleterre, j’ai souvent travaillé de nuit. Là aussi, une difficulté croissante à se récupérer en début de semaine, et puis après cela allait, je tenais. En Angleterre, il y avait malgré tout une difficulté inédite en hiver, les semaines de nuit, je m’astreignais à me lever vers midi, j’avalais une tasse de thé et j’allais rapidement me promener sur les plages de Southsea une heure ou deux, pour être sûr de voir un peu la lumière du jour, lequel tombait très tôt dans l’après-midi, et puis j’allais me recoucher avec la tombée de la nuit, un sommeil de deux étapes, ça fonctionnait assez bien. Je tenais bien le coup.

cela fait douze ans que je ne travaille plus que le week end, sauf exception notable, comme en ce moment, mais ce sont vraiment des exceptions. Et je ne travaille qu’un week end sur deux de nuit. Et même si c’est dur, deux nuits sont insuffisantes pour me déséquilibrer tout à fait.

En revanche toute une semaine et je vois bien que je n’ai plus vingt ans. Curieux comme je peux bien me moquer de toutes une série de dégradations physiques lentes mais sûres, mais cette résistance qui s’émousse, je ne l’accueille pas en bonne part. Sans doute parce que je sais qu’en s’estompant progressivement, elle n’existera bientôt plus, et sans la résistance à la fatigue, est-ce que cela vaut encore le coup de vivre ?

Mais ces derniers temps, oui, avoir bien l’impression que c’est désormais sur le capital que l’on commence à payer ses dettes.  

Mercredi Mercredi 2 juin 2010



Depuis quelques années je vois régulièrement apparaître le nom de Pierre Gonnord dans les lieux d’expositions de photographie, la première fois c’était à Arles en 2008, lors de l’épouvantable édition de Christian Lacroix. Lors de cette journée éprouvante d’expositions de photographie de mode, l’exposition des portraits de Pierre Gonnord avait pour elle de présenter un peu autre chose que des bouts de chiffons posés sur des corps faméliques. Mais je me souviens qu’une forte dominante verte des tirages me les avait rendus irregardables. Et puis j’étais de mauvais poil, je n’y ai plus prêté attention.

Lorsque récemment j’ai reçu l’invitation du Centre de la Photographie d’Ile de France pour l’exposition de Pierre Gonnord, je me suis dit que ce serait l’occasion de me faire une opinion plus fiable à propos du travail de Pierre Gonnord.

Mais je ne pouvais m’empêcher de remarquer, pour moi-même, que deux années séparant les deux expositions du même photographe et c’était peu ou prou la même exposition que celle d’Arles il y a deux ans. Je m’interdis de penser a priori que cela tendrait à dire qu’en deux ans Pierre Gonnord n’a pas produit de nouveaux travaux, mais je me pose tout de même la question, de même que celle de savoir combien de nouvelles séries d’images a du produire une photographe comme Barbara Crane dans le même laps de temps ? Soyons charitables.

L’exposition de Pierre Gonnord au CPIF, comment la décrire ?, autrement que sommairement, une galerie d’une douzaine de portraits, tous sur fond noir, intitulée Témoins, images frontales, regards directs, éclairage neutre, n’était-ce toujours cette dominante souvent verte mais pas toujours, ce qui est encore plus gênant que si la dominante était constante, cela traduit surtout une certaine incapacité de la part du tireur de produire des images chromatiquement équilibrées. Les tirages sont par ailleurs de grande taille, à vue d’œil, un mètre de base sur un mètre et demi, tirés sur du papier surbrillant façon Cibachrome, encadrés avec verre réfléchissant ce qui, compte tenu de la constante du fond noir de ces images, n’est peut-être pas le choix le plus judicieux qui soit : on se voit autant dans ces images que l’image en elle-même difficilement visible dans de telles conditions. Le premier qui me dit que ce soit là un effet scénographique ou muséal désiré, arguant que c’est pour renforcer la rencontre des sujets avec le spectateur gagnera un gage sévère, comme de devoir lire tout Houllebecq et Angot pendant les vacances d’été.

Et c’est un peu ça le problème de cette exposition, de vouloir être un peu plus qu’on est vraiment. On fait des portraits mal léchés, pas si bien finis que cela en fait, on les fait tirer en grand, il y a des dominantes de toutes les couleurs, un tireur échouerait à son C.A.P. de photographe en produisant de telles tirages, on tire ça en très grand, sans bien savoir tirer donc, sur du super brillant, on encadre cela dans des cadres prétentieux, on est tellement fier de ses petites images on les abrite derrière des verrières de blindage, et, c’est le dernier détail qui trahit l’exposition, ces images numériques sont tellement gonflées que l’on observe un début de pixellisation !

Il me semble qu’il y a une fable de Lafontaine dans laquelle un animal de petite taille voudrait tellement être tel autre animal de la création, mais qui lui est grand et fort. Finalement, je me demande si ce n’était pas ma première impression du travail de Pierre Gonnord qui était la bonne. Et d’être un peu surpris qu’il emporte tant l’adhésion. Ce serait tout ce que la photographie contemporaine française peut proposer ?, une photographie numérique mal maîtrisée techniquement et dont le sujet serait aussi passionnant que la peinture pompière du XIXe siècle ?

Pauvres de nous  

Mardi Mardi premier juin 2010



François en a récemment fait passer le lien. Il s’agit de la série Empty L.A. du photographe américain Matt Logue. Une série de photographies de la grande ville américaine de Los Angeles dont toutes les traces humaines, passants, et plus intrigant encore à Los Angeles, tous ces véhicules, toutes gommées, sans doute à l’aide de l’outil tampon de clonage d’un logiciel de retouche numérique des images. Le tampon de clonage est un outil de la retouche numérique qui permet de remplacer une zone de l’image par une autre avec des effets de transition qui restent entièrement paramétrables. Par exemple sur une pelouse traine un détritus, vous ne souhaitez pas voir ce détritus sur votre image, vous remplacez la zone du détritus par un morceau d’herbe immaculée pris ailleurs sur la même image et on y voit que du feu, le gazon se mélangeant au gazon. Dans le cas d’une photographie de la série Empty L.A., la travail méticuleux qui a consisté à éradiquer toute présence humaine a sans doute consisté à remplacer les zones de chaque image où figurait une présence humaine par le bout de mur ou de route vierges de toute présence qui leur étaient directement voisins. A noter que l’on peut réaliser la même opération en important de la matière d’une autre image, ainsi telle photographie d’une autoroute est sans doute la synthèse de plusieurs photographies du même endroit (l’appareil-photo posé sur un trépied).

Les photographies de Matt Logue sont des vues de l’esprit, ce qu’elles représentent ne peut pas avoir lieu, un tremblement de terre ou tout autre forme de cataclysme ne laisseraient pas la ville intacte même s’ils parvenaient à en vider toute présence humaine. Pareillement une attaque à l’arme chimique laisserait un grand désordre de cadavres et de voitures arrêtées, ce que l’on a sous les yeux est une photographie de quelque chose qui ne peut pas être. Cela en soi remet en doute la définition même de la photographie. Sans négliger que ces photographies sont un clin d’oeil manifeste, une citation, à la célèbre photographie de Daguerre connue sous le nom du cireur de chaussures, et son client, tous les deux, du fait de leur immobilité relative pendant le long temps de pose, sont les seules présences humaines décelables de cette vue d’ensemble des grands boulevards au XIXe siècle. En revenant aux origines de la photographie et utilisant pour cela les dernières fonctionnalités de l’outil numérique, Matt Logue, dans sa série Empty L.A., referme une boucle et rappelle utilement qu’historiquement la question même de la représentation — et celle de la ressemblance qui lui est inhérente — a été défaussée sur la photographie par la peinture. Qu’en quelque sorte c’est un non-sens, un quiproquo, et que la photographie a toujours été médiocre dans cette tâche, au point d’être devenue une imposture — c’est un peu comme si on avait confié à des faussaires la charge de graver les plaques officielles de la monnaie.

Qui pourrait, en effet, après avoir regardé la série de Matt Logue, encore croire que ce qui est représenté sur une photographie présente les contours de la véracité ?

Par ailleurs, concomitance, toute personnelle, dans le temps, entre la découverte de cette série d’images récentes et la sortie de la dernière version d’un logiciel de retouche numérique fameux. Or la grande affaire de cette dernière version, la grande innovation qui fait de cette version une véritable évolution, c’est la notion de contextualisation des zones qui composent une image. Soit une image de paysage parasitée par un premier plan indésirable, le programme permet d’entourer grossièrement ce premier plan et de le supprimer en le remplaçant par de la matière contextuelle, c’est-à-dire voisine de la zone à remplacer. Un arbre ou un poteau au milieu du paysage, en trois clics et l’image est débarrassée de ces encombrants parasites. Soit une vue d’une ville, un passant, trois clics, une voiture trois clics, un bus quatre ou cinq clics et c’est toute une ville que l’on dépeuple. Je constate une fois de plus qu’un artiste, Matt Logue, a devancé dans sa pratique ce que l’outil, la dernière version du logiciel de retouche numérique d’images, permettait, tout comme je reste persuadé que sans Robert Heinecken ou John Baldessari l’infographie n’existerait pas, ni les programmes pour en faire.

Ce que je trouve remarquable dans cette concordance, entre l’œuvre de Matt Logue, et cette toute dernière évolution technique en matière de photographie, c’est qu’elle demeure un cas isolé de concordance entre un progrès technique et la réflexion critique relative à cette évolution. Avant que cette dernière version du logiciel de retouche numérique n’existe on pouvait déjà faire ces permutations de contextes et de zones de l’image, cela demandait surtout du temps, de la patience et une belle dextérité.

Pour avoir téléchargé cette dernière version, et avoir fait d’assez nombreux essais des fonctionnalités périphériques à cette notion de contexte visuel, je suis émerveillé par son efficacité et la facilité de son utilisation, j’avais déjà le sentiment que les limites du programme commençaient à coïncider avec les limites de ce qu’il était possible d’imaginer en tant qu’artiste, photographe, avec cette nouvelle mouture, la photographie est à jamais débarrassée de la corvée de représentation et il devient possible, à peu de chose près, de photographier ce qui n’existe pas, de tordre entièrement ce que l’on photographie, de photographier ce qui est imaginaire.

Dans les plis de cette aspiration du réel, des œuvres futures fourmillent déjà.

Enfin je trouve assez remarquable aussi bien dans le travail de Matt Logue, mais je repense aussi à celui d’Aziz et Cucher, plus ancien, que l’emploi de ces récentes possibilités numériques serve des images qui font disparaître l’homme, comme un coup de semonce.






Il y a quelques temps déjà, Julien m’en avait passé le lien, dans cette petite vidéo d’un développeur de la société Adobe, on pouvait voir en avant première quelques exemples de la manipulation de cet outil de remplacement contextuel  

Lundi Lundi 31 mai 2010



Toute la semaine dernière, je n’ai cessé de m’interroger à propos de ces panneaux décoratifs dans la salle de repos, près de la machine à café, dans cette entreprise dans laquelle je suis en mission encore deux semaines.

Dans un premier temps, je me suis amusé de me dire que cette image d’un arbre, nu et seul en monochrome était une sorte d’archétype de décoration au point sans doute que l’on ne se pose même plus la question de savoir ce que représente cette image, ni même, finalement, si c’est une image à proprement parler. Je me posais la question, qu’est-ce qui avait bien pu motiver l’architecte intérieur de cette grande pièce de faire de tels choix, étaient-ce même des choix ? Décorateur, plutôt qu’architecte intérieur, c’était tout de même un drôle de métier.

Et je continuais de me gausser à propos de cette image non-image, à propos de ses vertus décoratives, et même de son doublement, oui, cette image d’arbre en monochrome était non seulement tirée en grand, deux mètres de hauteur sans doute, mais en plus on en avait fait deux exemplaires au point qu’elle devienne une sorte de papier peint.

Et c’est cette moquerie intérieure à propos du doublement de l’image qui m’a mis sur la voie. Après tout ces derniers temps, notamment dans l’exercice quotidien du collage de la Vie, ne me suis-je pas servi du doublement ou même de la répétition à plus grand nombre encore de la même image à peu de choses près. Et une idée en entraînant une autre, je m’apercevais, in fine, que les deux images de l’arbre en monochrome étaient espacées par un autre cadre qui, lui, contenait tout bonnement une imitation de bois de placage. On avait donc, un cadre qui contenait une grande plaque de faux bois, un cadre contenant une image d’un arbre nu en plein hiver, puis de nouveau un cadre contenant la plaque de faux fois et de nouveau l’image de l’arbre. Une double répétition, il m’avait fallu un peu de temps pour m’en rendre compte.

Qu’est-ce qu’il pouvait y avoir encore dans ce mur et sa décoration que je n’avais pas remarqué ? A la réflexion, rien, j’en étais tout à fait sûr désormais. Mais je ne pouvais détacher tout à fait mon esprit du fait que ces deux grands tirages photographiques avaient tout de même été produits. Que des tirages d’une telle taille, cela coûte un bras. Cela je le sais pour ne disposer, finalement, que d’une poignée de mes propres images dans de telles dimensions. Et pourtant il y aurait bien quelques séries, quelques-uns de mes images pour lesquelles, si les moyens financiers m’en étaient donnés, pour lesquels un tel agrandissement permettrait d’envisager leurs images d’une toute autre façon.

Et je me prenais à rêvasser à une telle possibilité, quel genre d’exposition, dans une galerie de belle taille, allez soyons fanfarons, dans un musée même, et de grands tirages, justement de certaines de mes dernières tentatives de redoublement, de triplement ou de plus grandes multiplications encore d’images similaires et voisines.

A cette pensée devant ces quatre grands cadres j’étais un peu moins cynique déjà, à la fois à l’idée que la probabilité pour qu’un jour je sois à la tête d’une telle exposition restait très faible et que justement le décorateur qui avait dessiné cet espace avait déjà accompli beaucoup plus que moi en la matière. Et même, il fallait bien l’admettre, que la même succession de quatre grandes images ou l’image d’un arbre intercalé par celle d’un grand panneau de bois, puis redoublement des deux, dans de tels cadres argentés si je l’avais vue dans une galerie ou même dans un musée, est-ce que je l’aurais diqualifiée si vite, ou pire ne lui aurais-je pas trouvé des qualités que j’aurais bien du mal à voir dans cette salle de repos.

J’étais, finalement, aussi facile à piéger que n’importe qui par le contexte.

Une expérience tout à fait comparable a eu lieu il y a quelques années dans le métro de Washington, Joshua Bell a joué des partitas de Paganini au violon dans les couloirs du métro, non seulement il a récolté très peu d’argent, mais très peu de personnes ont ralenti leur marche pour l’écouter un peu, concert gratuit pourtant, le soir-même, le même violoniste virtuose jouait les mêmes partitas dans une salle de concert au très grand prestige, avec des places à des prix parfaitement inabordables. Lorsque j’avais lu un article relatif à cette expérience j’avais un peu tiqué et m’étais dit que je ne risquais pas de me faire piéger de la même façon. Qu’un concert de Joshua Bell dans le métro je m’arrêtais toutes affaires cessantes.

Force est de constater que rien n’est moins sûr puisque toute la semaine dernière jai été tellement hésitant devant cet effet décoratif d’un grand hall désert d’une grande société en pleine nuit.

 

Dimanche Dimanche 30 mai 2010



Pour une fois que je ne suis pas à Clermont le week end, je ne me suis pas fait prier pour être volontaire à accompagner mes petits poussins au tournoi de Senlis. Et ils ont drôlement bien joué mes petits poussins. Les A ont gagné le tournoi avec deux matchs de phase finale à couteaux tirés, dans ce groupe-là ils risquent d’être encore copains quelques années. Et les B n’avaient certes pas les armes pour inquiéter des équipes comme celles de Stains ou de Senlis mais ils ont vendu chèrement leur peau, et comme je leur ai dit après ces deux matchs, je ne pouvais rien leur reprocher, en face ils étaient plus grands et surtout ils étaient plus expérimentés. Et puis les A les ont vengés en battant ces deux équipes difficiles.

J’aurais vu mon petit Nathan faire deux beaux placages dans son style singulier, façon arrachage de la mauvaise herbe, mettre la tête de façon convaincante dans deux ou trois regroupements et pousser dans les mauls, souvent avec force. Ah ça !, le jour où Nathan comprendra mieux ce qui est attendu de lui sur un terrain et qu’il y mettra toute sa force, ça va déblayer, c’est sûr. Patience.

Rire aux éclats avec mon collègue Mathieu dans le car au retour d’entendre ces petits joueurs entonner les chansons paillardes de troisième mi-temps, en chantant à la fois haut et juste, là où d’habitude c’est mâle et souvent faux.

Nathan tu nous délaisses,
Ça fait longtemps qu’on n’les a pas vues,
Allez Nathan montre-nous tes fesses,
Allez Nathan montre-nous ton cul ! ton cul ton cul
Et même si elles ne sont pas belles,
Et même si elles sont poilues,
Allez Nathan montre-nous tes fesses,
Allez Nathan montre-nous ton cul !
Mais comme il ne les montres pas "Il n’a pas d’organe", avec des voix de petits chanteurs de la croix de bois.
Le bloc-notes du désordre