Samedi Samedi 8 mars 2008



 

Vendredi Vendredi 7 mars 2008

Mauvaise route. Mauvaise humeur. Mauvaise journée.

 

Jeudi Jeudi 6 mars 2008





Journée qui commencerait presque par son crépuscule, je prends le petit déjeuner avec L., et tandis qu’Anne est partie butiner dans la pléthorique collection de bandes dessinées de nos hôtes — notamment donc Black hole de Charles Burns et Pyongyang de Guy Delisle, une merveille, que je n’aurais pas moi-même le temps de finir pendant notre séjour à Braff-sur-Uck — nous discutons de la catastrophe politique en cours, d’ailleurs L. y met intelligemment fin en faisant remarquer que ce ne sont pas des discussions à avoir le matin. C’est vrai que ce n’est pas un bon jour pour se suicider.

Dans l’après-midi, nous recevons la visite impromptue de l’Oncle Patalon, souvenir de s’être rencontrés lors du concert de Streamer à l’automne 2006. Avec lui aussi, j’aurais une discussion courte à propos du régime et comment ce dernier s’ingénie désormais à finaliser une politique culturelle déjà enclenchée dans la haine pendant les cinq dernières années.

En fin d’après-midi, nous prêtons nos oreilles attentives à L., qui nous joue l’ouverture de son solo de violoncelle amplifié qu’il prépare pour un concert à Rennes. Les idées sont là. Il manque encore, à mon humble avis, une interprétation plus consciente et plus soucieuse des transitions et de leurs articulations.

Par la suite, par jeu sans doute, L. nous confie toutes sortes de petits instruments incroyablement amplifiés par des pastilles, reliées à à toutes sortes de câbles qui cheminent au travers d’un dédale de boîtiers reliés à un ordinateur sur lequel un logiciel ad hoc permet la réinterprétation des sons ainsi produits, et assez distendus : cela tourne vite au défouloir, ni Anne ni moi ne sommes musiciens et nous sommes tellement impressionnés des sonorités extraites d’instruments très éloignés des usages auxquels ils seraient réservés dans les mains d’un musicien plus raisonnable que L. Bref, je soumets les deux extraits à votre écoute circonspecte.

Plusieurs fois dans la journée, je réfléchis à cette idée qui me tarabuste depuis quelques temps, l’idée d’un journal en bandes dessinées, encore qu’en fait de bandes dessinées les miennes seraient sans doute très photographiques, en fait en y réfléchissant, je m’aperçois que je réflecis à de nouvelles formes à donner à la fois au site mais aussi au bloc-notes. Et est-il justement possible de donner de nouvelles formes au site désordre. C’est décidément une semaine d’intense réflexion sur le sujet de ce site, ce n’est pas si souvent que je tente de réfléchir de façon rétrospective à ce que je fais. Mais à vrai dire je vis en ce moment une situation d’écartellement personnel, je ne parviens pas à savoir ce que j’ai le plus envie de faire, est-ce que je dois continuer de travailler au désordre ?, est-ce qu’il ne devrait pas y avoir un jour où je devrais arrêter d’y travailler et, ce faisant, de passer à un nouveau travail, et est-ce que ce moment n’est pas venu ?

C’est une décision terriblement difficile à prendre, tant j’ai le sentiment qu’elle a quelque chose d’irreversible. Non pas que je vouerais le désordre à la destruction, non, j’aurais bien le désir de poursuivre la sauvegarde de ce travail, mais en revanche je me pose la question de savoir si cela a encore un sens de ne faire que le maintenir, et je suis contraint de reconnaître que je n’ai pas fait davantage que cela cette dernière année. Or il me semble que depuis sa construction le site offrait cela, un travail continu sur sa construction même.

Et est-ce que la vie en ce moment n’est pas suffisamment pleine, pleine à craquer, pour envisager de faire quoi que ce soit d’un peu ambitieux. Ou encore est-ce que les ambitions que je nourris en ce moment ne se sont pas déplacées ?

Ca fait beaucoup de questions pour une seule journée. Sans doute pour cela que j’ai le sentiment de ne pas être très attentif aux discussions que je peux avoir avec L. Ce qui me désole. Me navre. Quel gâchis ! Nous nous voyons si peu.

Le soir, je tente d’aller le plus loin possible dans la lecture de Pyongyang de Guy Delisle, mais la fatigue finit par avoir raison de mon attention.  

Mercredi Mercredi 5 mars 2008



Lever très long et pas très matinal avec Anne, je profite qu’elle s’affaire à toutes sortes de choses, dont son maquillage, pour lire l’introduction des Années d’extermination de Saul Friedländer, en restant au lit, introduction que je trouve curieuse, tant elle semble prendre le contre-pied d’un historien qu’elle refuse de nommer, et qui n’est autre que Raul Hilberg, non pas qu’un pareil parti pris ne soit pas possible, la radicalité du point de vue de Raul Hilberg laisse largement le champ à toutes sortes d’appréhensions possibles de la Shoah, bonnes ou mauvaises d’ailleurs, et je ne doute pas d’ailleurs que le livre de Saul Friedländer propose exactement cela, un complément d’étude tout à fait remarquable, en revanche je trouve admirablement stupide de parler à la cantonnade des historiens, comme s’ils avaient été si nombreux que cela, qui ont pris le parti de fouiller dans les archives allemandes, bien davantage que dans les témoignages des victimes juives — ce dont d’ailleurs Raul Hilberg, s’explique très bien, il s’intéresse aux mécanismes, singulièrement ceux bureacratiques, qui ont rendu possible la destruction des juifs d’Europe, et pour cela, il lui semble à juste titre que les victimes n’avaient pas le meilleur point de vue d’ensemble de la catastrophe en cours, au contraire de leurs bourreaux, qui eux avaient à organiser le massacre — donc parler de tels historiens sans mentionner nommément Hilberg n’est pas très habile, quand on sait qu’il aura toujours l’antériorité d’une telle démarche, qui aura été la sienne dès le lendemain de la libération des camps. C’est à la fois pas très adroit, même idiot, mais cela laisse à penser au lecteur qu’il existe un antagonime entre les deux livres, la Destruction des juifs d’Europe de Raul Hilberg et donc, les Années d’extemination de Saul Frielander, les années d’extermination, quand vraisemblablement, il faille, pour ce faire une idée asez juste de leur sujet, lire les deux.

Les rues d’Angers sont ensoleillées, on retrouve Clémence pour déjeuner. En chemin, je m’amuse en remarquant que...

A Angers
Même le commissariat
A son magnolia en fleurs

... ferait, sans doute, excellente figure comme bloc-notes de la journée d’aujourd’hui. Et on rigole avec Clémence et Anne que finalement ce n’est peut-être pas si difficile de tenir le bloc-notes à jour, ou qu’en tout cas, cela peut-être assez vite fait.

Mais ce serait amputer cette journée de son ingrédien principal, nous partons d’Angers pour nous aller à Brack sur Uff, rendre visite à L. et C. dans leur nouvelle maison.

Plaisir des retrouvailles, mais aussi de découvrir toute une petite maison entièrement dédiée à cette pratique quotidienne à la fois du dessin, de la peinture, de l’écriture, de la musique. En prenant le café L. nous montre les dernières planches de la vie de Betty qui me semblent dépasser encore en audacité celles des Quelques prières d’urgence à réciter en cas de fin des temps, structure narrative entièrement éclatée et qui reprend à son compte la moindre trouvaille graphique, et elles sont nombreuses ces pépites, comme telle discontinuité dans le dessin qui trouve sa suite dans la même case, Betty ouvre une porte, c’est à la fois elle qui est au premier plan en hors-champ et elle aussi dans l’arrière-plan qui est vue par elle-même au premier plan, donnant alors le sentiment d’une situation infinie entre les deux cases, comme souvent des citations émaillent les planches, un collage, mais aussi des imitations du graphisme des dessinateurs américains du patrimoine, il y a dans ces planches un désordre merveilleux, qui s’affranchit de toutes les contraintes et de ce fait se donne la chance de proposer des formes résolument nouvelles et dont on ne peut soupçonner qu’elles soient le travers du genre, la répétition du graphisme à la façon d’une industrie, chaque dessin, chaque case a ses chances d’existence propre, bref c’est un véritable feu d’artifice, à l’image de son chromatisme parfaitement délirant lequel s’appuie notamment sur les encres de couleur au pinceau.

Finalement ce qui m’étonne le plus chez L., c’est sa capacité à non seulement renouveller les canons de chaque genre mais surtout à se renouveller sans cesse, et à vivre parfaitement dans l’inconfort de formes et de situations sans cesse changeantes, ce renouveau permanent, à l’image d’une révolution continue, m’épate.

Belle soirée dans la cuisine, on déguste une excellente matelote d’aiglefin.  

Mardi Mardi 4 mars 2008

Et tout d’un coup j’étais là. Là où ? Là. J’étais passé de l’autre côté du miroir. J’étais dans le garage qui a longtemps été relié au mien. Relié par le réseau. J’étais aussi dans la petite chambre aux murs blancs de laquelle avaient été écrites la plupart des pages, sur fond noir, de son livre que j’aime tant. Mais ce n’était pas d’ailleurs cela que j’étais venu voir, non, mais le plaisir de se voir, cela oui. Et si j’étais coupable du plus petit voyeurisme, cela aurait été de boire son café parce que je me souviens de tant de fois matinales, tous les deux connectés de bon matin à travailler, de concert, sur un site sur lequel ni lui ni moi ne travaillons plus, et qu’il disait qu’il allait se faire un café. Et donc café.

Et ensuite, après café, longer la Loire, ce fleuve que j’apprends par bouts, et là le longer une vingtaine de kilomètres à contre-jour de la lumière du couchant, vers l’estuaire donc. Impression forte, là aussi, d’en apprendre davantage sur le bonhomme, comme par son café, que par tout autre moyen.

Dans la cuisine, longue conversation comme à notre habitude sur ce qui s’écrit sur le réseau. Mais aussi cette conversatiuon qui est si souvent entre nous, que le désordre cache peut-être ses plus belles pages dans les méandres de sa construction compliquée, ce à quoi j’ai souvent répondu, jusque là, que c’était une métaphore du réseau, ce que lui aurait presque pu chanter, en s’accompagnant à la guitare, You can’t anlways get what you want but if if you try sometimes you might find just what you need. Sauf que cette météphore n’est plus exacte, elle l’a longtemps été, par exemple, avant le logiciel Copernic et, plus encore, le moteur de recherche Google. Mais surtout ce dernier a rendu les recherches plus efficaces, de plus en plus souvent couronées de succès et tellement précises qu’il est parfois possible de rentrer des arguments de recherche littéraux, un exemple, pourquoi une centrale nucléaire aux bords de la Loire.

Alors si cette métaphore n’est plus d’actualité, est-ce qu’il ne faudrait pas que je travaille à une appréhension plus logique du site, que je rende plus nets ses contours ? son principe de fonctionnement ?, la manière de sa réalisation ? J’y renâcle depuis toujours, et je sens bien comment j’ai le sentiment que cela soit contraire à l’esprit même de cette construction. Je crois que dans son esprit amical à lui, cela revient à rendre plus visible un travail pour lequel il a de l’estime et dont il pressent qu’il ne soit pas suffisamment compréhensible. Problème, un autre ami qui connait bien le site, Alain François, est lui convaincu que l’objet désordre résistera toujours à l’analyse, qu’il n’est pas appréhendable. Sans doute parce que j’ai beaucoup confié de ses formes à l’aléatoire. Et puis il y a ceci aussi. Je pense que ni Julien ni moi, qui sommes les seuls qui pourraient le faire vraiment, ne sommes très enclins à monter sur une boîte de savon, pour faire ce qui est apparentable à de la réclame pour le site.

Tentative donc de discours perché sur une boîte à savon.

 

Lundi Lundi 3 mars 2008



Je lis dans les différents journaux que toutes sortes de livres sont en train de sortir en ce moment qui s’attachent à décrypter, dit-on, le mensonge et les déceptions du président des otaries de droite. Je suis par exemple bluffé qu’il y ait eu des linguistes pour mettre aussi profondément les mains dans le cambouis pour se plonger dans TROIS CENTS discours du candidat à la présidence des otaries de droite. Et c’est sûrement très sérieux, apparement un grand nombre de graphiques de toutes sortes agrémentent le propos, et donnent de l’épaisseur à la démonstration, qui revient plus ou moins à dire que le président des otaries fait des phrases simples à comprendre, dans lesquelles on trouve rarement des mots de plus de trois syllabes et qu’il ne déteste pas la répétition au point qu’elle finisse par ressembler à du martellement (76). Pour être tout à fait franc avec vous, je me dis que cela va sûrement dans le bon sens que cela vient d’un bon sentiment, mais que voilà, de tout cela je m’étais un peu gourré déjà, sans compter, et ce n’est pas le moindre des arguments qu’il est en fait trop tard, que la catastrophe est déjà sur nous, et que, pour rien vous cacher, je ne pense pas que le président des otaries de droite rendra les clefs du char d’assaut ni très facilement, ni de très bon gré, et probablement qu’il n’hésitera pas à commettre quelques tricheries pour s’accrocher au trône, d’ailleurs si vous n’avez pas suivi, lors des dernières élections étaient déjà en place dans des circonscriptions pilotes quelques machines à voter, dont la programmation ne devrait pas être inviolable, surtout quand on a accès à la mémoire centrale, puisqu’a priori, ces bécanes devraient tourner dans les sous-sols du Ministère de l’Intérieur (163). Si vous vous demandez quels sont les deux chiffres entre parenthèses à la fin des deux denières phrases, il s’agit en fait du nombre de mots contenus dans la phrase, non que je tienne à battre quelque record que ce soit, mais les linguistes ont l’air de s’accorder sur le fait que Sarkozy privilégie les phrases courtes, 20 mots de moyenne, c’est vous dire avec quel empressement je m’astreins à m’écarter le plus possible de son modèle, on a ses propres complexes de taille (90).

Ou encore cet autre au terme d’une démonstration que l’on dit brillante, nous assure que le président des otaries n’est pas un grand défenseur naturel de la démocratie, et que nous sommes dans une phase de suspension de la démocratie. Ce n’est sûrement pas faux. Mais est-ce là une conaissance neuve ?, pas que je sache. Comprenez-moi bien, je ne doute pas que toutes ces personnes pédalent dans le bonne direction, mais je ne parviens pas à ne pas regretter qu’elles aient enfourché leur bicyclette un peu tard.

Que ce n’est pas d’hier que le président des otaries de droite parle comme un tribun, ou encore qu’il est ultra-libéral, que les inégalités sociales ne seront jamais sa priorité, — quelles inégalités sociales ? — qu’il fait une utilisation très autoritaire, bêtement virile, je dirais, mais je ne suis pas linguiste ni politologue, du pouvoir, dont il se sert principalement pour sa propre pomme, sans oublier au passage d’arrondir les angles de ses puissants amis, qui étant donné leur puissance financière, n’avaient peut-être pas besoin d’une telle mansuétude. Que c’était un peu gros comme une maison non ?, que ce type n’avait pas de parole, qu’il piaffait d’impatience dans les allées du pouvoir depuis des années, bref que c’était un dictateur en puisance et qu’à l’armée, il aurait fait un remarquable caporal.

Et donc, vous qui disposez d’une telle puissance éditoriale, d’une telle puissance de feu, vous ne pensez qu’il aurait été admirablement inspiré de ruer dans les brancards plus tôt, fin 2006, début 2007 ?, juste comme cela, pour voir si des fois avec vos fines observations vous n’auriez pas pu influer favorablement sur le cours des choses.

Parce que je ne doute pas non plus que les observations d’aujourd’hui soient justes et donc je ne doute pas que quiconque en est capable aujourd’hui, devait bien se gourrer que tout ceci arriverait de la sorte. Alors pourquoi avoir attendu ? Et pourquoi tout d’un coup on sent comme un vent fort critique vis à vis du président des otaries de droite, qui d’ailleurs semble coïncider avec une période de forte impopularité, laquelle coïncide également avec une pause dans les mesures saignées, dont on s’amuse qu’elle a beaucoup à voir avec la période électorale — on s’en réjouit, cela semblerait montrer que le processus démocratique a encore quelque poids et donne encore du soucis au président des otaries, n’ont pas encore du craquer le code sur la bécane du ministère de l’Intérieur, sont pas très adroits, faut les excuser, l’informatique c’est complexe. Parce que c’est ce sentiment que donne tout ceci, on s’enhardit à la critique plus frontale, parce qu’on sent qu’on est encore appuyé, que le vent peut encore souffler dans cette direction.

Sans compter la presse. Ah la presse ! La fameuse déontologie. L’indépendance — suis en train de faire des phrases très courtes, je ferai bien de surveiller ma moyenne. Franchement, ces fameux journalistes, et comme en parle Daniel Schneidermann dans l’une de ces dernières chroniques dans Libération, ces fameux journalistes qui suivaient le candidat à la présidence des otaries de droite, qui prenaient tous leurs repas avec cet homme sans goût, qui se battaient pour monter dans le même train ou dans le même avion, il n’y en avait pas un seul dans le lot avec quelques rudiments de psychologie, notamment, pour se rendre compte, de si près tout de même cela devait sauter aux yeux, que ce type avait tout du dangereux paranoïaque, ou était-ce que pas un d’entre eux n’eut le courage d’écrire ce qu’il pouvait voir. Sans doute apeuré par les conséquences d’un tel crime de lèse-majesté. Puisqu’il avait beau jeu de rappeler à chacun qu’il connaissait personnellement, à peu de choses près, tous les grands patrons de cette presse plus très indépendante — à un journaliste de Libération il a effectivement dit qu’il connaissait très bien son patron, faut dire aussi à Libération ils se sont peut-être un peu jettés dans la gueule de loup en revendant le journal à de Rotschild, pas s’étonner après aussi — et pour les journalistes du service public, la menace était évidente, il serait bientôt leur prochain patron — n’a-t-il pas, courroucé que le tapis rouge ne soit pas correctement déroulé pour l’une de ses prestations de campagne à France 3, prévenu qu’il virerait tout le monde.

Bref, je ne suis pas certain que cela vaille vraiment la peine de se lancer dans des analyses laborieuses de ses discours, d’autant qu’après casse-toi pauvre con !, je crois qu’on a fait le tour de la question — je ne sais pas si vous imaginez un peu un jour, vous n’avez pas de chance, vous avez un accident de voiture, et l’automobiliste en face c’est le président des otaries de droite avec sa poule, je le vois déjà descendre de sa voiture, je n’ai aucune difficulté à imaginer la scène — ou encore d’expliquer qu’aujourd’hui ce type est dangereux. C’EST TROP TARD. Désormais il serait plus utile de nous fournir le plan de montage d’une bombe radio commandée et l’emploi du temps détaillé du président des otaries de droite.

Sans compter que ce n’est pas encore le grand sursaut citoyen de la profession. Je vous donne un exemple. Le président des otaries de droite donne à Attali un rapport à faire pour débrider la croissance — au passage, dans le contexte climatique actuel, l’amenuisement des ressources énergétiques sur la planète et sa population grandissante, j’ai dans l’idée qu’il serait plus urgent de demander à Attali, ou même à quelqu’un d’un peu compétent, une analyse sur les possibilité d’aller vers la décroissance, mais c’est moi — et Attali fait ce qu’Attali fait toujours, il fait le malin, non qu’il soit très malin d’ailleurs — depuis quelques années on a le sentiment qu’il s’est fait une spécialité de prédire un avenir qui ne se produira jamais, ainsi son engouement il y a plus de dix ans pour les livres électroniques, même pas certain que cette nouvelle génération de liseuses, dix ans plus tard, finisse par vraiment crever l’écran pour ainsi parler — et parmi ces pistes de réflexion savante indique qu’il faudrait augmenter le nombre d’immigrés en France. Texto. Au pays du ministère des rafles. Et depuis, on peut voir le président des otaries se vanter de suivre telle ou telle recommandation du rapport Attali et pas un seul journaliste pour lui demander ce qu’il compte faire de la proposition d’augmenter le nombre d’immigrés en France ? Et là je leur en veux un peu aux journalistes de ne pas faire correctement leur travail, parce qu’en quelque sort cela m’oblige à lire moi-même ce rapport et franchement lire des centaines de pages d’Attali, je m’en serais bien passer. Alors Messieurs-Dames de la presse quand Attali fait le singe sur les marches de l’Elysée en allant remettre la fameux rapport au président des otaries de droite, c’est moins important de le prendre en photo brandissant sa petite clef USB — pouvait pas l’envoyer mar mail comme tout le monde son rapport ?, mais cela m’amuse quand même bien d’imaginer Attali et Sarkozy installant le pilote de ladite clef USB sur le PC du président des otaries de droite, et alors là Monsieur le Président, vous cliquez sur OK et vous le laissez faire, ça ne marche pas ?, alors lancez votre connexion internet nous allons télécharger le pilote... — que de lire effectivement le foutu rapport et d’en faire une vraie synthèse, et, plus difficile mais souhaitable tout de même, d’en rappeler les "meilleures" idées au président des otaries de droite. On aurait nettement plus de respect pour la profession.

Et dans une quinzaine de jours, passées les élections municipales, ce cirque va reprendre de plus belle. N’est-ce pas merveilleux ?  

Dimanche Dimanche 2 mars 2008



Le bloc-notes du désordre