Tiens pour une fois que c’est moi qui ai raison. Jeudi dernier, nous sommes allés à la mairie pour toutes sortes de formalités avec Anne et en sortant, l’humeur était aux formalités, je lui demandais où nous en étions pour la rentrée de Nathan, de savoir si effectivement comme on nous l’avait promis il y aurait bien un ou une AVS pour Nathan le jour-même de la rentrée scolaire — AVS = Assitant de Vie Scolaire, personne dont la mission est d’aider l’enfant dont il a la charge à bénéficier de l’enseignement de son insitituteur — et Anne m’assurait que nous avions reçu toutes les assurances nécessaires, qu’il y aurait bien l’AVS demandé et qu’en quelque sorte, ce n’était même pas la peine de vérifier. Et je répondais, pas très aimablement, à Anne que vraiment, elle vivait dans un drôle de monde, un monde de rêve, dans lequel les pesanteurs administratives n’existaient pas et ne freinaient pas la bonne marche des choses.
Et j’aurais préféré avoir tort, comme souvent.
Anne, donc de m’apprendre aujourd’hui au téléphone, qu’elle avait joint hier la Responsable des AVS, pour le département, je crois, pour apprendre que le dossier de Nathan avait été égaré, perdu.
Lorsque jeudi après-midi, je reprochais à Anne de rêver debout, je pensais seulement que l’inorganisation habituelle au moment de la rentrée rendrait difficile la présence de l’AVS le jour dit de la rentrée, j’avoue que j’étais encore loin de penser que le dossier de notre Nathan serait tout simplement perdu, et avec lui nos coordonnées, d’où l’impossibilité sans doute de nous joindre, pour nous prévenir que tout n’allait pas le mieux, et avec la perte du dossier, on peut même envisager que la ressource des quinze heures de présence effective de l’AVS, que nous avions obtenue de haute lutte, serait rapidement attribuée à un dossier non manquant, celui d’un autre enfant, grand bien fasse à cet enfant, mes voeux sincères l’accompagnent.
Anne était en colère et une fois de plus je me disais que les personnes assez incompétentes pour créer ce désastre pour la rentrée de Nathan en CP avaient eu de la chance que je ne sois pas dans les parages, parce que c’est certain, j’aurais donné de la voix et du coffre. A la réflexion, c’est sans doute mieux ainsi, nul doute que je serais parvenu à endommager durablement les choses en froissant définitivement les personnes qui de toute façon vont devoir reprendre entièrement le dossier handicap de Nathan. Encore que je ne sois pas certain que ce soit en ménageant les susceptibilités de ces personnes que l’on obtienne d’eux les meilleurs résultats, tant je constate que ce soit assez souvent que des parents moins coopératifs et moins compréhensifs nous passent régulièrement devant.
Pour ce qui est du jour même de la rentrée, le coup est paré puisque nous avons demandé à
Meriem, l’AVS que nous embauchons à nos frais auprès de l’association
l’Envol de Marne la Vallée de venir toute la journée. Et cela commence déjà, que nous soyons obligés de palier les carences de l’Education Nationale.
Renseignements pris, notamment
sur le site de l’Education Natioanle, il semble qu’il y ait un numéro de téléphone, je me demande bien quel sera le temps d’attente lundi quand nous appelerons ce numéro, pour aider les parents d’enfants handicapés avec leur difficultés inattendues au moment de la rentrée scolaire — là aussi l’équation entre les besoins et le nombre de personne dévolues à ce service va jouer à plein, j’en suis certain. Je donne ici, fraîchement conscient de l’efficace référencement du site — et des requêtes de plus en plus nombreuses sur le sujet de l’autisme — ce précieux numéro, le 08 10 55 55 00.
Mais pour tout vous dire, cet épisode dont j’ai beau savoir que ce n’est ni le premier ni le dernier dans le parcours semé d’embûches de la scolarisation de Nathan, me fait l’effet d’un seau de cendres sur la tête. Nous nous étions tellement battus, Nathan avait fait tant d’efforts ces derniers temps pour "gagner son CP" comme il dit, qu’on s’était imaginés que nous aussi nous méritions une rentrée scolaire sans heurt. Je réalise aujourd’hui qu’en nous battant nous avons surtout gagné le droit de devoir nous battre encore et toujours. Bah ce n’est pas grave, les égareurs de dossiers n’ont pas la moindre idée de l’opiniâtreté et de la ténacité dont Anne et moi sommes capables quand nous unissons nos efforts et nos entêtements respectifs.
Une correspondante du site me suggère de participer au
blog day, ce à quoi je n’aurais pas pensé
a priori, mais après tout étant un grand amateur de
lettres de chaîne et autres
principes cumulatifs, j’accepte volontiers de m’y plier. Je me donne une contrainte : que des blogs visuels, et qui donc ne jouissent donc pas des
qualités naturelles du texte en matière de référencement.
http://bibigreycat.blogspot.com/
l’agence eureka met régulièrement en ligne une collection admirable d’images de toutes sortes, de provenance très diverses, accessibles en bonne définition, comme un encouragement au graphisme depuis ces sources souvent surannées, ou un admirable dépannage lorsqu’on est en panne d’inspiration.
http://blog.autreschoses.fr/
Le blog visuel des remarquables trouvailles graphiques de
Jivezi, une artiste découverte dans le
Terrier dans lequel elle dispose de
sa propre cellule.
http://thierrytillier.canalblog.com/
Là aussi un
blog de graphiste, opiniâtre, entêté, où l’on s’y colle, c’est le mot, tous les jours, ou presque. Thierry Tillier est un graphiste qui travaille encore avec des ciseaux, un
cutter de la colle et du scotch, bref c’est du fait main.
http://www.asofterworld.com
Trois photographies, mises bout à bout, tous les jours, et tous les jours, des textes qui paraissent, ou non, lier les trois images. Apparemment ce site semble avoir une certaine renommée outre atlantique, encore que je l’ai fait découvrir à tous mes amis et correspondants américains.
http://www.mnftiu.cc/mnftiu.cc/war.html
Tant de gens ont découvert,
Putain c’est la guerre de David Rees, mais je suis toujours surpris de voir que peu des lecteurs et amateurs du livre savent que non seulement
le livre a pris naissance sur internet et qu’il continue d’y vivre.
Le
blanc continue sa progression dans toute la maison. Cette semaine, les murs et le plafond de la cuisine ont reçu leurs deux couches, tandis que je finissais aussi les deux chambres du haut, une deuxième couche de laque pour les portes et la fenêtre de la chambre de Nathan. La semaine prochaine, il faudra attaquer les placards et les tiroirs de la cuisine, à la laque, je suis assuré, étant donné les recoins nombreux de cette affaire, d’y passer la semaine aussi. Quelle mouche m’a piqué d’avoir entrepris pareil chantier ?
En fin d’après-midi, je vais tirer quelques flèches, mon tir est constant dans l’erreur, je mets tout à côté, mais avec constance. La constance est la garante d’un geste parfaitement reproduit et donc correctement équilibré. Mais alors pourquoi systématiquement dans les marges de la cible ?
Je change de place, pareil. Je change l’emplacement de la cible, idem. Je raccourcis la distance, ce n’est pas mieux. Constant, mais à côté.
Alors je pense à cette vieille astuce qui consiste à se concentrer sur un point précis et minuscule de la cible. Ce que l’on peut à peine discerner, je tire plein centre, mais à ma vue qui devient floue, je comprends que je viens de tirer ma première flcèhe en visant effectivement le coeur de la cible. J’ai tiré toutes les flèches précédentes, une bonne cinquantaine, machinalement, j’étais juste venu chercher une détente après le travail et ce n’est que dans le geste de tirer que je suis parvenu à m’abymer un peu. Sans viser. Juste ouvrir l’arc et décocher.
Venant de comprendre, je n’ai même pas fini ma salve, j’ai démonté l’arc et je l’ai rangé dans son coffre. Heureux. D’avoir réalisé, dans la fatigue, après six ans de tir à l’arc, cette dissociation entre le geste et la visée. Et que ce qui importait le plus sans doute était d’assembler la visée au geste, quand ce dernier était correctement réglé.
Etonnant pour moi de voir comment c’est une fois de plus dans l’erreur que je parviens le mieux à progresser. Et que c’est souvent la fatigue qui permet à la fois les erreurs et leur apprentissage.
La discussion était si animée avec
Julien au déjeuner que j’en oublais tout à fait que nous étions en train de manger, que je déjeunais sans m’en rendre compte, au point d’être surpris par la saveur sucrée de mon dessert qui prenait le pas sur celle salée du plat, mais le soir même, je serais bien incapable de me souvenir ce que j’avais mangé durant ce déjeuner.
Il est question de cette idée site collectif que j’aimerais fonder. Et une des idées directrices quant à sa structure serait qu’elle tienne sur une seule page — un site qui ne ferait qu’une seule page, voilà bien le fantasme du webmaster du désordre ! — mais qui serait très mouvante, justement pour permettre l’accès à un contenu très divers.
Dans cette discussion avec Julien, qui est à l’origine de cette nouvelle équipée, je remarque que je fais bien la distinction entre une discussion avec Julien à propos de ce nouveau projet et une discussion à propos des nouvelles formes du désordre, c’est, me semble-t-il, que j’ai parfaitement intégré que je souhaitais vraiment un fonctionnement collectif à cette affaire, c’est-à-dire, dans mon esprit, un espace dans lequel je fais toute sa place au collectif.
Comme j’ai hâte que ce projet prenne une forme qui dépasse les formes esquissées sur une nappe de restaurant avec un stylo empruntée à la serveuse. Mais hâtons-nous lentement.
De nouvelles flèches, un nouveau repose-flèches, et mon tir semble gagner en précision et surtout en constance, si ce n’est que là où j’avais tendance à tirer un peu haut et un peu à gauche, je tire désormais un peu bas et un peu à droite. Et je vais peut-être rester longtemps avec ce nouveau défaut, hérité de flèches un peu plus légères mais aux pointes plus denses, avant qu’il n’évolue de nouveau vers ma tendace naturelle, ce qui devrait me faire jouir, un temps seulement, d’une période de félicité quand mon défaut de tir me fera tirer avec constance dans le centre de la
cible, c’est-à-dire à mi chemin entre mon défaut naturel, trop haut, trop à gauche, et ce qu’induit de correction mon nouveau repose-flèche.
Ce matin, en sortant du travail, le passage si grâcieux de deux hérons qui volaient côte à côté. A ce vol et leurs trajectoires parfaitement parallèles et cadencées, j’aurais juré que les sentiments de l’amour ou même de l’amitié pouvaient exister chez ces oiseaux.
Réveillé de trop bonne heure sous la tente, j’étouffe de chaleur mais je m’oblige à ne pas sortir tout de suite, ne pas commencer cette journée trop tôt sinon, c’est sûr, je ne tiendrais pas le coup la nuit prochaine au travail. Je lis les
Assassins de la mémoire de Pierre Vidal-Nacquet. J’aime cette intelligence brillante, tranquille, jamais un mot plus haut que l’autre, de l’ironie à propos des démonstrations rocambolesques des Faurisson et consorts, mais de la gravité surtout. Après cette dernière année de lecture de
la destruction des Juifs d’Europe de Raul Hilberg et d’autres de ces livres si difficiles à vaincre pour l’émotion rentrée qui blesse, je croise tant de noms devenus familiers. Le sentiment alors de progresser dans un savoir.
Mais avec les "révisionistes", ce terrain n’existe pas. Imagine-t-on un astrophysicien qui dialoguerait avec un "chercheur" qui affirmerait que la lune est fait de fromage de Roquefort ? C’est à ce niveau que se situent ces personnages. Et, bien entendu, pas plus qu’il n’existe de vérité absolue, il n’y a de mensonge absolu, bien que les "révisionnistes" fassent de vaillants efforts pour parvenir à cet idéal. Je veux dire, que lorsqu’il s’avère que les passagers d’une fusée ou d’une navette spatiale ont laissé sur le lune quelques grammes de Roquefort, il n’y a pas à nier cette présence. Jusqu’à présent, l’apport des "révisionnistes" à nos connaissances se place au niveau de la correction, dans un long texte, de quelques coquilles. Cela ne justifie pas un dialogue, puisqu’ils ont surtout démeusurément agrandi le registre du mensonge.