Dimanche Dimanche 6 mai 2007



 

Dimanche Dimanche 6 mai 2007

Je vous en supplie, votez pour Ségolène Royal

 

Samedi Samedi 5 mai 2007



 

Vendredi Vendredi 4 mai 2007

Parce que j’avais déjà attendu une première fois, mercredi, trois heures sans résultat, j’avais du repartir une vingtaine de minutes avant que mon numéro ne soit appelé, pour aller chercher Nathan darre-darre au centre aéré, où je suis arrivé en retard, j’avais décidé aujourd’hui que je ne pourrais pas attendre aussi longtemps, mais qu’il fallait quand même que je m’occupe de ces problèmes de carte grise, aussi je décidai d’utiliser un stratagème inédit pour moi, et j’en avais presque demandé la permission à Anne, faire valoir qu’en tant que parent d’un enfant handicappé, je n’avais pas pu attendre assez longtemps mercredi, ce qui était vrai, et que je risquais de me retrouver dans cette situation encore aujourd’hui, c’était moins vrai, aussi, après l’attente avant le premier filtre, au bureau d’accueil où une personne vérifie que vous avez bien tous les papiers nécessaires, ce qui vous donne droit à un numéro d’attente avant d’accèder effectivement à une personne qui peut prendre votre demande en charge, j’avais décidé d’essayer d’obtenir la clémence de la préposée, et pour prouver ma bonne foi, j’avais fait une photocopie de la carte d’invalidité de Nathan, plus exactement du papier qui allait bientôt nous permettre de l’obtenir. J’étais, dans cette tentative, rempli de sentiments contradictoires, est-ce que je ne me servais pas du handicap de Nathan pour couper une longue file d’attente ? Ce que je n’aurais pas trouvé choquant de la part de n’importe quel parent d’enfant autiste ou porteur de tout autre handicap, mais à force de me dire que pour de nombreuses personnes c’est bien pire, je me rassure si facilement en me disant que Nathan n’est pas si atteint que cela. Pour tout dire j’avais surtout le sentiment de demander la charité, et je n’étais pas fier, d’autant que la personne à l’accueil à qui j’expliquais ma situation en lui prouvant qu’effectivement je n’avais pas eu le temps d’attendre mercredi dernier, avait l’air de me trouver gonflé de faire un tour pareil, d’ailleurs un nouveau soupir de sa part et j’allais lui dire de laisser tomber, de ne pas me donner un numéro prioritaire et de me donner un numéro comme les autres ce qui allait me garantir une attente de deux heures au moins, quand elle a pianoté vivement sur son clavier, trié mes papiers à toute allure, les signant et les tamponnant, pour finalement me dire de me rendre directement à la perception où elle venait de lancer l’impression de ma carte grise. J’ai à peine eu le temps de la remercier que la personne qui attendait derrière moi prenait impoliment ma place pendant que je ramassais mes petites affaires, les photocopies et les originaux de toutes les pièces à produire, si j’entendais bien, ce qui n’est pas le cas, je n’entends pas bien du tout, j’aurais juré que le type en question avait murmuré pour lui-même que c’était facile de faire comme ça. Du coup je me sentais lavé de tout complexe, et j’ai effectivement reçu contre paiement le papier que j’avais attendu deux heures et demi mercredi.

En retournant à ma voiture, j’étais d’abord content d’avoir évité le pire en terme d’attente, mais surtout je m’en voulais d’avoir ainsi profité de la situation. D’autant que j’avais de la lecture, les trois livres de Charlotte Delbo, Auschwitz et après, dans ma besace, donc j’avais de quoi voir venir. Je me trouvais égoïste.

Et pourtant, je vous l’assure, en suivant les traces d’Anne nettement plus militante que moi à propos de l’autisme, je ne serais pas le dernier à lutter pour que de tels droits existent, mais alors j’aurais le sentiment de les demander pour d’autres. C’est tout de même étrange ce qui peut cohabiter d’intérêts contradictoires dans une même tête.

Le soir Anne rentre de sa première journée de travail, où elle s’occupe désormais d’enfants autistes, elle est fourbue mais heureuse mon Anne, cela se voit du premier coup d’oeil.

Et elle confirme, Nathan n’est que légèrement autiste. Pourtant certains jours.

 

Jeudi Jeudi 3 mai 2007



Grâce à lui, ma concentration progresse beaucoup.

 

Mercredi mercredi 2 mai 2007





Ni Anne ni moi ne le trouvions très intéressant ce fameux débat entre le sinistre de l’intérieur et Ségolène Royal, je soupçonne même Anne qu’elle était en train de s’assoupir, quand tout d’un coup cela s’est emballé et pas sur n’importe quel sujet : l’intégration scolaire des enfants handicapés, dont on connaît un peu les enjeux. Et là c’est si comme si nous nous étions levés de notre siège dans une tribune de stade au moment où le 15 passait un ballon en or au 14, un boulevard devant lui.

Ce n’est un mystère pour personne que je n’allais pas voter autre chose que Royal au second tour, mais ce n’était pas non plus de gaité de coeur, un peu comme en d’autres temps j’ai voté Chirac au second tour de 2002. Ségolène Royal est de droite, mais pas encore d’extrême droite.

Ce que nous nous amusons — nous rions jaune — à entendre à la radio ce matin avec Anne c’est comment systématiquement les extraits du débat qui sont choisis à réécouter sont ceux de cette altercation mais dans laquelle on n’entend jamais l’argumentaire complet de Ségolène Royal. Ce que semble retenir la presse de cet accrochage c’est l’accrochage en lui-même, et pourtant ce qui est intéressant c’est l’argumentaire. Et le peu de réponse que lui oppose le sinistre de l’intérieur. Sans doute aurait-il du faire l’éloge de cette fameuse loi de 2005. Le fait de n’en pas parler est un fameux lapsus, tant cette loi, dans l’esprit louable, n’est absolument pas appliquée sans doute parce qu’elle n’est pas applicable en n’étant pas financée. D’ailleurs la première chose que cette loi stipule c’est que le handicap d’un enfant ne doit pas occasionner de frais excédentaires aux familles de ces enfants. Nous ne connaissons pas de familles d’enfants autistes, et nous commençons à en connaître quelques unes, qui ne font pas face à des situations financières problématiques du fait des frais imputables aux soins et à l’encadrement de leur enfant.

Et Ségolène Royal a raison de dire que depuis 2002, ce qu’elle avait mis en place en tant que Ministre de l’Education Nationale du gouvernement Jospin était non seulement appréciable mais en plus allait dans le bon sens.

Et dire qu’il y a un mois ou deux Madeleine me demandait qu’est ce qu’il était préférable de voter en fonction de la lutte contre l’autisme ?, et que j’avais tenté de lui expliquer qu’il ne fallait jamais s’arrêter à un seul argument surtout quand on était concerné au premier chef par cet argument. En lui expliquant par exemple que si l’on avait jugé le pire des hommes politiques, Adolf Hitler, sur son seul bilan d’aménagement des transports et notamment des autoroutes de son pays, il aurait donné l’image d’une très grande compétence. Me voilà pris en flagrant délit de partisanisme.  

Mardi Mardi premier mai 2007



Le bloc-notes du désordre