Nathan fait du vélo ! C’est sûrement idiot mais quand un enfant fait enfin du vélo, on est juste content qu’il en fasse, "sans les petites roues" encore que ce ne soit pas comme cela que Nathan ait commencé sa carrière cycliste, il a juste ramassé le vélo de Madeleine qui traînait par terre, il l’a enfourché et il s’est mis à faire du vélo non, je ne sais pas ce que les parents "normaux" font ou disent, mais je suis à peu près certain qu’ils ne se font pas la remarque qu’ils vont en parler le lendemain au psychomotricien et qu’ils vont même apporter leur petit appareil-photo pour lui montrer la
petite vidéo. Non, probabement pas.
Je me suis réveillé paisiblement ce matin, j’avais rêvé, un rêve dont je ne comprenais pas les imbrications, les pourquoi ?, oui, pourquoi ces gens-là dans mon rêve, des gens que je n’avais plus revus depuis des lustres, des gens qui habitent Garches. J’étais paisible, la lumière était encore grise, il devait être un peu moins de huit heures, des yeux je cherchais le réveil et je me suis rappelé qu’Anne était partie avec, je ne saurais donc pas l’heure qu’il était, j’avais pourtant la tête qui reposait sur mon poignet gauche duquel j’avais omis de retirer ma montre hier soir : paresseusement, j’avais allumé la télévision et avais suivi un assez mauvais documentaire sur la traque des derniers nazis, poursuite impuissante qui chassait des vieillards nonagénaires pour la plupart, tellement établis par ailleurs dans des sociétés et des régions comme la Carinthie dans lesquelles nul ne pourrait jamais les déloger. Rien à voir avec les véritables chasses à l’homme de Simon Wiesenthal, dont j’avais lu un des livres chez l’oncle de Daphna à New York, 231ème rue. J’étais calme. Nul bruit dans la maison. La lumière grise. Madeleine à côté de moi dans le lit dont les boucles blondes recouvraient, désordres, le visage à tel point que je ne savais pas si elle me faisait face ou si au contraire elle me tournait le dos. Nathan dormait encore, Adèle aussi que je n’entendais ni l’un ni l’autre. Je goûtais ce calme dont je savais qu’il allait bientôt s’interrompre avec le réveil des enfants. J’avais bien dormi. En fait c’est la première nuit que je passe seul à la maison sans être dévoré par cette angoisse des égorgeurs nocturnes. Quelle joie de se réveiller le matin et de se dire, que l’on est de retour parmi ses semblables. Je n’ai plus peur la nuit.
Mais Anne comment fais-tu ? Tu es là dans cette petite salle des institutrices. Nous discutons de cette fameuse convention d’insertion de Nathan à l’école. Tu as à peine dormi, je le sais, je t’ai sentie te retourner en tous sens cette nuit. Madeleine a pleuré toute la soirée bouleversée de te voir ainsi. Nathan ce matin avait une drôle de conjonctivite, il ne dit jamais rien Nathan mais il en encaisse des choses. C’est curieux au milieu de la réunion, je me suis aperçu que j’étais le seul homme, que vous êtiez toutes des femmes, il y avait la directrice, la secrétaire de l’inspection, les deux institutrices, la psychologue, les deux jeunes femmes qui vont venir assister Nathan à l’école, et puis il y avait toi, Anne. J’étais plus porté à écouter encore. J’écoutais ces femmes. Qui se passaient la parole, les unes les autres. Et qui parlaient de toi, Nathan, mon petit garçon. Et ta mère, ce n’est pas rien, elle avait déjà un pied à Toulouse, près de sa soeur, et elle était encore ici, sentinelle pour toi.
Les cris des enfants se faisaient plus aigus, plus stridents. Anne m’a appelé, je suis remonté du garage, effectivement Anne avait bien du mal à contenir l’énervement d’Adèle et le bouillonement de Nathan, tout en étant au téléphone, mais ce que j’ai vu sur le visage d’Anne, c’était la détresse — c’est qu’elle est solide mon Anne — alors je me suis approché tout en calant Adèle sur mon épaule. A ce qu’Anne disait, je comprenais que quelque chose de terrible venait de se produire, ses yeux rougis, son front aussi, mais je n’entendais pas l’autre tenant de la conversation.
Anne finalement a raccroché et elle m’a courageusement expliqué que sa soeur aînée avait eu un accident de voiture très violent, on se savait pas bien ce qui s’était produit mais elle avait eu le temps de dire aux pompiers venus la secourir le numéro de téléphone de la soeur cadette d’Anne qui vit elle aussi dans la région, à Albi. C’est elle que les pompiers avaient appelée, et c’est elle qui devait porter la mauvaise nouvelle.
On ne savait pas bien de qu’il s’était passé, un choc très violent, deux heures de désincarcération, une évacuation sur l’hôpital de Toulouse en hélicoptère, de nombreuses fractures et surtout des organes, la rate, le foie, un poumon aussi, tous sévèrement touchés. C’est le genre de choses que l’on apprend au téléphone et auxquelles il faut ensuite tenter de donner un sens. Imaginer le pire. Essayer d’interpréter les choses. Donner du sens à ce qui justement refuse de signifier davantage. Faire la part des choses. Dire à Anne, la rate ce n’est pas grave, lui dire, tu sais je travaille tous les week-ends avec un collègue qui n’a plus de rate. Le foie, oui, ça c’est grave, qu’est-ce qu’on en sait vraiment ?, mais je crois que c’est un organe qui a la capacité de se régénérer, mais on n’est pas très sûr de ce que l’on avance, le poumon, oui c’est grave, mais tu sais si l’autre est intact elle peut s’en sortir, de cela non plus, on n’est pas certain, mais malgré tout je sens bien que ce sont les paroles dont Anne a besoin. Faire mentalement, rapidement, le tour des amis et se demander qui serait médecin, aurait été médecin dans une vie antérieure, ou serait le parent direct d’un médecin, mais non, rien de tel dans nos amis, dans notre famille.
Raisonner froidement, se dire les choses que l’on peut faire. Ce qui pourrait servir à quelque chose. Organiser un départ rapide d’Anne pour Albi, pour Toulouse. Appeler les parents au secours, leur demander de garder les enfants le week-end pendant que je travaille pour qu’Anne puisse partir tout de suite. Le soir se faire passer pour le frère d’Anne demandant des nouvelles de sa soeur aux urgences, parce qu’Anne n’en a pas la force, elle a peur qu’on lui dise que c’est fini, je n’en mène pas large. C’est curieux, mais le téléphone je sais faire. C’est mon travail qui fait ça. Le téléphone cela me connait. Le médecin à qui je parle pèse tous les mots qu’il dit. Il dit critique, mais pas désespéré. Je répète à Anne, pas désespéré, je compte sur l’optimisme proverbial d’Anne.
On est impuissant. On ne peut rien faire. La soeur d’Anne est seule dans une salle de réanimation, artificiellement plongée dans un sommeil qui l’isole de la douleur, tuyautée de toutes parts sans doute, inconsciente, les os cassés en de multiples endroits, seule dans la nuit, et Anne, à plus de 700 kilomètres de distance, qui elle ne trouve pas le sommeil de la nuit. Quand je pense à la soeur d’Anne, je pense que ce que je vis en ce moment, ce sont des moments qu’elle ne vivra pas. Qu’ils seront enfouis. Qu’elle n’y aura pas accès. Il leur faudra toute une nuit aux deux chirurgiens pour suturer toutes les plaies.
Anne il faut dormir.
Anne, je ne te l’ai pas dit, mais tout ceci a résonné drôlement dans mes souvenirs. Avec le lien du sang, on est en prise directe avec ses sentiments, on est sans distance. C’est justement cela qui rend les kilomètres par centaines entre Paris et Toulouse inacceptables.
Qu’écrire ? Rien. Je me tais.
Si vous m’aviez dit qu’un jour il me serait donné de pleurer d’émotion non loin du centre commercial de Chessy Val d’Europe, je vous aurais sans doute dit que l’on ne peut présumer de rien, bien sûr, mais que, tout de même, la chose était peu probable tant je n’avais pas de raison a priori de me rendre dans un tel endroit et qu’il était peu vraisemblable que j’y conçoive la moindre émotion. Pourtant c’est exactement cela qui s’est produit ce soir.
Cela partait d’ailleurs mal, parce que nous avions rendez-vous, un rendez-vous vieux de trois mois, chez un spécialiste, l’unique spécialiste, ou presque, de toute la région, donc, dans ce quartier fait de résidences construites bout à bout, au beau milieu d’une plaine, une plaine de nulle part chaque soir d’hiver vite ensevelie par les brumes, tous ces immeubles bâtis selon le même principe de l’absence d’imagination, singeant, de très loin, l’architecture hausmannienne mais avec des matériaux contemporains, choisis pour leur faible coût, bref une architecture qui n’a pas de sens, quelque chose qui ressemble un peu au décor des Nuits de la pleine lune d’Eric Rohmer et qui toujours fait se poser la question, était-il donc impossible pour toutes les personnes vivant dans ces habitations assez luxueuses, de songer à s’intaller ailleurs ? Parce que sûrement on ne peut pas vivre ici par goût ? Et pourtant je vous assure que les immeubles qui jouxtent la rue de notre rendez-vous sont des immeubles quasi-luxueux donc oui, avec un liuxe de digicodes et d’interphones sophistiqués, il y aurait, ici, des personnes qui habiteraient par choix résolu ?
Cela partait d’autant plus mal que je n’aime pas beaucoup ces histoires de spécialistes pour lesquels il faut prendre des rendez-vous dix ans avant, parce que c’est sûr à ce rythme-là votre tumeur a largement eu le temps de devenir assassine et votre décès amplement le temps de vous barrer la route. Arrivés avec un petit peu d’avance, ben oui, nous sommes comme tout le monde, on a beau ne pas aimer ces spécialistes à la renommée qui dépasse les frontières, on est quand même dans ses petits souliers de les affronter. Du coup, longue attente dans la salle étroite prévue à cet effet, et Nathan qui naturellement ne tient pas en place. Je fomente déjà les tirades bien assénées que je me promets de faire au spécialiste, au neuropédiatre, lui faire remarquer que toute attente est assez généralement intolérable pour des enfants, mais alors pour des enfants, qui ont de telles difficultés qu’ils doivent consulter un pareil spécialiste, pensez, alors, vous ne croyez pas que vous pourriez faire les choses différemment ? Il fait une chaleur stupide dans la salle d’attente, Nathan tourne en rond, bref cela part mal.
Et puis le spécialiste des spécialistes arrive, son entête avec des études par-ci, par-là dans le monde notamment à Harvard, on s’imaginait déjà le type un peu dédaigneux de ces patients qui repartent en RER pendant que lui retourne à la maison en Porsche, ou dans une grosse berline allemande pleine à craquer des décibels d’airs d’opéra joués sur une chaîne hifi embarquée comme on aimerait en avoir une dans son salon. Le neuropédiatre, ne doit pas conduire de Porsche, il a l’air parfaitement bonhomme, avenant et salue Nathan de façon sonore en lui serrant très cordialement la main. Dans son cacinet, règne un très beau désordre, dans lequel il n’est pas facile de retrouver un stéthoscope parmi des tas de jouets multicolores, d’ailleurs des stéthoscopes il y en a deux, un en parfait état, pour le neuropédiatre, et puis un autre pour les petits patients pour qu’eux aussi puissent écouter le coeur de leur docteur. Bref vous l’aurez compris, cet homme est patient, très rapidement nous allons découvrir qu’il également très compétent, admirablement compatissant et très encourageant, il écoute profondément, apparemment en dehors de toute contrainte horaire, ce que nous avons à lui dire, il pose des questions dont les réponses l’intéressent au plus haut point, se fait repréciser les choses, manifeste de la pudeur, s’excuse lorsqu’une question est douloureuse en expliquant bien les raisons de cette question, est plein d’humour et d’ironie, se laisse embrasser, en rougissant presque, par Nathan, tout harvardien qu’il soit, et finalement nous dit, que non, nous ne nous sommes pas trompés, nous sommes bien en présence d’un petit garçon autiste, probablement dans la section des autismes atypiques, mais surtout, il a cette parole calme, de nous dire que voilà, étant donné les symptômes, le développement actuel de Nathan est remarquable, il dit, vous avez fait du bon travail.
J’ai les larmes aux yeux. Je voudrais cependant partager cela avec quelques unes des personnes qui nous ont tellement aidés pendant ce parcours. Léa, la psychologue. Michel, Monsieur Michel comme dit Nathan, le psychomotricien. Magali, l’orthophoniste. Martine, Isabelle, Béatrice et surtout Myriam, les institutrices de Nathan. Monsieur Jean-Louis, l’osthéopathe chanteur. Frank et Edith, plus bas dans la rue. Les amis aussi qui sont restés près de nous, Hanno, Emmanuelle, Martin et Isa, Pascal et Florence, Elyane, tant de personnes qui nous ont soutenus et qui ont bien voulu y croire quand nous manquions de courage. Anne-Pauline qui aura emmené Nathan à un concert de Pascal Comelade. François qui souvent m’envoyait un mot pour nous encourager, une compréhension silencieuse. L, pour sa hauteur de vue, me rappelant sans cesse que Nathan est un sujet à part entière. Ma tante qui récemment nous aura remis à flot. Voilà sachez tous que là où est Nathan aujourd’hui, c’est déjà à flan de colline, et c’est aussi à vous que nous le devons. Et c’est à vous tous que je pensais lorsque nous sommes repartis de Chessy-Marne-la-Vallée, dans le décor nocturne d’un film d’Eric Rohmer, quelle horreur !
Ces deux autres paroles du neuropédiatres qui sont également pleines d’écho : les enfants souffrant de Troubles Envahissants du Développement — c’est comme cela que s’appelle la grande famille des maladies autistiques — sont de plus en plus nombreux et nul ne sait la raison de cette recrudescence. Le neuropédiatre n’a pas toujours exercé dans un en endroit aussi excentré, il a même eu un cabinet à Paris, mais voilà il en a été chassé par le voisinage qui était indisposé par les cris des enfants, patients du neuropédiatre, je souhaite à tous ces anciens voisins du neuropédiatre de dormir éternellement. Pour ne plus être dérangés.


Deux expériences de l’appréhension du temps différentes dans la même journée.
Mon amie Laurence qui est en France quelques jours vient déjeuner, plus exactement passer la journée chez nous. Elle m’appelle comme convenu quand elle est sur le quai de la Défense et qu’elle s’apprête à monter dans le train en direction de Boissy-Saint-Léger, j’ai juste eu le tepps de lui dire que c’était parfait, cela me laissait pas tout à fait une demi-heure, avant de devoir aller la chercher à la gare, pour continuer de faire à manger, plus exactement de pétrir une pâte brisée pour faire une petite quiche. La farine est étalée sur la table déjà, j’ai retroussé la nappe. Adèle fouille dans les différents placards et tiroirs de la cuisine et sème un très joli désordre. Je regarde l’heure sur le cadran du four électrique, 11H04. J’en déduis amusé, et plongeant les mains dans le beurre et la farine qu’il y a un train à 11H04 qui part de la Défense en direction de Boissy-Saint-Léger. Et que j’ai tout à fait le temps de préparer lentement ma pâte, ajouter de l’huile d’olive et une pincée de sel CHARLES DE GAULLE - ETOILE, et le mélange homogène AUBER d’ajouter progressivement CHATELET LES HALLES de l’eau juqu’à GARE DE LYON ce que ma boule de pâte NATION commence à transpirer, la faire alors rouler dans un fond de farine VINCENNES, la réserver dans un bol et la mettre au frais au moins une heure FONTENAY SOUS BOIS avant de la rouler. Pendant toute la préparation de cette pâte j’ai été incapable de détourner mon attention de l’image que je me faisais de Laurence dans le RER et de me dire qu’elle devait penser à moi occupé à faire la cuisine. Et comment les étapes de la confection de cette pâte et de faire aussi revenir les lardons découpés en gros dés, et les oignons coupés en rondelles se sont superposées à celles des différents noms de station du trajet de Laurence.
Faisant la cuisine, j’avais mi un disque des Beatles. J’aurais pu mettre le double
blanc puisque c’est en pensant à la réponse que
François m’avait faite à
mon article à propos du texte de Perec, J’aime / Je n’aime pas que j’ai eu l’idée d’écouter les Beatles. Le problème des Beatles c’est qu’ils ont connu dans mon esprit une certaine usure. De même que mon plaisir de lire
Tintin, de regarder un film de James Bond ou encore de
lire un livre de Perec, s’estompe beaucoup, celui d’écouter les Beatles, et notamment le double
blanc est sans surprise pour moi tant j’ai le sentiment de connaître tous les secrets de ce disque. Alors plutôt que découter le double
blanc, j’ai choisi découter un disque que mon ami Alain, bientôt
passible donc d’une amende de 300.000 euros, m’avait gravé, il s’agit des chutes d’enregistrement des Beatles dans leur dernière période, celle du double
blanc, d’
Abbey Road et de
Let it be. Et écouter ces maquettes, ces tentatives avortées, ces chahuts, ces vannes entre musiciens — on peut dire ce que l’on veut du talent musical des Beatles, leur sens de l’humour c’est quand même quelque chose :
We improve with time, like a fine wine really à la fin de la millième prise de
I’ve got a feeling — leur accent du nord de l’Angleterre,
them bloody Scousers, tout ça est un plaisir qui, du fait qu’il soit inédit, et non usé jusqu’à la corde comme la face B de mon vynil d’
Abbey road, me replonge tout à fait dans cette découverte des Beatles au tout début de mon adolescence, les économies sou à sous pour pouvoir aller s’acheter une nouvelle galette, et l’incrédulité d’entendre de nouvelles chansons, des chansons des Beatles que je ne connaissais pas encore. Curieusement l’écoute de ces chutes me replonge plus sûrement que la dix-millième écoute de
Let it be, sans prévenir, à ces étés et ces vacances lointaines.
Et un peu plus tard, lorsque nous sommes allés chercher Madeleine, Laurence me faisait la remarque que les instits lui paraissaient très jeunes, j’eus plaisir à lui répondere que c’était là une question de référent, et que par exemple, j’étais obligé de constater qu’il m’arrivait parfois d’avoir affaire à des médecins qui étaient plus jeunes que moi. incroyable tout de même de se dire que je connais Laurence depuis un peu plus de vingt ans.
All things must pass.
Vous seriez en droit de me faire remarquer que la chanson des Beatles que j’ai choisie n’est pas exactement une chanson des Beatles mais bien plutôt la maquette d’All things must pass de George Harisson ; John Lennon et Paul Mac Cartney étaient assez méprisants pour les petites compositions de George Harisson auquel il ne donnait pas souvent voix au chapitre, dans les débuts des Beatles cette exigence était sûrement assez fondée, mais vers la fin de la décennie des Beatles le petit George était devenu grand, ce qui fait qu’à leur séparation c’est sans doute lui qui dans un premier temps s’en est le mieux sorti, notamment avec le triple album All things must pass qui n’était autre que le receuil de toutes les chansons qui avaient été hâtivement écartées par les deux autres, dont ce poignant All things must pass.
Dessin de LL de Mars
Suite à
ma petite colère de la veille j’ai reçu d’assez nombreux courriers, il y a les pour mais il y a aussi une contre, il y a celui qui fouille à fond dans les pages du désordre et qui du coup découvre une erreur que je n’aurais jamais vue sans lui. Quelques extraits et leur réponse.
Dans ceux qui étaient pour,
LL de Mars me demande de mettre le texte sous CopyLeft pour qu’il circule plus facilement. C’est chose faite. Il est vrai que le principe de
License d’Art Libre ou copyLeft, dans de telles conditions de régression sur la notion de droits d’auteur, est à étudier de plus près.
Celle qui est contre (en dépit du tutoiement nous ne nous connaissons pas — je préfère le dire tout de suite)
"notre gouvernement d’extrême droite"... T’es sûr que t’as pas flippé ou zapé totalement aux dernières présidentielles ?
Tu voudrais savoir ce que ça fait d’être dirigé par une véritable extrême droite ???? Gaffe, rien n’est jamais acquis en démocratie. C’est fragile ce truc là. Et voyage encore un peu... Il en reste, des pays dirigés par l’extrême droite, sur la planète... c’est juste quelques crans plus dingue. Va faire un petit tour en touriste, avant de complètement partir en vrille dans tes délires. Parce que là, tu débloques, copain. Pourtant je t’aime bien, mais faudrait pas que tu te laisses emporter par tes détestations, là t’es pas Net !
Je ne suis pas du tout convaincue que les dérives lexicales comme la tienne mènent à qq chose de constructif, parce que t’es dans la haine aveugle, là ! Calme toi... Et regarde en toute honnêteté ce que les gauches au pouvoir deviennent, historiquement, ou même au présent : rien qu’une histoire de pouvoir. Dans le Nord, c’est pas loin, et tu connais ?!!! où je viens juste de passer 30 ans sans m’y sentir spécialement à l’aise, j’ai vu à l’oeuvre une gauche (non extrêmiste) installée aux commandes depuis trop longtemps, qui ressemble trait pour trait à la droite d’ailleurs, au pouvoir elle aussi par tradition jusqu’à ce que le FORMIDABLE et IRREPROCHABLE Président Mitterrand s’installe pour 2 septennats, promis/juré je suis en bonne santé, et je respecte les droits du citoyen, tiens, je n’écoute pas indûment leurs conversations téléphoniques perso, pour protéger mes petits secrets... exemples qui me viennent, mais y’en a bien d’autres. Bousquet... Oh j’avais oublié. C’est ça ton modèle ??? Ah fallait le dire tout de suite... Pourtant y’en a qui ont ouvert les yeux, et qui ne parlent plus de lui tellement ils ont honte de ce qu’il a fait de crado. Ah on a le droit d’être déçu aussi, quand on reste assez lucide. Clan ou pas clan.
On ne va pas s’en sortir avec ces catégories qui divisent à côté des vraies questions. Parce qu’il y a du boulot sur la planche, pendant que tu écris tes petites diatribes, derrière ton ordi, ou que j’en fais autant, mais il est tard et je prends sur ma nuit pour réagir à ton désordre. T’as remarqué, sur les grandes questions, en ce moment, il y a des gens de chaque clan qui disent NON ensemble, ou OUI ensemble, pour l’Europe tiens, y’a pas si longtemps. Ou pour la guerre en Irak. T’as repéré ?
Donc y’a des remises en question qui sonnent à la porte : je suggère de prendre un peu de hauteur avec les petites boîtes, et gaffe aux étiquettes, surtout mal écrites. Il serait juste temps de trouver qq chose d’un peu plus pertinent, tu sais une sorte de révolution permanente, avant d’être obligés de gérer la totale merde. Inventer, mettre sa créativité au service d’outils plus efficaces, avant de se barrer dans une violence qui commence par les mots qui font "Pan" comme un flingue. Il y a aussi les mots qu’on s’interdit, qu’on ravale, parce que le politiquement correct prend le pas, ou l’évitement des débats s’installe, pour ne pas se fâcher. C’est la meilleure ça !!! Il y a encore qqs années on pouvait s’affronter, discuter, apprendre des échanges même et surtout contradictoires. Tiens quand et comment ça s’est mis à changer ?!!! J’aime bien les mots et les images, et l’idée de désordre, sauf que là, oui, on y est, mais sans aucune distance ni inventivité. T’es le nez sur le guidon, et que je sache en photo, de trop près, on ne voit plus rien !
Salut Philippe ! Ne prends pas ça mal, on peut encore discuter ? Ah j’y suis : tu voulais susciter du courrier, pour savoir si tes correspondants respiraient encore !!!!!!! O. K. ! Bien vu... Tu m’as fait peur ! A moins que tu ne choisisses tes correspondants parmi ceux qui partagent totalement tes humeurs ? Non, je ne pense pas, enfin pas encore...
Oui, je suis absolument certain qu’un gouvernement qui reprend la moitié (12 sur 24) des propositions du FN dans son programme de 2002 en matière de sécurité, les lois Sarkozy-Perben, est un gouvernement d’extrême droite.
Oui, je suis absolument certain qu’un gouvernement qui répond à la crise du logement social à Paris (incendies du mois d’août) en vidant des immuables de squatters le jour de la rentrée scolaire rue de la Fraternité est un gouvernement d’extrême droite
Oui, je suis certain qu’un gouvernement qui ne manque jamais une occasion de faire passer des lois aussi débiles que celles de la LEN et maintenant celle de DAVDSI est un gouvernement d’extrême droite
Oui je suis certain qu’un gouvernement qui s’applique à réécrire les pages sombres de l’histoire en minimisant leur horreur (je parle de la colonisation) est un gouvernement d’extrême droite
Oui je suis convaincu qu’un gouvernement qui punit la dégradation du drapeau français ou les sifflets pendant ce chant idiot de la Marseillaise de 7500 euros est un gouvernement d’extrême droite.
Si pour vous l’extrême droite ce n’est que son expression définitive, alors vous n’êtes pas assez méfiante. A la question quand est-ce qu’il faut commencer à se révolter contre les dérives de la droite avant qu’elle ne verse irrémédiablement dans le fascisme, la réponse est maintenant.
Par ailleurs, je ne sais pas très bien où est-ce que vous êtes allée pêcher que le PS pour moi constitue une alternative décente à ce gouvernement nauséabond, parce que je peux vous rassurer sur ce dernier point, pour moi le PS c’est un résidu d’incompétents angéliques et bourgeois, bref des lecteurs de Télérama.
Pour ce qui est des rapprochements entre les différentes tendances politiques autour du référendum, je ne vois rien de très positif dans le fait que Besancenot et Le Pen marchent dans le même sens et de ce fait allient leurs électorats malades.
Par ailleurs, non, je ne joue pas avec les visiteurs du site, je suis absolument derrière tout ce que j’écris.
Cordialement
Phil
Et il y a celui qui a remarqué une erreur de liens dans un endroit vraiment impossible, c’est sans grand rapport avec ce qui nous occupe, mais je peux vous assurer que cela fait drôlement du bien de savoir que des visiteurs sont à ce point attentifs.
...(...)... Or j’ai suivi le lien de votre message d’aujourd’hui et tout en lisant vos préoccupations (que je partage) au sujet de la culotte de la crémière, j’ai cliqué un peu hasard sur un des CD dont l’inscription manuscrite me paraissait illisible : Quelle ne fut pas ma surprise d’entendre le chant bouleversant de Malini Rajurkar ! D’abord j’ai cru avoir lancé par mégarde la lecture d’un de mes fichiers musicaux sur mon propre ordinateur, tant il me paraissait peu probable d’entendre la voix de cette chanteuse surgir de votre site.
Elle est pour moi un des sommets de la musique, tous styles confondus, à tel point que je rêve d’organiser pour elle un tournée qui lui permettrait de venir chanter en Europe.
A y regarder de plus près, je vois maintenant que votre inscription sur le CD que je croyais illisible mentionne en fait "Nusrat Fateh Ali Khan en concert à Paris".
Je n’ai rien contre ce musicien mais propose de rendre à Malini Rajurkar ce qui lui revient. Merci pour elle.
Erreur corrigée
Des réactions aussi nombreuses sont assez rares, aussi j’ai décidé, aussi pour répondre à celle qui a l’air de confondre le gouvernement Villepin avec une troupe de Boyscouts en culottes courtes affairés à construire une belle cabane bien gardée, que le site serait en grève,
la page d’accueil est fermée pour le moment. Par ailleurs dans
le Terrier,
la résistance s’organise.
Sincèrement est-ce qui quiconque est capable de citer une loi qui aille dans le bon sens depuis le 21 avril 2002 ? Allez, parce que je n’aime pas beaucoup les gens qui aiment les voitures — il faudrait que je le rajoute à
ma liste es choses que j’aime et que je n’aime pas — je vous concède que ce qui vise à limiter la vitesse est plutôt une bonne chose, ce qui est amusant, en revanche, c’est comment notre gouvernement d’extrême droite version 3.0 ait sérieusement décidé de ralentir sur les ralentissements dans le but de réduire la facture pétrolière, parce que nous nous approchions dangereusement d’une échéance électorale. Donc, non, finalement ne leur laissons même pas cela à ces peignes-culs de droite, et n’ayons pas peur d’affirmer qu’aucune loi ni bonne ni juste n’est sortie des rangs de cette extrême droite soit-disante respectable. L’extrême droite est caricaturalement clientéliste également, et un exemple de ce favoritisme outré pour les entreprises est à attendre d’ici à la fin de l’année, en droite venue de la parodie de Parlement qui ne sert plus à rien : la loi DADVSI (pour Droit d’Auteur et les Droits Voisins dans la Société de l’Information).
Si une certaine marque de fabrique, très droitière et surtout très portée vers l’avantage du profit, n’était pas reconnaissable dès la première virgule, il y aurait sûrement matière de s’amuser d’une loi pondue, une fois de plus, par des gens triés sur le volet pour leur incompétence dans la matière même qu’ils ont à légiférer. Imaginez comme il serait comique et grossier de voir un grand groupe d’opticiens s’allier financièrement avec une grande maison d’édition et puis de faire pression sur un gouvernement pour obtenir une loi qui obligerait la lecture des livres du groupe d’édition avec des lunettes uniquement de la marque d’optique de son allié financier. Cela ferait sourire n’est-ce pas ? On se dirait que c’est un peu gros et tout un chacun écrirait gentiment à son député pour lui dire qu’il doit s’agir d’une plaisanterie, merci de rectifier le tir. Seulement, le même stratagème honteux appliqué au monde du numérique, dans lequel l’ignorance règne sans partage, chacun confondant les notions les plus élémentaires du médium, c’est exactement cela qu’il va se produire et qui passera comme une lettre à la poste, aussi facilement qu’un projet de réécriture scélérate de l’histoire devant une assemblée de droite.
Les sociétés de protection de droits d’auteur vont bientôt avoir le beurre, l’argent du beurre et sauter la crémière, d’ailleurs regardez-les ils commencent à avoir le sourire du chat qui a trouvé le pot de crème.
S’ils ont momentanément échoué dans leur projet initial de faire payer une redevance aux internautes, ils vont cependant obtenir ceci, la répercussion du coût de la protection contre les copies, sans perdre par ailleurs la redevance qu’ils perçoivent sur les support vierges, destinés justement à une activité rendue illicite par la même loi, le beurre et l’argent du beurre. Et le sourire de la crémière ?, vous voulez que je vous dise à quoi il ressemble ? Et bien la culotte de la crémière c’est ceci : la pénalisation du logiciel libre, il ne sera plus toléré que des particuliers développent, seuls ou en association, des logiciels et des applications ou encore améliorent l’utilisation d’outils existants.
Vous vous dites sûrement à mon sujet, il exagère encore.
Lisez à voix haute les phrases suivantes et voyez comme elles sonnent. Il n’y a pas d’intrus.
Dorénavant, toute personne surprise en train de lire le journal par dessus l’épaule de son voisin dans le métro sera passible d’une amende de 300.000 euros.
Il n’est pas permis de prêter un livre à un ami sous peine d’emprisonnement pendant trois mois.
Toute personne gauchère surprise en train de paramétrer sa souris d’ordinateur pour qu’elle soit à gauche de son clavier aura la main coupée.
La colonisation a été une très bonne chose. On en mesure encore aujourd’hui les grands bienfaits.
Si votre voiture est en rade au beau milieu de la nuit en plein hiver et que vos trois enfants sont à l’arrière, il vous est formellement interdit de tenter de réparer quoi que ce soit. Vous devez passer la nuit sur place.
Lorsque vous achetez un disque, réfléchissez bien : dans quel lecteur de CD vous aimeriez par la suite écouter ce disque, plutôt dans le salon ?, sur l’ordinateur du bureau ?, ou dans la chambre ?, parce qu’après l’écoute du CD sur l’un de vos trois appareils, il ne sera plus possible de l’écouter sur les deux autres.
Toutes les bibliothèques municipales vont être fermées et remplacées par des comptoirs de la FNAC ou d’Amazon, bref des supermarchés, ces transformations seront à la charge du contribuable.
Pour chaque utilisation d’une ampoule électrique vous devrez vous acquitter de droits auprès de la société qui gère les intérêts des descendants de Thomas Edison.
Si votre machine à laver le linge cause une immense inondation de votre appartement il vous est formellement interdit de jurer et surtout pas de mentionner à quiconque le nom de la marque de votre machine défectueuse, même pas à votre voisin du dessous qui a lui aussi à empâtir de cette inondation. Votre opinion en tant qu’utilisateur de machine à laver est nulle et non avenue.
Lors d’une projection de diapositives de vos dernières vacances vos amis devront payer à la société KODAK une redevance pour avoir le droit de regarder vos photos.
Les livres publiés chez Gallimard ne peuvent être lus qu’en portant des lunettes (que vous devez porter même si votre vue ne le commande pas a priori) de la marque Anquetil opticiens.
Si vous songez à l’achat d’un aspirateur pensez qu’avec la marque X vous êtes contractuellement tenu d’acheter aussi un réfrigérateur, un four électrique et une machine à laver la vaisselle. Si toutefois, vous optez pour la marque Y, alors il vous faudra acquérir une télévision grand écran, un four à micro-ondes et un ordinateur, nous reviendrons sur ce dernier achat. Vous n’avez absolument pas le droit de vous servir d’un balai. Cela va sans dire.
Votre ordinateur doit nécessairement être équipé d’un graveur de CD et de DVD, qui ne vous permettra pas de copier des programmes postérieurs à 1839, ce graveur fera l’objet d’une taxe (reversée aux société de droits d’auteur au titre de la lutte contre les copieurs et les pirates) hebdomadaire indexée sur le nombre d’heures que vous passez sur votre ordinateur, que vous vous serviez ou non de votre graveur. Cela va de soi.
Est-ce que c’est plus clair comme ça ? Bref nous n’avons aucune compétence dans le domaine numérique et il nous apparaît donc urgent de laisser la sacro-sainte "loi du marché" faire notre travail. Signé, les députés de l’UMP et le gouvernement d’extrême droite version 3.0.
Quelques remarques annexes, en 1839, le député Arago dans son célèbre discours à l’Assemblée Nationale demandera avec ferveur que la France rétribue Niepce et Daguerre pour leur invention, la photographie et qu’il était primordial que par ce geste la France fasse cadeau au reste du monde d’une invention qui était trop belle pour être gardée dans le périmètre mercantile. Epoque bénie.
Ce billet va être posté sur la lise de diffusion du site parce qu’il est important que cette information circule.
D’autant plus important que le désordre n’a pas le premier argent pour payer des droits d’utilisation des différents logiciels qui servent à sa construction, aussi bien pour la fabrication des images, des sons, des extraits de vidéo, du texte même et des pages html qui le constituent.
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