Dimanche Dimanche 9 octobre 2005

Je déteste absolument le tir. Le tir avec des armes à feu. Pourtant il paraît que je suis doué pour cela. Ce sont des militaires qui me l’ont dit. J’excèle au pistolet mitrailleur. Au pistolet mitrailleur j’ai des doigts de fée. C’est ce que disaient les sous-officiers. Pendant mon service militaire. J’étais apparemment capable d’une prouesse, le tir balle à balle. Les entraînements trimestriels de tir au pistolet mitrailleur auxquels nous étions astreints se passaient à la base aérienne de Villacoublay. Dans un immense stand de tir. Une manière de blockhaus longiforme, des murs en béton armé, gris, très gris, au sol de la terre battue, une pénombre rare donnait une lugubre impression de couloir au champ de tir, au bout duquel se trouvaient les potences sur lesquelles étaient affichées les cibles, en pleine lumière rasante, éclairées par un puits de lumière au dessus d’elles. L’écho sans fin du crépitement des pistolet-mitrailleurs et qui perdurait encore longtemps après l’ordre de cessez-le-feu. L’odeur âcre de la poudre aussi. J’étais toujours le dernier à vider consciencieusement mon chargeur, balle à balle, le métal froid contre la joue. On s’enrhummait facilement entre ces murs humides.

Des années plus tard, j’ai vu à la télévision, un soir tard, l’Armée des ombres de Jean-Pierre Melville. Lorsque le personnage interprété par Lino Ventura est mené dans un stand de tir avec ses compagnons d’infortune. La règle du jeu est simple, expliquée par l’officier SS, parmi tous ces hommes condamnés, un seul sera épargné, le premier arrivé au bout du couloir, il aura gagné le droit de participer à la prochaine fusillade. L’ordre de feu est donné. Le personnage de Lino Ventura ne court pas, parce qu’il a compris que c’était un jeu à la con.

La scène, j’en suis certain, a été filmée au stand de tir la base aérienne de Villacoublay, qui jouxte aujourd’hui l’autoroute A86 au Sud-Ouest de Paris. A la place de cette autoroute il y avait autrefois une route bordée de marroniers à l’ombre desquels le personnage de Simone Signoret complotait une tentative d’évasion, dans une traction avant noire prête pour la fuite.

Nous, c’était le car qui nous ramenait à Balard.

En réponse à un texte de François Bon dans Tumulte

 

Samedi Samedi 8 octobre 2005

Et je peux bien ironiser sur les pratiques de délocalisations, notamment celles de mon employeur.

Nous faisons refaire la petite cour devant la maison. Et le mur. Du coup, aussi, le poteau qui retient le portail, qui le retient tellement bien d’ailleurs qu’on ne peut plus l’ouvrir. Deux sociétés sont venues nous faire un devis. Leurs prix allaient pour ainsi dire du simple au double. Nous avons donc choisi le petit entrepreneur portugais dont le devis était émaillé de très belles fautes d’orthographe, aussi parce qu’il avait une bonne tête, oui, pas seulement pour ses fautes de Français sur le devis, et parce qu’il ne poussait pas trop à la consommation. L’autre entrepreneur au contraire nous avait proposé un devis qui nous aurait volontiers fait confondre notre petite cour de rien du tout, de rien du tout, avec les jardins de Versailles.

Les travaux ont commencé, comme on l’entend sur la bande sonore de Puiseux-en-Bray.

La semaine dernière nous avions invité l’ouvrier qui peinait sur son marteau piqueur à prendre le café et dans le fil de la conversation, nous lui avions demandé d’où il était au Portugal, et il m’avait expliqué qu’il était du centre, j’avais demandé du côté de Coimbra ?, il avait répondu non, du côté de Leira. J’avais alors poursuivi la conversation en lui disant combien j’avais été impressionné par la beauté de Coimbra, et, sentant comme une menace venir, il avait fini par dire qu’il n’était pas portugais, que son patron lui disait de dire qu’il était portugais, qu’il avait été au Portugal avec son patron pendant dix-huit mois, mais qu’en fait il était Moldave. Et aussi, libéré par ce premier aveu, de confesser également qu’il n’était pas exactement maçon de son état, mais musicien, guitariste. Nous avions alors parlé de la Moldavie d’où il était parti depuis plus de quatre ans et des conditions de vie très difficiles qui étaient celles de sa famille restée là-bas, et comment l’argent qu’il leur envoyait tombait comme une manne, sans laquelle ils ne pourraient pas vivre. Dans sa voix et son regard la tristesse était à peine masquée par des sourires qui nous remerciaient du café et de l’accueil.

Et puis cette semaine, ce sont deux Russes qui ont coulé la première dalle et construit les étaiements pour refaire le mur. Comme nous avions eu le sentiment que leur collègue moldave, le vendredi dernier, n’avait pour ainsi dire pas mangé, nous étions déterminés avec Anne cette fois-ci de prendre un peu mieux soin de ces ouvriers venus de l’Est.

A vrai dire cela n’a pas été facile de casser la glace avec eux, d’une part parce que l’un d’eux ne parle que le Russe et que son plus jeune compagnon ne comprend pas toujours très bien ce qu’on lui dit en français. Hier je n’avais pas vraiment réussi à ouvrir le dialogue &#151 j’avais pourtant retrouvé une bouteille de très bonne vodka dans le congélateur, comme quoi les poncifs auxquels on se raccroche obligatoirement quand on a deux maçons russes à sa table ne sont pas forcément très efficaces.

En fin de journée j’ai cependant demandé au plus jeune s’il acceptait que je lui montre une petite réparation qu’il y aurait à faire sur le carrelage de la salle de bain et s’il acceptait que je le rétribue de la main à la main. Son regard s’était illuminé et aussi celui de son collègue qui devenait tout d’un coup plus souriant à mes karacho et mes spassiba.

Aujourd’hui, ils ont du trouver que c’était une bonne maison parce qu’ils sont accepté plus facilement de déjeuner mais aussi de faire durer le plaisir du café et ils ont beaucoup discuté avec Anne. Eux aussi sont séparés de leur famille depuis quelques temps et économisent autant qu’ils peuvent pour envoyer de l’argent au pays. Alors hier c’était fête parce qu’avec les quarante euros que je leur avais donnés pour la réparation dans la salle de bain, ils avaient pu s’acheter des cigarettes. Anne m’a dit qu’ils fumaient comme des pompiers. Et la veille ils n’en avaient pas grillé une seule. Anne a rougi en repensant à toutes les cigarettes qu’elle avait fumées à la fenêtre hier, devant eux, sevrés par la force des choses.

Madeleine s’est montrée une hôte parfaite puisqu’au moment du dessert, elle a posé sur la table absolument tous les desserts et tous les fruits qu’elle a pu trouver. Cette petite fille a bon coeur, c’est ma grande fierté.

Mais tout de même à Anne demeure la honte d’avoir fumé ses cigarettes sans penser que si les maçons russes ne fumaient pas c’était parce qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour s’en acheter. Et à moi la colère de n’avoir pas pensé que si un devis était plus bas que l’autre c’est qu’il y avait sûrement des raisons à cela. J’étais loin de penser qu’un jour des maçons russes viendraient faire les plombiers polonais dans ma maison.

 

Vendredi Vendredi 7 octobre 2005

Monsieur,

Vous avez utilisé une photo de Colette au mépris des droits d’auteur.

Soit vous éliminez la photo immédiatement, soit vous nous payez les droits pour l’utilisation d’un document photographique de Walter LIMOT.

Bien à vous.

LIMOT

Et vous vous demandez sans doute, comme moi, où peut bien se cacher dans le désordre cette photographie de Colette, auteur dont je vous confesse ici que je n’ai jamais lu une ligne, et qui est ce photographe Walter Limot, photographe pour lequel je dois le même aveu, je n’en ai jamais entendu parler. D’abord, je me suis dit que c’était une erreur. Et j’allais répondre à ce monsieur en lui signalant que des photographies de Colette dans le site, il n’en y avait point.

Et puis tout d’un coup cela m’est revenu : il existe bien une photographie de Colette dans le désordre, il s’agit de la vignette 033.jpg dans le sous-répertoire ’souviens’ du répertoire memory. Le principe de ce jeu étant de vous faire jouer avec des cartes de memory qui reprennent cinquante articles pris au hasard dans les Je me souviens de Georges Perec. Faire se souvenir de Je me souviens. Cette vignette mesure 70 par 70 pixels (c’est la taille de l’image que vous voyez en tête de cet article — en revanche cette nouvelle image de Colette n’est pas celle de Walter Limot, j’en ai pris une autre puisque j’étais sommé de l’éliminer immédiatement).

J’étais un peu incrédule, et sur le point d’écrire à ce correspondant pas très amène qu’il devait s’agir d’une plaisanterie, ou encore de tourner la chose en dérision en lui demandant à combien s’élevaient les droits de cette image. Je vous l’avoue, je ne connais pas très bien la question des droits d’auteurs, seulement quelques généralités. J’ai donc appelé mon amie Emmanuelle, qui travaille dans la presse pour lui demander conseil. D’abord elle a dit : une photo de Colette dans le désordre ? et puis je lui ai expliqué qu’il s’agissait d’une vignette de 70 par 70 pixels dans un des jeux de mémory, elle a manqué de s’étrangler de rire. Et puis en y réfléchissant, elle m’a dit de laisser tomber, je lui ai répondu que c’était ce que j’avais l’intention de faire, je n’avais effectivement aucune intention de m’acquitter de droits d’auteur pour une vignette de 7O par 70 pixels, et nous avons devisé de la démence de cette propension à la surprotection des oeuvres et des images en particulier.

D’après Emmanuelle, si je rentrais en contact avec l’ayant droit — ce que curieusement, je ne brûle pas de faire — je me verrais très probablement proposer un prix de 100 ou 150 euros de droits, une somme ronde — et rondelette puisque cela ferait tout de même du 2 centimes d’euros le pixel, une paille. Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas non plus acquis les droits des 49 autres images qui composent ce jeu de memory, vous avez déjà calculé que si je devais payer une centaine d’euros pour chacune d’entre elles, cela fait tout de même une page à 5000 euros.

Poursuivons le raisonnement jusqu’au bout. Je n’ai pas non plus les droits pour toutes les reproductions de tableaux dont j’émaille les pages du site dès qu’il est question de tel ou tel artiste, une centaine, idem pour les photographes, une centaine aussi, pour Robert Frank, à lui tout seul, une centaine également d’images, 128 pour être exact, 31 morceaux de musique dont je n’ai pas les droits non plus — sans compter que les ayant droits de Giacinto Scelsi auraient le droit de trouver un peu cavalière mon interprétation de l’âme ailée — pour les oeuvres sonores, je veux bien croire que les droits soient nettement plus élevés, mettons 200 euros et je suis sûrement loin du compte, qu’ai-je d’autre à déclarer ?, quelques textes, je ne vais pas non plus vous dire lesquels hein ? Faisons les comptes 100x100(peintures) + 100X100(photographies) + 128x100(robert_frank) + 31X200(musique) + 50X100(divers_textes) = 33000 euros.

Je crois qu’il devient utile de préciser que le désordre est un point net, pas un point com, que ce n’est pas uniquement pour faire un jeu de mot, désordre point net, mais c’est aussi parce qu’il n’a jamais été question d’argent dans cette affaire. Qu’il n’a jamais été question de faire payer un droit d’entrée au site. Qu’il n’a jamais été question d’appeler des cotisations ou je ne sais quelle autre forme de don. Qu’il n’a jamais été question que Julien ou moi ne soyons rétribués pour le travail que nous faisons ici. Que nous travaillons pour le plaisir. Pour l’amour du travail fait et bien fait.

Cela dit je veux bien pousser un peu la réflexion plus loin.

Prenons l’exemple de Walter Limot. Je n’en trouve pas trace dans le Larousse de la photographie, qui n’est certes pas le meilleur ouvrage qu’il y ait sur la photographie, mais tout de même cela permet un certain discernement. Le nom d’un photographe figure dans ce dictionnaire et vous pouvez considérer qu’il fait partie de l’histoire de la photographie, le nom n’y figure pas et le photographe ne fait pas partie du panthéon de la photographie. Dit comme cela c’est un peu grossier, mais cela permet de faire un premier tri. Dans l’encylopédie universalis, pas de trace non plus.

Une recherche sur internet en revanche nous donne davantage d’informations. Où l’on trouve une vingtaine des images de ce photographe. En fouillant bien dans sa biographie (que l’on trouve dans trois langues — il semblerait que la première version soit l’anglaise et que les autres, française et allemande, ont été mal traduites — on apprend que Walter Limot a surtout été un photographe de plateau de cinéma, de même qu’il a fait de nombreux portraits de gens célèbres de son temps, dont Colette.

Ce que l’on trouve aussi c’est un site qui propose à la vente des tirages vintage de Walter Limot, et vous ne serez pas étonné de savoir que l’adresse à contacter est celle de mon correspondant André Limot. Sur ce site (en fait consacré à l’acteur Conrad Veidt) on trouve donc notamment toute une série d’images des films Rasputin et le Joueur d’échecs. Toutes les images du site sont frappées d’un copyright particulièrement visible et sont rarement plus grandes que 200 pixels de large ou de long. Les tirages vintage sont au prix de 1500 et 2500 dollars. Autant vous dire que pour un photographe, certes d’honnête facture, mais qui ne fera jamais partie de l’histoire de la photographie ces prix sont hallucinants. Pour vous donner un ordre de grandeur, fin 1989 début 1990 lorsque j’étais l’assistant de Robert Heineken, il m’est arrivé de devoir faire du tri dans ses diapositives, et dans les classeurs prévus à cet effet, j’ai vu des listes de prix qui étaient davantage exprimés en centaines de dollars, parfois pour des images en exemplaires uniques — du fait de leur mode de production. Je ne sais pas qui est André Limot, à son nom de famille, je peux seulement deviner qu’il doit être un ayant droit direct de Walter Limot, son fils sans doute, ce que je comprends de toutes ces informations et du mail pas très accorte qu’il m’a envoyé c’est qu’il a un redoutable sens des affaires. Et je ne suis pas certain que sa démarche soit celle qui rende la meilleure justice qui soit à l’oeuvre de son parent.

Je ne sais pas si un jour mon travail jouira ou non d’une certaine reconnaissance ou si le contenu de toutes les boîtes de photos qui m’entourent dans le garage aura, ou non, un jour une valeur qui ne sera pas strictement sentimentale pour ceux qui vont me survivre, mais je préfère tout de suite bien élever mes enfants et leur donner ici les lignes directrices de la gestion de ce qu’il restera de mon travail.

Madeleine, Nathan, Adèle, mes enfants chéris.

Ne faites pas commerce du travail de votre père. Donnez libre accès à ce travail. Votre père n’en a jamais vécu et a toujours produit ce travail dans un esprit de gratuité qui n’excluait pas le sérieux, au contraire, bien au contraire. Si ce travail devait un jour intéresser d’autres personnes que vous-même, faites en sorte que ces personnes soient le plus utilement renseignées. Vendez les originaux à un prix équitable — mentionnez toujours que pour les tirages en couleur, c’est votre maman qui a fait les tirages — mais gardez-en une trace documentée et laissez cette trace en libre diffusion. Pour le reste faites au plus juste selon votre jugement en lequel j’ai entièrement confiance.

Je ne sais donc pas quels sont les liens de parenté qui existent entre Walter et André Limot ni quelle fut leur relation. Si André Limot a les droits des images de Walter Limot, cela veut sans doute dire qu’il est le légataire de l’oeuvre de Walter Limot. Or je ne trouve pas trace sur internet, en dehors de cette page destinée à vendre des tirages originaux à un prix exhorbitant, de la moindre volonté de faire connaître l’oeuvre de ce photographe. La volonté de la faire fructifier oui, celle de la faire connaître non.

C’est curieux, mais depuis que je fais des recherches sur l’oeuvre de Walter Limot, l’homme me devient très sympathique. Pour une raison qui ne va pas d’elle-même. Walter Limot était un photographe qui tirait lui même ses photographies. Et que d’éducation bourgeoise il choisit le métier de photoraphe jeune, une carrière destinée à l’époque à une plus faible extraction sociale. Et je voudrais lui rendre un hommage que son ayant-droit ne semble pas avisé de lui rendre. Voilà ce que j’ai découvert à propos de Walter Limot.

Walter Limot s’appelait en fait Walter Lichtenstein. Il est né en 1902 à Berlin et est mort en 1984 à Paris. D’éducation bourgeoise donc, il aurait profité des absences fréquentes de son père qui vaquait à son commerce urbi et orbi, pour embrasser la carrière de photographe dont il apprit avant tout les savoir-faires du laboratoire.

Dans les années 20 les photographies de plateau étaient prises par les opérateurs, peu compétents en tant que photographes. En 1922, alors qu’il était jeune laborantin Walter Lichtenstein fut proposé à Ernst Lubitsch, peu satisfait des photographies de ses opérateurs, il fut au contraire très content de celles du jeune Walter Lichtenstein qui devint de facto le premier photographe de plateau du cinéma allemand. Il travaille bientôt pour les grands noms du cinéma d’Outre-Rhin, Oswald, Lamprecht, Bernhardt, Lang, Pabst et Ophuls, il reste cependant peu d’images de cette époque pléthorique.

Avec l’arrivée des Nazis au pouvoir en 1933, il quitte rapidement l’Allemagne pour Paris, où il change de nom, pour s’appeler désormais Walter Limot. En 1934 il devient l’un des tout premiers photographes de l’agence Rapho qui venait de voir le jour en 1933 — curieusement je ne trouve aucune trace de Walter Limot sur le site de Rapho, un conflit d’intérêt sans doute. Ayant gardé contact avec les réalisateurs allemands en exil, il continue de travailler comme photographe de plateau pour Berger, Ophuls, Sidmark, Lang et Litvak, mais il est bientôt très demandé par les réalisateurs français et travaillera avec Allegret, Gremillion, Dreville, Feyder, Clouzot, et Guitry.

Il devient également un portraitiste de renom et photographiera quelques unes des grande personnalités de l’époque, Lumière, Colette donc, Fernand Léger, Cocteau et d’autres encore, hélas c’est un travail dont il demeure peu de traces puisque tirages et négatifs seront perdus ou détruits en bonne part pendant la guerre.

Il met au point un système qui permettra de se tirer soi-même le portrait photograhique, mais il ne protégera pas son invention (Walter Limot n’avait apparemment pas la fibre commerciale aussi développée que son successeur !) et, sans brevet, ne bénéficiera pas de la fortune qu’aurait du lui valoir l’invention du photo-maton. Est-ce que c’est le poids de cette fortune fantôme qui pèse sur André Limot et le rend âpre au gain avec les photographies de Walter Limot, dont le négoce n’ouvre probablement pas les mêmes amples perspectives ?

Pendant l’Occupation sa famille trouvera refuge en Suisse, tandis qu’il s’engagera dans la Légion Etrangère. A la fin de la guerre il retourne s’installer à Paris où il reprend son activité de photographe de plateau (notamment pour Carné, Delannoy, Duvivier, René-Clair) et de portraits de célébrités.

Il meurt en 1984 à Paris.


Quelques précisions.

Vous présentez la biographie abrégée de Walter LIMOT et vous n’avez fait que copier notre texte. Soit.

Vous volez une image, oui vous volez une image, et la moindre des politesses serait d’indiquer le nom de l’auteur de la photo. Vous l’omettez. Soit.

Je me bats contre les voleurs d’images. Cela vous gêne tant pis.

Pour que vous soyez informé, et pour tant c’est écrit l’image de Conrad Veidt est unique : plus de négatif plus d’autre tirage. Vous comprenez le prix, peut être.

Si vous aimez les photos minuscules c’est votre choix, votre arthemetique en pixels ressemble fort aux comptes d’apothicaires du temps jadis. Et puisque vous insistez tellement sur des mesures mesquines, je vous annonce une bonne

nouvelle : je vous vends la photo de Colette en 18x24 sur papier, et non comme image electronique, au prix très spécial de € 200.

A prendre ou à laisser.

Je souhaite que d’autres ayants droit ou auteurs s’intéressent à votre site afin de pouvoir vous empêcher de voler des images et essayer de vous faire comprendre que l’artiste quel qu’il soit mérite le respect de son nom.

Limot ne vous dit rien, ses photos resteront, je doute que vos écrits interesseront beaucoup de monde et passeront à la postérité.

A propos prami tant de photos de Colette que vous auriez pu pirater, pourquoi le choix de notre photo. Probablement à cause d’un je ne sais quoi qui vous touche. Réfléchissez un peu.

LIMOT


Monsieur Limot

Je ne sais même pas comment répondre à votre message. Votre premier message était tellement agressif, sans aucune recherche de consensus ou d’entente ou même encore de recherche de compréhension, que j’avais choisi de ne pas vous répondre, de prendre une autre photo de Colette, n’importe laquelle, vraiment, et de passer outre.

Vous revenez à la charge, j’imagine que c’est là une manière de droit de réponse, et je vous l’offre bien volontiers.

Vous dites que je reprends le texte de votre site à propos de votre père. Ceci n’est pas vrai, j’ai repris les éléments que j’ai trouvés sur trois sites différents, les seuls, à propos de votre père. Il me semble d’ailleurs que mon texte synthétique fait plutôt l’éloge d’un photographe, dont je reconnais bien volontiers qu’il fut le premier photographe de plateau et aussi l’inventeur du photo-maton, en cela votre père mérite tout à fait de figurer au panthéon de la photographie. Je regretterais presque que ce ne soit pas le cas, je vous prie de croire que j’ai chez moi une très importante bibliothèque à propos de photographie, et jusqu’à votre mail, je n’avais pas entendu parler du travail de votre père et même après votre mail, je n’en ai pas trouvé trace dans cette même bibliothèque, ce que je trouve injuste en regard des deux seuls fais mentionnés plus haut.

Ce que j’écris à propos de la photographie en générale et de certains photographes en particulier, Robert Frank, Robert Heinecken, Barbara Crane, John Coplans ou John Baldessari, n’est que le reflet d’une opinion personnelle et très subjective, mon dégoût de l’oeuvre de Cartier-Bresson étant l’étendard ironique de cette subjectivité, je ne pense pas que de tels écrits feront date ou quoi que ce soit d’approchant, je n’en ai certainement pas la prétention.

Je me suis permis d’ironiser sur la taille de la vignette que je vous avais empruntée sans le savoir et sans y voir le mal, parce que si d’aventure vous imprimez cette vignette, même sur une très bonne imprimante et que vous la rapprochez du tirage original qui est sans doute en votre possession, vous conviendrez qu’il soit difficile de parler de vol. Cete photographie de votre père n’avait été prise, dans une taille de 70X70 pixels pour intégrer, une parmi les 2499 autres vignettes de cette catégorie, un travail personnel, intitulé, Je me souviens du jeu de memory, et dans lequel je tente de faire oeuvre de graphisme et d’écriture, j’y mentionne les Je me souviens de Georges Perec, parmi lesquels "Je me souviens que Colette était membre de l’Académie royale de Belgique", j’ai donc fait une recherche d’images de Colette, et j’ai pris cette image, et vraiment dans cette taille là, j’avais choisi l’image de votre père, comme j’aurais pu choisir celle de Cartier-Bresson de la même époque ou tout autre portrait de Colette d’une autre époque, l’important était avant tout que l’on puisse reconnaître Colette selon l’image qui est la plus souvent véhiculée d’elle. Sans ironie de ma part, je me réjouierais presque que le hasard est fait que ce fût l’image de votre père dont j’ai pu, à l’occasion de votre premier mail, découvrir, un peu, qui il était, un photographe de bonne facture, et un homme assez inventif pour avoir conçu le premier photo-maton.

Vous dites vous battre contre les voleurs d’images. Etes-vous sûr de vous battre dans le respect de l’héritage de votre père ? Si quelqu’un met en avant les images de votre père sur internet, il vous rend en fait un grand service parce qu’il comble le manque laissé par les éditions graphiques dans la connaissance de l’oeuvre de votre père. Et de ce fait augmente les chances d’une meilleure reconnaissance, à laquelle il me semble qu’il aurait droit. Encore une fois une image apparaissant, même de bonne qualité, sur un écran, une fois imprimée n’est qu’une très pâle copie de l’original et qui n’a aucune chance de tromper qui que ce soit. Vous êtes apparemment plein d’animosité à l’égard de mon site, le rangeant très probablement dans une zone de non-droit qui est sans doute pour vous la plus fidèle représentation d’internet. Et me souhaitez donc d’avoir des ennuis juridiques avec d’autres ayant-droits. Sachez que depuis que le site existe, cinq ans maintenant, il jouit d’une certaine notoriété et qu’il n’a jamais eu à déplaire à des ayant-droits. Mais libre à vous de fédérer la révolte si vous le jugez opportun, apprenez tout de même qu’il y a une notion de fair use qui fait régulièrement juris prudence. Et que par ailleurs parmi les nombreuses citations du site beaucoup ont fait l’objet d’une entente préalable quand ce n’était pas de la part de leurs auteurs une proposition de publication.

Me traiter de "voleur" est cavalier, mais je mets cela sur le compte de la colère. Et me promettre l’absence de postérité pour mon travail me fait beaucoup rire. Parce que c’est le cadet de mes soucis, vraiment. Je travaille sur le site, non pas dans l’espoir d’une quelconque postérité, mais au contraire pour le plaisir de la découverte et l’enrichissement personnel que j’en tire.

Et je suis au regret de vous dire que si je disposais de 200 euros pour m’acheter une photographie, je crois qu’il y a d’autres photographies qui me feraient davantage envie, mais voyez-vous 200 euros c’est ce que je dépense mensuellement pour qu’une éducatrice spécialisée, et subventionnée partiellement, vienne aider mon petit garçon autiste à son école, à raison de 9 heures par semaine. Vous voyez il n’y a pas de place dans mon budget pour la photographie de votre père, même à ce point bradée.

Je ne sais pas si vous habitez à Paris, ou même en France, mais je suis tout à fait disposé à vous rencontrer autrement qu’au travers de mails acrimonieux, de part et d’autre, pour que nous puissions échanger librement nos points de vue et trouver un terrain d’entente.

Philippe De Jonckheere

 

Jeudi Jeudi 6 octobre 2005

Hier soir en retrouvant enfin le petit extrait de vidéo des enfants dans le jardin de Puiseux-en-Bray, chassant des oeufs de Paques et que j’avais projetté d’intégrer à 22042003.txt &#151 ce que j’ai fini par faire aujourd’hui &#151 Anne et moi avons regardé attendris ces images et d’autres voisines dans le temps, toutes vieilles de deux ans, un chahut dans la pièce du bas entre Nathan et Julien, un réveil en famille au dessus de la librairie et quelques extraits aussi aux Rigaudières, les enfants sont tellement grandi, je crois que c’est ce que l’on se dit en général devant pareil spectacle, mais ce n’est pas tout pour Anne et moi qui en fait épions le regard de Nathan et comment il s’abstrait parfois dans le vague, sa façon mal assurée et pas très à propos de parler, sa manière pataude de courir et de tomber parfois, faut-il que nous soyons à ce point préoccupés par son mal pour voir dans ces candides images vidéo des documents et des preuves. Nous devons être tout à fait fous. Il n’y a désormais plus rien que nous ne fassions ou disions sans y penser, sans en parler. Même nos lectures ne sont plus les mêmes, que de livres à propos d’autisme qui jonchent les côtés de notre lit, là où vous auriez habituellement trouvé des romans chinois du côté d’Anne et au moins un livre de Perec ou de Beckett du mien, ou encore un Jean-Philippe Toussaint, ou je ne sais quoi encore imprimé depuis ces sites sur lesquels je m’émerveille de trouver des textes tellement suprenants. Il faudrait tout de même faire de la place pour cela, pour ce qui nous animait jusque là, et pour tant d’autres choses.

C’est le propre de la maladie de Nathan, de l’encombrer lui, et de tout remplir pour nous. Plein à craquer dit-on.

 

Mercredi Mercredi 5 octobre 2005

François,

Viens de lire le tumulte de toi en perdu, je ne sais pas quoi te dire, tellement je m’y reconnais, la fascination à la fois pour l’écran et celle pas morte pour la table de travail, et cette question lancinante : est-ce qu’internet n’a pas permis, en disant merde notamment au livre — merde au livre pour toi et merde aux belles images pour moi, celles tirées sur du papier baryté hors de prix avec virage en split tones au sélénium — de toucher du doigt vraiment à ce qui compte : la matière vivante qu’est l’écriture — et à celle tout aussi fugace de l’image. De même que Borgès disait publier ses livres pour éviter d’avoir à corriger ses brouillons sans fin. Tu ne fais pas différemment en revenant sur une virgule ou l’autre, quant aux textes qui disparaissent dans la nuit mais qui sont tout de même lus par des insomniaques (ou des gens qui travaillent la nuit, suivez mon regard), là oui c’est proprement mystérieux comme existence.

Ce qui provoque mon émotion devant une oeuvre d’art ce ne sont pas ses qualités plastiques, qui le plus souvent m’ennuient, mais ses régions adventices, celles même où un risque a été couru à aller de l’avant là même où il n’y avait plus territoire connu, c’est ce qui rend l’oeuvre d’un Picasso monstrueuse, quand on parle de toiles plus faibles de lui, et justement en fin de vie, c’est plutôt risible parce que chacune d’entre elles continue de contenir les clefs pour l’oeuvre entière d’un seul peintre qui lui survit, et celui-là prendra beaucoup moins de risque.

La question du talent n’est effectivement plus de mise, mais bien celle d’un certain acharnement au travail, à la recherche. L’évolution de l’outil que nous avons désormais à notre disposition est tellement rapide, nous sommes sans cesse dépassés par elle, comme si nous nous brûlions à son feu en s’en approchant déraisonnablement. Et encore nous, nous avons conscience de ces terres inconnues, tu n’as qu’à entendre la réaction de ton éditeur, "protégez vos textes", mais contre quoi exactement ?, qui serait capable de brocher ce que tu écris là et d’y apposer un nom qui ne fut pas le tien ?, cette crainte ne fait pas seulement sourire, elle dit aussi l’ignorance de ce que sont les outils qui sont désormais les notres, comme tu le soulignes ce n’est plus la question de savoir si on peut écrire directement au clavier, mais non seulement le programme avec lequel on écrit, traitement de texte quand on peut écrire directement dans un éditeur de pages html ?, et même, même, sur le serveur de ton hébergeur effectivement. On dira que c’est bien imprudent, du point de vue de la sauvegarde, mais est-ce que ce n’est pas dans ce danger justement que réside la chance d’écrire quelque chose de fondamentalement neuf, de produire des formes innovantes, adventices ?

Est-ce que l’on n’a pas besoin de ce dérangement permanent, de cet état fragile ? Combien de fois ai-je pris des notes ou fait des croquis sur un coin de table au travail en sachant qu’à tout moment le téléphone risquait de sonner ou qu’un collègue menaçait sans crier gare de venir me voir, alors que la veille au soir tranquillement installé à la table de travail à la maison, dans le calme, je ne faisais que produire des formes que je connaissais déjà. On a besoin de cette intranquillité.

Partant pour ce voyage.

Amicalement

Phil


Lire absolument ce texte de François Bon

 

Mardi Mardi 4 octobre 2005

Crise de Nathan et nerfs à vif le reste de la journée. Aucune énergie le soir, vraiment aucune, même pas le souffle suffisant pour poursuivre l’écoute des disques de Giacinto Scelsi empruntés à la bibliothèque la semaine dernière. Cette crise de nerfs de Nathan intervient brutalement dans le cours autrement paisible de cette journée, elle tombe sans donner de signes avant-coureurs et me ceuille froid. Le matin n’avais-je pas fait une longue promendade au bois de Vincennes avec Madeleine sur son vélo et Adèle sur mon dos, n’avions-nous pas joué à notre jeu favori qui consiste à attirer les canards avec des quignons de pain rassis et ensuite de les viser avec des marrons, jeu que Madeleine et moi appelons canarder les canards. Et puis nous avions trouvé trois belles cabanes dont une que nous prîmes le temps de rafistoler un peu, et, mieux encore, nous étions tombés sur une dizaine de bûcherons qui débardaient avec un très beau percheron. Fascination de Madeleine pour cet animal à la grande force, se rendant bien compte qu’il n’y a rien de comprabale avec les poneys sur lesquels elle monte, j’étais davantage impressionné encore par la dextérité de ces hommes avec leur hâche et comment des mouvements précis fendaient de très larges bûches en un seul coup, parfois deux &#151 quand je fends du bois, je me fais davantage l’impression d’être le bourreau de Mary Stuart ou était-ce Anne Boleyn ?, je ne me souviens plus, qui dut s’y reprendre à deux fois pour l’éxécuter. Mais non, tout cela est évaporé à la fin de la journée et je ne m’en souviendrais pas si en déchargeant les photographies de mon appareil numérique je ne tombais pas sur les photographies du matin au bois de Vincennes.

 

Lundi Lundi 3 octobre 2005

L’homme est aimable, rien chez lui ne respire soit l’agressivité ou encore le désir de nuire. Il est psychomotricien. Il a accueilli Nathan en lui serrant la main et Nathan enchanté de ce geste qui reproduit certaines de nos ritournelles habituelles à éclaté en disant Bonjour Monsieur. Son cabinet autant que la salle d’attente sont remplis de choses profondément laides, mais surtout neuves, les murs sont couverts d’un papier peint écru avec des éclats dorées. Nous entrons dans le cabinet, Nathan et moi prenons place chacun sur son siège. Une fois de plus il faut redire l’histoire de Nathan, qui profite de l’occasion &#151 j’ai tout de même un peu l’impression que Nathan doit la connaître par coeur son histoire &#151 pour jouer avec les quelques objets épars du bureau du psychomotricien, dont une petite sculpture représentant à l’aide de boulous et d’écrous tordus un psychanalyste et son patient d’un goût pas très subtil, je vous avais prévenu, mais dont la masse intéresse beaucoup Nathan et notamment le bruit que fait cet objet un peu lourd lorsqu’il le fait glisser sur le bureau, ce contre quoi le psychomotricien n’a pas l’air de se plaindre, je vous avais aussi dit que cet homme avait apparemment de grandes qualités, la patience étant la plus visible d’entre elles. D’ailleurs cette patience est toujours récompensée par Nathan qui se tient à carreau et qui répond volontiers à l’invitation du psychomotricien d’aller piocher dans les étagères combles de différents jouets, Nathan étant immédiatement attiré par un énorme ballon sous gonflé et hérissé de deux pies dont il se saisit en enfourchant le ballon et se déplaçant, follement amusé, d’un mur à l’autre de la pièce.

Je demeure interdit. Le psychomotricien me demande la raison de cet arrêt de ma part et je lui réponds que je n’aurais jamais cru Nathan capable de ce prodige, ni même de tous les miracles qui vont se produire les uns derrière les autres, Nathan range chaque jouet avant de se saisir d’un nouveau jouet, se confectionne avec beaucoup de patience un collier de grosses perles de bois et me demande gentiment de le lui fermer, ce que je parviens difficilement à faire, ému tout de même un peu, et d’ironiser que sans doute j’ai davantage besoin d’un psychomotricien que lui, Nathan ensuite invente un jeu de parcours avec des plaquettes circulaires, joue avec une raquette de ping pong sur laquelle il parvient presque à maintenir une balle en équilibre, de même qu’il me demande un peu d’aide pour monter sur des échasses, une fois correctement installé, le voilà qui traverse la pièce sans la moindre difficilté et en riant aux éclats, et tout un répertoire de conquètes inédites.

Puis l’entretien, très long, de presque deux heures, tend vers sont terme, Nathan me gratifie d’un immense câlin, et je lui dis en ironisant qu’il aurait du nous le dire tout de suite qu’il voulait aller chez un psychomotricien !

Le psychomotricien m’explique ne quoi consiste dans les grandes largeurs sa discipline, je ne peux pas dire que je retienne grand chose de ses explications, parce que tout d’un coup le poids de la nuit au travail la nuit dernière, à peine lavé de quelques heures de sommeil, me tombe dessus. Donc je n’en retiens pas plus que ce qu’en dit le dictionnaire à peu de choses près.

psychomotricité [psikCmCtYisite] n. f. • 1952 ; de psycho- et motricité ¨ Didact. Intégration des fonctions motrices et psychiques résultant de la maturation du système nerveux.

Lorsque nous sortons de ce rendez-vous de fin d’après-midi, il fait nuit et frais, je regette mon habituelle imprudence à être sorti en Tshirt, j’ai froid aux bras nus, la petite main chaude de Nathan dans la mienne cependant me réchauffe le coeur.

Aujourd’hui j’aurais vu deux miracles se produire, celui d’un Nathan tout à fait composé et très apte et une éclipse de soleil.

 

Dimanche Dimanche 2 octobre 2005

là je viens de krnker pendant une heure, sur 2 pages d’Armel Guerne, choeur voix en boucle, lecture directe, et puis 2 guitares dessus - ça me fait du bien dedans (mais j’ai encore boulot avant mise en ligne, tout ça balbutiant)

f

>
>En fait j’avais des difficultés de synchronisation aussi j’attendais qu’un certain >
fichier soit en ligne avant d’envoyer le mail. >
>
Ne suis pas très certain de comment répondre à ta question de l’échographie plate. >
Curieusement cette douleur est partie pour nous puisqu’un autre être est arrivé >
pour laver la peine, la petite Adèle est un ravissement, je te l’assure.
>
>
Cette frontière dont tu parles est assurément pas la même pour chacun d’entre >
nous : pour moi c’est très binaire, si je fais de la fiction, alors tout ou presque >
est inventé, si j’écris comment les choses se sont passées, j’essaye de rendre >
compte de l’imprécision du réel et du chevauchement des pensées. >
>
Les images du champ ont fait resurgir une époque qui n’est pas vraiment lointaine, >
un peu plus de deux ans, mais qui est incroyablement révolue. Les liens, comme tu >
le sais, cela permet de dire de nombreuses choses en même temps, c’est un peu >
comme la simultanéité des pensées du consul dans Au dessous du volcan, lave et >
confusion.
>
>Je dois relire les articles du bloc-notes une bonne demi-douzaine de fois, la >
dernière relecture c’est celle qui consiste à installer l’html, la décoration du >
texte et les liens et leurs javascripts associés (c’est amusant parce que je >
conçois une certaine satisfaction esthétique à cette écriture parasitée par cette >
langue machine).
>
>
De mon côté je suis souvent surpris dans le tumulte par les effets de la fiction. >
L’histoire du pendu cette nuit m’a habité tout autant que ma photographie de >
l’échographie toi. Sommes-nous quittes ? >
>En revanche ce que je n’arrive toujours pas à résoudre c’est la fameuse question >
des commentaires
, par exemple cet échange sûrement pourrait figurer dans les >
commentaires de l’histoire de John Doe et dans ceux de l’article sur le champ de >
Puiseux-en-Bray, et puis hier soir je suis tombé sur ce dialogue de mauvais film >
entre "arte" et "Marie-Pool"
sur le blog de Patrick, et je me dis alors que >
vraiment je n’ai pas du tout envie de voir débouler de telles lignes au milieu des >
phrases qui me coûtent tant d’efforts à propos de "quatrième personne". >
>
Je visite knrk avec du plaisir, et ce n’est pas rien pour quelqu’un qui fonctionne >
essentiellement au visuel et très très peu à l’audible. Par exemple la radio je >
n’écoute jamais, ça me traverse en me faisant mal aux oreilles. J’ai fait une >
première tentative d’insertion de bloc-notes sonore, Anne qui fonctionne davantage >
à l’oreille a l’air de trouver que cela fonctionne bien, je n’en sais rien moi->
même. En tout cas, ça et le Puiseux-en-Bray même en images fixes, cela donne de >
nouvelles envies.
>
>Amicalement
>
>Phil
>
>>
>>
>>ouais ben tu retardes, il y a au moins 2 heures que j’ai lu ces pages
>>
>>
non, allez, pas de plaisanterie, on te (vous) lit gravement, et chaque fois avec >>le coeur
>>
>>besoin de ce lien
>>
>>F
>>
>>et bise à Anne-Pauline si encore dans les parages !
>>
>>
>>
réflexion quand même : l’habitude de cliquer sur tes liens un peu >>
systématiquement, pourquoi cette image d’échographie, qu’est-ce que ça apporte, >>
c’est pour faire mal à toi ou à nous ? - tu es toujours sur une frontière ou moi >>
je n’ose pas aller, mais comme quelquefois c’est douloureux, alors qu’on a tant à >>
penser et recevoir offrir sur le reste - excuse moi de te le dire puisque cette >>
image me colle au ciboulot depuis tout à l’heure, encore un effet de “4ème >>
personne”

>>
>>
>>
>>>
En reprenant les pages de 22042003.txt >>>
( >>>
http://www.desordre.net/bloc/adam_project/index.htm )
, j’ai été froissé par ces >>>
lignes : "L’exemple même d’un projet inabouti : depuis le début de l’année je >>>
photographie ce champ, à chaque fois que je passe devant, et j’avais dans l’idée, >>>
commençant ce projet, au début de l’année donc, que je devrais photographier ce >>>
champ toute l’année, façon de saisir le passage du temps, et des saisons, sur >>>
ce champ. Nous déménageons mi-juillet et je ne pense pas que j’aurais le loisir >>>
de revenir régulièrement jusqu’ici pour photographier ce champ. Dans tous les >>>
projets que j’ai pu entreprendre et dont l’écoulement du temps fût le sujet, il >>>
semble que ce soit toujours précisément l’écoulement du temps qui les ai rendus >>>
impossibles ou irréalisables". J’ai voulu en avoir le coeur net, j’avais en >>>
fait toutes les photographies qu’il fallait pour le petit film que je voulais >>>
faire. En revanche la bande-son initialement pensée pour ce petit film a connu des >>>
changements ( http://www.desordre.net/blog/blog.php3?debut=2005-09-25&fin=2005-10-01#156 > ) http://www.desordre.net/labyrinthe/archives/20051001.htm >>>
Amicalement à toutes et tous. Phil >>>
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Philippe De Jonckheere >>>
Email : pdj[@]desordre.net >>>
Site : http://www.desordre.net

Le bloc-notes du désordre