Dimanche Le tour de force de Février



Ce n’est pas pour me lancer des fleurs, mais tout de même, réussir à tenir à jour un journal pareil, cela tient, certains soirs, du tour de force. Du 32 au 59 Février, j’en aurais fait des choses, en plus de tenir à jour mon journal, j’aurais lu le Vertige danois de Paul Gauguin par Bertrand Leclair, je serais allé écouter Seymour Wright avec Stéphane Rives, et Jupiter Terminus un soir de grande fatigue, j’aurais essuyé les reproches de la hiérarchie, je serais allé passer un week end dinch’Nord, en passant par le Louvre à Lens, j’aurais gravi à la fois le Mont-Noir et le Mont-Rouge deux sommets dans la même journée, je ne suis pas n’importe quel alpiniste moi, j’aurais appris ce qu’est le gogol et le gogolplex, et cela va beaucoup m’aider pour le travail dans le Désordre, j’aurais découvert un nouveau texte de mon ami Daniel, j’aurais travaillé à une exposition pour les élèves du collège Jean Mermoz de Laon, en me disant qu’ils avaient bien de la chance, ces petits collégiens, d’avoir mon ami Eric comme professeur d’arts plastiques, je n’aurais pas joué de contrebasse, j’aurais téléphoné à ma fille Madeleine pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, seize ans tout de même, je me serais promené dans les plaines ondulées de Montigny-sur-Crécy où le vent est fier, je me serais entièrement inventé une journée, j’aurais tenté de rattraper mon retard dans les tâches ménagères, j’aurais filmé une jeune femme à son insu dans le Réseau Express Régional, et je me serais posé pas mal de questions à son sujet, j’aurais dîné d’un repas iranien pour la première fois de ma vie, je serais allé voir l’exposition de Paola De Pietri et d’Alessandra Spranzi au CPIF, j’aurais dessiné beaucoup d’ailerons de requin dans les marges du cahier dans lequel je prends des notes dans les réunions à mon travail, j’aurais rêvé de faire l’amour avec Amira Casar, je n’en suis pas fier, mais c’est pourtant arrivé, je serais tombé sur une chronique d’Eric Chevillard dans le Monde des Livres, j’aurais mis en ligne le mois de novembre de la chronique de la Vie, j’aurais enfin découvert Erri De Luca, j’aurais enfin mis en ligne une série d’images et de textes qui s’intitule Et (Vacances), et je serais allé voir dans la même journée les expositions de Maison Européenne de la Photographie et du Jeu de Paume.  

Mercredi Retarde la fuite des couleurs et des lumières



En novembre, retarde la fuite des couleurs et des lumières
Garde le fer au feu
Retiens ton souffle
2014 ne veut pas s’éteindre tout à fait
Tu n’as pas toute la Vie, tiens-toi le pour dit  

Dimanche Plein Sud jusqu’à la mer



En octobre, va plein Sud jusqu’à la mer
Déménage les Rigaudières (aide à)
Et suis une formation d’informatique
2014 s’éteint avec une certaine beauté
Tu n’as pas toute la Vie, tu auras bientôt 50 ans, c’est te dire  

Dimanche Février



J’avais pourtant juré que l’on ne m’y reprendrait plus. Cette fois-ci, par prudence, j’ai décidé de borner l’expérience. Je vais tenir en ligne mon journal pendant un an. L’année de Février. Et puis cela ne sera pas un blog. Je ne peux pas monter sur des estrades et expliquer dans le microphone, vidéo-projecteur à l’appui, que la forme du blog est une horreur et qu’il faut revenir aux bases de l’html pour se donner les chances de faire des choses un peu neuves, et ne pas le faire moi-même. Donc il n’y a pas de commentaires, cela ne surprendra personne, il n’y a pas de fil rss non plus, ce n’est pas mis à jour tous les jours, les dates sont imaginaires, rien n’y est vrai, tout y est fiction. Je répète, tout y est fiction. Et c’est une publication mensuelle, et encore ça c’est si je suis en forme. Si je n’ai pas d’autres sources d’amusement, dans le garage notamment, ou mieux encore si je ne suis pas en train d’emmener Madeleine au musée, jouer aux échecs avec Nathan, ou travailler au film d’animation d’Adèle, et bien d’autres choses encore qui m’amusent plus encore que de travailler dans le garage, où il fait rudement froid en ce moment.

A part ça c’est pas mal, un triptyque tous les jours, façon 12864 pixels de large, d’autres photographies, des gifs, un son, une vidéo, un texte et l’incrustation dans la page du jour d’une ancienne page du Désordre, et d’autres trucs encore qui me passent par la tête ce jour-là, et cela tous les jours, autant d’arguments de vente imparables pour vous faire oublier qu’il n’y a pas de fil rss. Et que cela doit fonctionner assez moyennement sur vos tablettes, sans parler de vos téléphones de poche.

Indécrottable (et peu aimable) taulier du Désordre.  

Dimanche Au Singulier



Il faut se méfier de Marie Richeux. Elle a cette façon bien à elle de vous demander de lui raconter ceci ou cela et ce sont vraiment des histoires que vous finissez par lui raconter, jusqu’à cette petite amie allemande rencontrée, adolescents, dans les Cévennes, il y a bien plus de trente ans, Ursula.

C’est la séquence Au singulier de l’émission des Nouvelles vagues de Marie Richeux sur France Culture, cela dure cinq minutes, ce sont les moments singuliers de basculement d’une existence, il faut n’en choisir que cinq, pour moi, ce sera toute cette semaine aux alentours de 16H45. Cela n’a pas été facile d’en choisir cinq, quand j’aurais pu en raconter cinquante. De quoi le reste de l’émission, qui démarre à 16 heures, sera fait, je ne suis pas dans le secret divin pour vous le dire. Un thème sera décliné toute la semaine, mais je ne sais pas encore lequel.

Vous écoutez France Culture, les Nouvelles vagues par Marie Richeux  

Mercredi Emu, déboussolé.



 

Dimanche Le jour des innocents



J’ai fait une promesse à un jeune homme, il y a très longtemps. Vingt-cinq ans. J’ai décidé de la tenir.

Je me suis donc pris en photo, nu, devant un miroir, le jour de mes cinquante ans. J’ai perdu le contact avec ce jeune homme, aussi je ne sais pas ce qu’il penserait du résultat. J’ai décidé de lui écrire une lettre, un peu longue certes, mais que voulez-vous, cela fait vingt-cinq ans jour pour jour que nous nous sommes perdus de vue. Cette lettre s’intitule le Jour des Innocents.
Le bloc-notes du désordre