Voilà bien ce que je craignais, une fois la grande campagne de rangement dans la maison terminée, les enfants chez Anne ce soir et je suis bien désemparé dans ma maison rangée, mais vide, vide de toute vie, la mienne ne comptant pas. Je tente de travailler un peu mais le cœur n’y est pas. D’autant que le découragement guette quand je commence à attaquer le nécessaire tri des photographies prises dans les Cévennes en avril dernier. Peine à croire que j’accumule un tel retard dans la chronique de
la Vie, qui m’est pourtant si chère.
Il est stupéfiant le parti pris scénographique de l’exposition des icônes bulgares à la chapelle du château de Vincennes, laquelle vient d’être entièrement rénovée et signe avec cette exposition sa réouverture au public. Drôle d’idée en effet que d’avoir construit à l’intérieur de cette chapelle gothique flamboyant, éminemment catholique, des répliques assez kitsch de chapelles orthodoxes aux intérieurs de bois sombres et goudronnés avec leurs rideaux de tresses pour pénétrer de fausse chapelle en fausse chapelle. Ces quatre constructions factices ont surtout pour effet d’annuler toute la grandeur de la chapelle gothique qui les accueille, visiblement contre son gré, et il ne reste plus à voir de cette chapelle que ses très hautes voutes et sa rosace, tandis que le regard ne parvient jamais à s’habituer à la pénombre indispensable à la bonne conservation des icônes, regard qui s’aveugle à la grande clarté de la chapelle et ses vastes vitraux et, qui, du coup, peine à nouveau avec la pénombre de la salle d’exposition suivante. Il faut dire aussi que le visiteur perspicace ne comprend pas d’emblée non plus en se rendant à cette exposition pourquoi a été construit ce grand portail en contreplaqué peint de bordeaux qui masque la dentelle du portail gothique, ce portail plus magistral que bien d’autres encore. On se dit qu’il faut un sacré culot, une manière d’aveuglement inculte, voire de la connerie "les cons ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît", Michel Audiard dans Les Tontons flingueurs pour oser renverser pareillement du ketchup dans la blanquette de veau à l’ancienne.
Quant à l’exposition en elle-même, je veux parler des icônes, elle reste assez médiocre, les choix des commissaires d’exposition allant de pair avec ceux du scénographe inculte et décoratif, il y a quelques pièces qui touchent au sublime, le sublime de ce genre précisément sublime, mais elles sont rares, et sont étouffées le plus souvent par soit les effets d’aveuglement dûs au passage de l’ombre à la lumière et retour à l’ombre. Finalement la grande rangée des plus grandes icônes et qui est exposée dans les meilleures conditions lumineuses est encore la mieux exposée, mais c’est la série des icônes les moins intéressantes, peintures naïves du XIXème siècle, aussi anachroniques dans le mouvement même de l’histoire de l’art que les peintures du Douanier Rousseau dont elles sont contemporaines, peintures qui paraissent parfaitement indoctes des leçons de perspective de la Rennaissance et à des années lumières de l’impressionnisme dont elles sont pourtant contemporaines, mouvement passéiste qui tend à maintenir le genre iconographique dans sa sclérose de production du même, dans l’ignorance de tout autre forme picturale, et qui à force de respecter des critères à la fois trop marqués et trop exigeants ne contient plus aucune chance de renouvellement ou d’advention, si ce n’est la production d’effets décoratifs qui ne sont plus que les dernières aventures du genre.
Quant aux riverains du château de Vincennes qui attendent depuis quatre ans la réouverture de la chapelle après rénovation, ils devront à nouveau attendre la fin de cette exposition pour avoir une chance d’appréhender la nef dans des conditions décentes.

Nous faisons nos adieux au petit groupe d’autistes et de trisomiques avec lesquels nous avions nos habitudes du mardi soir à la piscine, ce n’est pas tant que ce soit la fin de l’année scolaire et qu’on peut se dire à septembre prochain, mais voilà l’association qui s’occupait de trouver des loisirs à ces jeunes adultes très handicapés n’a plus les moyens de sa politique et doit se recentrer sur des activités moins coûteuses je préfère ne pas penser à ce qui peut être moins coûteux que d’aller à la piscine, tarif de groupe cumulé avec les réductions dûes aux personnes handicapées, j’entrevois assez facilement comment une institution ou une autre a du prendre la décision que cela coûterait moins cher de leur donner des cubes en bois ou je ne sais quelle autre petite activité manuelle, et que de toute façon dans leur "état", alors que la piscine faisait tant de bien au grand François, que c’était l’occasion parfaite pour que Corentin se défoule, et que Paola et Clara pouvaient faire les belles avec leurs maillots de bain sombres, mais voilà plus d’argent pour juste cela.
N’empêche les éducateurs qui les accompagnent ont la gentillesse de nous inviter à leur petit goûter de fin d’année que nous prenons sur les marches devant l’entrée de la piscine. Comme j’envie le savoir-faire et la maturité de ces jeunes gens et leur décontraction avec leurs protégés, pas la moindre trace de gêne, de la fermeté quand il faut, par exemple quand le jeune David veut aller montrer sa quéquette poilue au maître-nageur et du dévouement à revendre, j’aurais été bien incapable d’une telle richesse au même jeune âge. Une fois de plus je suis obligé d’admettre que je dois à Nathan ma transformation pour le meilleur, d’être raisonnablement moins autocentré.
Dans la soirée je passe de bons moments avec mes deux grands, nous avançons avec Madeleine dans nos deux maquettes respectives, Madeleine travaille sur une vieille limousine décapotable tandis que je peine avec l’assemblage de mon
Stuka. Nathan joue paisiblement dans la cour, c’est presque à contre-cœur que je les envoie se coucher.
Ils ne sont pas très fortiches pour
leurs retranscriptions sur le site d’Europe 1, voilà corrigés les véritables propos de Laurence Parisot.
"Il y a un consensus parce que tout le monde a compris qu’il y a un très grand risque que les retraites de tous les ouvriers et employés qui travaillent aujourd’hui, qui ont entre 30 et 50 ans, ne soient pas financées", a affirmé Laurence Parisot, mercredi sur Europe 1. La présidente du Medef souhaite baisser l’âge légal de départ à la retraite à 55 ans et demi pour tous les ouvriers et employés et au contraire relever cet âge de départ à la retraite à 67 ans pour tous les cadres. "C’est un des paramètres qu’il faut savoir faire bouger", a-t-elle assuré.
"Aujourd’hui quand un cadre prend sa retraite, c’est une retraite pour 25 ans, voire 30 ans. Quand un ouvrier prend sa retraite dans l’industrie, c’est pour 10 ans".
ou encore :
"Il y a un consensus parce que tout le monde a compris qu’il y a un très grand risque que les retraites des cadres, qui ont entre 30 et 50 ans, ne soient pas financées", a affirmé Laurence Parisot, mercredi sur Europe 1. La présidente du Medef souhaite relever l’âge légal de départ à la retraite à 70 ans et demi pour les ouvriers et les employés, de telle sorte que leur retraite ne dure pas et que leurs cotisations puissent financer les retraites des cadres. "C’est un des paramètres qu’il faut savoir faire bouger", a-t-elle assuré.
"Aujourd’hui quand un ouvrier prend sa retraite, c’est une retraite qui risque de durer aussi longtemps que celle d’un cadre. Quand un ouvrier prenait sa retraite dans les années 70, c’était pour 10 ans, et c’était déjà de trop."
Ou bien encore, pour que ce soit parfaitement clair.
"Il y a un consensus parce que tout le monde a compris qu’il y a un très grand risque que les retraites des cadres sont financées par celles des ouvriers et des employés qui ont des retraites plus courtes, ce qui permet de réattribuer les cotisations qu’ils n’ont pas le temps de toucher aux cadres qui eux arrivent à l’âge de la retraite en bien meilleure santé, leur retraite sont donc plus longues, et, c’est vrai, plus onéreuses" a affirmé Laurence Parisot, mercredi sur Europe 1. La présidente du Medef souhaite supprimer la retraite des ouvriers et des employés, au profit des retraites des cadres. "C’est un des paramètres qu’il faut savoir faire bouger", a-t-elle assuré.
"Aujourd’hui, les ouvriers et les employés meurent trop vieux et finissent par manger les retraites des cadres, même avec leur pensions de misère. On devrait revenir aux années 70, quand la retraite des ouvriers et des employés, c’était pour 10 ans".
Avouez que c’est plus clair comme ça, quand on parle enfin "sans tabou". Peigne-culs.
Rien.
Une seule photographie prise de toute la journée, et quelle image ! Chaleur écrasante toute la journée sur Clermont. Une journée de rien. Et pourtant c’est la journée la plus longue de l’année.