Dimanche 14 mars



Il y avait quelque chose de magique et d’artificiel, qu’arrivant directement de Paris avec Julien et Nevruz, nous nous arrêtions au col de la Nugère, là même où commençait la neige, recouvrant finement les pierres noires du chemin.  

Samedi 13 mars

 

Vendredi 12 mars

Le corps traditionnel français, s’il existe, Monsieur Longuet, il est urgent de le violer. Peigne-cul.

 

Jeudi 11 mars





Quelle crise de rire ce matin en entendant Nathan chanter Yellow Submarine sous la douche ! Du coup quand il descend je mets le disque et on a même le temps de faire une danse chahut avec les filles sur Hey Bulldog. Quel admirable début de journée !  

Mercredi 10 mars



Matinée agréable avec les enfants, Adèle joue gentiment dans sa chambre, je redoute un peu le rangement qu’il faudra sans doute faire de sa chambre en fin de semaine, et Madeleine et Nathan m’aident à faire le tiramisu dont C. m’a donné la recette.

Mes parents passent déjeuner, ma mère a soixante-dix ans aujourd’hui, elle est fort surprise quand j’apporte le dessert et ses sept bougies. Ils partent ensuite pour Bailleul et j’emmène Nathan au rugby.

Entrainement de reprise, je fais travailler les A avec Lorelei, petit parcours de décrassage qu’ils doivent ensuite faire à deux puis à quatre en faisant circuler un ballon entre chaque étape du parcours, puis on les fait jouer un peu. Leur attitude est décourageante par endroits, il faut sans cesse les replacer et leur crier d’écarter les ballons de récupération, on parvient pourtant à les faire terminer sur un beau mouvement. Il était temps, les esprits s’échauffent. Quelques étirements et jenvoie tout ce petit monde au vestiaire.

Fin d’après-midi dans le garage, je bouine un peu, fais un peu de ménage dans les derniers répertoires d’images, assemble les dernières images de la Vie — je me permets même le luxe d’inover un peu — et commence les pages que je voudrais consacrer dans le désordre aux photographies de Pierre Masseau.


Photographie de Pierre Masseau  

Mardi 9 mars

Curieuse impression cette coexistence de deux onglets sur mon navigateur, l’un est titré les raisons de l’autisme, il s’agit de la conférence de Monica Zilbovicius au collège de France, lien que m’a envoyé Anne — je suis un peu surpris par les explications extrêmement pédagogiques de cette chercheuse dans le sein du Collège de France, intéressante percée cependant que la détermination de ce canal temporal supérieur, en revanche je suis très méfiant envers les diagnostics a posteriori, même si je trouve amusante cette idée de la bossa nova en ritournelle autistique — le second onglet n’est autre que celui de la Vie qui justement me renvoit l’image du visage un peu contrarié de Nathan.

Plus tard dans la journée, Nathan est inhabituellement monté dans sa chambre, pour jouer m’a-t-il dit, et une petit demi-heure plus tard, il m’appelle, je monte le voir et je suis bouché bée devant cette petite tour faite de cent exactement — précise-t-il, et je vérifierai, il y en a effectivement cent, pas quatre-vingt-dix-neuf ni cent une — planchettes de bois.

Nathan est calme, content de me montrer sa construction. Je le regarde différemment ces derniers temps.

Moment de doute à la décheterrie en tentant de redémarrer la Xantière, comme l’appelle Adèle, imitant en cela Madeleine et Nathan plus petits, la pompe à diesel est morte et ma tentative de la relancer en la reliant directement à la batterie avec des pinces et du fil électriques dénudé, avec mon canif suisse, aux connecteurs de la pompe sous le siège arrière manque de finir en désastre, à la fois mon électrocution et l’incendie de la voiture : mon désir d’autonomie des fois m’emmène un peu au delà de ce que je suis vraiment capable d’accomplir. Je me rends à l’argument manifeste de mon incompétence, l’employé de la déchéterrie m’aide gentiment à pousser la voiture sur une place de parking, il y a une cabine de téléphone sur le trottoir d’en face de laquelle j’appelle le garagiste, chacun son métier et les xantières seront bien gardées.

Curieusement ce contre-temps ouvre l’après-midi en grand, je prends un bus direct qui me ramène au chateau de Vincennes où je récupère mes légumes de la semaine et vais ensuite me promener par beau tremps froid dans le bois de Vincennes me dirigeant lentement vers l’école des enfants où j’arive avec un peu d’avance, assis sur un banc enseolleilé, un peu transit de froid, je lis Choir d’Eric chevillard.

 

Lundi 8 mars



Journée de corvées diverses, je profite d’énergies renouvellées pour même pousser jusqu’à l’hôtel des impôts et y faire les démarches nécessaires dont je repoussais beaucoup la réalisation avant ces quelques jours de vacances et de voyage. Soleil radieux en allant chercher les enfants à l’école. Soirée agréable, dîner simple, lectures. Je ne me couche pas beaucoup plus tard que les enfants, assomé par cette fatigue qui est habituellement la mienne dans les Cévennes.
Le bloc-notes du désordre