Samedi Va à Chantilly et aux Instants



En septembre, prends ta respiration
Va à Chantilly
Et aux Instants Chavirés
2014 tire sur sa fin prématurément
Tu n’as pas toute la Vie  

Samedi Toujours en mon absence (le film)



C’est pas loin de dix mille photographies que j’aurais prises cet été à intervalles réguliers, le ciel s’y prêtant sans doute au-delà même de mes espérances. Naturellement quand on se lance dans ce genre de choses on fait semblant de ne pas savoir que par la suite, il y aura dix mille photographies à trier, à équilibrer, tailler aux bonnes dimensions, répartir dans des répertoires, un par séquence, renommer en masse les fichiers, vérifier qu’il n’y a pas d’images manquantes dans les séquences, puis animer les séquences en question — ce qui n’est pas le plus long, ni le plus difficile à faire, et ce qui se fait avec un certain soulagement, oui, cela a l’air de fonctionner — pour, enfin, pouvoir, se lancer dans le montage, ce qui est l’occasion de vérifier une intuition première, oui, ces images animées fonctionnent bien quand elles sont accompagnées par la musique extraite du disque dit des maisons de mon ami Jean-Luc Guionnet, qui doit être ici remercié pour si souvent se prêter, et d’aussi bonne grâce, à mes intuitions.

Et pourtant, comme l’indique le titre du film, c’est un peu comme si tout cela s’était fait en mon absence.

Ces vingt minutes de film sont téléchargeables (clic droit et "enregistrer sous") dans un format non compressé, enfin le moins possible, aussi peu pour que l’on puisse voir les étoiles tomber en pluie fine. Vous en prenez cependant pour huit cents et quelques méga-octets. Trois fois rien, le prix des étoiles  

Vendredi Le Roi n’est pas mon cousin aujourd’hui



Cette année scolaire Nathan doit faire quelques stages. Cette semaine c’était son premier stage. Dans notre boulangerie de quartier, des gens qui en plus de faire une baguette délicieuse, ont été très gentils et très compréhensifs quand je leur ai demandé s’ils seraient d’accord pour essayer de prendre Nathan en stage.

Ce midi Nathan est rentré de sa journée à la boulangerie avec une boîte pleine d’éclairs au chocolat qu’il avait faits lui-même.

Le roi n’est pas mon cousin aujourd’hui.

 

Lundi L’inventeur de l’ubiquité



Ma première expérience d’ubiquité était fortuite, je ne m’étais pas rendu compte en réglant mon appareil-photo et son intervalomètre que ce dernier allait littéralement filmer (à raison d’une image par minute), de très loin, notre ascension (Nathan et moi) des pentes douces du Mont-Lozère.

Ce n’est qu’après-coup que je me suis rendu compte du potentiel de cet accident de laboratoire en somme, n’était-ce pas de cette manière que la pénicilline avait été décvouverte par Alexander Fleming quand il avisa une boîte de pétri qu’il avait sans doute rageusement jetée à la poubelle la veille, pensant une expérience en cours complétement foirée, mais se ravisant, sobre et réposé le lendemain matin, et quelle chance pour nous tous !, que ce ratage était en fait un admirable succès, offrant ainsi à la médecine l’arme absolue contre tant de maux.

Et bien quand j’ai découvert comment pratiquer l’ubiquité, c’était exactement la même chose, j’ai fait ma première expérience d’ubiquité sans même m’en rendre compte, c’est le soir même, avec le recul critique, en constatant fortuitement le rapprochement entre les photographies prises avec mon appareil réglé sur l’intervalomètre et celles au contraire prises avec l’appareil que j’avais emporté avec moi pour cette petite marche avec mon fils Nathan, que mon esprit scientifique, pourtant en vacances, a repris le dessus et a su, in extremis, reconnaître que je venais, ni plus ni moins, d’inventer l’ubiquité, un truc largement aussi important que la pénicilline.

N’écoutant que mon courage, le surlendemain je tentais l’expérience que l’on sait, le fameux voyage à Arles du 13 août 2014 au cours duquel je réussissais 176 synchronisations parfaites entre les deux boîtiers éloignés, au plus fort de l’expérience, d’une distance de 112 kilomètres.

Cette découverte, on s’en doute, fit grand bruit, il est donc temps d’exhumer de mes archives l’enregistrement de ma première ubiquité des deux côtés de la vallée de la Cèze.

 

Vendredi Fais des confitures de girolles



En août, filme les nuages,
Fais des confitures de girolles
Et invente l’ubiquité. Pas moins.

L’été 14 restera un été pourri, et j’en aurais beaucoup photographié les nuages, le gros temps et le brouillard sur les pentes du Mont-Lozère. On peut donc décider de ne retenir que cela, les nuages, passer malgré tout de bonnes vacances, voire ne retenir que la chaleur de ces vancances cévenoles tellement réussies cette année, et donc un été sans nuages.

D’ailleurs pour l’année 2014, j’ai décidé de ne retenir que les images d’août sans nuages.

On n’a pas toute la vie non plus.  

Vendredi L’impensé de Télérama



J’ai passé quelques très belles journées fin octobre chez mes amis Daniel et Lola, journées pendant lesquelles nous avons beaucoup échangé, et même travaillé, puisque avec Daniel nous avons mis la dernière main à Grille de lecture. Au cours de la discussion quasi ininterrompue et très caféinié de ces quelques jours, nous avons reparlé de certaines de nos plus anciennes marottes, par exemple du travail d’assistant de Robert Heinecken qui avait été le mien en 1989 et 1990, des tirages en cibachrome que je faisais pour lui d’après des dizaines de pages de magazines qu’il avait regardées par transparence, ce qui a naturellement amené Daniel à me montrer cette petite pièce de collection arrachée à l’hebdomadaire Télérama. Comme dirait Daniel, Minute se rendrait coupable d’une telle juxtaposition, ils auraient un procès aux fesses.

Le procès de Minute serait amplement mérité.

De même je ne suis pas procureur — Dieu nous protège tous contre une telle éventualité ! — en revanche je m’interroge toujours sur de tels accidents graphiques. J’en avais déjà relevé un dans le Nouvel Observateur il y a quelques années.

Je note, assez amusé, la même absence de soin dans la découpe de la page de Télérama par Daniel que dans les centaines de pages de magazine que Robert Heinecken arrachait dans tout ce qui lui passait par les mains de magazines, je me souviens à ce propos que j’étais tombé sur une note manuscrite de Robert qui était une liste de questions qu’il s’adressait à lui-même à propos de ce travail et, en tête de cette liste, il y avait la question de savoir pourquoi est-ce que j’arrache les pages plutôt que de les découper correctement avec une lame de rasoir ?

Bonne question.  

Jeudi La salle d’attente du Désordre



En attendant la livraison de l’avalanche — c’est comme cela que s’appelle le script de Julien — du mois d’août qui me demande encore un peu de travail, j’ai préparé une avalanche de nuages, que j’aurais beaucoup photographiés durant cet été pourri, dans le but de faire quelques séquences de time lapse, qui, elles aussi, ne sont pas encore au point, on y travaille.

Donc bienvenue dans la salle d’attente du Désordre, pour laquelle on a soigné le papier peint (et le plafond).
Le bloc-notes du désordre