Le Bloc-notes en cachette |
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13.3.04
Samedi 13 marsParfois, au travail, je suis révolté. Je me tais, par lâcheté je crois. Je pourrais dire aux uns ou aux autres ce que je pense de cette bouillabaisse qui leur tient lieu de pensée. Les uns et les autres, ce serait les chefs. Je pourrais leur dire à quel point leur rhétorique me porte sur les nerfs. Parler de l'entreprise comme d'une matrice, la matrice est en fait une broyeuse, ce qu'elle demande ce sont des chiffres et ces chiffres on ne peut les obtenir qu'en réduisant l'effectif. Comme je l'entends si souvent, c'est le seul poste sur lequel on peut faire des économies et augemnter la capacité d'autofinancement, alors les chefs sont prompts à réduire le personnel ils entendent par là le nombre du personnel, mais en fait je suis sûr que le splus zélés, dans leur esprit, réduisent vraiment le personnel, les personnes en fait parce que cela fait partie de leurs objectifs à eux. Et il serait inutile d'expliquer à ces chefs que plus vite ils auront scié les branches sur lesquelles nous perchons, nous les matricules, et plus vite d'autres bûcherons aux plus gros bras et aux plus puissantes tronçonneuses auront raison du tronc. Et puis je ne parle pas de l'incompétence et du manque d'humilité, de ces décisions mauvaises dont ceux qui les ont prises n'ont jamais à en payer le dû. Le soir-même, j'ai croisé le regard d'un homme, assis à terre, pas encore tout à fait vaincu mais déjà à terre, et les yeux remplis de larmes, cinquante ans t'es plus rien disait-il, il avait peut-être plus que cinquante ans, la crasse des rues n'avait gagné que le bas de son patalon et il ne demandait pas juste une petite pièce, non, il demandait beaucoup plus, il demandait cinq euros, et il m'expliqua qu'il avait en fait besoin de quinze euros, qu'avec quinze euros, il serait sauvé pour la nuit, il pourrait aller à l'auberge de Jeunesse, il n'aurait pas à rejoindre les autres, les clochards comme ils les appele, méprisant, Cela ne fait pas très longtemps qu'il est à la rue, cela se voit, il demande cinq euros, pas juste une toute petite pièce. Le sentiment que c'est là que nous finirons tous un jour. Parce que nous sommes dirigés par des incompétents. De ceux qui envoient à la guerre en l'occurence la première Guerre Mondiale des fantassins aux patalons rouges Garance. Et de ne comprendre que bien avancés dans la guerre déjà, combien de morts auraient pû être évitées?, que cette couleur est un peu voyante et qu'elle n'aide en rien les soldats à la survie. Depuis la garance n'est plus cultivée nulle part, elle existe encore à l'état sauvage seulement. Tout ceci est un peu décousu, j'en conviens, mais je suis rouge de colère. 12.3.04
Vendredi 12 marsJe vais toujours à mon rendez-vous de psychanalyse du vendredi matin à 11 heures, avec un peu d'avance. Le cabinet de ma psychiatre est en marge du bois et je mets à profit cette courte avance pour faire quelques pas à l'orée du bois, qui me servent à me concentrer et généralement aussi à trouver une bonne façon de me lancer dans le compte-rendu des réflexions que je me suis tenues la semaine durant à propos de ce qui était resté en suspens depuis la séance hebdomadaire précédente. La séance précédente avait été très éprouvante et à vrai dire, d'aller voir le père plus tard dans la journée n'avait pas rendu les choses plus légères. La piste de réflexion que m'avait donnée ma psychiatre consistait à devoir m'interroger sur cette propension qu'elle avait décellée chez moi de trier et de cloisonner les différents ingrédients de l'existence, et comment ce rangement parfois autoritaire m'empêchait d'établir des passerelles pourtant aidantes entre ces éléments. A vrai dire je n'avais pas trouvé le sujet très porteur, ce que je lui dis en commençant cette séance tout en lui indiquant que je l'avais soupçonnée de m'avoir choisi pareille piste, pas très palpitante, pour m'éloigner de ce qui justement avait rendu la séance de la semaine passée si pénible. Mais je lui dis, j'avais fait mes devoirs. Cette classification que je fais de ce qui compose mon existence est en fait un réflexe de paresse intellectuelle, elle me permet d'appréhender schématiquement la réalité en fournissant un effort minime. Je me catonne à une compréhension relative, j'approfondis peu. D'une certaine façon ce manque de profondeur me joue des tours parce que naturellement l'existence dans toute sa complexité ne rentre pas aisément dans mes catégories et sous catégories qui singeraient un peu l'arborescence d'un disque dur aux nombreux répertoires et sous répertoires en cascades. Je m'impatiente alors d'avoir à faire un effort plus grand de compréhension et d'analyse, comme si ce dernier me freinait dans mes loisirs, et parfois je n'en suis tout bonnement pas capable, tout en étant pleinement conscient de ces limites. En fait je crois que je tiens cette habitude de mon père, mais là où lui a les capacités, disons scientifiques, de regrouper les éléments selon leurs propriétés objectives, mes classements sont en fait nettement plus brouillons et comportent sûrement un grand nombre d'inexactitudes. Cette habitude paresseuse me conduit à des amalgames, je finis par comparer ce qui n'est pas comparable. Comme je le disais la semaine dernière, je me gendarme et m'efforce de ne pas confondre les histoires, ne pas faire se superposer les destinées de mon frère Alain et de celle balbutiante de Nathan. Je n'y parviens pas toujours. Je ne me souviens plus comment la parole a ensuite dérapé, mais voilà, comme cela arrive de temps en temps dans l'analyse, je me sens m'absenter un peu, et de parler sans plus m'écouter absolument, en d'autres temps, j'aurais appelé cela planer, j'accueille cette parole qui se libère et la laisse aller, elle bute comme aveugle à toutes sortes d'obstacles, mais je ne corrige pas les erreurs de syntaxe ou les mots qui en remplacent d'autres, je crois que je pourrais m'endormir littéralement quand cela se produit. Je ne sais plus ce que j'ai livré à ce moment-là, je fais confiance à ma psychiatre pour ne pas en perdre une goutte. Il est question de douleur. De la douleur des autres qui m'est insupportable. Si un être cher souffre, je m'empresse de prendre avec lui de cette douleur. Il n'est pas sûr que je soulage beaucoup celui qui souffre, en revanche je me fais souvent un mal considérable avec cette douleur qui n'est pas tout à fait la mienne et qui est d'autant plus aiguë qu'elle vit en moi comme un organisme étranger. 11.3.04
![]() Jeudi 11 mars 2004 Et je continue d'inventer de nouveaux mensonges, mais c'est pour une bonne cause puisque je raconte une histoire, cette fois-ci je le sens ce sont les dernières inventions, celles dont je pressens qu'elles sont là pour raconter l'avenir des personnages, ce qui à la fois les assoit, je l'espère, et qui achève de donner au récit sa forme de rêverie dans laquelle le temps est tellement malmené qu'il s'abolit. Comme dans les rêves. 10.3.04
Mercredi 10 mars 2004Ca se passe à la sous-préfecture de Nogent sur Marne, plus exactement dans une annexe parce que le bâtiment à la révoltante architecture des années 70, davantage inspirée des séries de science-fiction que les mêmes séries se sont inspirées de cette architecture pour leurs décors prétendûment futuristes. Trente ans plus tard, il faut entièrement reconstruire le bâtiment prétentieux, les décors de série de science-fiction de la même époque, eux, bien que détruits depuis longtemps, donnent encore du contentement à ceux qui, comme moi, ne bouderaient pas nécessairement une rediffusion de tel ou tel épisode de Startrek et notamment pour ses décors, plaisir décuplé, pour moi, dès que l'on voit d'antiques lecteurs de bandes magnétiques des IBM 3420 tout droits sortis des mêmes années 70 dans la salle informatique du vaisseau spatial du XXVIIème siècle. Je suis venu avec Nathan, de nombreuses personnes semblent attendre sur des rangées de sièges que leur tour soit annoncé. 9.3.04
![]() Mardi 9 mars Comme d'habitude nous avons fait un tour de toboggan en voiture dans la rue Robineau, puis en remontant dans la rue des Partants, nous sommes, malgré ce modique détour, arrivés avec un quart d'heure d'avance que nous avons mis à profit pour prendre un café dans le bistro d'en face; il faut croire que nous y avons nos habitudes parce que le patron m'a apporté son journal en m'apportant mon café, je ne crois qu'un patron de café n'ait jamais eu un geste aussi prévenant à mon égard. Nathan s'est montré une fois de plus ravi de retrouver Léa et comme à son habitude aussi il est entré en trombe et s'est tout de suite collé derrière son petit bureau, qu'il a rapidement peuplé de jouets. Léa nous a donné congé pour une demi-heure que nous sommes allés perdre dans la librairie érotique un peu plus haut dans la rue. Je suis cette fois tombé sur des bandes dessinées au dessin très médiocre mais qui m'ont rappelé les mêmes bandes dessinées très médiocres que je lisais, très ému adolescent, du coup celles-ci me font forte impression bien plus que ne devraient le faire des dessins aussi pauvres. Anne feuillette elle quelques livres de photos, je crois que nous ne tarderons pas à faire le tour de cette librairie à ce rythme-là. Nous retournons au cabinet de la psychologue où nous trouvons un Nathan pétillant et Léa très souriante, elle nous vante une fois de plus les progrès de vocabulaire que fait Nathan. Nous abordons les questions qui risquent de se poser à ce rendez-vous pédagogique à l'école dans deux semaines. Léa nous dit son intention de répondre à la demande de la psychologue scolaire de rédiger un document qui concourrait à l'attribution d'une auxiliaire de vie pour l'année prochaine. elle dit cependant être très accrochée à ne pas divulguer l'essentiel de ses observations et de ses conclusions et de faire donc une lettre assez neutre. Puis nous évoquons la possibilité pour Anne et moi de venir la voir, séparément ou ensemble, pour lui parler de nos difficultés plus personnelles et comment nous pressentons qu'elles jouent un rôle influant sur le psychisme de Nathan. Finalement, il est décidé que nous y allions séparément, ce que je préfère. Nous repartons, Nathan est très calme dans la voiture, nous faisons un crochet par la rue des Partants pour faire un tour de toboggan. Rire à gorge déployée de Nathan. Toute la journée passée dans la fièvre, une fièvre énervée que tout irrite, et qui me donne surtout le sentiment de traverser la journée sans y vivre vraiment. Le soir nous regardons Naked lunch de Cronenberg d'après le livre de Williams Burroughs et nous trouvons un ressemblance frappante entre Léa et l'actrice Monique Mercure qui joue le rôle de Fadelah. 8.3.04
Lundi 8 mars 2004 Journée de pas grand chose, c'est souvent le cas après une nuit au travail. Je mets de l'ordre dans l'épaisse vapeur que sont mes corrections de Veuvage, j'apporte quelques corrections à l'extrait déjà à l'écran hier, elles vont vers la clarté, du moins je l'espère. C'est sans doute l'effort qui me coûte le plus dans l'écriture de ce roman, s'assurer à chaque phrase que ce que j'écris est compréhensible par un inconnu, ne jamais perdre de vue par exemple que le narrateur de Veuvage me ressemble beaucoup, aussi tout comme moi il est photographe, il est aussi informaticien et il travaille le week-end, la semaine il s'occupe de ses enfants. Cela n'importe quel lecteur du bloc-notes le sait et il n'est pas nécessaire de le préciser, c'est entendu, nous nous connaissons de longue date. Mais dans ce roman que de passages écrits, construits dans le sens qu'ils sont les réflexions d'un homme qui comme moi serait photographe mais qui gagnerait sa croûte comme informaticien le week-end et au contraire travaillerait à tout à fait autre chose en semaine et de ne s'apercevoir qu'à la dixième relecture, est-ce assez besogneux?, qu'à tel endroit du récit je dise que ce soit une collègue à moi qui réponde au téléphone quand j'appelle à mon bureau sans avoir à préciser laborieusement que là où je travaille nous sommes plusieurs à répondre au téléphone ou encore à tel autre point du récit faire comprendre que l'on puisse rentrer du travail un lundi matin quand c'est précisément le moment de la reprise pour tous. Une fois de plus je me perds dans mes propres méandres. Et aussi ce qui est amusant c'est qu'à force de tordre les détails pour qu'ils deviennent soit compréhensibles ou tout bonnement crédibles, je finisse par travestir ce qui justement appartenait encore au réel et qui finalement rejoint le reste pour devenir aussi fictif. C'est une drôle de cuisine que le roman autobiographique, on part avec les meilleures intentions de dire la vérité et un mensonge en entraînant un autre on finit par tout inventer. Ainsi et bien sûr ... quand j'ai téléphoné à mon travail pour dire que je ne pourrais pas venir les prochains jours; que je venais de la perdre dans un accident de voiture; il a fallu que je tombe sur elle; elle s'est répandue; c'était incroyable; elle savait exactement quoi dire; ... devient ... et bien sûr quand j'ai téléphoné à mon travail pour dire que je ne pourrais pas venir les prochains jours ; que je venais de la perdre dans un accident de voiture ; il a fallu que je tombe sur elle ; que ce soit elle qui décroche au numéro générique de notre service ; elle s'est répandue ; c'était incroyable ; elle savait exactement quoi dire ; les mots venaient fluides et sans heurt ;... Un détail sans doute, mais je ne compte plus les corrections pointilleuses comme celle-ci. Dimanche 7 février S'obstiner à travailler dans de telles conditions, c'est sûrement maladif, de même que de faire feu de tout bois, et pourtant les mots sont là, comme la parole est aux bavards, un flot mal contenu dans lequel on trouve de tout, le plus difficile en somme c'est de séparer le grain de l'ivraie, c'est-à-dire de retenir les pépites dans un torrent de boue. Je n'en trouve pas si souvent des pépites, je n'appartiens pas au clan serré des chercheurs d'or heureux, plutôt au groupe indistinct et sans grade des chercheurs d'or pauvres. Ce qui fait mon malheur. Je pourrais m'arrêter sans doute, et reprendre le cours d'une vie normale, d'une vie qui précédât mon existence de chercheur d'or, mais l'idée ne me vient plus à l'esprit, je suis fièvreux cette nuit, je balbutie sans bonheur. j'avais vu tout de même quelques unes de ses toiles ; et puis elle a commencé à développer un site internet dans lequel elle donnait à voir les toiles en pleine évolution ; littéralement tandis qu'elles étaient peintes ; un dispositif de caméra numérique de petit format et de faible résolution donnait une vue d'ensemble de son atelier en temps réel ; les vues étaient rafraîchies toutes les dix secondes ; il était loisible aussi d'observer comment ses dernières toiles mûrissaient dans son atelier et aussi en regard de toiles plus anciennes ; je me suis plu à visiter ce site de nombreuses fois ; je scrutais les images en direct de cette caméra très ralentie avec un engouement maladif ; qui le disputerait même à la poursuite finale dans les égouts de Vienne du Troisième Homme de Carol Reed ; ou encore à la fin interminable et trépidante de France-Angleterre du tournoi des Cinq Nations de 1997 ; la tension que créait ce spectacle à la fois lent et minuscule me démontrait une fois de plus qu'en matière de suspense tout réalisateur avait grandement à gagner au ralentissement des scènes qui y concourraient ; ainsi la scène du meurtre de la logeuse dans Crime et Châtiment de Fédor Dostoïevski ; la masse va s'abattre sur la nuque offerte mais non ; Dostoïevski prend le temps d'une description du chignon de la logeuse ; longue d'une demi page ; avant que le chignon en question ne soit tout à fait saccagé ; les restes de cette coiffure ne sont pas décrits par la suite ; ce qui montre bien que tout ceci est écrit uniquement dans le but de jouer avec la patience du lecteur ; coiffure défaite donc ; par le coup assassin ; comme si Dostoïevski s'était soudain entiché de jeter un dernier regard sur la coiffure de la logeuse et qu'en sorte il s'y soit pris au pire moment du récit ; le freinant à un instant tout à fait inopportun pour une telle digression ; distraction perverse de son lecteur à l'agonie d'être pareillement retenu prisonnier par cette circonvolution inattendue du récit ; suivre la progression d'une toile sur la caméra en ligne du site internet de Suzanne ne pouvait être recommandé aux nerfs de tous ; ainsi sur une parcelle d'écran de petite taille le visiteur du site pouvait voir Suzanne s'approcher d'une toile munie d'une brosse trempée dans la peinture acrylique rouge et d'anticiper qu'au prochain renouvellement d'image ; une dizaine de secondes plus tard ; une trace rouge importante apparaisse désormais sur la toile ; la défigurant tout à fait ou au contraire donnant à la composition son assise ; après tout c'était cela même qui était ambitionné par Suzanne qui avait adjoint à cette image lente et changeante un texte qu'elle avait écrit ; à la concision éclairante ; et notamment nourri de nombreuses références au peintre américain Cy Twombly ; à propos de cette fragilité constante de toute peinture en devenir et comment ; chaque nouveau geste vers cette toile menaçait toujours de faire s'effondrer sa composition ou ; c'était plus heureux ; de la soutenir juste à temps d'un déséquilibre fatal ; Suzanne dans son texte donc ; insistait sur cette notion picturale de non-fini ; qui n'existait ; de façon volontaire et revendiquée ; en peinture ; que depuis le Cubisme ; et comment chaque coup de pinceau courrait en fait le risque d'emmener la peinture trop loin ; comme si la peinture se tenait sur les lèvres d'un gouffre ; l'acte de peindre ressemblait étonnamment à être acculé au bord d'un précipice et de s'obliger à aller de l'avant malgré tout ; on gagne de misérables centimètres puis des fractions de centimètres ; ce faisant Suzanne estimait dans son texte donc ; que c'était là une qualité principale de la peinture de Cy Twombly dont chaque trace apportée à chaque dessin ; prise séparément ; concourrait à une vision rétrospective du chemin qu'avait parcouru le tableau ; qu'en soit l'oeuvre de Cy Twombly et son vocabulaire de signes nerveux donnaient littéralement à voir l'acte-même de peindre ; dix secondes plus tard le bras de Suzanne était armé en suspens au devant de son chevalet ; il allait falloir attendre dix secondes de plus ; et puis dix secondes supplémentaires écoulées ; le bras de Suzanne avait disparu du cadre qui n'évoluait plus pendant les dizaines de secondes suivantes ; la toile ne portait pas la touche ou la trace de rouge attendues ; Suzanne avait disparu hors champ pour répondre au téléphone ; se préparer un thé ; ouvrir la porte à un témoin de Jéhovah égaré ou tout simplement uriner ;
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