Le Bloc-notes en cachette |
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13.12.03
![]() Samedi 13 décembre Hier soir je suis parti aider Emmanuelle pour l'accrochage de sa nouvelle exposition. En partant Madeleine m'a demandé si je pouvais l'emmener avec moi. Je savais que je rentrerai tard, mais qu'importait, pas d'école le lendemain, c'est une bonne occasion de sortir un peu cette petite fille. Le sentiment de bien faire, après tout. Quelle belle soirée! Deux heures d'accrochage, Madeleine d'une sagesse irréprochable qui dessine sur des chutes de papier bleu dans un coin ou encore qui me suit les mains en coupelle, pleines de petits clous, je n'ai qu'à me baisser, elle me tend un clou. Emmanuelle nous paie un verre en rentrant dans un café à Montreuil, La Grosse Mignonne. C'est la première fois que je vois un tel café, il y a un coin pour les enfants!, ce qui, bien sûr, fait la joie de ma petite assistante. Je me dis que ces gens-là ont compris quelque chose: un café-restaurant n'a pas à être un lieu sinistre dans lequel on se noye de boissons avec d'autres gens ivres, et les femmes envoient les enfants aller chercher au café les pères saouls. Je me souviens d'une campagne anti-alcoolisme de mon enfance. Un garçon de mon âge faisait une maquette de planeur en balsa et recontrait une difficulté avec un assemblage, il allait voir son père dans le salon, le père était en train de boire, il essayait vainement d'aider son fils dans cet assemblage mais ses mains tremblaient de trop et il envoyait paître son fils, je ne me souviens plus s'il donnait une taloche à son fils ou s'il démolissait de rage le planeur, mais le slogan était celui bien connu Pendant que les parents boivent les enfants trinquent. Je m'identifiais sans mal à ce film, après tout, je faisais des maquettes d'avion et je crois que parfois j'aurais bien aimé que mon père s'intéresse davantage à ces maquettes. Un soir je le trouvais en train de déguster un whisky ce whisky je m'en souviens avait été acheté en duty free à l'aéroport d'Amsterdam où les parents avaient passé un week-end dans le salon et je le traitais d'alcoolique ce qui le fit manquer de s'étrangler avec son whisky. Il lui fut très difficile, je crois me souvenir, de m'expliquer qu'effectivement il n'était pas alcoolique, loin s'en fallait, et surtout de retrouver dans cet écheveau d'explications compliquées à démêler d'où était partie cette confusion. Madeleine a joué avec des enfants de son âge pendant que j'ai bu un ballon de Corbières avec Emmanuelle. Le serveur était aux petits soins avec Madeleine et les autres enfants, nous pouvions discuter en paix avec Emmanuelle, et discuter est bien ce dont j'ai besoin en ce moment. Et pourtant, rentrés à la maison j'ai entendu Anne se plaindre, parce que, de fait, les cheveux de Madeleine sentaient la cigarette. J'ai trouvé aussi que nos mains, celles d'Emmanuelle et les miennes tremblaient un peu. Peinture d'Emmanuelle Anquetil 12.12.03
Vendredi 12 décembre Mais qu'est-ce que peut bien me pousser à écrire comme cela sans arrêt vraiment? Hier soir je démolis tout et le lendemain, je suis au travail devant ma machine à écrire, à continuer d'écrire Veuvage (Rêverie) à la lire et à la relire, c'est la quatrième fois que je le relis en l'amendant en tous sens, en noircissant les marges, j'écris mon bloc-notes aussi, comment trouver les mots justes devant la défaite de soi, et puis je reçois un mail de Monsieur Toussaint Louverture qui me propose d'écrire des textes à contrainte, la contrainte ressemble à celle des dessins de nus en temps limité aux Arts Décos, dix minutes une pose, dans le cas présent c'est vingt minutes pour un texte. Je devrais sûrement faire autre chose de moi-même aujourd'hui, mais non voilà j'écris. Ce serait un film d'un vingtaine de minutes. La caméra serait placé à contre-jour d'une fenêtre, fixe. Une femme serait assise sur le bord d'un lit qui serait placé devant la fenêtre, elle aussi à contre-jour. On ne saurait dire qui elle est. Elle bougerait peu, semblerait regarder par la fenêtre, mais de cela non plus on ne pourrait être très sûr. Par la fenêtre légèrement entrebaillée à l'espagnolette, on entendrait la rumeur indistincte d'une rue, mais il serait difficile de savoir s'il s'agit d'une artère ou au contraire d'une rue secondaire ne figurant pas sur tous les plans de la ville. La mise au point de la caméra, en dépit du contre-jour, serait faite sur la femme assise sur le bord du lit. On ne percevrait donc rien de la vue sur laquelle s'ouvre cette fenêtre. La scène serait assez immobile, pas très longtemps, mais le temps tout de même que l'on pourrait prendre pour décrire cette scène dans tout ce qu'elle a de peu remarquable. Soudain un homme rentrerait rapidement dans la pièce et assommerait la femme d'un coup sec sur le crâne. Ce qui vient de se produire est très rapide, suffisamment lent cependant pour que le spectateur ait le temps de comprendre ce qui vient de se passer. Dans la rapidité de la scène et la violence du coup unique, l'homme, en armant son geste, aurait entrainé une corde reliée à la tringle à rideau. Tandis que la femme est désormais sans vie, et hors cadre, la caméra ne bouge pas et continue de filmer le mouvement de pendule de la cordelette qui va s'aténuant jusqu'à devenir parfaitement immobile. Ce qui prend presque vingt minutes. Fondu au noir. Générique. Je ne connais pas le titre de ce film, je ne l'ai pas vu, je ne me souviens plus ecactement mais il semble que son script m'a été décrit par un étudiant d'une classe de photographie à Chicago. A vrai dire je n'en suis pas si sûr. Je l'ai peut-être inventé. Rêvé peut-être aussi. Le script de ce film ne m'a plus quitté depuis que j'en ai entendu parler ou que je l'ai rêvé. Comme je faisais souvent ce genre de rêves de scenari courts quand j'habitais à Chicago, je sais que ce film date de cette époque. Je notais toujours ces rêves, ces visions rapides, ces rêveries éveillées. Je n'ai jamais noté celui-ci sans doute parce que je n'ai jamais eu à le faire tant je l'ai vu et revu, au contraire de tous les autres rêves et pensées éveillées que j'ai notés dans des carnets de croquis. J'ai retrouvé tous ces carnets lors d'un récent déménagement. J'avais complétement oublié ces histoires courtes, j'avais oublié jusqu'à l'existence de ces carnets. Je viens de les relire tous, le script du film de la cordelette d'entrainement de rideau n'y figure pas. 11.12.03
![]() Jeudi 11 décembre Une fuite. Une fuite minuscule. Maintenant que Gégé m'a montré d'où elle venait, j'ai pu constater à quel point elle était minuscule. Cela vient de la purge de la chaudière. Une fuite ponctuelle qui ne devrait pas se reproduire. Quelques litres d'eau, peut-être pas tant. Dans le sous-sol. Cette eau partait vers le Nord et je ne m'apercevais jamais de cette fuite. L'eau en revanche s'est écoulée vers le Sud, vers quelques cartons à dessins entreposés là, ce n'était sûrement pas une bonne idée de les serrer là, mais voilà depuis le déménagement de cet été ils y sont toujours et au-dessus d'eux tout un fatras d'autres choses diverses encore, les travaux dans le sous-sol n'avancent pas, aussi rien n'y est rangé vraiment. La peur. La peur que dans ces cartons se trouve quelques photographies précieuses, peut-être même quelques unes des miennes dont je n'aurais pas l'occasion de les refaire, des exemplaires uniques, des monotypes, peut-être même de ces images d'autres photographes que j'ai échangées contre une des miennes au gré de mes rencontres, ces échanges étaient communément pratiqués entre étudiants et enseignants à Chicago. A vrai dire encore aujourd'hui je ne sais pas exactement quels sont les dégats parce que certains cartons sont toujours inaccessibles, il faudrait remuer tout ce que le garage contient pour parvenir à les dégager. Mais ce que j'ai vu de gâché a suffit à me soulever le coeur. Un tirage de Robert Heineken, fait par moi du temps où j'étais son assistant, et qu'il m'avait signé, et je pourrais ici écrire quelques lignes sur cette année où je travaillais pour lui, ses nombreux enseignements, le sentiment d'avoir vu un génie au travail, un esprit qui inventait sans relâche, tout comme je l'ai déjà fait à propos de l'enseignement de Barbara Crane, comment elle m'a ouvert à la photographie, à ce que je suis encore aujourd'hui. Oui, je pourrais écrire ces lignes et je préférerais de beaucoup le faire plutôt que de devoir dire ce qui fit suite à tout cela. J'étais ivre de colère dans le garage, je me disais quand je pense que d'autres dans leur garage ne stocke que des choses inutiles sinon laides et du mauvais vin et il faut que cette fuite arrive chez nous, tout près de trèsors amassés il y a fort longtemps. Anne entre-temps était rentrée fatiguée du travail et n'a pas supporté ma colère, plutôt que de la diffuser elle n'a fait que l'empirer en allant contre elle, comme le fer des marmites résiste longtemps contre la violence de l'explosion d'une bombe artisinale et quand elle ne la contient plus, celle-ci est déchargée décuplée. Quel feu mauvais brûle au fond de moi pour que je fasse tant peur dans ma colère à ceux que j'aime et qui m'aiment en retour? Madeleine en pleurs. Nathan interdit. Et les regards sombres d'Anne, le visage boursoufflé par les larmes sèches. Le lendemain je souffre surtout de la honte des forcenés. Je souffre de ne pouvoir oter à ceux que j'aime ce que j'ai donné de mal. Je demande pardon. 10.12.03
![]() Mercredi 10 décembre Mercredi, jour des enfants, la journée remplie à craquer par eux. Ce ne sont pas toujours les meilleures journées. Ce ne sont pas toujours les plus tristes. Elles sont juste pleines. 9.12.03
![]() Mardi 9 décembre Arrivés juste à l'heure pour la séance. Je fais rapidement visiter à Nathan le jardin de la cour intérieure pour qu'il retrouve ses marques d'une fois sur l'autre. Nous entrons, Nathan me demande de façon presque autoritaire de lui retirer son manteau, il est visiblement pressé d'en découdre. Il ne veut en revanche pas retirer son bonnet, mais dès que Léa lui suggère de l'oter, il l'enlève bien vite et me le donne. Il s'installe à la petite table prévue pour les enfants de sa taille, et entreprend tout de suite de mettre sur pied en les alignant quelques unes des figurines avec lesquelles il avait déjà joué la semaine passée. Je donne à Léa les photographies qu'elle m'avait invité à apporter pour cette séance. Ce sont quelques photographies de vacances sur lesquelles nous figurons tous, Anne, Madeleine, Julien, clémence, Nathan et moi. J'explique à Léa qu'au même titre que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, je ne lui ai apporté que de mauvaises photographies avec lesquelles justement Nathan pourra jouer tout à loisir sans qu'elle ait peur qu'il ne les abîme, ce sont des doublons. Léa demande à Nathan la permission pour que je me retire, je viens caresser la tête de Nathan qui s'enquiert tout de même de savoir si je vais je revenir, je le rassure, il retourne à ses jeux. Je cours partout dans le quartier pour trouver un distributeur de billets parce que celui de la rue du chemin vert est détraqué, je finis par en trouver un dans la rue Saint-Maur et reviens en hâte au cabinet. Je coupe cependant par la rue Sevran et passe donc devant le numéro 55 que je reconnais à peine pour avoir été l'adresse de ma psychanalyste, il y neuf ans je crois que c'est toute la rue Sevran qui a beaucoup changé je me souviens juste que la banalité de sa porte d'entrée ne laissait en rien présager la complexité du chemin qu'il fallait parcourir pour se rendre au cabinet du Docteur L. Je fais une photographie de la fontaine sans eau qui est à l'entrée. Curieusement cette fontaine représente assez bien le chemin sinueux tel que je m'en souviens. Je n'ai absolument pas le temps d'aller musarder dans la librairie érotique un peu plus haut dans la rue. Je suis assez déçu. Je retourne au cabinet. Nathan est très calme et il dessine. Léa me dit qu'ils ont bien travaillé, c'est le terme qu'elle emploie et que je trouve un peu étrange. Elle me dit quelques banalités sur le comportement de Nathan dont elle dit qu'il est très méticuleux, rangeant bien les choses à leur place, ramassant tout ce qui tombe. Nathan se lève et va me faire un câlin. Puis il va se cacher derrière les voilages. Je sors mon appareil-photo et fait quelques images. Je règle la séance, Nathan fait tomber une petit boîte qui contenait des trombones mais ne les ramasse pas, en dépit de l'invitation à la faire de Léa, et je prends un rendez-vous pour la semaine prochaine. Je suis un peu déçu par cette séance. Je pense au texte de Georges Perec, Les lieux d'une ruse dans lequel il dit avoir de temps en temps noté dans son agenda que telle ou telle séance fût décevante, ou même filandreuse, je crois que c'est le terme qu'il utilise. Nous rentrons, Nathan, au contraire des autres séances, est odieux à la sortie. Comme je m'énerve contre lui parce qu'il refuse de me donner la main dans la rue, j'ai le sentiment que la séance d'aujourd'hui a été gâchée, comme si en m'énervant je défaisais ce qui venait d'être construit patiemment pendant la séance. Je me fais même une réflexion quant à son prix de 45 euros que j'ai le sentiment d'avoir jetés par la fenêtre. En rentrant à Fontenay, je vais chercher un nouveau chéquier à la banque, dont je me dis qu'il me permettra désormais de régler les séances par chèque et de ne plus perdre mon temps à chercher un distributeur de billets, et donc passer un peu de temps à feuilleter quelques livres dans la librairie érotique un peu plus haut dans la rue. Et je me dis que peut-être une grande partie de ma déception par rapport à la séance d'aujourd'hui est due à celle de n'avoir pas eu l'occasion d'y passer un peu de temps aujourd'hui. 8.12.03
Lundi 8 décembreAnne m'appele au travail, Nathan est vraiment très malade, brûlant de fièvre, elle, elle doit partir à son boulot après avoir accompagné les enfants à l'école, mais là, Nathan ne peut vraiment pas aller "à son travail", comme il m'a dit une fois en parlant de son école. Je dis à Anne que je vais la rappeler. Je vais voir mon chef je lui explique qu'Anne ne se sent pas bien du tout, en fait je capitalise sur le fait que je lui ai annoncé, il y a deux semaines, qu'Anne était enceinte, il me libère et je peux retourner darre-darre à la maison. C'est un mensonge je n'en disconviens pas. En fait j'ai présumé peut-être à tort que si j'invoquais auprès de mon patron une histoire d'enfant malade cela ne lui paraîtrait pas asez grave, qu'il faudrait que je lui explique qu'Anne doit absolument aller à son travail, il me demanderait pourquoi elle, elle doit aller à son travail et moi pas, et en fait ce qui transpire de tout cela c'est qu'on attend plus volontiers d'une femme de prendre en charge, aux dépens de son travail, un problème d'enfant malade plutôt qu'à un homme. Plus tard dans la matinée, j'ai allongé Nathan ivre de fatigue sur notre grand lit et pour le convaincre du bien que lui ferait sûrement de dormir un peu je me suis allongé à ses côtés et j'ai lu je relis Les Choses de Georges Perec dont je suis en train de lire la biographie, une chose en entraînant naturellement une autre, je ne sais plus si c'est la relecture des Choses qui m'a poussé à lire la biographie ou si c'est l'inverse toujours est-il que les deux livres sont côte à côte depuis deux semaines, me suivant du chevet du lit à la table du salon où je prends mon thé en regardant par la fenêtre, rarement sans regretter la fenêtre de Puiseux, ouverte le soir en été, sur la masse d'ombre de l'érable dans la nuit, dans la biographie je suis particulièrement retenu par les moments difficiles de la vie de Georges Perec, ceux qui ont précédé toute édition, et pourtant lui écrivait presque tous les jours, seuls lui-même et quelques uns de ses proches savaient qu'il était écrivain, aucun effort d'auto-identification à faire ici, d'indentification à cette condition de scribouillard clandestin, pas à Georges Perec, pitié, je n'en suis pas là Nathan s'est finalement endormi. J'étais très ému de lire ce passage des Choses Mais la seule perspective des travaux les effrayait. Il leur aurait fallu emprunter, économiser, investir. Ils ne s'y résignaient pas. Le coeur n'y était pas : ils ne pensaient qu'en termes de tout ou rien. La bibliothèque serait de chêne clair ou ne serait pas. Elle n'était pas. Les livres s'empilaient sur deux étagères de bois sale et, sur deux rangs, dans des placards qui n'auraient jamais dû leur être réservés. Pendant trois ans, une prise de courant demeura défectueuse, sans qu'ils se décident à faire venir un électricien, cependant que couraient, sur presque tous les murs, des fils aux épissures grossières et des rallonges disgracieuses. Il leur fallut six mois pour remplacer un cordon de rideaux. Et la plus petite défaillance dans l'entretien quotidien se traduisait en vingt-quatre heures par un désordre que la bienfaisante présence des arbres et des jardins si proches rendait plus insupportable encore. Le provisoire, le statu quo régnaient en maîtres absolus. Ils n'attendaient plus qu'un miracle. Ils auraient fait venir les architectes, les entrepreneurs, les maçons, les plombiers, les tapissiers, les peintres. Ils seraient partis en croisière et auraient trouvé, à leur retour, un appartement transformé, aménagé, remis à neuf, un appartement modèle, merveilleusement agrandi, plein de détails à sa mesure, des cloisons amovibles, des portes coulissantes, un moyen de chauffage efficace et discret, une installation électrique invisible, un mobilier de bon aloi. Mais entre ces rêveries trop grandes, auxquelles ils s'abandonnaient avec une complaisance étrange, et la nullité de leurs actions réelles, nul projet rationnel, qui aurait concilié les nécessités objectives et leurs possibilités financières, ne venait s'insérer. L'immensité de leurs désirs les paralysait. Et puis, l'heure matinale du lever ce matin, cinq heures, la chaleur de la fièvre de Nathan tout contre moi, et l'effet soporifique de la lecture dès que je suis allongé, tout ceci concourant, j'ai fini par m'endormir. Quand je me suis réveillé Nathan était assis à côté de moi et me veillait. Je n'ai jamais aussi bien dormi, je crois que dans le sommeil j'avais conscience que mon petit garçon était à côté de moi et qu'il me veillait. Et dans Veuvage (Rêverie) nouveau changement de titre, pour ce roman je me demande si je n'ai pas passé autant de temps à changer et à rechanger de titre que d'écrire le roman tout court j'écris cette scène dans laquelle la petite Zoé me veille pendant mon sommeil. en fait j'avais très peu dormi ; je m'étais tout de même assoupi deux ou trois minutes ; il faisait encore nuit dehors ; j'étais en sueur ; je suis descendu à la cuisine et je me suis fait un café ; Suzanne est arrivée en fin de matinée ; j'ai parlé à Zoé ; je lui ai dit qu'il fallait que je dorme ; cela faisait deux nuits que je n'avais pas dormi du tout ; la première nuit parce que c'était la nuit de l'accident ; et la deuxième nuit parce que j'avais peur qu'on vienne m'égorger dans mon sommeil ; j'ai expliqué à Zoé que Suzanne allait s'occuper d'elle et d'Émile pendant que je dormais ; Zoé a demandé à veiller sur mon sommeil ; c'est d'ailleurs ce qu'elle a fait très gentiment ; tout le temps où j'ai dormi ; Zoé était à côté de moi assise sur le bord du lit sans rien dire ; c'est Suzanne qui me l'a dit ; ![]() 7.12.03
![]() ![]() Samedi 6 décembre Je compose de nouvelles figures avec l'éditeur de Tangram que m'a concocté Julien. Le téléphone sonne, je suis au travail. Je me lève, et, à mes pieds, un mauvais raccord de moquette est une énigme de tangram.
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