081523 Puiseux-en-Bray, la maison en face de l'école. Le jardin le matin. Ce pin penche dangereusement comme beaucoup semblent le penser (notamment dans le village), je puis vous dire que depuis cinq ans je mesure l'angle de son inclinaison comme j'ai pû apprendre à le faire en étudiant le dessin pour préparer le concours d'entrée aux Arts Décos, en inclinant un crayon à bout de bras et de reporter cette inclinaison, le bras toujours tendu, sur le papier, je puis vous dire donc, que cet arbre certes n'a pas poussé droit mais que cette inclinaison est restée constante. Et pourtant je suis sûr que le prochain propriétaire de cette maison aura à coeur de le faire abattre. A cause du danger. Un peu comme certains maires de communes du sud de la France font abattre des alignements de platanes centenaires qui bordent les routes au prétexte que ceux-ci causent des accidents mortels de voiture: quelle mauvaise foi !, ce sont les arbres immobiles qui sont accusés et les bolides énervés et mal conduits par des conducteurs énervés, et qui se conduisent mal, qui jouent le rôle de la victime. Quel roi fit donner des coups de fouet à la mer parce qu'elle avait noyé son fils? (Xerxès)

Accident Dessin

 

 

 

081745 Ces reflets du matin, comme de la fin du jour, me font souvent regretter qu'il ne soit pas possible de les enregistrer directement sur du papier photographique en le plaquant contre le mur qui reçoit ces ombres à la façon d'un rayogramme de grande taille, mais il faudrait, pour cela, pouvoir commander deux éclipses de soleil de suite, instantanées et séparées d'une demi-douzaine de secondes, guess and hope, le temps de sortir le papier du rouleau, de le couper, et de l'adosser au mur, et, une fois exposé, de le serrer dans un tambour de développement.

Photographie Guess and Hope

 

 

 

 

 

 

082004 Nathan a encore mal garé son tracteur.

Nathan

 

 

 

 

 

082355 A cette table se tiennent souvent les conciliabules entre Nathan et Madeleine.

Madeleine Nathan

 

 

082412 J'ai très mal photographié ces ombres qui entrent par effraction dans le salon, comme chaque matin ensoleillé, qu'importe, dans mes archives il ne sera pas difficile de trouver un meilleur cliché de ce que souvent je photographie. Une image en remplaçant une autre, un peu de la même façon que certains commentaires du trajet de retour du travail sont en fait des commentaires et des notes qui ont été empruntés à d'autres trajets. Pour les images aussi, la mémoire fond les images les unes dans les autres et en fabrique d'autres qui n'ont pas nécessairement existé en tant que telles. Mes souvenirs des Cévennes par exemple se superposent beaucoup, d'année en années. Je me souviens d'un coucher de soleil derrière le Mont-Lozère, un soir de départ avec Hanno, Ladislav préparait un goulasch pour lequel je lui prêtais main forte en coupant des oignons en nombre, c'est un souvenir remarquable, un souvenir de bonne humeur sans pareille, Lalzo expliquait que pour faire le goulasch, il fallait prendre du boeuf à braiser, ajoutant comme on fait pour le boeuf bourguignon, ce à quoi j'ajoutais que sûrement une ménagère slovaque voulant mitonner du boeuf bourgignon s'adressait à son boucher en lui demander du boeuf à braiser, comme pour le goulasch, je remarque cependant que j'ai substitué, dans mon souvenir, un coucher de soleil d'un autre été à celui-là, une vision tout à fait exempte des larmes causées par les épluchures d'oignons et dont je me souviens pourtant.

Photographie Cévennes


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