A quoi tu penses?

C'est un de ses lundis matins où je dors très bien dans le train, pas certain de me rendre compte du départ du train de la gare de Clermont-Ferrand, et de me réveiller un peu avant d'arriver à la gare de Lyon à Paris, couché donc à même le tapis de l'aire de jeux des enfants absents de ce train d'hommes d'affaires pressés du lundi matin.

Si, peut-être à un moment, je me suis réveillé, je me suis hissé jusqu'à la hauteur de la fenêtrre pour constater, reconnaître instantannément, que nous traversions la forêt de Fontenaibleau et qu'il me restait donc encore trois bons quarts d'heure à dormir.

Connaître à ce point le paysage, et la succession des villes, des petites villes, des gares sans nom presque, des ponts, des rivières, des ruisseaux, des forêts des rangées d'arbres, des routes que l'on longe ou que l'on croise, des usines et des fermes, que l'on peut à tout moment savoir où l'on est et en déduire le temps restant, et le temps déjà écoulé.

Regarder le paysage comme on regarde sa montre.




Peinture de Jérémy Liron, peitnure fantôme parce qu'elle n'existe plus, la toile ayant été repeinte pour une autre peinture.