Le Bloc-notes du désordre |
vendredi, avril 15, 2005
Hier soir j'aurais veillé tard, mais je n'aurais pas fait grand chose. C'est dommage, encore un vendredi soir de gâché. Un de ces vendredis soirs, une semaine sur deux, qui précèdent le travail de nuit pour lequel je me décale un peu pour mieux amortir la nuit blanche au travail le soir suivant. C'est souvent le meilleur moment pour moi pour travailler. Toute la maison dort, je suis seul dans le garage, je peux écouter de la musique en général les disques que j'ai empruntés l'après-midi même à la bibliothèque assez fort sans déranger ni les enfants ni Anne, j'ai tout mon temps, l'idée étant de se coucher le plus tard possible. Quand la fatigue finit par me faire faire trop d'erreurs, je reconnais son avance et j'éteins tout et vais me coucher. Je tombe alors comme une masse souvent heureux des avancées qui viennent de se produire. Mais ce vendredi soir, la concentration ne venait pas, somme toute coupée par le fait de devoir aller chercher Clémence à la gare. Alors j'ai fait ce que je fais rarement, j'ai surfé. Oui contrairement à ce que tant de gens croient, je ne vais pas souvent sur internet comme on dit. J'utilise essentiellement la fonction de courrier sur internet et l'échange qu'elle me permet avec d'assez nombreuses personnes, échanges de renseignements, échange à la fois d'amitié et de travail avec Julien et L. J'utilise aussi internet comme un outil d'arrière-plan, j'ai besoin d'un renseignement, je fais rapidement une recherche pourtant je dispose de nombreux dictionnaires, aussi bien papier que sur mon disque dur, de même que de deux encyclopédies elles aussi toutes deux installées sur mon disque dur, mais c'est tout de même assez rare que je me serve de tout cela, je ferai plus volontiers une recherche rapide sur internet il arrive même bien souvent que le renseignement que je cherche soit si précis, comme la date de sortie d'un film ou le nom d'un de ces personnages (comme le nom du plombier dans les 5000 doigts du docteur T) que je n'ai même pas besoin d'aller sur les pages que me renvoit le moteur de recherche, je me contente parfois de la simple description de la page. Et, bien sûr, ma connection est tout de même mise beaucoup à contribution pour la synchronisation de ce que je fais sur le site et les aller-retours fréquents entre le serveur et le disque dur. Mais "surfer" comme on dit, c'est assez rare. D'abord je fais un tour rapide sur le site des amis, je regarde rapidement les nouveautés, les dernières pages et cela suffit généralement à ma curiosité. Et si je découvre de nouvelles choses cela vient surtout des mails des visiteurs du site qui me donnent des liens et comme je leur en suis reconnaissant!, quand bien même je ne suis pas systématiquement emballé par leur trouvaille. Comme par ailleurs j'appartiens à deux ou trois listes de diffusion ou de discussion, je reçois également quelques liens par ce biais, mais chacun l'aura compris je ne suis pas un défricheur. D'ailleurs les quelques fois où je me décide à ce genre d'explorations, je me demande toujours comment les autres font. A mes tout débuts sur internet, je me souviens que je passais par les annuaires comme celui de Yahoo! et j'épluchais un à un les adresses des sites qui y étaient recensés. Je commençais souvent par la rubrique Arts et Littérature mais il m'est tout de même arrivé quantité de fois d'aller voir aussi dans toutes les autres rubriques. Je dois être un peu aguerri parce que je ne procède plus de cette façon. Je préfère désormais de beaucoup la méthode du ricochet. Je vais voir le site, prenons cet exemple, de Benoît Guillaume, j'en profite pour regarder les derniers dessins et puis je file dans sa page de liens, et dans cette page de liens, je trouve notamment un site qui dénombre une quantité faramineuse de liens de graphisme essentiellement, je suis sauvé, j'ai trouvé une bonne veine que je remonte. Parce que naturellement chacun des sites proposés comporte lui aussi sa page de liens que je m'empresse de consulter, d'ailleurs c'est souvent cette page de liens que je cherche en premier en arrivant sur un nouveau site. Ce qui est paradoxal parce que je ne me donne pas toujours la chance de voir ce que le site a à proposer lui-même. En revanche ce que je remarque souvent lors de ces explorations un peu plus hardies que les autres c'est combien l'intérêt de mes trouvailles se dilue au fur et à mesure que je progresse dans mes ricochets de pages de liens en pages de liens. Par exemple, je suis très intéressé par la moitié des liens que Benoît propose, disons qu'une autre moitié me laisse de marbre. Dans la moitié des liens qui m'intéressent, les pages de liens de ces nouvelles pages d'arrivée ne vont me fournir qu'un ratio d'intérêt d'un tiers ou d'un quart. Et dans cette nouvelle génération de liens je ne trouverai bientôt plus qu'un lien sur cinq puis un lien sur dix qui seront susceptibles de m'intéresser. Donc sur internet, comme dans la vraie vie on peut difficilement dire que les amis de nos amis sont nos amis, il vaut mieux dire que la moitié des liens de nos liens sont nos liens aussi, et que le quart des liens de la moitié des liens de nos liens sont aussi nos liens, ce qui devient, le huitième des liens du quart des liens de la moitié de nos liens sont également nos liens. En fait il ne serait pas absurde de comparer la recherche de liens à celle de champignons, la lassitude finit toujours par s'installer. Voici donc les plus beaux spécimens de la ceuillette de cette nuit. http://www.flyingpuppet.com/, que je redécouvre. http://www.milieu-urbain.com/ Et ce qui me surprendra toujours, c'est comment Julien me devance souvent, puisque ce matin je trouve dans mon courrier une de ses idées pour refaire la page de liens du désordre. ![]() Vendredi 15 avril Je suis allé porter mon vieil appareil-photo panoramique à réparer. C'est un appareil de conception et de fabrication russes, en dépit de son apparence mastoque, il est très fragile et il connaît le chemin du réparateur. Je suis toujours surpris de ces vieilles échoppes, celle-là, avenue du Port-Royal, dans lesquelles des hommes en blouse blanches sont courbés au dessus de lampes d'architecte dont le verre de l'ampoule toucherait presque ce qu'elle éclaire, tant il est important d'y voir clair dans toutes ces pièces minuscules. Parmi les appareils sur les étagères, je reconnaîs certains boîtiers sur lesquels, c'est certain, mes doigts tomberaient d'eux-mêmes sur les réglages, et comme chaque fois, je suis pris d'un pincement nostalgique de cette photographie artisanale avec des vieux boîtiers entièrement mécaniques. Je trouve les gestes du réparateur un peu brusques avec ma vieille mécanique russe, mais je m'abstiens de tout commentaire, me vient tout de même à l'idée le souvenir de la brutalité des gestes de mon chirurgien quand j'avais été opéré du testicule, lui faisant remarquer qu'il était presque brutal, il s'était excusé en m'expliquant qu'il avait tellement l'habitude de toucher des corps inertes et endormis, qu'il manquait de faire attention quand le corps était au contraire éveillé et sensible. Etourderie douloureuse pour son patient. Je repars regaillardi, apparemment c'est réparable, je vais bientôt pouvoir de nouvau river mon oeil à ce très beau viseur panoramique et à sa bulle d'air au dessus du viseur pour indiquer que l'horizon sera bien plan, ce qui n'est pas toujours ce que l'on cherche quand on se sert d'un tel appareil. Je me dis que je reprendrais presque goût à la photograpie argentique. Plus tard chez Hanno qui habite dans le quartier et à qui je rends visite avec Adèle sur le dos, au propre comme au figuré. Hanno me montre ses tirages de lecture en noir et blanc de ses photographies d'Argentine et du Chili. Et là dans le travail qu'il reste à faire pour Hanno pour mettre en valeur ces images, retenir les premiers plans et donner à la fois du constraste et de la clarté, je me fais la réflexion inverse, c'est-à-dire que la photographie argentique ne me manque pas tant que cela! Les tirages de lecture, et comme j'ai toujours eu horreur d'en faire. Photographie de Hanno Baumfelder jeudi, avril 14, 2005
Jeudi 14 avrilJe prends souvent des photos des enfants. Dans le lot, nombreuses sont celles où ils ont bougé, ou l'expression de leur visage n'est pas très réussie, autant d'images qui vont tout droit dans la corbeille du système d'exploitation (et comme j'aime que regardant mes images dans leurs répertoires, je ne garde que les "bonnes"). Faire une bonne photographie de Nathan n'est pas toujours simple, à la fois l'indiscipline à garder un semblant de pose de même qu'une très grande mobilité des traits, font qu'elles sont plétoriques les photos de Nathan que je supprime régulièrement de mes répertoires. Je n'ai pour ces images aucun regard. Elles sont ratées et donc elles finissent dans la corbeille. Hier Anne a fait des photo-matons des enfants pour remplir les formulaires de demande de passeport et autres papiers d'indentité, nous n'avions, jusqu'à la semaine dernière, aucune pièce d'indentité pour aucun d'entre nous cinq qui fût valide et non périmée. Je viens de tomber sur ces quatre photos de Nathan. Et je suis choqué. Ces images si elles étaient sorties de mon appareil-photo numérique auraient très certainement pris le chemin de la corbeille, mais comme il s'agit de photo-matons, celles-ci nous ne les jetterons pas, pire ce sera cette image qui sûrement figurera sur la première pièce d'indentité de Nathan. Ce qui n'est pas gravce, pour ce qui est de cette pièce d'identité. En revanche cette image me fait un effet terrible. Elle est maladroitement cadrée, Nathan y apparaît écrasé par le mauvais cadrage, petite tête qui se hisse dans le cadre, comme écrasée donc par le fond blanc qui mange le reste de l'image. Mais ce qui me dérange dans cette photographie de Nathan c'est le curieux rictus qui lui barre la joue gauche et ses yeux perdus vers le haut, ce qui accentue l'écrasement du petit visage. Cette grimace est celle qui de temps en temps traverse le visage de Nathan, concordant en cela avec la traversée par l'absence de toute sa personne. Cette absence je l'ai déjà vue de nombreuses fois en photo, mais dans un clignement à peine, le temps d'envoyer le fichier vers la corbeille. Ces images-là, je les considère comme ratées parce que Nathan n'y est pas à son avantage, comme on dit, et je leur préfère au contraire celles où sont bien visibles sa tendresse, son regard doux et son rire clair. De cela je présume qu'on ne peut pas m'en vouloir et nous faisons sans doute tous la même chose avec nos enfants, nous en capturons des images voulues idéales. Or quand une image, qui s'éloigne de beaucoup de cet idéal, fait surface avec prégnance, elle devient presque inacceptable, tout comme le Narrateur de la Recherche du temps perdu fait la terrible découverte du vieillisement avéré de sa grand-mère bien aimée en entendant sa voix au téléphone, voix coupée de tous les efforts que commet habituellement sa grand-mère avec les traits de son visage pour gommer cette voix de vieille femme. De comparable façon en voyant ce photo-maton, c'est-à-dire cette photographie involontaire, je reçois en plein une image qu'habituellement je chasse et balaye d'un revers de la main. Parce qu'elle est involontaire, et plus véritable, cette image me revient avec violence. J'y vois l'égarement de Nathan que je choisis de ne pas voir d'habitude. Les menteurs n'aiment pas quand la vérité voit le jour. mercredi, avril 13, 2005
Mercredi 13 avrilAujourd'hui je suis allé deux fois au cinéma. Deux fois dans la même journée. Une première fois accompagné de Madeleine, plus exactement j'accompagnais Madeleine pour voir Les 5000 doigts du Docteur T. et puis, plus tard, je suis allé voir, seul, De Battre mon coeur s'est arrêté de Jacques Audiard. Deux registres assez différents. D'abord je dois avouer que contrairement à ce que j'appréhendais je ne me suis pas du tout ennuyé en voyant Les 5000 doigts du Docteur T., film pour enfants certes, mais qui n'était pas dénué d'astuces de narration, d'une réelle imagination pour les décors et les situations et par ailleurs une chorégraphie souvent splendide, notamment celle des musiciens non-pianistes, rejettés aux oubliettes. L'histoire elle se termine bien, on assiste à la déconfiture de l'épouvantable Docteur T et Monsieur Zlabadowski, le plombier, le meilleur plombier de la ville, finira bien par charmer la veuve pour le plus grand plaisir de l'orphelin. Madeleine a bien aimé, comme moi, surtout la scène de la chorégraphie dans les oubliettes. De Battre mon coeur s'est arrêté est un peu une autre limonade. Et tout de même, je peux bien vous le dire, cela m'a davantage marqué que Les 5000 doigts du Docteur T., et pourtant il y est également question de piano. Mais tout comme les leçons rébarbatives de piano du petit Bart, l'orphelin, aux mains du despotique Docteur Terwilliker sont un prétexte à des métaphores (dans Les 5000 doigts du Docteur T., il ne faut pas négliger que l'institut des happy fingers du dcoteur T est tout de même une métaphore de l'univers concentrationnaire, j'ai du mal à croire que l'Hollywood des années 50 se donnait de tels objectifs pédagogiques quand je vois la vacuité des productions contemporaines, à laquelle je suis tout autant exposé qu'au bonheur tout de même des 5000 doigts du Docteur T., Madeleine ne faisant pas encore preuve du plus grand discernement), de même dans De Battre mon coeur s'est arrêté le piano a des vertus métaphoriques. Et c'est précisément dans ce pli que j'ai ressnti tant d'émotions. Tom, un agent immobilier véreux, jeune, serait promis à cette petite vie minable dont la violence, l'agressisvité et l'âpreté au gain sont le théâtre quotidien, s'il n'avait pas dans son enfance marché dans les traces de sa mère une pianiste connue, au destin tragique, mais voilà à la mort de sa mère, c'est davantage dans les pas de son père qu'il mis désormais les siens pour devenir une petite crapule sans envergure sur fond d'immobilier. Par le biais fortuit d'une rencontre avec l'ancien impressario de sa mère, il décide de reprendre l'étude du piano. Ce qui est à peine crédible. En cela le film navigue assez admirablement en frôlant, sans les toucher, tous les icebergs des stéréotypes de ce genre de récit: tout comme il n'est pas vraiment crédible que Tom déformé par la bassesse de son monde puisse devenir un artiste, de fait, il ne deviendra pas ce pianiste-concertiste en dépit d'efforts méritants. Dans De Battre mon coeur s'est arrêté le piano c'est la beauté ou encore l'art. De la même façon, les magouilles à la petite semaine de Tom et ses collègues sont ce que l'on appelle communément la vraie vie, celle des vraies gens, de ceux dont on peut se demander si la traversée de la vie est préoccupée d'autres choses que d'une certaine forme de survie et le corrolaire de cette non-vie, l'appât du gain. Et si par miracle, un de ces êtres lourds à l'existence s'entiche de sortir de cette gangue sans âme pour aspirer à la beauté, la beauté, en un sens le rejette et le renvoie à la laideur de son monde. Au contraire quelques rares êtres sont touchés par la grâce, la professeur de piano chinoise, qui vit dans l'exigence de la beauté et y travaille avec acharnement. Cette dernière vit chichement, mais l'intérieur de son appartement modeste est plus habité que celui de ces agents immobiliers ou le clinquant est de toutes les surfaces. La beauté reconnaît les siens et seulement eux, les plus fidèles. Aux laborieux qui souhaiteraient s'en approcher, on ne laisse percevoir que quelques bribes éparses de cette beauté, manière en un sens de leur renvoyer une image plus exacte encore de leur médiocrité. Comme ce film me fait de l'effet!, mon immobilier à moi est le monde du travail tertiaire, celui de l'informatique, et comme il est sans doute vain de ma part de croire que je pourrais un jour m'en extraire! mardi, avril 12, 2005
![]() Mardi 12 avril Mon ordinateur ne fonctionne plus. Vous savez dans les films de science-fiction on entend toujours un type aux commandes d'un puissant vaisseau intergalactique piloté par des ordinateurs du XXVIième siècle dans lesquels immanquablement on retrouve du matériel IBM de l'époque du film (Ah les 3420 de Startreck!) et le type se retourne vers le commandant du vaisseau pour dire: "il ne répond plus, les commandes ne répondent plus", ce qui laisse augurer d'un émminent danger. Et c'est exactement ce que j'ai dit: "il ne répond plus". D'habitude je crois que je dis plutôt des choses oui il m'arrive de parler à voix haute, de parler à mon ordinateur, oui, je sais c'est mal de parler aux machines, mais de temps en temps j'exhorte mon ordinateur à plier à mes volontés ou je m'insurge contre les messages qu'il m'envoit, comme "le scanner n'est pas trouvé", formule que je trouve maladroite et ce à quoi j'ai coutume de répondre, à voix haute donc: "à gauche de l'écran sur le bureau", ce que la frustration nous pousse parfois à dire et faire! Parler à une machine, quel idiot! du genre allez grouille-toi, oui, je tutoie mon ordinateur, vous pensez peut-être qu'il faudrait que je le vouvoie? J'avoue que je me suis déjà posé la question et je me suis aperçu que je ne parlais à mon ordinateur que quand ce dernier ne coopérait pas suffisamment rapidement à mon goût ou encore qu'il ne me laissât pas faire ce que j'avais en tête, en d'autres termes, je parle à mon ordinateur quand je ne suis pas content de lui ou même que je suis en colère contre lui, d'où certainement le tutoiement, un peu comme on tutoie les autres conducteurs qui n'avancent pas assez vite à notre goût ou pire encore qui nous barrent le passage: "alors t'avances?", tandis que si nous rencontrions la même personne dans la rue ne serait-ce que pour lui demander l'heure, nous dirions sans doute: "avez-vous l'heure Monsieur s'il vous plaît?" Mais alors n'est-ce pas une preuve patente de mon manque de reconnaissance vis à vis du travail que fournit mon ordinateur, le fait que je ne lui parle que pour lui faire des reproches, jamais pour le féliciter de la rapiditié avec laquelle il est, par exemple, parvenu à avaler un énorme fichier ou à le modifier efficacement. Mais je pense que si vous m'entendiez dire: "Albert, oui mon ordinateur s'appele Albert, c'est Madeleine qui baptise les ordinateurs ici, celui-là s'appelle Albert, le portable s'appelle Robert et le Mac D'Anne s'appelle Zoé, Albert donc, je vous remercie d'avoir aussi promptement chargé les données dont j'avais besoin et d'avoir bien voulu m'installer ce nouveau programme.", je pense, oui, que si quiconque m'entendait de la sorte je serais sans doute mûr pour l'asile. Donc, je suis obligé de reconnaître que ce n'est pas très malin de vitupérer contre mon ordinateur, quand bien même ce dernier ne réponde plus ni aux commandes que je lui passe ni aux injonctions qui accompagnent ces commandes. En fait j'ai eu le temps de voir que c'était probablement le disque dur qui avait du déraper, c'est vrai que la veille, à la décharge de mon ordinateur, j'avais fermé très rapidement tous les programmes actifs, qu'ils étaient nombreux et la plupart très gourmands en mémoire, et fermant donc tous ces programmes à la chaîne, j'avais entendu l'ordinateur usiner copieusement, sans doute qu'entre les différents plateaux du disque dur de 200 gigas tout de même, des sauts de pistes un peu brutaux ont été commis endommageant, des plages sur lesquelles on trouve des fichiers primordiaux au démarrage du système d'exploiration au passage, je peux vous dire que quand j'écris de telles phrases dans mes rapports au boulot, il y en a beaucoup qui me demandent ce qu'ai voulu dire du coup je suis obligé de leur fournir une traduction du genre: "tous les programmes ont été fermés d'un seul coup donc ça a scratché le disque dur, les fichiers de config sont niqués et donc maintenant il est planté, il ne veut plus moudre, il ne peut plus booter, tu ne peux même plus accèder au bios, tu n'as plus la main pour quoi que ce soit, t'as pu qu'à changer le disque dur". D'ailleurs corrolaire au tutoiement de la machine quand celle-ci ne donne pas toute satisfaction, il y a la troisième personne du singulier pour parler de l'ordinateur et de ses agissements qui ne lasse pas de m'étonner. J'entends souvent des collègues dire, "tu lui demandes de t'ouvrir les fichiers interactifs, il te répond d'abord qu'il a bien reçu ta commande, il ouvre les fichiers, mais tu dois attendre qu'il s'initialise et quand enfin c'est bon, il te le dit en t'envoyant un message à la console pour te dire que tu peux y aller". N'empêche je peux bien me moquer de nos travers pour ce qui est du dialogue avec ces machines, j'ai téléphoné au réparateur, une chance l'appareil est encore sous garantie, ils vont passer le prendre pendant dix jours, du coup je suis bien embêté. Et depuis ce matin je dois dire que je tourne en rond, désoeuvré, à ce point démuni et pourtant je vous avoue que je n'aime pas beaucoup cet état de dépendance vis à vis de cette machine, on dirait une petite vieille qui se désole de devoir emmener son chat chez le vétérinaire que j'ai commencé une large campagne de rangement dans le garage, tentant de mettre à profit cette période de chômage technique, pour me lancer dans des corvées dont je reporte utilement l'exécution à plus tard. Et d'ailleurs je me dis chaque fois que je fais du rangement, que je devrais mieux considérer cette activité étrangère, le rangement, comme sans doute je devrais parler plus poliment à mon ordinateur, puisque je ne peux pas contenir de telles paroles ineptes, tant chaque fois que je range je finis par tomber sur des objets et des images qui me font plaisir de revoir. Aujourd'hui, je viens de tomber sur les images de l'été 2002, au 6X6, en négatif croisé, du coup me revient en idée ce projet de les associer dans un livre aux journées de bloc-notes d'alors. Et voulant aller relire ces lignes je m'aperçois que je ne peux pas le faire, mon ordinateur ne fonctionne plus. Décidément ça coince aujourd'hui. lundi, avril 11, 2005
dimanche, avril 10, 2005
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