Le Bloc-notes du désordre |
samedi, février 19, 2005
vendredi, février 18, 2005
vendredi 18 février Quand je suis rentré de Nogent-le-Rotrou aux Rigadières, c'était comme de rentrer au bercail, j'y ai retrouvé les enfants partis vadrouiller dans le bois en compagnie des plus grands. J'ai donné son biberon à Adèle et puis je suis parti donner un coup de main à Pascal pour couper du bois, Pascal profitant de l'absence de Nathan parti dans la forêt avec les autres enfants, pour déchaîner les mugissements de la trançonneuse, qui, comme tout outil électrique, a le don, par son vacarme, d'épouvanter Nathan, et Pascal de plaisanter qu'en sa qualité de menuisier, et donc bruyant, passant d'un outil mécanique à l'autre, il n'était peut-être pas le mieux placé pour être le parrain de Nathan. L'après-midi, nous partons en promenade pas très loin, cela finit par être un drôle de convoi, une dizaine presque d'enfants couverts de bonnets et d'écharpes multicolores, Pascal qui les rejoint avec un vélo beaucoup trop petit pour lui et ses grandes jambes et Florence qui elle aussi finalement sort du bois à cheval. Il fait un froid de bique, la buée sort de toutes les bouches, les joues et les nez sont rougis, les petites mains cherchent refuge dans les grandes parce qu'elles ont froid, et pourtant je me sens réchauffé de toute cette chaleur, de ce qui nous unit les uns aux autres, Pascal que je connais maintenant depuis plus de dix ans, Léonnie et Justine que j'ai connues petites filles espiègles, très espiègles, nous rions encore si souvent de leur frasques d'alors, les soupesant avec celles des "petits" aujourd'hui, Florence, celle dont j'écoute volontiers le jugement, dont je vante le discernement, Anatole et Grégoire, les cousins d'Albi, "les grands couillons" comme je les appellent affectueusement, Anatole qui va bientôt me rendre une tête, et puis les "petits", par odre d'apparition à l'image Jeanne, Madeleine, Nathan, Basile et Adèle sur mon dos, et comme Pascal, Florence, Anne et moi faisons difficilement le tri dans ses enfants-là, tant nous les aimons. Oui, impayable cortège dans la campagne. Du coup l'envie de faire un autre collage de photographies pour la Vie d'aujourd'hui jeudi, février 17, 2005
Jeudi 17 févrierEprouvante journée à bien des points de vue, passant d'un extrême à l'autre dans ce que les émotions peuvent parfois éroder la personne. La journée commence par cette fameuse réunion de l'équipe pédagogique à propos de l'avenir de Nathan à l'école, je crois que cela se passe plutôt pas mal, mais tout de même, Anne et moi sommes sur nos gardes c'est palpable, je guette la psychologue scolaire dont je sais que Nathan lui a fait obstruction pour lui faire passer des tests d'évaluation psychologique, pour le moment, elle se contente de faire la psychologue scolaire, elle écoute et elle prend des notes, je lui dirais bien ce que je pense de ses airs qu'elle se donne, mais je me gendarme, d'ailleurs c'est amusant parce que j'ai le sentiment d'avoir acquis une certaine dextérité avec sa profession parce que je devine à l'avance quels seront les mots que je dis, qu'elle finira par écrire, qu'elle prendra en note et quand je dis telle ou telle chose en insistant, je suis très content de moi en la voyant souligner ce qu'elle vient d'écrire. Nous nous sommes faits tellement de soucis pour cette réunion et finalement ce n'est pas grand chose. Il y aura bien une ou deux paroles de condamnation sous-entendue, mais je crois malgré tout que les personnes ici réunies ce matin avaient dans l'idée de faire au mieux, surtout dans l'intérêt de Nathan. Tout de même nous ressortons vidés. J'accompagne Anne au métro et puis nous prenons la route vers les Rigaudières. Les enfants retrouvent naturellement tout de suite leurs marques dans cette maison pleine de trésors pour eux. Et je vois Nathan, pour la première fois depuis deux semaines évoluer librement, sans blocage, sans peur excessive, sans hurlement, d'ailleurs Pascal me propose tout de suite qu'il reste avec eux ce soir tandis que je vais à Nogent-le-Rotrou rendre visite à Jean-Claude. D'ailleurs quand je suis sur le point de partir et que je m'assure que Nathan a bien compris que je partais et que je ne revenais que le lendemain matin, il me regarde droit dans les yeux et il me dit gentiment à demain. Et puis il se jette dans mes bras avec ferveur. Je me souviens de la première séance chez la psychologue avec Nathan, j'étais resté pendant cette première séance et vers le milieu du temps imparti, Nathan s'était levé de sa petite table d'écolier, était venu m'embrasser et me déclarait qu'il m'aimait, il y avait dans cette étreinte aux petits bras une façon de me remercier, de me dire voilà je suis content que tu m'aies améné chez cette dame. Cet après-midi quand je suis parti, Nathan m'a tranquillement regardé partir en me faisant un petit signe de la main et je crois bien qu'il me remerciait de lui faire confiance. Mais quand je me suis retrouvé au volant, peinant un peu à trouver mon chemin dans la campagne s'assombrissant, j'ai été très ému de penser à mon petit garçon et je pleurais au volant, je pleurais de ces larmes que j'ai retenues toute la journée. Adèle s'était endormie à l'arrière de la voiture, l'autoradio jouait Swordfish trombones de Tom Waits en sourdine, je ne pouvais m'empêcher de penser à toutes les difficultés qui attendaient Nathan dans cette vie qui n'offre pas beaucoup de place à la différence, à ce parcours semé d'embûches, à ces obstacles intérieurs qui entravent Nathan, à la moquerie des autres enfants parfois, à la honte, parfois aussi, de Madeleine qui s'explique tout de même mal pourquoi tout soit si difficile avec Nathan avec lequel elle aimerait pouvoir jouer plus simplement. Je me suis exhorté au calme, je me suis gendarmé, je me suis crié dessus, je me suis admonesté, comment pouvais-je à ce point présumer de l'avenir et en quelque sorte vouer Nathan à un parcous si torturé, et n'étions nous pas là, nous ses parents, qui jetons toutes nos forces dans la bataille, n'avions-nous pas des amis comme Pascal et Florence qui ont les gestes et les paroles justes avec Nathan? Allez mon gars relève un peu la tête. Je suis quand même arrivé drôlement chamboulé à Nogent-le-Rotrou. Les murs sont couverts de peintures arborigènes, de sculptures de l'Afrique Noire, dans toutes les pièces de la maison, il est même difficile d'isoler du regard le moindre de ces chefs d'oeuvre. Dans la pièce dans laquelle Adèle et moi dormirons, je me suis senti veillé par ces masques, et j'ai dormi appaisé, ce qui n'est pas si fréquent. C'est amusant ces rencontres avec les correspondants les plus assidus de cette vie parallèle parce qu'elle est la vie en ligne. C'est une agréable prolongation de ce qui se vit habituellement sur internet, des échanges de mails et de la fréquentation des travaux de l'autre sur son site, sur ses sites. La parole s'éparpille, comme elle le ferait entre des personnes qui se connaissent de longue date, ce qui n'est pourtant pas tout à fait le cas. A sa demande je montre à Jean-Claude les images de l'autoportrait en carrés et à ses questions et ses remarques je reçois l'agréable sentiment que ce que j'y ai cherché est compréhensible par l'autre, et qu'en cela je n'ai pas échoué, je viens de faire un travail qu'un autre pouvait recevoir dans toute sa complexité, labyrinthe certes mais pas sans issue, labyrinthe pour le plaisir de se perdre. A la fin du soir, j'initie un début de discussion à propos du dernier tome du journal de Charles Juliet, Jean-claude m'avait dit qu'il l'avait dévoré, de mon côté je suis en train de le lire, je ne sais pas trop quoi en penser, il y a dans ce livre des ingrédients qui me procurent des bonheurs très divers, des postures qui m'insupportent d'un côté et de l'autre une grande ténacité de l'écriture et de la recherche au quotidien, de devoir se redire tous les jours, ces passages là font terriblement écho et gomeraient presque d'autres passages plus suffisants. Jean-Claude, lui, reproche à Charles Juliet, de ne pas aborder la question de la ségrégation des Maoris en Nouvelle-Zélande de façon plus frontale, nous sommes tous les deux des lecteurs du journal de Charles Juliet, mais je ne crois pas que nous y cherchions les mêmes mystères, et pourtant nous avons tous les deux été éclairés par cet écrivain, mais peut-être pas par la même lumière. Je raconte à Jean-Claude cet entretien que j'avais mené avec mon ami Jacky Chriqui et Charles Juliet à propos de Samuel Beckett. J'avais alors mesuré, je crois, l'exigence invraisemblable de l'écriture, de ce qu'elle demandait de sacrifices fous à celui qui écrit, certaines paroles de cet entretien avaient porté plus loin que ce que je lis dans le Journal et notamment cette image omniprésente de l'oeil intérieur, dont je ne cesse d'être tour à tour fasciné par l'acuité, l'acuité de l'image, pas celle de cet oeil intérieur, et à la fois dubitatif de son emploi en toutes réflexions de l'oeuvre, comme si elle n'était pas suffisante. Je remonte dans notre chambre où je trouve Adèle enfin endormie. Le livre de chevet de Jean-Claude en ce moment, c'est Quinze jours avant la fin du monde de LL de Mars, que je lis en souriant de cette ironie que je connais bien pour être celle de mon ami Laurent. Grosse journée dis-je à voix haute en éteignant. mercredi, février 16, 2005
Mercredi 16 février Madeleine, elle, se faisait toute une joie de voir ses amis, ses petits camarades de l'école, venir en nombre à la maison pour son goûter d'anniversaire. A vrai dire j'étais moins serein qu'elle, n'étant pas certain d'être suffisamment calme pour accueillir une demi douzaine d'enfants hurlants, dans une maison que je trouve parfois un peu étroite pour contenir ne serait-ce que les notres. Qu'importe, je retiens tout de même le sourrire incrédule de Madeleine dans la galerie marchande du Val de Fontenay lorsque je lui tends, ému, son cadeau d'anniversaire que je viens de lui acheter, un petit lecteur de CD pour qu'elle puisse écouter notamment les Ogres de Barbaque dans sa chambre, en dessinant, comme elle précise. J'ai la gorge qui se sert en la tenant dans mes bras et en recevant son baiser, c'est donc toi cette petite fille qui est née il y a six ans à l'Hôpital de Gisors? Les parents arrivent à tour de rôle et je vois bien comment certains ne sont tout de même pas très rassurés de voir que je suis seul, un homme, plutôt qu'une femme, pour accueillir ces enfants. Mais le ménage fait dans la matinée, et les premiers enfants à qui j'ai donné un album de coloriage et un verre de jus d'ananas, de même qu'un des disques des enfants en musique de fond finissent par les rassurer j'imagine. Au début cette petite fête est assez civilisée, les enfants ont l'air passablement impressionnés par ma stature et ne mouftent pas de trop, Madeleine a beau leur dire que son papa n'est pas méchant, ils voudraient bien en être certains avant de pouvoir passer aux hostilités, et bien malgré moi c'est moi qui finis par les déclencher en lançant un jeu de chaises musicales qui tourne rapidement au chahut. J'aurai par la suite bien du mal à canaliser toutes ces énergies vives et désordres, mais j'obtiendrai tout de même un assez beau succès en installant une très grande feuille blanche sur la grande table du salon et en invitant les enfants à une grande fresque collective. C'est cependant à cette occasion que je vais pouvoir mesurer combien ces enfants ne sont pas tous élevés comme Anne et moi essayons d'élever les notres. Pour quelques uns de ces enfants le jeu ne vaut que s'il est l'opportunité de vaincre les autres. Et deux petits garçons notamment dessinent d'épouvantables monstres pleins de dents au dessus des têtes des princesses dessinées par les petites filles, je m'émerveille dans un premier temps du réalisme de ces monstres à l'esthétique de bandes dessinées de super-héros, avant de constater cette violence systématique et je finis par intervenir dans ce massacre de princesses en dessinant aux poings des princesses sans défense de longue lames de sabre qui viennent décapiter les monstres, du coup le pugilat redouble de violence. Je sors une nouvelle feuille pour couvrir les traces de cette tuerie sans nom et invite cette fois les enfants à dessiner un gigantesque aquarium avec des poissons, cela partirait plutôt pas mal quand une meute de requins toutes dents dehors débarquent au centre de la grande feuille et avalent les petits poissons multicolores des filles. Nouvelle feuille, je me retiens in extremis de donner comme thème la science-fiction, j'entrevois déjà le carnage d'une bataille intergalactique qui ferait du ciel de l'Angleterre au dessus de la Manche en 1940 un azur tranquille et éthéré, et je finis par donner comme thème celui du zoo en précisant bien que les carnivores seront en cage. Mais las, les deux garçons surchauffés par les carnages précédents rivalisent de nouveau d'animaux de toutes sortes, tous plus féroces les uns que les autres. Et dire que quand nous passons devant un accident, en voiture, avec les enfants, je leur demande toujours de regarder ailleurs, ce qu'ils font bien sagement, d'ailleurs dans les embouteillages Madeleine me demande souvent si c'est un accident et si elle doit baisser les yeux. De plus en plus je me dis que je prépare mal nos enfants à la brutalité du monde. mardi, février 15, 2005
![]() Mardi 15 février Je me demande bien ce qu'il se passe dans les interstices. Ces derniers jours je donne la dernière main à mes images d'autoportrait en carrés. Les fichiers sont lourds qui contiennent des images destinées à être imprimées en un mètre par un mètre. Et chaque nouvelle manipulation monopolise beaucoup de la puissance de mon ordinateur aussi il arrive fréquemment que je puisse lancer une opération, cliquer sur OK, et avoir largement le temps d'aller prendre un café, comme on dit. Je ne me fais pas de café. Je m'occupe d'Adèle. Et puis quand je présume avoir attendu assez de temps pour que mon fichier ait été modifié entièrement, je pose Adèle sur son coussin ou dans sa chaise, et je descends à toute allure dans le garage, je constate que de fait les claques visibles ont été fusionnés ou que l'mage ait été effectivement recadrée, je lance l'enregistrement du fichier et je remonte voir Adèle qui souvent me réclame et tandis que je joue avec elle, que je lui frotte le ventre comme elle adore ou que je la fasse glisser sur notre parquet particumièrement lisse, tandis qu'elle rit à gorge déployée mon fichier s'enregistre, j'abandonne à nouveau Adèle, lance une nouvelle modification de mon image comme de lui donner quelques points de jaune jaune et un point de rouge pour la réchauffer un peu, je clique sur OK et je remonte m'occuper d'Adèle, je mets un disque d'Ornette Coleman, je danse avec Adèle, mon image pendant cette danse se réchauffe lentement de trois points de jaune et un point de rouge. Et comme cela toute la journée. Lorsque je divertis Adèle, mes images continuent de se fabriquer dans le garage, et quand je lance une nouvelle opération sur un de ces fichiers, Adèle vit sa vie, regrettant de n'avoir affaire qu'à son nounours ou à son hochet, contente de me revoir faire surface. Dire que j'écoute effectivement la musique qui passe sur la chaîne serait exagéré et inexact, disons que la musique en question me traverse, les passages que je connais par coeur, m'atteignent inconsciemment, ceux que je connais moins bien, c'est comme si je ne les entendais pas. Et d'ailleurs est-ce que je peux effectivement dire que je suis en train de travailler, parce que je ne pourrais pas dire que je suis très concentré, d'ailleurs je viens de m'apercevoir que pour une des images carrées, celle des brouillons, je n'ai pas fait le bon choix du texte, ce qui fait que je suis obligé de refaire entièrement cette image. Et Adèle, est-ce que je m'occupe vraiment d'elle quand je fais ces si fréquent allers-retours vers le garage? Rien n'est moins sûr en fait. L'outil informatique nous laisse sans cesse croire que nous sommes désormais doués d'ubiquité, que l'ordinateur prend le relai et que plusieurs tâches peuvent progresser de fond, mais je ne crois pas que l'humain y trouve son compte, je n'ai pas vraiment écouté la musique qui est passée sur la chaîne, j'ai mal travaillé parce que je n'étais pas à ce que je faisais et ce dont j'ai le plus honte encore, je me suis mal occupé d'Adèle. Je ne parlerais pas donc d'une journée réussie, comme l'entend notamment Peter Handke, mais je ne parleris pas non plus d'une journée ratée, parce qu'à la fin de la journée (at the end of the day comme le veut l'expression idiomatique anglaise) les images autoportraits carrées sont achevées, et dans l'interstice de leur temps technologique, je me suis acquitté du poids de cette journée. De même que sachant que j'allais être bloqué à la maison avec Adèle, j'avais en quelque sorte planifié de m'ocuper de ces opérations chronophages aujourd'hui. Mais tout de même, la question me reste posée: ma vie est-elle devenue à ce point ce continuum temporel que je sois obligé d'y dégager des aménagements comptables par des optimisations croissantes? Et qui m'y oblige?, sinon moi-même exigeant de donner corps à des idées parfois ambitieuses pour ce qu'elles mettent en jeu de travail pour les produire. Pour cela aussi, je suis mon pire ennemi. Parce que je m'empêche de vivre dans le calme à force d'expédients toujours plus exigeants. Je peux bien me gausser de mon époque et de ces téléphones portables, de ces vecteurs de communication toujours plus efficaces et qui transportent de moins en moins de matière, plus le véhicule du message est performant et plus le message est pauvre. Je ferai bien d'en tenir compte. lundi, février 14, 2005
lundi 14 février Cette semaine s'annonce mal. Rendez-vous lundi avec la directrice de l'école et rendez-vous jeudi avec l'équipe éducative à propos du futur de Nathan à l'école. Finalement le rendez-vous ce soir avec la directrice s'est très bien passé, la directrice est une femme affable, qui ne paye pas de mine mais qui dirige son établissement avec une gentille fermeté, sans violence, mais au contraire avec beaucoup de discernement. Alors quand Anne rentre un peu tard de son travail, les enfants sont déjà couchés, nous dînons en silence dans le calme, nous dicustons à voix basse de cette première réunion dont je lui livre le contenu dans les grandes largeurs et aussi nous parlons de la fameuse échéance de jeudi et puis du rendez-vous que nous aurons avec la psychologue de Nathan, rendez-vous bilan, et il suffit parfois de peu de choses d'un mot que l'un ou l'autre nous prononçons et l'autre poursuit la conversation mais étreint par quelques larmes. Anne et moi sommes à ce point à bout de fatigue que nous ne nous arrêtons plus de parler quand les larmes coulent, nous ne nous cachons plus, nous continuons à dire cette peur, cette peur terrible, celle qui veuille que Nathan soit si pauvrement équipé pour la vie. Nous ne remarquons même plus nos larmes. Je ne remarque même plus celles d'Anne, comme les miennes, qui me coulent le long de joues, sans raison, pour rien. dimanche, février 13, 2005
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