Le Bloc-notes du désordre |
samedi, décembre 25, 2004
Samedi 25 décembre A minuit, je dois disapraître dans le garage pour qu'Anne, ce que je ne sais pas encore, descende l'immense cadeau qu'elle me prédestine. J'en profite, c'est quand même drôle cette habitude de faire ce genre de choses dès que j'ai cinq minutes, de profiter de l'intervalle, pour apporter la touche finale aux cartes postales de Mains d'Emmanuelle. Et quand je suis enfin invité à remonter du garage, un drap blanc recouvre quatre cartons volumineux, je suis un peu interdit, je découvre sous le drap les quatre éléments d'une chaîne hifi qu'Anne m'offre pour mes quarante ans et disons Noël aussi, un peu. Je n'en crois pas mes yeux mais surtout je vais découvrir que je n'en crois pas mes oreilles. Les deux enceintes pourtant encore imparfaitement réglées délivrent une musique limpide dans laquelle je discerne, pour la première fois sur disque, les attaques de saxophones et des autres instruments à vent, j'ai le sentiment d'entendre Coltrane pour la première fois de ma vie. Bah oui, parce que c'est par Coltrane que j'ai étrenné ces nouvelles enceintes et ce nouveau lecteur. Plus tard Anne finit par aller se coucher, je raccompagne Emmanuelle, venue réveillonner avec nous qui d'autre pouvais-je inviter à réveillonner en montant des meubles en kit? de retour à la maison, je décide de profiter de la nécessité de me décaler pour la nuit prochaine au travail pour faire un brin de ménage. A trois heures du matin, vous m'auriez surpris à quatre pattes, serpillant, en écoutant les variations Goldberg par Gould. vendredi, décembre 24, 2004
![]() Vendredi 24 décembre Toute la journée affairé au montage de ces deux lits en hauteur, livrés en pièces détachées, absorbé entièrement par cette tâche qui n'exige rien de moi, sinon, peut-être, de visser ces maudits tire-fonds (entre les deux lits, celui pour Madeleine et celui pour Nathan, je compte 72 tire-fonds) à l'aide d'une clef à six pans, mais tout de même l'impression de faire le bien, les enfants seront heureux demain matin en découvrant leurs nouvelles chambres pour Noël, ces deux grands lits en hauteur, la petite table coulissante dont je pressens déjà que Madeleine passera des heures à faire de ses dessins étonnants d'ingénuosité de représentation. A la fin de la journée, j'ai les paumes des mains abîmées et des ampoules au bout des doigts. Et pourtant je me sens bien d'avoir fait cela pour les enfants. Je me sens à la hauteur, j'ai des ampoules mais je me sens à la hauteur. I got blisters I am the biggest éructe John Lennon à la fin de Helter Skelter dans le double blanc (j'ai des ampoules, je suis le plus grand), jamais très bien compris ce qu'il entendait par là. I got blisters I am the biggest. jeudi, décembre 23, 2004
Jeudi 23 décembre Rien la fatigue c'est tout. Adèle finit par mieux dormir maintenant que nous sommes rentrés à la maison et qu'elle hume l'odeur familière d'Anne. C'est du repos pour moi aussi. Tout d'un coup. Je m'endors. mercredi, décembre 22, 2004
![]() Mercredi 22 décembre
C'est comme cela que Jean-Claude décrit notre recontre, je ne crois pas que je pourrais faire mieux, si, peut-être ajouter qu'il y avait aussi un professeur de SVT Science et Vie de la Terre? qui nous a bien fait rire avec son théâtre. >Jean-Claude, j'étais drôlement content de cette rencontre hier. Je suppose que cela se >ferait de remercier pour les huîtres, mais le vrai cadeau c'était ta visite. > >Depuis hier, depuis ton départ, je ne pense plus qu'à une seule chose, c'est le livre. >Les idées se bousculent en cadence serrée, il sera impossible de les faire rentrer >toutes, mais déjà quelques idées que je te donne pour te montrer que ton semis prend bien >dans ma terre. > >Un livre labyrinthe >Un livre qui commence par un mail (tu auras vite compris que je suis en train d'écrire ce >mail) >Puis par une naissance un jour de massacre. >Qui contient des flip-books, (1,2,3,4 l'empierrement, le soap opera et un autre à >déterminer) >Qui contient ses différentes étapes de réalisation >Qui contient sa maquette >Des copies d'écran >Trois types de textes des extraits du bloc-notes (verdana), des extraits de roman (times) >et des notes et des listes (courrier) >Des images de la réalisation du livre et des mails à propos de la réalisation de sa >réalisation. >Des images en haut de la page (des cartes de memory, des photo-matons, des voyages des >tuiles de mah-jong >Des liens hypertextes >Une numérotation en bas de page comme dans les Tintins >Une première page qui commence presque par la fin >Le début du livre plus ou moins au milieu >Plusieurs préfaces à différents endroits du livre. >Et d'autres choses encore auxquelles je n'ai pas pensé. > >Du fond du coeur, merci. > >Amicalement > >Phil > >PS: j'aime savoir que tu as fait bonne route en partant des Rigaudières mardi, décembre 21, 2004
Mardi 21 décembreComment les choses peuvent déraper. Je sors avec les trois enfants du CMP, Nathan et Madeleine marchent devant moi, surexcités à l'idée d'aller chez Pascal et Florence. Aux Rigaudières. Non, je raconte mal les histoires. Samedi matin, en allant prendre un café avec mon patron, tandis que je cherche de la monnaie je fais tomber une clef, ce dont je ne me serais pas rendu compte, justement si mon patron ne l'avait pas ramassée en disant tiens tu as perdu cette clef. C'est la clef de la maison. La clef principale. Je trouve curieux qu'elle soit pareillement isolée et non accrochée avec la petite douzaine de clefs de mon trousseau. Je la rempoche et comme elle tient parfaitement dans mon porte-monnaie, c'est là que je la range provisoirement et me promettant d'élucider à la maison de quel trousseau cette clef peut venir. Donc début de l'histoire. Mardi matin donc, ce matin donc, je sors du CMP avec les enfants. Pas le sentiment d'avoir beaucoup fait avancer les choses. Nathan et Madeleine ont joué de façon assez paisible avec les différents jouets à leur disposition tandis que la psychologue m'a posé quelques question molles et j'ai eu l'impression de prendre les choses en main en lui répondant avec un précision que n'appelaient pas ses questions décousues ce qui m'a amené à lui parler de mon frère Alain. Et en d'autres occasions je n'aurais pas particulièrement apprécié de devoir dire ces choses en présence des enfants, non que je leur cache quoi que ce soit à ce sujet, je fais juste attention de leur annoncer les choses progressivement, Madeleine vous expliquera que son papa avait un petit frère qui s'appelait Alain mais qu'il est mort parce qu'il était très malade, je n'ai pas non plus envie de lui dire dès son jeune âge que certains parmi nous mettent fin à leur jours par libre arbitre, une chose après l'autre merci. Oui, je me demande bien à quoi cela peut servir de faire jouer mes enfants comme à la maison devant une psychologue qui en dépit de sa ressemblance avec Carla Bley n'est pas très psychologue justement, et que de telles parolent fusent au dessus de leur tête. Et pourtant nous continuons d'y aller. Et dire qu'il y a deux mois nous disions que le CMP de Fontenay avait bonne réputation, enfin ne jugeons pas trop vite. Je sors donc du CMP, un peu lesté de ces questions, de ces interrogations, Adèle est dans mes bras, Nathan et Madeleine courrent devant. Et, tout d'un coup, je glisse sur une plaque de verglas et je peux bien vous l'avouer honteusement je lâche Adèle, oui, cette glissade me fauche littéralement et je lâche Adèle de toute ma hauteur. Je me retrouve face contre terre, j'ai vraiment glissé, vous allez me trouver incorrigible mais l'image que jai eue alors en tête et celle de Tintin dans les Cigares du Pharaon glissant sur une peau de banane, les quatre fers en l'air. Je viens de me faire très mal, je n'arrive pas à me relever tout de suite, alors je roule et rampe jusqu'à Adèle qui pleure à deux mètres de moi, je vous assure cette scène est pitoyable, et je la prends dans mes bras. Je suis allongé parterre, incapable de me relever, et je tiens Adèle contre moi qui pleure. Je me dis que c'est bon signe. Avec Madeleine une fois nous avions appris qu'après un coup sur la tête, c'est une bonne chose que l'enfant pleure. Allongé comme cela. Madeleine et Nathan sont revenus vers moi, penauds, interdits, sans doute honteux de constater la mauvaise posture dans laquelle se trouve leur père. Deux voitures passent tout près ralentissent, mais ne s'arrêtent pas pour me venir en aide. Si j'avais eu un peu de présence d'esprit j'aurais volontiers relevé leur numéro de plaque minéralogique et tenter de leur faire honte dans ces pages: ralentir pour jouir du spectacle mais ne pas s'arrêter, sans doute qu'il fait trop froid dehors ou que certaines courses de Noël ne pouvaient plus attendre. Je me relève difficilement Adèle ne pleure plus, elle a l'air contrarié tout de même. Je n'ai rien de cassé, j'ai mal au dos mais je ne le sens pas, ou presque pas, parce que je suis tout de même très inquiet pour Adèle. Je remonte jusqu'à la voiture en me disant qu'il ne faut pas que je parte tout de suite, qu'il faudrait que je rentre à la maison d'abord et vérifier qu'Adèle est saine et sauve. Arrivés à la voiture, je peste un peu contre les enfants qui ne sont pas très disciplinés en dépit de ce qu'il vient de se produire. Je fouille mes poches mais je ne trouve pas mes clefs. Dans aucune de mes quatre poches. Oui je vous assure qu'à ce moment j'ai pensé à Molloy de Beckett et la rotation de ses seize cailloux dans ses quatre poches. Les choses auxquelles on pense vraiment! J'ai perdu mon trousseau de clefs. Voilà, je viens de tomber, je viens de faire tomber Adèle, je viens de perdre toutes mes clefs, c'est-à-dire d'une part les clefs de la voiture devant laquelle je me trouve et qui est close. Et les clefs de la maison, c'est-à-dire que je suis à la porte de chez moi. Il y a deux cents mètres, à peu près, entre la voiture et le CMP. J'annonce à Madeleine et Nathan que je n'ai plus les clefs de la voiture, qu'il faut que nous retournions au CMP. Madeleine me demande pourquoi est-ce que nous retournerions pas à la maison parce que c'est pas loin, de mauvaise humeur je lui fais remarquer que je n'ai pas davantage les clefs de la maison. Et qu'on ne peut pas rentrer à la maison. Elle s'angoisse un peu alors je lui réponds que d'abord nous allons retourner au CMP et les chercher là-bas. Au CMP, pas de clef. Je ne les trouve pas très aidants et d'ailleurs je me fais la réflexion que je ne leur fais pas confiance pour ce qui est de chercher vraiment les clefs partout, c'est-à-dire de fouiller méticuleusement la pièce, pendant que moi je fouille la salle d'attente. Et de me dire, si je ne leur fais pas confiance pour chercher un trousseau de clefs égaré, comment est-ce que je peux attendre quoi que ce soit d'eux s'agissant de Nathan. Je suis de très mauvaise humeur. Je sors donc du CMP sans clef. Et j'en sors sans même me rendre compte que je ne peux aller nulle part, que j'ai Adèle, que je passe d'un bras à l'autre, de plus en plus souvent, parce qu'elle commence à peser sur mes avant-bras, les deux enfants qui deviennent turbulents parce qu'ils sentent bien que la situation échappe à mon contrôle. En sortant dans la rue, et en marchant vers la voiture, je finis par me demander où je vais. C'est vrai pas de clef, pas de voiture, pas de maison. C'est comme si le côté fâcheux de la situation ne finissait par m'atteindre que maitenant. Et tandis que j'échaffaude un repli vers un café, un coup de téléphone à Anne à son travail pour lui demander de rentrer à la maison, parce que je n'ai plus les clefs, je me souviens de la clef qui est tombée parterre samedi. Je dégage mon bras gauche d'Adèle pour atteindre mon porte-monnaie et je constate que oui, la clef est bien là. J'annonce aux enfants que tout n'est pas perdu que nous avons au moins la clef de la maison. Et que nous allons rentrer à pied à la maison. Nous rentrons, Madeleine désobéit une première fois quand je l'appele, puis une deuxième fois alors je perds patience et je l'engueule, elle fond en larmes, je me rends compte que j'ai été injuste. Je m'agenouille devant elle et je lui explique que je suis désolé mais voilà, écoute Madeleine les choses ne vont pas très bien. Je viens d'avoir peur pour Adèle, j'ai perdu les clefs de la maison et de la voiture, je perds les pédales. C'est ce que je lui dis à Madeleine, je lui dis que j'ai perdu les pédales. Ca la fait sourrire. Plus tard dans la journée, elle expliquera qu'en plus d'avoir perdu les clefs papa a perdu les pédales. Rentré à la maison après avoir traîné de force Nathan qui faisait une crise de nerfs dans la rue, j'expédie les enfants dans leur chambre, je déshabille Adèle dont le regard chavire, je prends peur et j'appele Anne à son travail. Un peu coutumière de certaines de mes facéties pas toujours très malines j'explique à Anne que j'ai fait tomber Adèle, qu'elle n'a pas l'air d'aller très bien, que je suis un peu en train de paniquer. Je ne sais pas très bien comment Anne fait pour garder son calme mais elle me dit qu'elle arrive. Et de fait une demi-heure plus tard, Anne arrive. Les choses vont un peu mieux. Adèle s'est endormie. Elle a l'air de dormir paisiblement. Nous reprenons nos esprits. Anne fait à manger, les petits descendent comme après l'orage et mangent leurs coquillettes gentiment. Anne m'encourage finalement à aller chez Pascal malgré tout. A toutes choses malheur est bon, je constate que j'avais oublié de prendre avec moi d'une part le CD gravé de l'Art Ensemble of Chicago pour Pascal et le numéro de téléphone de Jean-Claude Bourdais qui habite pas très loin de chez Pascal, à Nogent le Rotrou, où soit dit en passant, il est plus fréquent d'égarer sa montre plutôt que ses clefs, comprenne qui pourra. Nous partons finalement en début d'après-midi et arrivons vers trois heures et demi aux Rigaudières. Personne. Ca fait bizarre tout de même cette grande ferme, personne, les portes sont ouvertes mais ne vous avisez pas de faire pareil, les chiens depuis dix ans ont mémorisé mon odeur, il seraient intraitables autrement. Dans la grande pièce, il y a du feu. Mais c'est bien tout. Je déshabille les enfants. Et les envoie dans la chambre de Jeanne et Basile, je prépare un biberon pour Adèle que je lui donne tout près de l'âtre. Les enfants aussi trouvent étrange d'être là sans que leurs amis soient là aussi. Et c'est comme si les jouets de leurs copains étaient inanimés. Adèle est malade et ne tient pas en place. Au bout d'une heure je commence à m'impatienter un peu que Pascal ne soit toujours pas revenu. La nuit commence à tomber. Je commence à trouver suspecte mon insistance à aller aux Rigaudières coûte que coûte et de m'y retrouver comme cela seul. La nuit aux Rigaudières, tout particulièrement en hiver par mauvais temps, tombe plus pesante que n'importe où ailleurs. Avec la fin du jour s'épaissit un brouillard opaque, j'ai tout d'un coup le sentiment de n'être plus qu'avec moi-même. Je sens aussi Madeleine intranquille, Nathan un peu plus mystérieux que de coutume et Adèle brûlante de fièvre. Je m'exhorte au calme, mais tout de même je ne peux m'empêcher de penser à cette scène épouvantable du Temps des loups de Michael Haneke, scène de détresse dans la nuit noire en pleine campagne. Je me raisonne, je me dis que ce n'est évidemment pas comparable. il y a du feu, j'y veille en retournant les bûches avec le tisonnier, en arrivant j'ai remarqué le nouvel auvent que Pascal a construit pour abriter plusieurs stères de bois, j'ai vu que cet appentis était comble. Pas de panique. N'empêche que quatre heures de cette attente et je finis vraiment par me demander à quoi rime ce voyage pour rendre visite à un ami absent. Et plus tard, bien plus tard, je suis sur le point de rhabiller les enfants pour repartir à Fontenay, quand j'entends les chiens aboyer et de fait je vois les phares de la voiture de Pascal trouer le brouillard de l'allée. Tout change à nouveau dans cette journée. Cette fois-ci dans le bon sens. L'a-t-il senti mon ami Pascal que son arrivée me libérait du poids invraisemblable de cette journée? Et Anne le soir rappele, trouvant trois messages sans doute obscurs sur le répondeur. Non, je lui dis, tout va bien maintenant. Pascal est arrivé. Je ne me réjouis pas de journées comme celle-ci, mais je les trouve souvent salutaires pour me rappeler à ma fragilité. Que je ne suis pas grand chose. Et que tout peut basculer. A tout moment. Il suffit de glisser sur un trottoir. La vie est glissante. lundi, décembre 20, 2004
Lundi 20 décembreJe redoutais un peu ce premier jour de vacances pour les moujingues à la maison, ils tiennent parfois dans la maison comme comprimés, prêts à exploser. Anne est partie emmener Nathan à sa séance avec Adèle, je suis seul avec Madeleine. Elle a entrepris de fabriquer un livre. Elle voudrait que ce livre s'intitule Le livre de l'alphabet fabriqué par Madeleine, je suis assez épaté par ce qu'elle me montre de son projet, une lettre par page, sur chaque page donc une lettre découpée dans du papier blanc et puis scotchée sur une autre feuille blanche, blanc sur blanc donc. Elle me demande de l'aider. Alors je lui explique qu'il y a, compte Madeleine, 26 lettres dans l'alphabet, ce qu'elle vérifie, pour sa plus grande joie, son décompte corrobore avec ce que je lui dis à cet âge béni, le statut paternel correspond à celui de demi-dieu, j'ai bien conscience de faire provision pour plus tard et je lui dis donc qu'il lui faudra 26 feuilles blanches et 26 autres feuilles blanches pour ses découpages, et quand je lui demande combien cela fait 26 + 26, elle me répond beaucoup, j'aime cette limite de perception enfantine. Je lui réponds 52, elle est presque déçue que cela fasse aussi peu, pour elle sans doute 26 + 26 cela devait faire un compte proche de 100000000000000, bref l'infini. Ensuite, j'ajoute qu'il faut aussi qu'elle rajouter une feuille pour la couverture et une autre pour la quatrième de couv Papa c'est quoi une quatrième de couv?, cela m'apprendra à faire mon malin , donc Madeleine 52 + 2 feuilles, cela fait combien? 54 me répond-elle. Enchantement enfantin, l'infini plus 2 est une opération possible, envisageable, calculable. Je lui tends donc le paquet de feuilles et elle en compte 54 exactement, puis, malicieuse, me demande si elle peut en prendre encore deux des fois qu'elle rate un découpage. Elle est vraiment mignonne ma petite fille qui s'est installée à mon invitation à travailler dans le garage à mes côtés, lui disant justement que puisqu'elle travaille sur un projet d'envergure elle aime beaucoup cette expression de projet d'envergure elle peut travailler avec moi. Sauf que Madeleine, même si elle est très concentrée sur ce qu'elle fait, la voilà déjà rendue à la lettre D, n'arrête pas de parler pour autant. Je lui fais remarquer que j'aimerais bien un peu de silence, que je n'arrive pas à me concentrer, ce à quoi elle répond que je n'ai qu'à mettre un casque. Oui, Madeleine ne manque pas de répartie. Et d'ailleurs la discussion se poursuit, elle me demande: "Tu fais ton bloc-notes?", alors je me demande comment elle a pu apprendre ce terme, finis pas élucider que sans doute Anne me demandant récemment si le bloc-notes était à jour pour savoir si elle peut aller le lire, Madeleine aurait absorbé, comme tant de choses, l'expression. Et je n'ai que le temps de ces considérations, Madeleine poursuit en me demandant, pourquoi je travaille si souvent. Ben pour apprendre des choses Madeleine. Pour me les apprendre ensuite? Oui Madeleine, ce serait une belle vie que la mienne si je continuais à apprendre des choses pour te les apprendre à ton tour. Ce serait une vie pleine. Une vie réussie. Comme il existe des journées réussies. dimanche, décembre 19, 2004
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