Le Bloc-notes du désordre |
samedi, octobre 30, 2004
![]() Samedi 30 octobre Des journées comme celle-ci on en vit pas tant dans l'année, mais à vrai dire je ne suis pas sûr qu'elles soient plus faciles à la description que d'autres nettement moins remplies. Ce qui retient surtout l'attention c'est cette invraisemblable cohabitation de la pensée. Je m'explique. Hier soir L est arrivé à la maison, c'était une belle fête que de l'avoir, lui et Catherine, à notre table, et la fête semble s'étendre à cette nouvelle journée. Nous faisons de fréquentes descentes dans le garage pour nous montrer un peu ce que d'ordinaire nous ne fréquentons, c'est à dire nos travaux respectifs, qu'au travers de nos écrans d'ordinateur. Nous déjeunons de quelques crevettes au curry et au lait de coco j'appele cela à la sauce lièvre en souvenir de filets de perche cuits dans la même sauce au moment du colloque sur les écritures en ligne à l'unversité de Rennes puis nous partons visiter l'exposition lieux communs organisée par les Instants Chavirés où nous découvrons les installations sonores de Frédéric Le Junter. Je quitte finalement les lieux, laissant L et Catherine en copagnie d'Emmanuelle et je file à mon travail et c'est bien cela qui est étonnant tout de même, c'est que je sois capable de faire les deux dans une même journée, c'est-à-dire passer du temps en compagnie de ces amis et aussi m'installer dans un siège d'informaticien qui va passer la nuit avec ses collègues à faire perdre une heure à des tas de systèmes dinosaures, pour ne pas dire fossiles. En dépit de mon manque chronique de souplesse, je semble réussir, presque toutes les semaines lorsque je dois retourner à mon travail pour le week end, cet exercice improbable de grand écart. Et à vrai dire la plupart du temps, je ne crois pas que je me rende compte de cet écart, de cette distance, n'était-ce cette fois ci de rentrer dans ces lieux asseptisés, mon travail, qui parfois me donnent à penser à des films de science-fiction, après avoir vu les installations de bric et de broc de Frédéric Le Junter. Dans les deux cas, c'est la pensée au travail, celle ingénieuse de Frédéric Le Junter à la recherche de nouvelles formes, et celles aussi qui contribuent à l'édification de ces constructions démoniaques que sont les systèmes informatiques, ces deux pensées ne sont cependant pas contiguës, elles coexistent seulement en apparence dans une même journée. vendredi, octobre 29, 2004
Vendredi 29 octobreHier j'ai fait la recontre à Lille dans le quartier de Wazemmes de Sandra. Sandra a conçu le site Onirique dont je vous recommande l'émouvante lecture. Curieuse chose tout de même de rencontrer une personne dont on ne connaît que l'écriture au clavier, même pas l'écriture manuscrite. Il faut pas mal de temps pour vaincre une timidité qui semble de mise des deux côtés, mais à vrai dire le chahut des enfants dans le salon de Sandra & et son carelage comme dans la maison de Loos rend les choses faciles. Sandra me parle de ce projet d'un site de je me souviens musicaux, elle me donne quelques exemples de sa propre histoire et j'entrevois déjà quelqu'uns de mes je me souviens musicaux. Oui ce serait bougrement intéressant de réunir tous ces souvenirs dans lesquels la musique, même des musiques terriblement ringardes, jouerait un rôle prépondérant et de garder une trace de disques épouvantables, je pense notamment à Yes ou à Genesis. Aussi ce matin je pouffe de rire en refaisant les lits dans la chambre de mon cousin Jacques chez ma Tante Moineau à Bailleul, et d'aller faire un tour dans la chambre voisine, celle de mon autre cousin Raymond. A vrai dire ces deux chambres n'ont pas gardé grand chose de ce qu'elles furent, notamment cet incroyable collage de posters, il y en avait jusqu'au plafond, d'affiches de concerts de rock d'un autre temps. A vrai dire si, il reste une trace de cela, dans la chambre de Raymond, parce que me Tante Moineau a eu le réflexe d'embêter les peintres en leur demandant d'épargner avec leur papier peint cette grande peinture à même le mur que Raymond avait fait en recopiant la pochette de Yellow Submarine des Beatles. Sur l'aure mur il y avait aussi le langue des Rolling Stones, en deux mètres par trois ça avait une sacrée gueule mais comme dit ma tante, ça, elle aimait moins. Les Beatles c'est mon premier souvenir de musique. Mes grands cousins du Nord jouaient de la musique, enfin je crois tout de même que c'était assez bruyant. Encourageant l'enfance des week-ends dans le Nord chez mon Oncle Michel soutenait à mon père qu'ils faisaient des progrès. Ils répétaient à Loos dans la chambre de mon cousin Gérard, en général c'était le samedi après-midi. Mon cousin Gérard tenait la batterie, il y avait une basse, une guitare électrique et mon cousin Raymond, lui, tenait les claviers. Leur groupe s'appelait Helter Skelter et ils jouaient beaucoup de reprise des Beatles et des Doors aussi, ce qui, du fait d'une ressemblance physique pas flagrante entre mon cousin Raymond et Ray Manzarek le claviettiste des Doors, avait valu à mon cousin Raymond ce surnom de Raymond, à vari dire il ne s'appele pas Raymond, mais Philippe comme moi, nous l'appelons cependant tous Raymond, dire que cela date de cette époque-là! Et dans mon esprit d'enfant, j'avais bigrement mélangé les choses, j'étais intimement persuadé que les Beatles étaient des copains de mes cousins, un autre groupe en fait, ce qui faisait des Beatles des ch'timis. Et je me souviens qu'en classe de cinquième ou quatrième j'avais soutenu à un camarade de classe qui écoutait les Beatles qu'ils étaient du ch'nord, fait qu'il finit par soutenir lui-même et d'ailleurs il finit aussi par s'inventer des origines chtimies, ce qui compte tenu de son nom italien ne manquait pas de sel. Ce n'est que bien plus tard que je finis par situer Liverpool un peu plus précisément sur une carte de l'Angleterre et non plus dans la banlieue de Lille, du côté d'Armantières, comme j'avais cru jusqu'alors. Alors oui Sandra, j'aimerais bien qu'il existe ce site. Cette petite histoire pour vous en donner envie. jeudi, octobre 28, 2004
![]() jeudi 28 octobre Comme il est familier ce trajet sur l'autoroute du Nord. c'est celui de l'enfance des week-ends dans le Nord chez mon Oncle Michel. Ce fut aussi celui des escapades à Watten chez Pascal et même une fois c'est sur cette autoroute que j'ai entendu Radio Ethiopia de Patti Smith pour la première fois, parce que je m'étais trompé de cassette. Et cette fois ce n'est pas tant ce grand trait de bithume qui traverse la plaine sans relief qui me rend les voyages de l'enfance, ceux dans la fiat 124 rouge ou ceux dans la 304 bleue cobalt, mais plutôt la petite voix courroucée de Madeleine à l'arrière qui s'impatiente et qui comme tous les enfants de la Terre aimerait bien savoir quand est-ce qu'on arrive? Parce que c'est presque ma voix au même âge que j'entends demander la même chose sans doute au même endroit, à mi parcours, du côté de Bapaume. Je me souviens aussi du décompte des kilomètres qui étaient indiqués, pas très souvent, la déception parfois de voir que ce décompte avait peu évolué entre deux panneaux, l'agacement de voir le panneau masqué par le dépassemnt d'un poids lourd ou encore la grande joie de voir que c'était désormais plus près qu'on ne croyait, joie plus rare en fait. Je me souviens que l'arrivée au péage d'Arras était comme une manière de victoire et que l'excitation était à son comble quand nous passions entre les deux terrils dont il ne reste qu'un seul, nous n'y tenions plus quand on arrivait à cette rangée de peupliers et son panneau Lille 19, il y avait aussi la passerelle provisoire pour rejoindre le boulevard périphérique de Lille naissant, la sortie pour Loos, la grande rue, la Rue du Maréchal foch et l'arrivée au numéro 102, juste contre le beffroi, nous nous battions pour tirer le premier sur la langue de lion qui faisait office de sonette et les grands cousins acouraient, ils n'étaient pas moins excités que nous, c'est ce qu'ils m'ont dit plus tard. Invariablement ma Tante Loulette avait fait du gratin de coquillettes et elle n'avait pas moli sur le gruyère, sans doute encouragée en cela par mon Oncle Michel. L'autoroute du Nord dans ce sens là, dans le sens Paris-Lille, c'étaient mes meilleurs souvenirs d'enfance, dans l'autre sens je maudissais la route qui m'éloignait de mes grands cousins et de mon Oncle michel.
Jeudi 28 octobre 2004 Et je ne suis pas sorti de l'auberge quand le lendemain matin de bonne heure, avant que les enfants ne soient levés, je joue avec l'écran dans l'écran de la journée d'hier. mercredi, octobre 27, 2004
Mercredi 27 octobre Se donner le vertige soi -même à force de creuser des galeries en tous sens, est-ce que je suis sûr que j'étaye suffisamment, est-ce que les couloirs ne risquent pas de se refermer sur moi. Je me prends les peids dans le tapis, confonds sans cesse ce qui apparaît vraiment à l'écran, ce qui n'est que copie d'écran et ce qui est une copie d'écran mais pour laquelle j'ai déjà caché certains liens, je suis parfois obligé de tout fermer, de fermer toutes les fenêtres et de recommencer. Et pour les visiteurs je m'aperçois que le désordre, c'est un peu comme le livre de sable. mardi, octobre 26, 2004
Mardi 26 octobre Ce matin, séance au CMP de Fontenay avec Nathan. Agitation en tous sens. C'est un rendez-vous avec la psychologue seule la psychologue ressemble un peu à une Carla Bley dont on aurait assagi la coiffure, d'ailleurs à bien y penser si je devais m'occuper de la distribution d'un film dans lequel un personnage serait psychologue pour enfants, je crois que je donnerais le rôle à Carla Bley est-ce que parce que nous avons décidé de faire confiance à Léa, la psychologue de Nathan, celle-là, cette psychologue à la ressemblance lointaine d'avec Carla Bley, nous ne la flairons pas de trop avec Anne. Séance est éprouvante. Nathan est très agité qui n'a pas décidé de rendre la vie de cette concurrente de sa Léa selon son expression trop facile, les mouvements de va et vients entre ce chahut, ses débordements, l'aparpillement des jouets, de tous les jouets qui sont à sa diposition, par Nathan, et une conversation sans cesse interrompue par ce vacarme justement, une conversation qui devrait s'attacher à toutes ces observations minutieuses que nous faisons du comportement de Nathan, notamment à la maison, ces allers et retours entre ce qui demanderait de la concentration et ce qui la détruit toujours, l'agitation contagieuse de Nathan, tout cela m'épuise et je peine à voir le bien que cela peut produire, Nathan en ressort comme une furie et je suis à la fois moulu, harassé et ému aussi. L'après-midi, il faut ensuite aller chez le médecin, essayer de comprendre pourquoi Nathan boit des litres et des litres d'eau, porte le poids d'un enfant de huit ans, et là nous parlons diabète. Tout ça c'est des soucis; à la fin de la journée, être épuisé capable de rien mais de s'endormir calmé, nous faisons tout ce qu'il nous incombe de faire, nous faisons ce que nous pouvons. Nous nous acquittons de ce que nous devons. Tous les jours ne sont pas empreints de ce sentiment. Mais tous les jours sont dominés par la fatigue en ce moment. Du nerf que diable! lundi, octobre 25, 2004
Lundi 25 octobre ![]() Nous vivons dans une maison à quatre étages. Adèle dort tout en haut Nathan fait des constructions dans sa chambre Je fais la vaisselle et un peu de ménage. Madeleine fait des dessins sur l'odinateur dans le garage. Nous vivons dans une maison à quatre étages! dimanche, octobre 24, 2004
Dimanche 24 octobre ![]() Première leçon de chinois pour Madeleine avec Sabrina. C'est curieux de voir que pour Madeleine qui ne sait pas encore écrire dans un alphabet occidental, le chinois ce n'est pas si difficile, pas si chinois. |