Le Bloc-notes du désordre |
vendredi, octobre 22, 2004
Vendredi 22 octobre Une idée. Est-elle bonne?, est-elle seulement jouable? Ecrire le prochain roman à la vue de tous. C'est-à-dire, pas nécessairement un feuilleton comme la Cible, mais plutôt le fichier de travail, présent sur le serveur ce qui d'ailleurs résoud partiellement le problème des oublis de sauvegarde et je me demande si je ne pourrais pas écrire une nouvelle à propos de tous les bouts de textes dont je me souviens, mais que je serais incapable de réécrire, et qui par maladresse ont péri, faute de sauvegarde adéquate, une manière de nouvelle fantôme et après chaque session de travail publier en ligne le fichier nouvellement modifié. J'esssaye. Ici, dans le bloc-notes, avant de ne reporter l'idée autre part dans le site. D'ailleurs le texte pour le moment ne progresse pas beaucoup, parce que justement je suis davantage attelé à la future version du site. Une chose après l'autre devrais-je m'astreindre de faire, j'en suis décidément incapable. jeudi, octobre 21, 2004
Jeudi 21 octobre Je pourrais, j’imagine, aussi faire comme ceci, noter scrupuleusement les différentes heures qui ponctuent ma journée et même les décrire de façon télégraphique. Essayons juste une fois. Le lendemain je relis ces notes et je peux constater donc qu’il leur manque ce dont sûrement j’aurais parlé dans le bloc-notes pour cette journée si je n’avais pas pris toutes ces notes, ce profond sentiment de détresse quand je suis monté et que j’ai pu voir que Nathan ne dormait toujours pas, qu’il était très agité, qu’il combattait je ne sais quelle chimère toute droit venue de son imagination trop prolixe, qu’il avait dépiauté entièrement un livre et que son lit était jonché de petits morceaux de papier arrachés, que c’est précisément ce genre de choses qui me découragent le plus, à la fois le fait que tout finisse par s’abîmer entre ses mains, mais aussi que ces comportement exhaustifs traduisent bien le malaise profond de cet enfant. Je me suis allongé à côté de lui et j’ai tenté de le calmer, ce que je suis partiellement parvenu à faire, il a fini par s’endormir. Je suis allé dans la salle de bain pour pleurer, je me suis dit que cette fois-ci j’étais venu le voir pour l’aider dans cette agitation, mais d’autres fois nous ne descendons pas parce que nous n’en avons pas toujours la force ou la volonté, et ces fois-là comme cela doit être terrible pour ce petit garçon de lutter tout seul contre ce qui l’agite tant. Je me suis mouché avec du papier hygiénique, je ne me suis pas regardé dans la miroir parce que cela m’aurait fait pleurer davantage et que je ne voulais pas qu’Ane voit que j’étais désemparé ce soir, mais elle le sait bien qu’en ce moment c’est plutôt moi qui flanche. mercredi, octobre 20, 2004
![]() Mercredi 20 octobre Et dire que j'ai encore confondu les horaires pour les séances de Nathan. C'est idiot mais plus tard dans la journée quand le chirurgien m'a opéré cet ongle incarné, j'aurais presque voulu souffrir un peu plus pour expier un ratage aussi impardonnable. mardi, octobre 19, 2004
Mardi 19 octobreMa journée aujourd'hui ressemble à une liste de corvées que l'on aurait choisi de toutes regrouper sur une seule journée, pour en être débarassé. Habiller les enfants et les emmener à l'école, fort heuresement, Anne avant de partir au travail les avait fait déjeuner. Revenir de l'école, changer la couche d'Adèle et la coucher pour sa sieste matinale. Donner le biberon à Adèle Courrier en retard Emmener Adèle chez le médecin Aller à la pharmacie Pause pendant la sieste d'adèle Aller chercher Madeleine et Nathan à l'école Les faire goûter Pause Donner le biberon à Adèle, pendant qu'Anne est partie faire les courses avec Madeleine et Nathan Donner son bain à Adèle Coucher Adèle Vers huit heures les enfants étaient enfin couchés, travailler un peu sur le site. Il n'est pas tout à fait onze heures et je baille aux corneilles. Je me retourne, dans le garage, et je vois la pile de linge qui m'attend demain matin. Vivement demain. Les journées comme celles d'aujourd'hui existent malgré tout. Mais dans uen épaisseur infime, cette épaisseur cependant en s'accumulant prend le poids de toute une vie. Consternant. lundi, octobre 18, 2004
Lundi 18 octobreJe suis un peu long à la détente tout de même. Depuis assez longtemps, les rares fois où je vais consulter mes statistiques d'accès au site, je constate que la page la plus visitée du site est celle-ci, une photographie qui représente un sexe de femme. Mais aussi que la page d'erreurs de navigation, code erreur 404, reçoit elle aussi de nombreuses visites, et à vrai dire vu le soin que j'essaie d'apporter à mes liens que je vérifie avant toute mise en ligne, je suis un peu chagriné par cette page souvent visitée qui montre que de nombreuses fois les liens que je tisse dans le site ne sont pas bons. Et je me lamente un peu de me dire que les visiteurs doivent en avoir un peu assez de ma petite blague qui veut que ce soit Hal, l'ordinateur de 2001 l'Odyssée de l'espace qui leur dise qu'il y a erreur I am sorry Dave but I cannot let you do that et si d'aventure cette blague vous plaît je peux vous indiquer comme paramétrer votre ordinateur pour que le message soit activé chaque fois que vous exigez de votre ordinateur une fonction qu'il n'est pas en mesure de produire, ce qui peut remplacer judicieusement le petit ding qu'il fait et qui vous porte parfois sur les nerfs, mais je préfère tout de même vous dire que la voix d'Hal dépourvue d'émotion n'a pas fini de vous porter sur le système nerveux, et vous serez alors tel Dave, l'astronaute prisonnier de son vaisseau, respirant fort dans votre casque pour éviter de vous emporter tout à fait. J'ai soupçonné plusieurs choses, d'abord j'avais omis de préciser aux gens de rezo.net que leur page de liens qui va vers le désordre comportait des adresses caduques. Je leur ai envoyé un fichier qui m'a pris une journée à rédiger avec les bonnes adresses dûment vérifiées, je me disais, vu la popularité de leur site, cela ne peut venir que de là. Mais une semaine plus tard j'étais très désappointé de constater que la page d'erreur 404 était toujours l'une des plus visitées du site. Et puis cette nuit travaillant avec une extrême lenteur au paramétrage du futur moteur de recherche du désordre et notamment de son bloc-notes, je finis par tomber sur cet article d'il y a deux ans. Et au bas de cet article deux liens cassés qui promettaient pourtant de voir une image de sexe et l'autre de téton. C'était donc ça. J'ai du mal à me résoudre, à accepter que ce qui serait recherché dans le site soit des images de sexe, non pas qu'il n'y en ait pas, il y en a quelques unes, mais cela ne constitue tout de même mon fond de commerce. Du coup j'y regarde de plus près dans ces statistiques, pas très précises ni très explicites, et je finis par découvrir que l'une des pages les plus lues du bloc-notes est cette autre page qui, pourtant, à première vue, ne me paraît pas différente de tant d'autres du bloc-notes. J'en survole les images et le contenu des articles et je m'aperçois que ce qui canalise sans doute le plus de visiteurs est le mot masturbation mot rehaussé pour les moteurs de recherche par le fichier image baptisé masturbation.gif et qui représente un tableau de mon amie Emmanuelle Anquetil. De même il n'y a pas si longtemps, au début du mois d'août, mon ami Alain du Portillon m'informait que la Bonobo galerie recevait un nombre invraissemblable de visites (7000 par jour) depuis que la série Mail Pornography avait été repérée par quelques sites américains et certains dont l'unique centre d'intérêt c'est tout de même le cul. C'est vrai je peux bien vous l'avouer ces derniers temps, je me faisais toute une joie que le nombre de visites sur le site prenait de l'ampleur, je me disais qu'en dépit des lettres de refus que je continuais de recevoir de la part de nombre d'éditeurs, j'étais peut-être en passe de trouver, par mes propres moyens, un public, des lecteurs, et de devoir revoir à la baisse cette vision optimiste: l'essentiel de mes visiteurs sont des hommes libidineux comme j'en croise parfois, sans croiser vraiment leur regard voilé, à la librairie la Musardine lorsque j'y flâne pendant les séances de Nathan chez sa psychologue. De ces amateurs qui rentrent penauds et honteux dans cette librairie et qui ont, semble-t-il, parfois du mal à s'exprimer intelligiblement à la caisse où ils règlent en hâte leurs achats répréhensibles par la bonne morale. Et de me dire aussi, en me relisant, que cet article ne courrera pas à moins de visites sur les pages du site en provenance de ce public d'amateurs puisqu'il contient les mots sexe, téton, cul, fesse et masturbation qui affolent tant les moteurs de recherche, de ceux qui, justement, sont affolés à la vue de la chose. A ceux qui me lisent vraiment, je veux dire, pas uniquement pour les quelques images graveleuses dont j'émaille le site plus par jeu qu'autre chose, je dis merci, du fond du coeur. Phil |