Le Bloc-notes du désordre |
samedi, août 28, 2004
Samedi 28 août Où j'apprends que la compagnie Microsoft est sur le point de produire une version allégée de son système d'exploitation Windows XP à destination des pays du Tiers Monde (là je lis Thaïlande, ici Tiers Monde). Son prix de vente sera de 37 ou 38 dollars, soit une centaine de moins qu'aux Etats-Unis. Tout d'un coup cette incroyable expression d'entrepise citoyenne voudrait effectivement dire quelque chose? Non, non, rassurez-vous, la version allégée ne permettra pas de mettre plus de quelques postes en réseau, ne comprendra pas tous les programmes de la version standard du système d'exploitation, ne permettra pas à plus de trois programmes de tourner simultanément. Le cynisme de tout ceci. Bien sûr à l'heure du renversement sémiologique permanent, on se sera pas supris d'apprendre que la chose est annoncée comme un geste humanitaire. Bien sûr aussi à l'époque de la mémoire courte, tout un chacun aura oublié que les cinq dernières années Microsoft a dépensé des millions de dollars dans les tribunaux pour convaincre des juges de la trop grande difficulté pour eux de retirer telle ou telle fonctionnalité du système d'exploitation. Et dire que je viens de m'acheter un nouveau PC! Ces dernières années aussi on a souvent entendu parler de ces procès qu'intentaient les grandes compagnies de disques ou d'édition de logiciels, des procès exemplaires contre des monsieur et madame tout le monde et leurs enfants adolescents, parce qu'ils téléchargeaient tel fichier mp3 ou tel logiciel pirate et que c'est mal, que c'est illégal. Ces sociétés criaient au voleur et parlaient d'éthique. Retournement du sens. Me renseignant sur le sujet sur internet, je tombe sur quelques forums états-uniens dans lesquels j'entends brailler des internautes américains outrés qu'on puisse tenter de vendre un produit moins cher à l'étranger, que c'est injuste, que c'est même non-américain unamerican. Là aussi on tord volontiers le langage. Tenez, j'avais dans l'idée qu'avec ce nouveau PC, qui ne ramerait pas comme l'ancien, j'allais m'intéresser au téléchargement de partenaire à partenaire, ce serait tout de même drôlement tentant de mettre à la disposition de tous la plateforme complète. Je vais peut-être m'attirer des ennuis avec ce genre de bonnes idées. ![]() vendredi, août 27, 2004
>Ce qui est étonnant chez >Christine Angot, c'est le fait de ne pouvoir supporter durablement qu'on >parle d'autres livres que des siens. Pour la sortie de l'épouvantable et >bruyant livre de Catherine Millet, elle était la seule à être autorisée à >inteviewer la vieille dame __ dont on oublierait presque qu'à Art Press elle >ait écrit plus d'une connerie en matière d'art contemporain __ Sophie Calle >a une exposition retentissante, à juste titre cette fois, à Beaubourg, >c'est encore la Christine-de-tous-les-fronts qui se fend d'un entretien pour> Beaux-Arts magazine et ici ce sont dans les Inrockuptibles qu'elle tente> d'attirer les projecteurs sur elle, consciente que quelques pages plus> loin on risque de parler d'un livre comme elle n'en écrira jamais. Petit> feu ne saurait jeter grand lustre. Simultanément à toute cette >agitation, j'en connais un qui dans son garage, en compagnie de ses livres >chéris, continue de polir avec métier des phrases comme lui seul sait les >écrire. L'histoire fera son tri. Ce qui est rassurant parce que nous >n'entendrons plus parler de Christine Angot dans dix ans, ce qui l'est >moins, rassurant, c'est que sûrement, une autre absence de talent tout aussi >tapageuse viendra tenter de voler la lumière et l'attention. jeudi, août 26, 2004
Jeudi 26 août Pierre passe dîner à la maison hier. Il nous parle un peu de son nouveau travail. De la veille sur internet pour une société dont je tais le nom, justement parce que toute la discussion porte sur ce que font ces grandes sociétés, et comment ils produisent donc, dans un premier temps, une image, et comment ensuite ils luttent pour que cette image ne soit pas ternie, précisément parce qu'elle aura toujours des raisons de l'être, salie. Et je suis effaré d'entendre qu'au sein de ces sociétés il existe une entité qui nourrit une telle paranoïa qu'elle emploit des personnes à surveiller ce qu'on dit d'elles sur internet, en mal surtout, ou en bien, mais alors c'est pour s'auto-congratuler que les messages ont atteint leur but. Ce soupçon en toutes choses va même jusqu'à ce que des forums soient créés par ces sociétés dans lesquels des internautes égarés qui auraient certainement mieux à faire de leur existence que de se perdre dans de telles conjectures expriment, ce qu'ils croient librement, tout le mal qu'il pense de la société en question ou de ses produits. Il parait même que l'ancien hébergeur de mon site est connu pour ses fausses créations de sites de défense des consommateurs dans lequel de faux messages sont rédigés qui parlent de négociations courtoises avec cet hébergeur. Vous comme moi qui lisez ces lignes là où elles sont, c'est-à-dire a priori dans un site de création et fréquentant essentiellement des sites de cet acabit, vous étiez loin de soupçonner sans doute cela, internet n'est pas du tout cette vaste cour de récréation dans laquelle toutes sortes de chahut sont encouragées pour le plaisir de celles et ceux qui comme vous ont en partage quelques lectures. En fait pas du tout. Internet est apparemment le théâtre d'une guerre d'influence sans merci, cette guerre se déroule sur des portions de disques durs tout justes voisines de ces lignes, d'un clic il me serait loisible de vous envoyer (ce qu'en dépit de ma manie de tisser des liens hypertextes, je m'abstiendrais de faire, rassurez-vous) sur ces champs de batailles homériques dans lequel les différents protagonistes de cette lutte sans merci fourbissent des armes étranges comme des révélateurs de pertinence je dis cela come cela, je n'ai pas non plus compris toutes les explications de Pierre, j'ai retenu ce terme parmi tant d'autres pour sa phonie et toutes sortes d'autres bombes à retardement et défragmentation numérique au regard desquels l'arsenal des grands de ce monde prêtrait presque à sourire. mardi, août 24, 2004
lundi, août 23, 2004
Lundi 23 août Mon ami Alain du Portillon me signale incrédule que la publication de Mail Pornography dans la Bonobo galerie nous vaut pas loin de 5000 visiteurs par jour. Et tout d'un coup nous découvrons une myriade de liens vers ces pages de la Bonobo galerie. Notamment en provenance de sites outre Atlantique. C'est curieux tout de même que ce travail trouve seulement maintenant son public. A l'époque j'écrivais ceci pour accompagner et expliquer cette série d'images.
Philippe De Jonckheere, Chicago, 1990 dimanche, août 22, 2004
dimanche 22 août Dimanche au travail, rien. Rien de toute la nuit. Si ce n'est, ce que je n'aime pas voir, le spectacle des collègues de semaine qui arrivent lundi matin, ils ont la tête d'élèves punis, consignés à une semaine au travail, ils sont de mauvais poil, j'ai rarement envie de prendre le premier café avec eux, de peur que cette mauvaise humeur ne soit contagieuse. |