Le Bloc-notes du désordre |
vendredi, août 06, 2004
![]() Vendredi 6 août Et ce n'est pas seulement la charcuterie et le Saint-Nectaire qui n'ont pas tout à fait le même goût, une promenade l'après-midi dans le bois de Vincennes pour aérer les enfants ce n'est pas tout à fait non plus comme de prendre le chemin de Besses et d'enjamber le trop-plein de la source, de glisser, et de tomber pour Nathan hilare de sa chute. Au lac des Minimes pourtant, il y a une petite mare d'eau n'en dites rien à Anne, elle n'aime pas beaucoup que je laisse les enfants se baigner à cet endroit, dont elle juge l'eau peu propre, de mauvaise foi je lui assure que c'est aussi propre que la Cèze dans les Cévennes et Madeleine y trouve son comptant. Quand je la rhabille elle est penaude de m'avouer que c'est quand même mieux dans les Cévennes. Oui, Madeleine c'est quand même mieux dans les Cévennes. jeudi, août 05, 2004
![]() Jeudi 5 août Sur le chemin du retour le temps est à la pluie. Ce qui contrarie nos plans habituels de s'arrêter déjeûner sur cette aire d'autoroute auvergnate que nous aimons tant. Oui, Anne et moi, nous sommes trouvés pour cette vraie prédilection des stations-services, de ces cafés de distributeurs, de l'odeur de l'essence un peu aussi, des glaces dégoûtantes achetées aux enfants en dépit d'une discipline plus stricte le reste de l'année, et puis nous gardons un souvenir unique de ce dîner que nous fimes une année en revenant des Cévennes, une tortilla froide aux girolles que j'avais trouvées dans le bois avant de partir, il avait fallu rebrancher la bouteille de gaz pour la faire cuire aux tables alentours les uns et les autres déballaient leurs sandwichs et leur pot de cornichons, leurs oeufs durs mayonnaise en tube, nous, nous mangions de la tortilla aux girolles. Contrariés par la pluie je propose à Anne de nous arrêter au bord de la route après avoir acheté des sandwichs à la boulagerie de Fix-Saint-Geneys dont je connais le mérite. Anne m'arrête devant la boutique, je cours vers la porte trempé en quelques instants et, en entrant, je suis assailli par une odeur divine de morilles séchées et de charcuterie fumée. La dame me prépare mes sandwichs s'enquérant dans les moindres détails de savoir si je veux ou non des cornichons, du beurre, des tranches de saucisson fines ou épaisses, pareil pour le jambon fumé?, et me découpe un très généreux morceau de Saint-Nectaire. La mauvaise humeur naissante des enfants confinés dans la voiture s'estompe vite au goût de ce saucisson montagnard. Anne allaite Adèle dont les narines ne perdent pas une goutte de ce festin. Je sors me dégourdir un peu les jmabes avant de relayer Anne au volant et quand je rentre à nouveau dans la voiture, l'odeur de la charcuterie et du fromage est un vrai parfum. Et dire que nous aurions pu déjeûner sur une aire d'autoroute et ses odeurs d'essence. Et dire surtout que la charcuterie que nous achéterons de retour demain à Paris, en faisant les courses n'aura jamais cette odeur et ce fumet. Et que nous allons survivre à une année de mets presque sans saveur. mercredi, août 04, 2004
![]() Mercredi 4 août Se baigner une dernière fois dans l'eau pure de la Cèze à quelques encablures seulement de la source de cet affluent direct du Rhône. Comme les jours précédents le mauvais temps a chassé les habituels baigneurs et c'est tant mieux. Nous nageons sous la pluie pour le plus grand bonheur des enfants. Je nage à contre-jour, les eaux sont sombres, en pleine mer je n'aimerais pas beaucoup cette sensation de nager sans trop savoir quel requins me passent sous les pieds, faites confiance à mon imagination pour polluer le plaisir de la baignade en mer, le soir dans ma propre maison je tombe de sommeil en craignant la venue de quelque égorgeur nocturne, imaginez ce que je suis capable de produire avec des eaux sombres et sans fond. La surface de l'eau est comme mitraillée par la pluie et s'en trouve décorée de petites perles blanches éphémères, une fraction de secondes. Je fais le plein de ces sensations de fraîcheur de cette eau si pure qu'elle glisse véritablement sur la peau, même un cachalot de mon espèce a le sentiment de nager à tout allure dans une eau si filante. C'est un peu déchirant de demander aux enfants de ranger leurs affaires et que nous allons rentrer parce que Madeleine a parfaitement compris que demain nous passerons la journée en voiture. mardi, août 03, 2004
![]() mardi 3 août Anne-Pauline et Gégé s'en vont et laissent leur place à mes parents qui arrivent en début d'après-midi, tout le matin nous avons beaucoup entendu le bruit de l'aspirateur de la maison, il s'agit de faire place nette. Les choses ont semble-t-il durablement changé entre nous depuis ce printemps. Nous passons les consignes "Slim tu connais la consigne?", dans quel tintin? comme nous disons et j'amuse le père en lui expliquant que ce n'est pas uen affaire de confier à son fils si peu doué pour les choses pratiques une débrouissailleuse au mécanisme de démarrage retors. La bonne humeur de tout ceci. Un orage vient taper aux vitres de la maison, les enfants se sont réfugiées avec leur Mamie dans la grande pièce au poele à bois et sur la tapis jouent à toutes sortes de jeux dans un vrac impressionnant de jouets. Les vacances sont finies. C'étaient de belles vacances. lundi, août 02, 2004
Lundi 2 août 2004 La foudre n'est pas tombée loin, de l'autre côté du versant en fait. Je profite de la pluie qui sûrement aura fait fuir les estivants qui ne connaissent qu'une seule chose ici, se baigner au Pont de Souillas, et pouvoir retrouver l'endroit tel que je l'ai connu enfant, désert. En remontant du pont vers Aujac, je remarque le ballet de quatre bombardiers d'eau au dessus d'Aujac, du côté de Malbosc en fait. Il y a de la fumée qui tranche un peu sur les nuages et l'odeur aussi des résineux qui brûlent. Avec Gégé, tout juste revenu de Montluçon, nous décidons de monter à la Garde de Dieu pour voir les Canadairs de plus près. Nous arrivons juste à temps sur les hauteurs de Malbosc pour voir le dernier passage des Canadairs partis emplir leurs ventres d'eau au Lac de Villefort. Ils nous passent juste au dessus de la tête, Gégé et moi sommes comme des gamins médusés par ces gros avions qui nous survolent de très près dans un tonnerre de moteurs à hélices à plein régime. Devant les avions les hommes redeviennent petits garçons avec des rêves de devnir pilotes de chasse. Nous sommes rentrés quand le soir tombait, je suis allé voir les enfants dormir, à Nathan j'aurais presque souhaité de grandir vite que nous puissions un jour faire des maquettes d'avions ensemble sur une vieille toile cirée sur la table de la cuisine et on nos prierait de décamper au moment des repas. dimanche, août 01, 2004
Dimanche premier août Les mêmes gestes le lendemain, les mêmes réflexions tout en travaillant: Entretenir. Quel travail d'entretenir une telle maison! Un été peut passer tout semble remis en état et l'été d'après il y a tant et tant de choses qui doivent être de nouveau réparées ou refaites. Les parents ont acheté cette maison en 1977. Les premiers étés étaient entièrement consacrés à sa remise en état. Il y a eu des périodes de découragement, je me souviens de cet été passé à refaire la cuisine, les 17 kilos d'enduit à l'eau patiemment étendus à la spatule et au pinceau. Et l'été d'après, la porte de la cuisine qui s'ouvre, tout le plâtre est parterre. Apprendre aussi à laisser des fenêtres ouvertes dans la maison pendant tout l'hiver pour que l'air circule et chasse l'humidité. Abattre un figuier la délicieuse odeur de chocolat quand la tronçonneuse mord dans la chair tendre du bois de figuier parce qu'il pousse contre un mur de la maison et devoir dix ans plus tard en faire autant, le figuier a repoussé, ce n'est pas un combat très équitable que celui de l'homme contre la nature, quand l'homme s'épuise la végétation continue son travail de sape. Alors aujourd'hui repeindre le plancher de la cuisine à la laque, une laque rouge basque, une drôle de couleur me direz-vous pour un plancher, je crois que ce plancher a toujours été de cette couleur. Ca aussi il faut l'entretenir, maintenir dans cette maison la constance. Parce que c'est ici que nous trouvons la paix, chaque été. |