Le Bloc-notes du désordre |
samedi, juin 19, 2004
vendredi, juin 18, 2004
jeudi, juin 17, 2004
Jeudi 17 juinRetrouvée aussi, cette photographie de la Défense en 1986, j'aurais tellement voulu l'avoir sous la main lorsque j'avais écrit quelques lignes à propos de cette première rencontre avec Julien à la Défense, mais à vrai dire elle était si profondément enfouie dans les cartons cet hiver que j'avais perdu tout courage d'essayer de la retrouver, le tirage est un peu contrasté enterré comme disent les tireurs je m'en excuserais presque, disons qu'il est d'époque, à l'époque donc, j'avais la main lourde avec les noirs, à croire que j'y mettais une fierté particulière qu'ils fussent à ce point charbonneux, et puis j'ai eu aussi une période d'échelle de gris très réduite, avant que je ne me rende compte, j'ai longtemps persisté dans cette erreur, qu'à force d'expurger toute nuance un peu tranchée de mes images, je réussissais surtout à les rendre très plates, curieux comment il faut parfois se rééduquer le regard et se désengager d'habitudes dont le sillon est de plus en plus profond: de même lors d'une journée de tirage, il faut toujours s'astreindre à produire les premiers tirages en veillant à ce qu'ils ne soient pas trop contratés, parce que la fatigue aidant au cours de la journée on a toujours tendance à forcer un peu le contraste, donc partir un peu bas pour arriver à des valeurs moyennes. Dans le garage à Fontenay, il n'y aura pas de place pour un labo, même un petit labo étroit comme celui de l'avenue Daumesnil, depuis que je suis rentré d'Angleterre, je n'ai plus fait de tirage, je serais curieux de voir si je sais encore le faire. Et à la réflexion ce n'est pas seulement dans un labo que l'on doit sans cesse lutter contre les habitudes du regard, sous Photoshop, par exemple, je joue beaucoup en ce moment avec le nouveau jeu de filtres de couleur, parce qu'il flatte mon habitude ancienne de manipuler ces petits morceaux de gélatine, si honéreux et fragiles à la fois, pour corriger telle ou telle dominante, et je vois bien comment cela me pousse à reproduire ce que je faisais déjà en argentique, réchauffer quasi-systmatiquement mes images, quitte à leur imposer des dominantes rouges qui sautent aux yeux plus entrainés et experts d'Anne. Cette habitude laissera sans doute sa place à une autre habitude, comme de tirer les images vers le vert ou même le magenta et alors toutes ces images qui jusqu'à maintenant tiraient sur le rouge, ces images d'aujourd'hui donc m'apparaîtront épouvantables, jusqu'à sans doute que de réchauffer les images abusivement ne soient redevenu mon habitude, mais alors ce seront les images magenta ou vertes qui désormais seront difficiles à regarder pour moi. Ou bien, et c'est mon habitude grandissante le début de la maturité? s'en moquer comme d'une guigne. mercredi, juin 16, 2004
Mercredi 16 juin 2004 Dans le rangement, je tombe sur ce morceau de bristol égaré, quelques lignes que j'avais notées, elles ne me rappelent rien en particulier, elles sont assez peu disantes, je ne sais pas de quel enfant il s'agit, de Madeleine ou de Nathan, Madeleine ou Nathan, dans ces lignes, sont âgés de vingt mois, mais de vous dire de quel trajet il s'agit, cela je ne saurais pas le dire.
Et retapant ces quelques lignes, en les recopiant, c'est comme si ma pensée repassait par un chemin oublié, je me souviens avoir écrit ces lignes, je ne sais plus exactement quand je veux parler des circonstances je me souviens qu'elles étaient prévues pour être insérées dans Le Déplacement, ce roman dont j'avais écrit les soixante premières pages mais dont il est peu probable que j'écrive un jour les soixante autres pages, celles qui poussent cet homme d'affaires à se supprimer selon un rite masochiste très compliqué et qui remplira les policiers chargés d'enquêter sur cette mort de beaucoup de perplexité. A eux manqueront tant d'éléments de compréhension comme il me manque tellement pour retrouver un peu du contexte de ces lignes, un voyage au crépuscule avec un des enfants à l'arrière de la voiture. A la réflexion, je me demande même comment cette description de la douceur que m'ont beaucoup inspirée les enfants, petits, en voiture, comment cette trendresse douce donc, finissait par trouver son biais dans ce roman absolument dénué de douceur justement. On devrait tout noter, ou on devrait tout oublier, mais de ne se souvenir que d'une partie des choses, quel gâchis! mardi, juin 15, 2004
mardi 15 juinJe voudrais garder longtemps le souvenir de Nathan me suivant à la trace au cours de mes déambulations dans le garage et m'aidant, c'est-à-dire lui aussi occupé à assembler quelques morceaux de bois dans le garage, et parfois même aussi me passant tel ou tel outil ou même une planche que je lui ai désignée du doigt. Et même, même, d'aller ranger quelques articles dans le fin fond d'un placard sous un escalier, recoin inaccessible par moi, pas très souple de fait à la fin de la journée, mon dos me dit Merde et puis cela fait, de me faire la réflexion que c'est peut-être idiot que la prochaine fois que j'aurais besoin d'aller rechercher ces objets remisés dans le fin fond, Nathan sera bien trop grand pour se faufiler dans cet étranglement. Mais tout de même la douceur de cette journée, Nathan jamais loin. Et le soir récupérant les photos de l'appareil-photo numérique de découvrir tout un reportage de Madeleine à son école. C'est rassurant de se dire que la vie poursuit son cours pour tous en dehors de ce garage qui finira bien par ressembler à un sousmarin. lundi, juin 14, 2004
Dimanche 13 juin, Lundi 14 juin 2004 La nuit avec une seule pensée en tête, reprendre le désordre suivant une nouvelle maquette, le jour, levé en début d'après-midi, et construire, construire encore de nouvelles étagères qui devraient recevoir toutes les boîtes de photos, ranger pour y voir plus clair, pour pouvoir pousser le désordre un peu plus loin, c'est à peine contradictoire, un ami m'explique que de ranger permet ensuite au désordre de reprendre ses droits par la suite, que ranger c'est comme investir dans le désordre. De son côté mon père a toute une théorie sur le sujet, il soutient que nous ne cessions, dans l'existence, de passer du désordre à l'ordre et de nouveau au désordre et derechef à l'ordre et ainsi de suite. Je suis tenté de les croire tous les deux, le père et l'ami. En attendant je passe décidément beaucoup de temps dans mon garage, derrière une perceuse, bien davantage que devant mon écran, et malgré tout c'est au désordre que je travaille puisque l'idée de montrer comment sont les choses et que tout soit accessible depuis des images du bureau, cette idée ne change pas. On ne se refait pas. Petit aperçu du nouveau désordre en préparation dans une lorgnette de 600 par 600 pixels: |