Le Bloc-notes du désordre |
samedi, mai 22, 2004
Samedi 22 mai Il souffle un vent fou dans la cour de la ferme. Irrégulier. L'orge dans les champs alentour ondulent à cette caresse sans douceur. Je regarde les vagues passer sur les épis encore verts, comme je regardais le vent déchirer un peu d'écume à la crête des vagues, du haut du pont du car-ferry traversant la Manche entre Portsmouth et le Havre. Ce tumulte est pourtant silencieux, je suis en haut, sous le toit et j'écoute un disque de Charlie Haden Montréal Tapes, l'album avec Al foster et Joe Henderson. Elles me paraissent bien lointaines les questions d'hier. Ici, aux Rigaudières, le théâtre de lumière qui tourne toute la journée, autour des corps de bâtiment de la ferme, suffit à mon ivresse. Pas besoin des expédients habituels, de ceux dont je ne peux me passer à la ville. Plus tard dans l'après-midi, il m'a bien semblé entendre les lames des bûcherons meugler dans le bois, et de fait nous trouvons avec les enfants les traces de leur massacre. Sur la pile des plus grosses sections je compte plus d'une centaine d'années à un tronc, cent infimes ronds concentriques, un bois magnifique, du chêne blanc. Une centaine d'années plus tard, combien de temps cet arbre a-t-il résisté, avant sa chute, à la tronçonneuse avide? Et l'arbre centenaire tombé, débité plus tard en planches et les chutes de ces planches en modestes cubes pour initier les enfants à la construction. L'homme toujours cette bête curieuse qui plante des arbres pour que les fils de ses fils aient de quoi construire des cabanes. vendredi, mai 21, 2004
Vendredi 21 mai C'est une bonne chose que les enfants soient de nouveau à l'école et qu'un peu d'espace soit entre eux et moi. J'en profite pour travailler. Mais à vrai dire je me lasse rapidement de mes constructions, de ces mises bout à bout de morceaux de code, de ces fichiers liés entre eux et qui s'amassent pour dessiner le désordre. En cela je ressemble à Nathan qui joue au kapla le kapla ; je le dis pour ceux qui n'ont pas d'enfants ; est un jeu de construction dont toutes les pièces rigoureusement identiques sont des petites planchettes rectangulaires de bois de 24X120 millimètres et de 8 millimètres d'épaisseur ; par leur empilement et leur association de toutes sortes de façons ; il devient possible de construire des architectures assez complexes mettant en jeu tant certaines notions d'équilibre que des rudiments assez sommaires de résistance des matériaux ; ces constructions ; pourvu que les petites planchettes modules soient en nombre suffisant ; peuvent atteindre des hauteurs dépassant largement la taille des enfants qui les édifient ; les constructions qu'Émile parvenait tout juste à mettre sur pied culminaient rarement à plus d'une vingtaine de centimètres de hauteur ; en revanche il aimait beaucoup que je fasse moi aussi une construction à côté de la sienne et trouvait même un certain réconfort à ce que la construction de son père dépasse très largement en taille et en proportions la sienne ; nous nous installâmes donc sur le tapis du salon chacun de notre côté ; le vrac des planchettes entre nous dans lequel nous piochions au fur et à mesure de nos besoins de bâtisseurs ; sur la boîte contenant les planchettes du jeu je remarquai pour la première fois le slogan de son fabricant ; c'est en construisant que l'on se construit ; ce n'était pas sans chagrin que je m'appliquais cette formule ; occupé que j'étais à jouer avec mon fils de trois ans à un jeu de construc-tion à six heures du matin ; il était donc six heures ; il faisait encore nuit ; tout était calme dans la maison ; et dans le quartier ; ma fille Zoé dormait dans sa chambre ; et j'étais à quatre pattes sur le tapis dans mon salon avec mon fils Émile ; j'étais en train de me construire ; de me reconstruire ; extrait d'une Fuite en Egypte le plaisir de Nathan à empiler les petites planchettes, ou tout autre jeu de construction fait de gros cubes, attentif et patient, et puis, les ressources de son jeu s'épuisant ou sa concentration baissant, il se lasse, son plaisir de bâtisseur s'interrompt il décide enfin de tout faire s'écrouler si l'on en croit la notice lénifiante qui accompagne le jeu de kapla, la joie spéciale de la destruction de l'édifice achevé fait intrinséquemment partie du jeu. Oui, aujourd'hui l'appétit manque, certes pas au point d'abattre toute la construction cela m'effraie toujours de penser qu'un jour de grande colère je serais tout à fait à même de tout casser, de tout foutre en l'air en quelques clics mais la lassitude s'installe dans cet empilement sans fin, parce que c'est là que repose la différence d'avec les jeux de construction de Nathan, il n'y a pas vraiment de limites de dimensions au tout début du désordre, l'horizon des 100 megaoctets gracieusement cédés par free.fr paraissaient le bout du monde connu, la première publication du désordre occupa 27 de ces cent méagoctets. Aujourd'hui le site pèse près de 300 megs &151 315, pour citer l'exactitude pointilleuse de la machine, 16457 fichiers répartis dans 424 répertoires et sous répertoires et pourrait s'étendre avant d'atteindre la limite payante et impartie de 500 megs et cette limite atteinte j'aurais alors la ressouce de doubler, moyennant davantage de finace s'entend, cette capacité, autant dire que je ne risque pas de manquer tout d'un coup de petites planchettes de kapla ou de cubes grossiers, épuisement qui souvent signifie la fin d'une construction de Nathan. C'est sans fin.Parfois je me dis qu'il faudrait s'arrêter, que je devrais essayer de m'arrêter, de laisser la consctruction en plan, que sa hauteur actuelle est suffisante comme cela et je dois alors me poser des questions comme celles auxquelles a déjà répondu cent fois Cy Twombly dans cette lente accumulation de traces et de signes, à quel moment le tableau est fini? Et la corollaire de cette question, est-ce que tel ou tel coup de crayon ou de brosse n'est pas déjà de trop? Ai-je déjà donné des coups de crayon en trop dans ce dessin incertain? jeudi, mai 20, 2004
![]() Jeudi 20 mai L'enfant est capricieux qui toute la journée trouve le meilleur moyen pour faire enrager ses parents, qui d'ailleurs se demandent bien à qui le crime profite, pourquoi l'enfant fait cela? Toute la journée l'enfant est puni, chaque nouvelle levée de punition, l'enfant met peu de temps à, de nouveau, prendre les nerfs de ses parents à rebrousse-poil et, de nouveau, l'enfant est envoyé dans sa chambre, isolé. Une fois même l'enfant s'endort pendant une heure épuisé par la tension que lui crée. Toute la journée les parents s'interrogent sur cette attitude, mais n'ont pas de réponse. Pas de toute faite en tout cas, pas de définitive. Finalement l'enfant est couché de fort bonne heure, au motif que demain l'école reprend, c'est une chose, mais aussi que vraiment je crois que tu nous auras assez embêté comme cela toute la journée. Les parents respirent. Ils s'enlacent, ils sont rompus de fatigue nerveuse. C'est le répit. Mais le répit ne dure pas très longtemps, une heure plus tard, l'enfant descend de sa chambre et désormais se plaint d'avoir mal à la tête ou mal au ventre. D'abord les parents soignent l'enfant, ils le câlinent, lui donne un médicament en assurant que les choses vont aller mieux, mais l'enfant en profite pour mendier de l'attention, d'arguer qu'il fait noir dans la chambre et que vraiment l'enfant ne se sent pas bien. Alors on propose à l'enfant de s'allonger sur le canapé du salon et de ne pas faire de bruit, et tout à l'heure quand l'enfant sera endormi, on le remontera dans sa chambre. L'enfant a gagné, il s'en rend bien compte. Alors allongé sur le canapé l'enfant continue de geindre, d'abord doucement puis de plus en plus fort, jusqu'à exaspérer à nouveau ses parents. Les grondements reprennent, l'enfant pleure et fait valoir qu'il est malade, mais voilà cette impatience puise ses racines dans la tension accumulée lentement toute la journée, alors finalement l'enfant est renvoyé dans sa chambre, toute lumière éteinte et la porte close. L'enfant pleure abondamment et sait rendre son chagrin déchirant et suppliant. Les parents s'accrochent pour tenir bon. Ils tiennent bon. Et puis finalement ils sont alertés, ils remontent vite dans la chmabre, l'enfant a vomi, le lit et l'enfant baignent dans le même jus dégoûtant. On ne devrait plus s'énerver mais voilà désormais, on est sûr et certain que l'enfant l'a fait exprès et d'ailleurs les deux parents ne sont plus tout à fait d'accord, parce que la mère argue que vraiment l'enfant n'a pas pu le faire exprès de vomir de la sorte, et que vomissements et mal de tête veulent sûrement dire insolation et n'avions nous pas passé la journée dehors? Les tâches sont réparties, la mère s'occupe de coucher et de conforter l'enfant, le père s'occupe du lit et des draps souillés. Le père n'en démord cependant pas, l'enfant l'a fait exprès. La corvée de nettoyage acquittée, il remonte voir l'enfant qui est plus doux. Il lui caresse le front, mais l'enfant ne dort pas encore tout à fait. Le père s'impatiente un peu et exhorte l'enfant à réellement chercher le sommmeil. Nouvelle crise de vomissement, cette fois dans une cuvette prévue à cet effet, on ne s'impatient plus et on se dit que sans doute l'enfant est vraiment malade et que peut-être aussi avons nous été injuste. On embrasse l'enfant qui a enfin trouvé le sommeil et on lui glisse un petite déclaration d'amour dans le creux de l'oreille. Le lendemain l'enfant se lève en pleine forme, vient ramper dans le lit de ses parents endormis, l'enfant n'est plus du tout malade, ses traits sont reposés, mais le premier caprice arrive vite. Du coup on se redemande si l'enfant n'aurait pas vraiment triché hier. Pour pousser ses parents à bout. Mais pourquoi l'enfant fait-il cela? Madeleine, on t'aime toujours, ce n'est pas parce que tu as désormais une petite soeur que nous allons cesser de t'aimer. Alors, je t'en supplie arrête tes caprices. Parce qu'à la maison en ce moment, c'est toi la chef et tu n'es pas encore assez grande pour cela. Les enfants punis dans l'après-midi oui, Nathan n'était pas en reste hier non plus, mais lui jeta l'éponge dès qu'il fut couché envoyés dans leurs chambres respectives, aussi j'en ai profité pour aller voir Emmanuelle. Longue discussion sur ce qui nous anime et sur cette soif d'un peu de reconnaissance tout en sachant que si d'aventure nous buvions un peu de ce poison, notre soif deviendrait inextinguible. Café bu distraitement tout au long de cette conversation. mercredi, mai 19, 2004
Mercredi 19 maiJe suis accueilli sur le seuil de la porte à Garches par le père debout droit et fier, en fait soulagé de pouvoir faire meilleure figure devant son fils. Dans l'après-midi, nous déballons le jeu d'échecs d'Oscar et nous faisons une très belle partie, au cours de laquelle nombreuses sont les pièces qui sont en l'air dans les deux camps et il faut sans cesse méditer le moment opportun pour entamer la boucherie, alors les pièces volent, sacrifiées dans le seul intérêt de faire progresser avec une lenteur exaspérante et opiniâtre des pions qui, avec le temps, finissent par devenir la menace décisive. Le jeu d'échecs est méprisable tant il ressemble à la guerre de tranchées. Et justement j'avais apporté l'ordinateur portable pounr montrer des photos récentes des enfants aux parents, du coup je montre aussi les images que j'ai faites de Verdun et j'en profite pour vérifier l'exactitude des faits concernant mon grand-père Oscar De Jonckheere, il n'avait pas vingt-cinq ans lorsqu'il perdit sa jambe mais vingt deux et l'Oncle Georges, frère de mon grand-père, ne fit pas la guerre quelques heures mais un quart d'heure et ce n'est pas au bras qu'il fut blessé mais à la jambe, qu'il eut, lui, la chance de garder moyennant un très modique boitement. L'oncle Odile, en revanche fit bien la guerre du premier au dernier jour, et fait curieux, il faut enrollé à l'âge de trente ans. A la fin de notre partie, ne restaient vaillants sur l'échiquier, les deux rois bien sûr, mais un seul pion noir, unique et dérisoire avantage après la rage qui avait secoué les soixante-quatre cases et les pièces de part et d'autres avec lesquelles nous avions fait du petit buis. Verdun et ses 545.000 morts. De part et d'autre. Problème d'échecs: exemple de partie nulle, les Blancs jouent et obtiennent la nulle. Solution mardi, mai 18, 2004
![]() Mardi 18 mai Nous ne sommes pas en avance. En rentrant de Pont-à-Mousson, je n'ai que le temps de déposer Anne, Madeleine et Adèle à la maison et de repartir dare-dare à Paris pour aller chez Léa, la circulation fluide gomme le retard, c'est heureux. Nous avons même cinq petites minutes d'avance que nous dépensons dans la cour intérieure de l'immeuble, je suis incrédule que les bourgeons du rhododendron, encore serrés il y a dix jours, aient à ce point éclaté. Nous montons. Léa nous ouvre et nous demande rapidement des nouvelles de comment s'est passée cette fameuse leçon d'équitation. Je dis que Nathan a été assez courageux parce qu'il approché des animaux qui jusqu'à présent l'effrayaient mais qu'en revanche il a eu peur chaque fois qu'il est monté sur le petit poney blanc. Je lui parle en revanche des nombreuses photographies de Nathan. Elle est plus intéressée de savoir comment Nathan a exprimé sa peur de monter sur le poney, elle est plus professionnelle et moins benoîte que moi en somme. Elle est ravie au contraire que Nathan ait effectivement dit qu'il avait peur. Je prends congé et décidé d'aller faire un tour à la librairie érotique plus haut dans la rue. Ces derniers temps j'avais un peu boudé cette récréation parce que j'avais le sentiment de retomber sans cesse sur les mêmes images. J'accueille avec plaisir le fait qu'ils passent dans la librairie un disque de Lou Reed, je me dis que si les livres que je vais feuilleter me déçoivent j'aurais toujours la ressource d'écouter la musique. Mais à vrai dire ce n'est pas du tout cela qui se produit bien au contraire, je tombe sur des images et des écrits qui me troublent beaucoup et le temps passe vite. Je ressors un peu déboussolé, je peine à dire au revoir en sortant, et sortant, je me fais la réflexion que je n'ai pas reconnu le disque de Lou Reed en question. Je remonte chercher Nathan et Léa me dit que la séance a été très calme pour Nathan au moins cette demi-heure aura été factrice de paix et que cela lui a fait sans doute beaucoup de bien. Je réponds à Léa mon soulagement que Nathan arrivé à sa séance directement après un voyage de quatre heures n'ait pas défavorablement influé sur le contenu de la séance. Les deux prochains rendez-vous sont annulés pour cause d'empêchement de Léa. Nous rentrons, Nathan est très calme à l'arrière de la voiture et me tend régulièrement la main quand je la lui tends à un feu rouge. lundi, mai 17, 2004
Lundi 17 maiPendant que je regardais ailleurs, assis près d'Anne qui allaitait Adèle, Nathan déboule vers nous muni de mon appareil photo et fait mine de s'abîmer dans le viseur comme celui d'un appareil 6X6, pour nous prendre en photo. Je lui propose d'allumer l'appareil et lui montre sur quel bouton il doit appuyer. Il est ravi et part faire ses premières photos, bien qu'il ne fasse pas une relation immédiate entre le viseur et le fait de prendre une photo, il choisit avec attention ses sujets, une bonne quarantaine d'images sont prises en très peu de temps. Puis; c'est au tour de Madeleine à qui il ne reste plus que dix images. Madeleine, elle, a parfaitement compris à quoi servait le viseur et fait rapidement quelques photos, comme je lui ai dit qu'elle n'avait que dix images elle calcule avec précision qu'il lui faut une image pour Adèle, une pour Anne et une pour moi, elle aurait bien voulu faire une photo de Nathan mais il est parti au loin. Mes enfants photographes m'amusent beaucoup. La planche-contact de Nathan et celle de Madeleine. Je m'excuse d'être aussi publiquement benoît devant mes enfants. Sur le point de repartir je tombe sur un graffiti épouvantable. Tant de bêtise et de haine crasses. Premiers croquis pour la Vaisselle; il y a bien longtemps que je n'ai plus dessiné. Anne me filme, amusée. dimanche, mai 16, 2004
Dimanche 16 maiEst-ce parce que je me suis réveillé dans le décor un peu suréel de la chambre d'amis de la maison des parents de Gégé, chambre entièrement décorée dans le goût justement des chambres d'hôtel de province, de ces chambres à la litterie irréprochable, de même que la propreté, mais pour lesquelles subsistent toujours des soucis de papiers peints ou de faux contact dans l'éclairage, ou un léger porte-à-faux d'une des tables de nuit, oui, est-ce cette curieuse impression de se réveiller pour la première fois dans un endroit inconnu, on se réveille, toute sa conscience, mais quelques instants on ne se souvient plus de l'endroit où l'on s'est couché la veille, et ce matin donc, j'ai eu le sentiment de me réveiller dans une des chmabres d'hôtel décrites dans la Vaisselle et encore mal réveillé au petit déjeuner, tandis que nul ne faisait attention à moi et que tous mangeaient dans un vacarme de soupirs d'aise les crêpes matinales de Gégé, j'ai pensé à haute voix et je me suis dit: "Et si je faisais une bande dessinée de la Vaisselle, non je veux dire un roman-photo?" Anne a dit devant tous, j'étais gêné, que c'était pour ce genre de choses qu'elle m'aimait, je me suis caché dans ma tasse de thé. Elle le dit moins en public, mais c'est aussi pour cela qu'elle me trouve fatigant. Génolhac.
Plus tard. Je me fais parfois l'effet d'une brute épaisse. Par exemple, je n'aime pas du tout la sculpture d'Ousmane Sow, d'ailleurs je préfère dire que je n'y comprends rien. Lors de l'exposition du Pont des Arts à Paris, je l'avais même visitée nuitamment mais rien n'y faisait, je ne voyais aucune surprise à cette sculpture qui dit exactement ce qu'elle représente et n'en fait pas mystère. Je pousse sûrement la bêtise un peu loin parce que je considère que c'est une sculpture artisanale, folklorique même. Je ne suis pas indocte que tant de gens en font grand cas, alors je m'interroge souvent, c'est vrai, à propos de la sculpture d'Ousmane Sow. A Klang nous n'étions pas loin du château de Malbouk où se tient justement une exposition d'Ousmane Sow. Et je me tiens devant ces sculptures anthropomorphes pour le moins et toujours je persiste, dans l'erreur?, de remarquer que décidément cette sculpture ne me donne rien de ce que Rodin, Giacometti ou Serra m'offrent. Je me fais vraiment l'effet d'un idiot, alors je scrute attentivement les détails de cette sculpture, je la photographie abondamment, mais rien n'y fait, je suis une brute, cette sculpture m'est indifférente. Anne, je crois, ne comprend pas mon opiniâtreté s'agissant de mon incrédulité devant les sculptures d'Ousmane Sow. Et dans un sourire, elle commente que pour des sculptures que je n'aime pas, j'ai pris beaucoup de photos. Mais rien n'y fait. Je ne comprends pas. Je suis une brute. Le soir en rentrant à Pont-à-Mousson, en relisant un peu la manuscrit de la Vaisselle que j'avais prêté à Anne-Pauline, j'ai surtout compris que je venais de me trouver quelque chose à faire pour les deux prochaines années. Au boulot alors! Parole matinale légère qui m'engage beaucoup, certains matins je ferais mieux de rester silencieux et de fomenter ce genre d'entreprises en secret. |