Le bloc-notes du Désordre |
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vendredi, août 15, 2003
Selon Philippe De Jonckheere > Date : Fri, 15 Aug 2003 15:15:03 +0200 > De : Philippe De Jonckheere > Adresse de retour :Philippe De Jonckheere > À : lldm@wanadoo.fr, c.detrogoff@free.fr > > Chers Catherine et L. > > Je viens de relire votre version de 22042003.txt avec un immense bonheur. Je > > m'aperçois aussi que la première lecture que j'en avais faite s'était > beaucoup > arrêtée au plaisir du rire, plaisir qui demeure à la relecture mais qui > laisse > cette fois un peu de place pour apprécier les imbrications ingénieuses de > votre > construction, méandres supplémentaires qui dans de nombreuses occasions > emmènent le récit vers de nouvelles profondeurs de distanciation avec des > vertigineux effets de mise en abyme. Je suis réellement ému du temps (et de > l'apparent plaisir) que vous avez dépensé à ce travail, j'aimerais en être > digne. Comme le serveur du Terrier était un peu moins capricieux que la > semaine dernière, j'ai pu prendre les notes qui suivent. > > Avec toute mon amitié. > > Phil > > OO1.htm: Où l'on peut se poser la question de ce qui est vraiment représenté > > lorsque vous prenez une photographie d'un dessin qui représente une > photographie de ce qu'il y a sur un écran d'ordinateur. > > 002.htm Le lien pour "relisibilité" n'est pas bon, le bon lien est > http://www.desordre.net/bloc/archives.htm (c'est de ma faute sûrement) > > OO2.htm C'est assez grandiose de cliquer sur l'histoire de l'arborescence du > > disque et de visiter le "Désordre" dans le "Terrier", mais alors ne serait-il > > pas possible plutôt de déboucher sur votre version plutôt que la mienne? > > OO3.htm Votre cuisine en cafétaria de mon travail c'est à pisser parterre de rire > > 003.htm De même que Catherine dans le rôle de mon collègue Gérald est > > très crédible vous n'êtes pas mal dans celui de Jean-Claude. > > 004.htm Vos bonnes femmes à poil sont plus belles que celles auxquelles je > pensais. > > 004.htm 025555 Je trouve cette photographie bluffante (demain j'emmène mon > appareil-photo au boulot et je vous fais une photo de mon écran avec cette > photographie devant le mur en question!) > > 004.htm 030934, "C'est sans fin", ce n'est rien de le dire parce que > maintenant, ce que je pourrais faire c'est écrire la chronique que > m'inspirent > vos images, et puis vous feriez de nouvelles images, puis moi une nouvelle > chronique avec ces nouvelles images puis vous de nouvelles images avec cette > > nouvelle chronique, puis moi une nouvelle chronique avec ces nouvelles images > > puis vous de nouvelles images avec cette nouvelle chronique,puis moi une > nouvelle chronique avec ces nouvelles images puis vous de nouvelles images > avec > cette nouvelle chronique,puis moi une nouvelle chronique avec ces nouvelles > images puis vous de nouvelles images avec cette nouvelle chronique,puis moi > une > nouvelle chronique avec ces nouvelles images puis vous de nouvelles images > avec > cette nouvelle chronique,puis moi une nouvelle chronique avec ces nouvelles > images puis vous de nouvelles images avec cette nouvelle chronique,puis moi > une > nouvelle chronique avec ces nouvelles images puis vous de nouvelles images > avec > cette nouvelle chronique,puis moi une nouvelle chronique avec ces nouvelles > images puis vous de nouvelles images avec cette nouvelle chronique,puis moi > une > nouvelle chronique avec ces nouvelles images puis vous de nouvelles images > avec > cette nouvelle chronique,puis moi une nouvelle chronique avec ces nouvelles > images puis vous de nouvelles images avec cette nouvelle chronique,puis moi > une > nouvelle chronique avec ces nouvelles images puis vous de nouvelles images > avec > cette nouvelle chronique,puis moi une nouvelle chronique avec ces nouvelles > images puis vous de nouvelles images avec cette nouvelle chronique,puis moi > une > nouvelle chronique avec ces nouvelles images puis vous de nouvelles images > avec > cette nouvelle chronique,puis moi une nouvelle chronique avec ces nouvelles > images puis vous de nouvelles images avec cette nouvelle chronique,puis moi > une > nouvelle chronique avec ces nouvelles images puis vous de nouvelles images > avec > cette nouvelle chronique, un certain nombre de fois... mais vous me comprenez > > sûrement à demi-mots. > > > OO5.htm 032542 Cela fait partie des choses les plus époustouflantes de cette > > série d'images, tout d'un coup on débouche sur un autre texte encore, ce qui > > catapulte le récit à l'autre bout de la planète en un rien de temps, c'est > vraiment magnifique. > > OO5.htm 033323 Et cette nouvelle direction de bifurquer à nouveau avec le > rajout sémantique que vous faites de ces corrections faites à même l'écran, > ce > qui bien sûr rappele cette excellente blague belge qui veuille que l'on > reconnaisse un ordinateur belge au typex sur l'écran. > > 006.htm La transmission des données dans votre cuisine est un morceau de > bravoure, le plus étonnant étant l'image de 033500 qui aurait réellement pu > être prise à IBM! (033447 Chrchrchrchrhchrhchrhchrhchrhchrhchr; aucun > parasite?) > > > 007.htm 040423 Le lien vers le Terrier, est-ce qu'il ne serait pas plus > amusant de l'avoir dans le même cadre de telle sorte que l'on puisse avec un > > peu de persévérance faire une très belle mise en abyme du Terrier dans le > terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans > le > terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans > le > terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans > le > terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans > le > terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans > le > terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans > le > terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans > le > terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier dans le terrier... > mais > vous m'aviez peut-être compris à mots couverts. > > 007.htm 043234 Magnifique collage, est-il à vendre? si oui votre prix sera le > > mien. > > 008.htm 044254 C'est effectivement à cela que cela ressemble. Magnifique. > > 008.htm 052431, Je suis très admiratif de cette image qui, une fois de plus, > > ne cesse de donner de la profondeur à tout ceci. Vraiment épaté. > > 009.htm 071522 Bien plus beau que la véritable aube sur le pont d'Argenteuil > > dont chaque fois je me suis dit que c'était là un endroit sur lequel le > soleil > ferait aussi bien de ne pas se lever tellement c'est laid. > > 009.htm 071645 Même pantalon que celui du jour des incendiaires de billets > de > 10 euros, ce qui n'a rien à voir avec ce qui nous préoccupe mais c'est là mon > > esprit qui ne perd jamais une occasion de passer du coq à l'âne. > > 010.htm 073012 Intéressant de voir comment ce qui avait été à l'origine un > effort de datation du projet autrement qu'en n'en spécifiant la date comme > dans > son titre, donne ici, une fois travesti par vous deux lieu à un effet très > distendu de temps incertain, revenant à ma chronique pour comparer les deux > images, je remarque que cette une qui paraissait récente, il y a peu, me > paraît > tout d'un coup presque aussi datée que la votre. > > 010.htm 073356 Et dire que vous avez pris le soin sur cette photogaphie de > reconstituer des rayonnages dans l'arrière-plan: je suis subjugué. > > 010.htm 073543, Vous lavez votre voiture à même la table sur laquelle vous > mangez, mais c'est dégoûtant. > > 011.htm 074807 Maginifique image, vraiment magnifique qui rejoint en beauté > > certaines images de mes deux anciens professeurs de photographie à Chicago > Kenneth Josephson (l'un des pères de la photographie concpetuelle, parfait > inconnu en France comme il se doit, la France très petit pays à l'échelle > photographique où toute création photographique s'est éteinte au début du > XXème > siècle avec l'arrivée de la couleur) et Joan Fontcuberta. > > 011.htm 075255, Etonnante image en vérité dont j'ai reconnu tout de suite > intuitivement le paysage qu'elle représente, en effet ce bosquet m'a toujours > > fasciné. > > 012.htm 075300 A la position de vos doigts sur la flûte, je reconnais, ce > n'est pas du pipeau, le début de "l'été indien" sur ce disque merveilleux de > > Pascal Comelade. > > 012.htm 075502 Qu'elle serait belle cette photographiée tirée en 50X60! > > 012.htm 080312 Ce qui me rappelle qu'il faudra que je vous parle de cette > série d'images pour laquelle je voudrais solliciter votre collaboration > musicale. > > 013.htm 081523 Cela fait partie de mes plus grandes stupéfactions dans cette > > série d'images, les éclairages reconstitués avec trois bouts de chandelles > pour > ainsi parler. > > 013.htm 081745 Tout particulièrement judicieux, ce sont effectivement les > ombres portées, sur le mur de la maison, des branches de ce pin qui sont ici > > photographiées dans la version originale. > > 013.htm 082355 J'aime tout particulièrement cette image que je compare au > dernier plan de Et vogue le navire de Fellini (grand auteur de "cinéma du > pauvre" également, je ne sais pas si vous connaissez) où l'on voit l'envers du > > décor d'une façon rétrospective, ainsi c'était donc cela, depuis le début, la > > table en fornica fait office de sol et l'ordinateur posé sur la chaise à la > limite du cadre est un accessoire, étonnante découverte que depuis le début > j'ai pu me faire berner par tant d'artifices et de trucages. > > 013.htm 082412 Même remarque que précédemment s'agissant des éclairages > parfaitement reconstitués. > > 014.htm 082602, Quelle actrice! Même moi je pourrais me tromper tellement le > > geste si typique d'Anne le matin est ici joué à la perfection > > 014.htm 083333 De nouveau je suis éberlué par cette profondeur > supplémentaire > qui est acquise par votre oeuvre de refiction, conférant au récit une strate > > nouvelle. > > 015.htm 121212 Vous les avais donc là! > > 015.htm 121300, Là aussi belle performance d'acteur, un crapaud qui réussit > > parfaitement son impersonnification du boeuf. > > 016.htm 121443 Photographie qui n'est pas sans rappeler celles de Corinne > Mercadier qui à force de prendre et reprendre en photo ses photographies > finissait par faire douter que les photographhies aient pu être prises > effectivement devant le sujet qu'elles représentent. > > 016.htm 121551 Ca c'est tout de même bizarre, je trouve que votre gelée de > groseilles bien plus rebutante que mon authentique psoriasis. Toujours ce > coflit typiquement photographique entre le sujet et sa représentation. > > 016.htm 121713 Franchement, c'est celle-là votre photographie préférée de > Araki? > > 017.htm 140003 Même remarque impresionnée par le petit théatre dont on voit > le > décor et son envers à la fois. Je me souviens du Hamlet de Daniel Mesguisch > > au Théatre de la Métaphore à Lille, lors d'une scène très distanciée et anachronique de cette > > pièce, le rideau de fond de scène se levait ce qui donnait à voir d'une part > > les cintres, les coulisses et, plus impresionnant encore, une porte de > secours > qu'un acteur ouvrait et qui donnait sur un quartier de Lille que je > connaissais > très bien puisque c'est là que mon oncle Michel avait vécu les dernières > années > de sa vie, cela ne m'aurait pas fait plus d'effet que le théatre soit soudain > > englouti par un séisme. D'autre part dans cette scène une actrice que je > connaissais et dont je convoitais beaucoup la beauté brune apparaissait dans > > cette scène en soutien-gorge, je me demande si cela n'a pas compliqué un peu > > mes émotions. Et c'est un peu tout cela que je retrouve dans votre petit > théatre représentant des lieux si familiers, le portail de Puiseux, et dans > lequel je continue de voir, parmi les cintres, les accessoires pour d'autres > > scènes passées et futures (l'ordinateur) > > 017.htm Je suis sans voix devant la poésie de cette image, en la regardant > j'entends distinctement mon vieux vynil sur lequel Louis Amsntrong > chante Saint-James infirmary. > > 018.htm LL de Mars faisant son petit manège singeant PDJ faisant son manège > singeant LL de Mars dans son Adam Project, on ne peut mieux faire. > > 019.htm Là encore c'est de ma faute mais le lien vers un article du > bloc-notes > est mauvais il faut mettre > http://www.desordre.net/bloc/2002_09_15_archives.html > > 019.htm 142121 Je ne parviens pas à voir comment vous allez intégrer du poil > de > la craquebouille, de la galure et de la lapoute à votre recette de gâteau aux > > mouches et au yaourt, me donnerez-vous la recette que j'épate un peu Anne un > > soir, comme il m'arrive de le faire avec une recette de perche en papillottes > > de curry et de noix de coco, sans citer mes sources, ce qui est mal. > > 020.htm Mêmes remarques que précédemment pour les deux liens qui renvoient > vers > l'index du désordre, ne serait-il pas plaisant qu'ils débouchent vers la > version du Terrier du Désordre (c'est à dire ici pour être plus précis > http://www.atol.fr/lldemars2/desordre/index2.htm ) > > 023.htm La balançoire de Madeleine est irresistible, je me demande si vous > avez eu autant de mal que moi à cadrer ces images, ce n'est pas impossible > somme toute, indépendamment du changement d'échelle. > > 023.htm Catherine imitant Anne est vraiment surprenante de justesse. > > 024.htm 171515 Littéralement ébahi par l'interprétation sémantique que vous > > faites du texte, votre image contient, elle, l'éclipse, un jour sans éclipse, > > ce que je trouve franchement miraculeux. > > 024.htm 183639 Après le bain de Madeleine à la piscine de Gournay-en-Bray > les > trois transats sont un moment de grande poésie également, cela fait partie > des > images qui m'étonnent le plus; d'une certaine façon que je ne saurais > élucider > très clairement ces images me donnent le même genre de vertige que les > hologrammes-vidéos de Pierrick Sorin dans lesquels il raconte ses rêves dans > > toute leur absurdité rejouée. > > 025.htm 193407 Vous êtiez déjà venus à Gournay-en-Bray? Cette photographie > de > Gournay est vraiment magnifique. Le plus étonnant dans cette affaire c'est > qu'en vérité chaque fois que je suis passé l'année dernière devant ce > carrefour, j'ai pensé à vous deux, parce que revenant de Rennes, et passant > par > ce carrefour, j'avais juxtaposé par je ne sais quel lien mental que j'ai > oublié > depuis, d'une part ces parterres floraux et municipaux et le plaisir de vous > > avoir rencontrés à Rennes. Par la suite tout à fait oublieux des pensées qui > > m'avaient amené à cette association, je repensais à ce retour de Rennes chque > > fois qu'il m'était donné de passer devant ces massifs de fleurs. > > 025.htm En bas de page (oui c'est encore de ma faute) le lien vers la page > 026.htm n'est pas défini pour rester dans le même cadre, c'est une erreur. > > > 026.htm Vos photographies décrivent à merveille la violence que me font mes > > enfants le soir ne ne voulant pas aller se coucher et celle que je finirai > presque par fantasmer à leur égard dans ces moments-là. Très habile oxymore > également que vos photographies de jour prennent le relai de mes > photographies > de nuit et lycée de Versailles, notamment avec le vaisseau spatial. > > 027.htm 201722 Très belle analogie entre les fautes de frappe et les fausses > > notes. > > 027.htm 202215 Même remarque que plus haut le lien vers le Terrier devrait > se > faire dans le même cadre pour permettre aux visiteurs joueurs de fabriquer > leur > mise en abyme. > Par ailleurs évidemment très drôle de vous voir "m'écrire". > > 027.htm 203745 Et oui bien sûr aussi la mort rode qui se cache dans cet > entrelacs. > > 028.htm Pour cette page je n'ai pas de mots tellement je suis admiratif de ce > > que vous avez apporté au texte avec des images qui sont des constructions > mentales qui repoussent très loin les limites de ce qu'il est possible de > concevoir "de tête". Ce qui est rendu plus aigü encore puisque le je me > souviens cité est de vous naturellement. > > 029.htm L'enchantement va croissant avec cette nouvelle page, le sentiment > très émouvant de vous voir passer par mes pas hésitants. Quant au trucage qui > > montre l'image de l'appareil-photo numérique sur l'écran, c'est tellement > génial. > > 029.htm 221307 Les liens vers les fichiers txt de brouillon manquent (est-ce > > que vous voulez que je vous les renvoie) > > 030.htm 224512 Image grandiose qui me transporte tellement, on ne sait plus > > exactement ce que l'on regarde, pour un peu on dirait une "photographie de > minuit", miraculeux comme une éclipse. > > 030.htm 225049 Cette image me fait beaucoup rire, vraiment beaucoup. > > 031.htm 225726 Oui c'est exactement cela d'écrire non? > > 031.htm 230929 Nous avons les mêmes lectures à ce que je vois, pas sûr > qu'au > musée d'Angoulème ils comprendraient cette bande dessinée-là. Par ailleurs > voir > le fichier image joint, je crois que je peux enfin réaliser un fantasme > esthétique ancien, vous imaginer, L., à IBM. > > 032.htm 233712 cette image (celle qui est dans le livre retourné, en cela > illustration parfaite de ce qui tombe d'un livre) est maginifique, d'où > sort- > elle? > > 032.htm 235005 c'est ça votre rêve de vous faire caresser les couilles, dans > > ce cas je vous souhaiterai presque de vous faire opérer d'un hématome ou > d'une > hydroclèle dans ces parties du corps, pour ainsi parler, vous m'en direz des > > nouvelles! > > 033.htm La fin est parfaite, rien à redire. > > > > > Est-ce que vous ne verriez pas d'un mauvais oeil que je me serve de ce > courrier > pour en faire un article du bloc-notes? > > Phil > > > > > > -- > Philippe De Jonckheere > Email desordre@desordre.net > Site http://www.desordre.net > Bloc-notes du désordre: http://www.desordre.net/bloc/ > ( Ne manquez pas non plus de visiter le site de l'Entre-tenir à Saint-Dizier: > > http://entretenir.free.fr, de même le site de la photographe Barbara Crane: > http://www.barbaracrane.net) jeudi, août 14, 2003
Mardi 12 août 2003 Dans mes rêves je remarque, en me réveillant ce matin, qu'il ne fait aucune température particulière, ce qui compte tenu de cette sueur qui me coule dans le cou dès le réveil ne lasse pas de m'étonner. En fait c'est en ouvrant les yeux et de sentir que je respire et machouille un air épais comme du coton que je me rappelle que nous essuyons, suant, en ce moment une forte vague de chaleur, tout comme en se réveillant dans un lieu inconnu ou tout simplement occasionnel, nous passons par une latence courte durant laquelle notre difficulté à nous situer est souvent propice à toutes sortes de pensées contre lesquelles hélas nous luttons, avides que nous sommes de nous localiser à nouveau. Certains rêves que je fais en ce moment d'ailleurs se passent en hiver, mais je vois bien là le côté enfantin de la chose, l'enfant rêve de la crème glacée qui lui fait envie, comme je rêve en pleine canicule de fraîcheur. Mercredi 13 août 2003 Idiot comme la recherche d'un peu de fraîcheur peut nous conduire à séjourner davantage de temps dans un supermarché que nous ne rêverions de passer en temps normal, se faisant un devoir soudain de calculer avec exactitude tous les prix au kilo et de se donner des airs de consommateur avisé, ou encore de ne pas pester en fin de parcours dans les étalages d'avoir oublié tel ou tel article qui figure pourtant en tête de liste, et donc au début de notre déambulation parmi les rayons, et tout cela pour profiter le plus longtemps possible de l'air climatisé. Du coup en rentrant des courses cette idée que d'autres lieux sûrement sont climatisés et doivent donner davantage à l'esprit de récréation que l'étude comparée de la composition de différents produits d'épicerie et du calcul mental pour ce qui est des prix ramenés au kilogramme. Nous voilà donc partis avec les enfants à la Grande Galerie de l'Evolution au Jardin des plantes. Et là quelle stupeur idiote de voir Nathan s'approcher d'un crocodile rampant vers lui, du calme ce crocodile est mort depuis fort longtemps, pire que cela il s'agit d'une espèce éteinte, autant dire que Nathan n'est pas contemporain de ce crocodile, n'empêche, nul ne saurait envisager avec calme le voisinage d'un tel animal de cauchemar d'avec les petits doigts de son petit garçon. Jeudi 14 août 2003 Habituelle promenade de l'après-midi avec les enfants au bois de Vincennes, la plupart des promeneurs parisiens sont interloqués de nous voir nous baigner dans ces vingt centimètres d'eau, et souvent de nous demander si elle est propre, non non elle est sale comme tout, nous n'aimons rien tant qu'un bain dans le l'eau croupie, les gens vraiment!, et s'ils savaient seulement le plaisir de cette fraîcheur. Et le fait miraculeux de connaître à petite échelle le plaisir de la baignade dans un rû, à quelques encablures seulement du boulevard périphérique. Les Cévennes ne sont pas si lointains. mardi, août 12, 2003
Dimanche 10 août 2003 Certains jours le dégoût même de l'outil. Je n'aime pas l'artifice de ce monde dont on dit qu'il est connecté. Et puis tandis que je ferai volonteirs la grève d'internet, de ne pas me connecter, de ne pas regarder le courrier que je reçois, de ne pas tenir à jour mon bloc-notes, de ne pas veiller aux prochaines mises à jour du site, je décide de fermer la machine, j'envoie un dernier message à un ami, comme on essaye de prendre poliment congé d'un hôte, et je reçois une cetain de pages de poèmes d'autant plus miraculeuses, il me semble qu'elles viennent de l'autre bout du monde, du Brésil. L'auteur de ces nombreuses pages s'appele André Jean, et parmi ses lignes, je relis ceci: Heure acérée de l'affût, aux traces anéanties, aux volets refermés sur la brume et le fouet, les caresses mortes, le sourire des débuts... ![]() Lundi 11 août 2003 La déception le lendemain de recevoir un mail de mon ami L qui me dit avoir reçu les mêmes poèmes, le plaisir de les avoir crus uniquement destinés à moi comme personne qui pourrait les diffuser d'une façon ou d'une autre s'estompe d'un coup. L, lui ne les a pas aimés du tout et l'a écrit. Ce qui n'est sans doute pas plaisant à entendre. Et du coup on écrit à L. Pour lui dire que moi j'ai aimé et que donc... Tout ceci me navre, je me fais l'effet d'un fabricant d'armes dont les produits tout d'un coup se retournent contre un de ses alliés, le souvenir de la guerre des Malouines, et de ces deux anciens collègues anglais, autrefois dans la Marine, qui des années plus tard me parlaient de ces missiles dont je ne savais rien, à moi parce que j'étais français, somme toute autant que les missiles en question. Alors l'envie de tout envoyer promener revient, cette fois plus forte. J'en profite tout de même pour dire aussi toute mon amitié à celui n'aime pas Perec, ni René Char, mais avec qui je partage en revanche Jasper Johns et Cy Twombly, donc l'essentiel. Bon vent mon ami. Red Yellow and Blue, Jasper Johns |